DANS LA VALLÉE DE GAMPAN (HAUTES-PYRÉNÉES
IV. Pojmlaiion bovine. — La vallée de Campan, en y comprenant les villages d'Asté, de Baudéau et le hameau de Lesponne, possède 6,400 têtes de bétail appartenant presque en totalité à la race de Lourdes. On trouve cependant, surtout parmi les bêtes de travail, quelques représentants de la variété d'Aure. La proportion de ces derniers augmente à mesure qu'on monte plus haut dans la vallée, les relations avec le pays d'Aure s'établissant facilement du côté de PayoUe par le col d'Aspin.
Les lourdais apparaissent là avec tous les défauts inhérents a leur race : côtes déprimées, taille petite, membres grossiers. On mélange sans discernement les deux variétés, et le choix des reproducteurs se fait en l'absence de toute méthode : souvent on conserve comme tau-
reau un produit dont la vente n'a pu être faite ou dont l'engraissement paraissait trop long. Le choix des vaches laitières n'est pas mieux entendu. Cependant lesanimaux pourraient se développeràleuraisedans ces pâturages où la nourriture est abondante, si l'entretien en était bien compris. Deux fois par an, seulement, lorsqu'ils vont à la montagne et quand ils en descendent, ils doivent montrer un peu d'agilité et de souplesse pour suivre les sentiers rocailleux creusés dans le roc. Mais le voyage fini, ils peuvent se repaître aussi tranquillement que les animaux vivant constamment en plaine. Les pâturages étant disposés en plateaux, le bétail doit rarement gravir des rochers escarpées pour prendre sa nourriture.
Si partout la vache de Lourdes donne un bon lait, rarement, elle le produit en quantité suffisante. Ce n'est qu'au printemps lorsque l'herbe est fraîche et abondante que la vache donne un bon rendement. Pourtant, on rencontre, de temps en temps, sur ces hauts pâturages, des sujets donnant journellement de 12 à 14 litres de lait, alors que d'autres en produisent 3 ou 4 à peine. L'idée, pourtant si simple, de perpétuer ce caractère individuel en conservant tous les produits des vaches bonnes laitières, ne semble jamais avoir été appliqué, au moins sur une grande échelle. Avec une sélection intelligente, tant du taureau que de la vache, on pourrait corriger les difformités corporelles en même temps qu'on améliorerait les facultés laitières.
L'alimentation pourrait aussi être plus variée et plus régulière. Pendant que les vaches sont au pâturage, on ne leur porte aucun aliment supplémentaire, même lorsqu'elles nourrissent les veaux. En hiver, elles passent sans transition aucune, des pâtures au foin sec, et celui-ci n'est jamais additionné de farineux. Les fourrages artificiels, même les fourrages-racines, y étant entièrement inconnus, les pommes de terre suffisant à peine à Talimentation du ménage, aucun aliment vert n'est donné aux vaches pendant la saison froide.
Par tous les temps, d'avril à fin octobre, elles doivent vivre au grand air, exposées à toutes les intempéries. Il y a sur la montagne, même en été, des mauvais jours pendant lesquels les animaux devraient être mis à l'abri. Mais les fourrages manquent pour les entretenir pendant ce temps, et on ne peut que difficilement en faire venir de la vallée. On trouverait, sans aucune peine, dans les pâturages, des espaces où la terre végétale serait assez profonde et assez fraîche pour produire une récolte pendant les six premiers mois que dure la belle saison. On pourrait, tout au moins, étendre la culture des pommes de terre et donner par ce moyen, aux bêtes qui s'épuisent, une bonne ration complémentaire. J.-Ch. Boue,
{La smte jrrochainement). Professeur départemental d'agriculture.
REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT DES DENREES AGRICOLES
(4 AVRIL 1896) I. — Situation générale.
L'approche des fêtes de Pâques s'est fait sentir cette semaine sur tous les marchés. Les affaires ont été très calmes, et les cours mal tenus avec peu de variations. Le bétail s,eui, a vu relever ses prix.