‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 468 sur 737 · SUR L'ABONDANCE ET LA RICHESSE DES RÉCOLTES · texte numérisé non relu

SUR L'ABONDANCE ET LA RICHESSE DES RÉCOLTES

Au mois de juillet de l'année 1893, j'ai communiqué à la Société nationale d'agriculture le résultat des recherches que j'avais poursuivies en 1894, au sujet de l'influence attribuée à la teneur en fécule des plants de pomme de terre, sur Tabondance et la richesse de la récolte.

Pour reconnaître si cette influence est ou non réelle, j'avais planté côte à côte, dans des conditions identiques, des tubercules pris deux à deux dans la récolte d'un même pied, choisis l'un et l'autre du même poids, mais présentant, l'un et l'autre aussi, une teneur en fécule différente.

A l'arrachage, la récolte de chacun de ces plants avait été pesée, analysée. Sur 53 observations, j'avais reconnu alors que dans 15 cas seulement, le tubercule le plus riche avait donné la récolte la plus abondante; que dans '20 cas, au contraire, c'était au tubercule le plus pauvre qu'était dû le rendement le plus élevé, que pour le reste de la culture enfin, aucune différence ne pouvait être constatée entre le produit du tubercule riche et celui du tubercule pauvre.

Joignant alors à ces résultats si nets les résultats de même sens, que venait d'obtenir, en grande culture, au cours de la même campagne, M. Hébert, de Compiègne, j'en avais conclu que l'opinion d'après laquelle il existerait un rapport régulier entre la richesse féculente du plant et l'abondancede sa récolte se trouvait démentie par l'expérience.

Pour donner à cette conclusion plus de solidité,j'ai soumis la même question à une nouvelle étude en 1894.

Adoptant exactement le même mode opératoire qu'en 1893, j'ai planté côte à côte et traité de la même façon des tubercules pris deux à deux, au pied d'une même touffe ; ces tubercules étaient l'un et l'autre de même poids, mais la richesse en fécule en était différente. A l'arrachage, comme en 1893, la récolte fournie par chacun de ces plants a été pesée et analysée.

Des nombres fournis par ces pesées et ces analyses, il résulte que sur 30 observations, on en compte :

9 qui doivent être considérées comme nulles par suite de non levée ou d'absence de récolte au pied de touffes provenant de plants chétifs ou partiellement atteints par les gelées de l'hiver 1893-94;

9 pour lesquelles la récolte la plus abondante correspond à la plantation du tubercule le plus pauvre en fécule;

7 pour lesquelles la récolte la plus abondante correspond à la plantation du tubercule le plus riche en fécule ;

. 2 pour lesquelles deux tubercules égaux en poids et en ricliesse ont donné des récoltes inégales;

1 pour laquelle deux tubercules égaux en poids et en richesse ont donné des récoltes égales ;

2 pour lesquelles deux tubercules égaux en poids, mais inégaux en richesse, ont donné des récoltes égales.

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