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VI. — L'inspection sanitaire des viandes

Le comice agricole de Yienne-Roussillon (Isère), dans sa séance du 7 mars, a émis les vœux suivants :

« 1° Qu'aucune viande destinée à l'alimentation ne puisse être mise en vente et colportée, si elle n'est j)ourvue d'une estampille prouvant qu'elle a été reconnue saine par un inspecteur compétent.

« 2" Qu'un service d'inspection de tous les abattoirs et tueries soit organisé comme en Belgique.

« 3" Dans le cas d'abatage d'animaux atteints de maladies contagieuses ou de saisie à l'abattoir d'une bête tuberculeuse, qu'une indemnité soit accordée à tout propriétaire ayant pris les mesures d'hygiène et de police sanitaire propres a combattre les maladies contagieuses et notamment la tuberculose, j)

L'inspection sanitaire des viandes mises en vente dans les campagnes constituerait certainement un progrès très considérable ; l'hygiène des populations rurales est tout aussi intéressante que celle des populations urbaines. On se souvient certainement de l'intéressante étude de M. Morot que nous avons publiée récemment sur ce sujet.

VIL — Concours de la race Saint-Gironnaise. Un concours spécial de la race bovine Saint-Gironnaise se tiendra, les 9 et 10 mai, dans la ville de Saint-Girons (Ariège). Le concours sera ouvert à tous les animaux d'espèce bovine de race Saint-Gironnaise, quel que soit le département d'où ils proviennent. Le programme détermine les caractères de la race Saint-Gironnaise comme il suit :

« Leur taille est petite ; ils ont le profil de la tête légèrement convexe ; leursmembres fins sont moyennement développés par l'apport au volume du tronc; leur robe est gris-châtain, plus ou moin foncé, mais à teinte toujours uniforme chez la vache et le taureau adulte; leurs cornes fines et blanches avec bout noir sont légèrement relevées. Enfin, les types Saint-Gironnais, qui doivent présenter les caractères laitiers, ont pour marque spéciale la couleur rose claire du tour des yeux, du mufle, des bourses, du périnée, de la vulve et de l'anus, sur lesquels une seule tache est un signe d'impureté, jj

Les animaux prenant part au concours devront appartenir aux exposants, propriétaires ou éleveurs depuis six mois au moins.

Vin. — Concours de la race 'parthenaise . C'est à Niort (Deux-Sèvres) qu'aura lieu à l'automne prochain le concours spécial de la race bovine parthenaise. A cette occasion, la Société centrale d'agriculture des Deux-Sèvres a demandé que le Conseil général du département allouât une subvention pour qu'un concours spécial de géniteurs et de produits mulassiers poitevins y fût annexé. Voici un extrait de la pétition rédigée sur ce sujet par M. Eugène Sagot.

a Vous connaissez la crise aiguë que vient de traverser cette branche de notre élevage local. La mauvaise vente de nos mules, notamment à l'étranger, où notre exportation se réduit continuellement. Seule notre grosse mule, dont s'approvisionne le midi de la France, se vend encore., C'est donc cette grosse mule, cette limonière., qui fait de notre poitevine une mule tout à fait supérieure, sans égale dans le monde, que nousdevons produire. Mais, pourquecetteproductionse maintienne et s'améliore, il faut l'encourager. Il faut surtout montrer à l'étranger que nos sujets ne sont pas si mauvais qu'on veut bien le dire et que si une certaine dégénérescence a pu se produire par suite de causes nombreuses et diverses, il

nous reste toujours de bons éléments pour conserver notre précieuse race et pour bien faire encore.

« Vous connaissez, monsieur le Conseiller général, la concurrence redoutable que les Sociétés de laiterie font à nos mules ; la lutte terrible que celles-ci ont à soutenir contre elles sur tous les points môme du territoire qui semblaient lui appartenir d'une manière exclusive; la guerre acharnée que l'Administration des haras fait à notre industrie. Depuis de nombreuses années, on la traite comme quantité tout à fait négligeable; on lui refuse impitoyablement — pour ne pas aire dédaigneusement — les portes de tous nos concours régionaux.

« On oublie facilement le rôle que jouent nos mules dans la défense nationale et dans nos expéditions lointaines ; on oublie trop que son élevage fait encore la fortune la plus sûre d'un grand nombre de nos départements de l'ouest, du centre et du midi de la France. »

Cette pétition a été couverte rapidement d'un nombre considérable de signatures, il est à souhaiter qu'elle soit écoutée favorablement.

La Société des agriculteurs de France publie le programme des prix à décerner (prix agronomiques et concours spéciaux) pendant la session de 1897 et les sessions suivantes :

!■■= section, Agriculture. — Production égoxomique du blé (1897). Un prix agronomique^ à l'auteur d'une étude sur cette question : a Quelles sont, en présence de la crise agricole, les modifications qu'il pourrait être utile d'apporter dans les assolements et les procédés de culture de diverses contrées, permettant d'obtenir le blé plus économiquement ? » L'étude pourra comjirendre l'emploi de la jachère, des engrais verts et des engrais chimiques.

2*= section, Economie du bétail et industrie laitière. — Engraissement de l'espèce bovine (1897). Un prix agronomique, à l'auteur du meilleur mémoire sur l'engraissement des animaux de l'espèce bovine par les racines, les céréales, les tourteaux, le maïs. Décrire comparativement l'emploi de ces divers aliments et les divers moyens d'en tirer le parti le meilleur, c'est-à-dire le plus utile et le plus économique. Comparaison entre les aliments cuits ou crus, les grains moulus, concassés ou donnés à l'état naturel.

3" section, Viticulture. — Taille de la vigne (1897). Un prix agronomique, à l'auteur d'une étude pratique et raisonnée sur la manière de disposer, de tailler et de conduire la vigne, dans ses rapports avec le climat et le terrain, avec le cépage, franc de pied, porte-greffe ou greffon, avec la production en quantité et qualité, et avec le prix de revient du vin rouge ou blanc. Celte étude pourra être fait'; soit pour l'ensemble du vignoble français, soit pour une ou plusieurs régions déterminées.

4= section, Sylviculture. — Nettoiement des bois (1897). Un prix agronomique, à l'auteur d'un travail sur les différents modes de nettoiement, leur inUuence sur les taillis et l'utilisation des produits de ce travail.

Recompenses aux gardes forestiers particuliers, Mémoire sur l'abatage des bois. — La Société forestière, en se fondant avec la Société des agriculteurs de France, a réservé à la Section de sylviculture le droit d'employer en récompenses à des régisseurs ou gardes forestiers les revenus du capital qu'elle a versé à la Société. — La Section de sylviculture distribuera en outre, sur les mêmes revenus provenant du capital versé par la Société forestière, une ou plusieurs médailles d'argent, grand module, à l'auteur ou aux auteurs des meilleurs rapports sur l'abatage des bois, mémoires rédigés par des gardes de l'Etat, des communes ou des particuliers. Faire connaître le mode d'abatage employé dans la région pour l'exploitation des taillis (coupes r?z-terre, entre deux terres, au-dessus du sol^ à ditïérentes hauteurs). Indiquer les motifs qui ont encrage à appliquer un mode d'abatage plutôt qu'un autre, et les résultats donnés par chacun "de ces modes d'abatage.

b" section, Horticulture et pomologie. — Culture fruitière sous verre (1897), Un prix sera décerné pendant la session de l'année 1897, pour l'établissement de culture fruitière sous verre, institué en France, le plus important et le mieux agencé pour obtenir la quantité, la qualité et la beauté des fruits. La récompense pourra être élevée jusqu'à un prix agronomique, consistant en un objet d'art. La demande de concours, accompagnée d'une note explicative, devra être adressée au siège de la Société avant le l" juillet 1896.

Engrais appliqués a l'horticulture et a la pomologie (1898). — Un prix sera décerné, pendant la session de la Société, en 1898, à l'auteur d'une étude pratique sur les engrais appliqués à l'horticulture et à la pomologie. Les mémoires devront être manuscrits ou à l'état d'épreuves d'imprimerie. Ils devront être déposés au plus tard le l'="" septembre 1897.

6-^ section, Génie rural. — Ess.ais d'instruments agricoles (1897). La Société des agriculteurs de France mettra son objet d'art à la disposition de la Société agricole qui, avant la session de 1897, entreprendrait des essais spéciaux d'une catégorie d'instruments agricoles ou autres. Ces essais seraient faits conformément à un programme rédigé de concert entre cette Société et la Section de génie rural, puis approuvé par le Conseil delà Société des agriculteurs de France,

procédé 8*= section. Entomologie [sériciculture, apiculture et pisciculture). — Rendement des cocons

(1S97). In prÏK agronomique, à ranteur dos recherches entreprises personnellement avec la meilleur& méthode et les plus grands résultais pratiques pour améliorer le rendement en soie des cocons.

Apiculture (1897)^ — Un prix consistant en une médaille de veriiieil, à l'auteur du meilleur mémoire traitant la question suivante : « Hydromel : recherches expérimentales sur les ferments naturels de l'hydromel. »

Pisciculture (1897). — La Société décernera une médaille d"or à l'établissement de pisciculture le mieux tenu et le mieux aménagé. Il sera tenu compte dans le jugement à intervenir non seulement de l'importance de l'établissement, mais encore et surtout des progrès réalisés, soit dans les divers appareils, soit dans les moyens d'alimenter les alevins. Les concurrents auront à fournir un plan détaillé de leur établissement et tous renseignements jugés nécessaires pour l'appréciation des méthodes employées. Si la Section le juge nécessaire, elle pourra déléguer un ou plusieurs de ses membres pour visiter les établissements se présentant pour obtenir la récompense proposée.

Elevage des abeilles (1898). — Un prix agronomique, à l'auteur du meilleur mémoire sur le sujet suivant : « Expériences et observations personnelles sur la reproduction des abeilles. — Ouvrières pondeuses et intermédiaires. — Les mâles ont-ils une utilité en dehors de la fécondation :' (Théorie de Dzierzon). » Les mémoires devront être adressés à la Société, avant le l'"' janvier 1898.

L'abeille au point de vue agronomique (1898). — Une récompense sera accordée à l'auteur du meilleur mémoire sur l'abeille au point de vue agronomique. « Son utilité en dehors de la production du miel et de la cire. — Fécondation des Heurs. — Indiquer les plantes cultivées qu'elle féconde, et son utilité dans ses rapports avec les grandes et petites exploitations agricoles et horticoles. » Les manuscrits devront être adressés à la Société, avant le [" janvier 1898.

y*' section. Economie et législation rurales. — Caisses de retraite pour les ouvriers ruraux (1897). Un prix agronomique, à l'auteur d'un mémoire sur les caisses de retraite pour les ouvriers ruraux. En face du mouvement qui pousse les ouvriers des campao-nes dans les grandes villes et les centres industriels et des avantages qu'ils y trouvent, il y a lieu de rechercher quelles sont les institutions de prévoyance qui y sont établies qui pourraient être créées dans les communes rurales par l'initiative privée. Dans ce nombre, celles qui sont destinées à assurer des pensions à la vieillesse semblent indiquées. 11 y aurait donc lieu de rechercher les conditions dans lesquelles des caisses de retraite, pour les aides ruraux, peuvent être établies par l'initiative privée ; celles de leur organisation et de leur administration; celles enlin de leur appropriation aux besoins des localités dans lesquelles elles sont créées, — versement, fixation du quantum des pensions et autres.

11' section, Production clievaline. — Amélioration de l'élevage des chevaux (1897). Un prix agronomique, soit à l'éleveur qui. par les améliorations apportées depuis plusieurs années à son élevage ou à ses prairies, aura fait faire des progrès importants à l'élève des chevaux en France, soit à l'auteur d'un mémoire donnant des notions pratiques et simples à la portée du petit éleveur, sur l'hygiène des jeunes chevaux et sur la ferrure.

12" section. Relations internationales et coloniales. — Hygiène et emploi des engrais des villes (1897). Un prix agronomique, à l'auteur d'un mémoire traitant de l'hygiène et de la salubrité des habitations des villes tant en France qu'à l'étranger, et des mesures à prendre pour restituer à l'agriculture, d'une façon certaine, les matières de vidange qui pourraient concourir à la fertilisation du sol et qui sont, aujourd'hui, perdues sans profit pour personne.

Les prix agronomiques consistent en objets d'art. — Sauf pour les concours pour lesquels une mention spéciale est faite, les mémoires et documents doivent parvenir au siège de la Société (8, rue d'Athènes, à Paris) avant le \" janvier 189T.

Les concours annuels pour l'augmentation de la production de blé sont ouverts, en 1896, dans les départements de l'Indre, des Alpes- Maritimes, d'Alger, des Bouches-du-Rhône, de la Seine-Inférieure, du Var et de Seine-et-Oise. Une somme de 1,000 fr. est mise à la disposition de chacun de ces départements.

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