‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 496 sur 737 · LES BŒUFS D'ATTELAGE EN HONGRIE · texte numérisé non relu

LES BŒUFS D'ATTELAGE EN HONGRIE

Lorsqu'on s'entretient de la Hongrie, l'on s'étonne du peu de chevaux de trait qu'elle possède, surtout dans les grandes exploitations : la seule raison est l'emploi des bœufs de trait, bien préférables aux chevaux, coûtant meilleur marché et rendant de plus grands services pour les travaux agricoles.

Ces bœufs hongrois qui constituent de belles races d'attelage, sont plus aptes au laboura^^e (surtout aux labours profonds) que les chevaux hongrois, trop légers pour ce travail. Ils proviennent généralement de taureaux de race podolienne de trait, race presque inconnue ailleurs qu'en Hongrie, malgré ses mérites particuliers et son aspect original rappelant beaucoup celui du buffle. On la trouve surtout dans l'ouest de la Hongrie, dans les pays du Donau et des Balkans où ces animaux sont employés comme bêtes de trait.

La figure 61 qui nous montre un de ces attelages hongrois permet de saisir les traits caractéristiques de la race podolienne, à robe de couleur uniforme, variant du blanc argenté au gris cendré, à poils foncés aux yeux, la queue formant une forte houppe, à cornes pointues, puissantes, en forme de lyre, qui atteignent la hauteur de 1 mètre et même plus, car on en a déjà vues de 1 m. 25 et même exceptionnellement de I m. 60 et 1 m. 90.

Une paire de bœufs peut marcher de front quoique les cornes se croisent, car ces animaux placent instinctivement la tête de façon à ce que la longueur des cornes ne constitue pas un inconvénient pour l'attelage. La longueur et la largeur de la poitrine, l'obliquiié des épaules bien placées, la nervosité des membres, la musculature du corps, indiquent les propriétés de bêles d attelage et de trait. Ces bœufs sont généralement anguleux et maigres ; leur tête longue et étroite, leurs yeux grands, noirs et vifs, les oreilles très mobiles, donnent à l'ensemble de la physionomie un air intelligent. Un trait bien caractéristique est le garrot long, haut, pointu, descendant en se développant sur le ventre et le poitrail; les hanches sont minces et en général les parties de derrière sont développées au détriment de celles de devant. Les sabots petits, bien plantés, sont aussi remarquables.

La figure 61 nous montre un attelage hongrois consistant en un joug double porté par le cou des animaux, se fermant par une clavette en fer, se plaçant devant le garrot et se réunissant au timon dans le milieu. Pour la charrue, le joug double est muni d'un palonnier sur lequel sont attelés les bœufs de devant. Nous avons souvent parlé avec des agriculteurs hongrois de l'inutilité du joug double, puisque dans beaucoup de contrées de l'Allemagne il est défendu comme mar-

1. D'après le journal alleiuaacl Deutsche Landwirischafllidie Presse.

tyrisanl les animaux et empêchant les bœufs de développer complèlement leur force; mais le bon marché, la simplicité du procédé, joints à une habitude ancienne, empêchent l'adoption de toute méthode nouvelle et nous devons ajouter que les bœufs hongrois ne paraissent pas souffrir de ce mode d'attelage.

Le conducteur, muni d'un grand fouet, a généralement sous sa direction quatre animaux qu'il conduit et dirige à la parole; il est curieux devoir ces bœufs obéissant docilement à chaque appel indiquant un changement d'allure, mais cette façon de conduire exige beaucoup d'habitude, sans compter la difficulté pour dresser ces animaux arrivant à la ferme jeunes et demi-sauvages et qu'il faut rendre dociles à leurs conducteurs. Enfin, les personnes étrangères doivent prendre les

Fjg. 61. — Attelage de bœufs hongrois.

plus grandes précautions, car ces animaux n'adoptent que leur conducteur et, de leur côté, les taureaux ainsi que les vaches pleines sont aussi toujours disposées à l'attaque; il est très dangereux de séparer les veaux de leurs mères.

La figure 61 nous montre un chariot servant au transport du fumier, de la terre et, d'une façon générale, à toutes les matières lourdes : assurément le chariot semblera petit pour un attelage aussi puissant, mais il faut tenir compte que le mauvais état des chemins ne permet pas la traction de fortes charges.

En résumé, les bœufs hongrois sont laborieux, dociles, endurants, sobres, forts et pleins de bonne volonté.

Deux ba^ufs ordinaires labourent en moyenne, à une profondeur de 27 centimètres, 57 ares par jour; leur vitesse est de 80 pas à la minute, la longueur du pas est de 80 centimètres, c'est donc une vitesse^égale à celle du cheval eflectuant le même genre de travail.

Un pa;ysaa hongrois nous disait que le mot paresseux ne pouvait jamais être appliqué à ses bœufs, au contraire, ils seraient plutôt trop ardents.

Un autre grand avantage, c'est qu'ils endurent parfaitement le climat du pays, ils supportent très bien le froid et labourent à l'occasion en Hongrie par 40 degrés Réaumur de chaleur.

L'élevage se fait par des spécialistes ; ces bœufs sont très longs à se faire, on ne commence à les atteler qu'à trois ans et ils ne sont complètement aptes à toutes les sortes de travaux qu'à cinq ans; ils vivent très vieux d'ailleurs, un bœuf ayant dix ans de service aux attelages est chose commune en Hongrie.

L'Etat s'est occupé de l'amélioration de ces races par l'introduction

Fig. 62. — Attelage de buffles à Szegedin.

de bons taureaux reproducteurs ; c'est ainsi qu'on a obtenu des produits mesurant jusqu'à 1 m. 73 au garrot et 2 m. 27 de tour; le poids moyen des vaches sur pied est de 450 kilog. et celui des bœufs de 500 à 700 kilog. Une qualité importante de ces animaux est la sobriété : leur nourriture ordinaire se compose de paille de maïs, de paille de blé, de foin de deuxième qualité, de menue paille; mais pour les bœufs d'attelage, on donne par jour et par tête, comme nourriture substantielle : 1 kilog. son de blé, 1 demi-kilog. pois secs, 8 kilog. foin, 20 kilog. racines, 5 kilog. menue paille.

La vache donne très peu de lait, à peine de quoi nourrir son veau, mais le lait est riche et contient 5 à 6 pour 100 de matières grasses.

L'engraissement est très difficile, la viande est dure et coriace, il n'y a guère que les vieux animaux qui engraissent; le ventre renferme alors beaucoup de suif et peu de graisse sous la peau, si bien que l'état d'embonpoint ne peut pas se reconnaître en touchant la peau.

Un point intéressant que nous offre l'attilac^e do bœufs hongrois est le haut dc^ré d'énerj^ie et de docilité qu'on peut arriver à atteindre en même tt-mps que la somme de tiavail obtenu; aussi l'emploi des bœufs est-il beaucoup plus avantageux que celui des chevaux.

Il ne faut pas plus compter sur de la viande de choix que sur une bonne produclion de lait, mais ces inconvénients ne sont rien en comparaison des longs et précieux services que ces animaux rendent comme bêtes de trait.

La figure 62 nous donne la reproduction d'un attelage de buffles du domaine Hatzft Id, à Szegedin en Hi)ngrie,

On élève ces animaux pour les travaux pénibles qui réclament une grande force; les importants domaines possèdent une ou deux paires de ces animaux. Là où les chevaux et les bœufs sont impuissants pour démarrer une voiture, le buffle s'en tire seul : il a une façon toute spéciale d'appliquer sa force pour obtenir le maximum de tirage, par contre, il n'a ni l'agilité ni la souplesse du bœuf hongrois et par suite se prête à moins de travaux. Un inspecteur nommé Becuk faisait observer que ce buffle pourrait, en particulier, rendre de grands services pour le transport des betteraves.

Les buffles de devant de la figure 62 étaient âgés de 5 ans et leur poids vif était de 550 kilog., ceux de derrière avaient 8 ans et pesaient 640 kilog. Ces animaux sont meilleur marché que les bœufs; la paire coûtait à l'automne dernier environ 550 fr. Une grande qualité de ces buffles, c'est de sup[)orter très bien la chaleur et de résister parfaitement dans les régions malsaines et marécageuses.

On les rencontre comme bêtes de trait aux Indes et en Afrique; c'est d'ailleurs dans les pays du midi qu'ils sont appelés à rendre le plus de services, car ils sont sensibles au froid et, en Hongrie, on ne les laisse pas sortir 1 hiver.

Comme la peau de ce buffle est très épaisse, il n'y a aucunement à craindre les écorchures produites par les harnais.

Les femelles sont facilement pleines, on peut dire que 100 femelles donnent 100 bêtes tous les ans; leur fécondité dure vingt ans, elles portent un mois de plus que notre bétail. Les buffles n'atteignent leur développement com()let qu'à 6 ou 7 ans.

Comme lait, la production est faible, mais ce dernier est riche; il contient 8 pour 100 de matières grasses. L'engraissement est très lent, la viande a une odeur de musc qui la fait vendre à bas prix.

Le buflle a une sobriété égale à celle du bœuf hongrois, mais il faut qu'il pâture quelquefois. Ses traits caractéristiques sont faciles à reconnaître; la couleur est noire sans taches, le poil est beaucoup plus dru devant que derrière, souvent même le derrière en est complètement dépourvu, les jeunes ont le poil bien plus fourni que les vieux; les cornes sont caractéristiques, elles ne ressemblent en rien à celles de notre bétail, elles s'inclinent d'abord vers les flancs, se dirigent ensuite vers le bas, puis remontent en affectant la forme du faucillon; les yeux sont petits, les oreilles grandes, le dessous de la tête bien découpé; la croupe est extraordinairement large, mais elle se rétrécit fortement vers l'ischion et s'incline fortement; la queue est profondément enracinée, le devant est large et fortement constitué ; les pattes

sont courtes, très fortes, avec des sabots larges et forts qui les empêchent d'enfoncer dans les terrains humides.

Le Gouvernement hongrois encourage beaucoup l'élevage du buffle.

Le sel est très répandu dans la nature ; on le rencontre dans les eaux de mer qui en contiennent jusqu'à 2 et demi pour 100 de leur poids, c'est le sel marin, et dans l'iiiléiieurdes terres sous forme de gisements considérables quelquefois, c'est le sel gemme ou sel fossile qui lait une terrible concurrence au sel de mer, et a ruiné en partie l'industrie des marais salants de l'ouest de la France.

En agriculture, le sel est encore peu employé, quoiqu'il jouisse d'une faveur relative : les uns préconisent son emploi comme stimulant de végétation et comme excitant dans l'alimentation du bétail; d'autres au contraire le rejettent tout à fait et prétendent que son action dans l'un et dans l'autre cas a été très exagérée, si elle existe toutefois : ces appréciations si opposées tendraient à prouver au moins que les effets du sel n'ont pas été suffisamment étudiés.

Le sel est-il utile comme engrais, convient-il de le faire entrer dans la ration des animaux, en aussi forte proportion que quelques-uns le conseillent, convient-il de le mélanger aux fourrages ou de le donner pur au bétail, ou vaut-il mieux de ne pas l'employer à ces usages? Autant (le questions intéressantes qui mériteraient d'être étudiées et résolues expérimentalement.

Nous allons exposer cette question de l'emploi du sel telle que nous la connaissons, dans le but de couper court à quelques erreurs et de provoquer de nouvelles études d'expérimentateurs bien placés pour les poursuivre utilement.

Une petite proportion de sel semble favorable àlavé^jétation, mais les terres qui en contiennent jusqu'à 2 pour 100 peuvent devenir stériles : les terres conquises sur la mer ne peuvent porter de cultures jusqu'à ce que les eaux de pluies aient enlevé le sel en excès. Ainsi les pulders de l'ouest, les woëre.v des environs de Dunkerque, les prises des marais de Luçon et de la baie de Bourgneuf en Vendée, certaines terres du delta du Rhône et des bords de la Méditerranée, etc.

Avec moins de 2 pour 100 de sel, la terre devient stérile lorsqu'elle se dessèche facilement, auquel cas le î-el affleure à la surface; au contraire, elle peut porter de belles récoltes même avec 2 pour 100 de sel et plus, si elle reste humide par suite des infiltrations d'eaux douces, ou bien si on enraye la dessiccation après les semailles en la recouvrant de roseaux ou autres matières végétales formant paillis.

Les terrainsconquis sur la mer sont en général très fertiles, aussi les partisans du sel invo(|uent-ilsc»tte fertilité naturellecomme une preuve de son efficacité sur la végétation, quoi(|ue rien ne soit moins prouvé jusqu'à présent; beaucoup d'autres causes trop longues à énumérer et faciles à déduire, pourraient être invoquées aussi légitimement vis-àvis de cette fertilité, qui ne peut pas être du reste entretenue seulement par les pluies salées que ces terres reçoivent comme quelques-uns voudraient le prétendre sans preuves à 1 appui.

Dans quelques contrées voisines de la mer on employait autrefois le sel en mélange avec les fumiers, ou en l'ajoutant aux composts faits avec des amas de matières végétales et des fumiers : il entre, aujourd'hui encore, dans la composition des engrais fabriqués autour de certaines villes avec les déchets des fabriques de conserves et de salaisons. Mais qui pourrait dire que le sel donne de la valeur aux matières fertilisantes avec lesquelles on le mélange; les débris organiques végétaux ou animaux sont assez abondants dans ces engrais pour expliquer leurs bons effets une fois qu'ils ont nitrifié, sans que le sel y soit pour quelque chose : cependant, il serait peut-être téméraire de nier complètement son action dans ce cas jusqu'à plus ample informé.

Certains expérimentateurs ont dit que le sel agissait avantageusement, quelquefois, sur certaines récoltes, comme la luzerne, le lin, le froment, les pommes de terre, etc.; d'autres, Mathieu de Dombasle entre autres, auquel on ne refusera pas une certaine autorité, ont obtenu du sel des effets négatifs ou même nuisibles dans les mêmes conditions. Ces faits contradictoires tendraient à faire croire que le sel agirait comme les autres éléments de la végétation, c'est-à-dire qu'il produirait de bons effets lorsqu'on le rapporte dans les sols où il marque, et qu'il deviendrait inutile et même nuisible quand le sol en contient une quantité suffisante pour les besoins de la récolte.

11 faut dire pourtant que les végétaux renferment tous les éléments du sel, mais en petite quantité; il paraîtrait d'après cela que les sols possèdent généralement assez de cette matière par suite de la grande consommation que l'homme en fait, et de la petite proportion qui en est encore rapportée à la terre chaque année par les pluies : voilà qui semblerait plutôt vrai que l'hypothèse contraire.

En Suisse, il est d'usage, paraît-il, dans quelques contrées de saler le purin destiné à l'arrosement des prairies; pour quil en soit ainsi, il est à supposer que là, et dans ces conditions, l'efficacité du sel a été reconnue. Mais comment agit-il? Le sol de ces prairies est-il privé de sel naturellement? Toutes choses que nous ignorons.

Isidore Pierre que nous allons encore citer, a trouvé que la proportion des sels de soude diminuait dans les plantes à mesure qu'elles arrivaient vers la maturité, et qu'ils se concentraient, pour ce qui est du blé, dans les parties les plus extérieures de la plante, dans les feuilles inférieures dont l'activité est presque nulle à ce moment, et où semblent s'accumuler les substances inutiles.

Ce fait, comme beaucoup d'autres, semblerait vouloir dire que le sel n'est pas de première utilité dans la plante.

Mais voyons maintenant quel serait le rôle du sel dans l'alimentation des animaux.

Dans un ouvrage déjà ancien (1864), De l'alimentation du bétail au point de vue du travail^ de la viande, etc., Isidore Pierre s'est beaucoup occupé du rôle du sel dans l'alimentation ; nous allons résumer ce qu'il en disait.

On se rappelle, dit-il, la grande agitation qui, dans le monde politique plus encore peut-être que dans le monde agricole, a précédé chez nous La réduction de l'impôt sur le sel. Il n'est guère possible de le

méconnaître aujourd'hui, on s'était exagéré l'importance que devait acquérir la consommation par suite de la réduction des droits, et jusqu'à présent, l'emploi du sel en agriculture n'est guère plus fréquent, ni plus important qu'autrefois. C'est que les praticiens ne sont pas encore convaincus de la réalité de son action, et que ceux chez qui s'est maintenue la confiance dans son efficacité ne s'accordent guère mieux sur les conditions les plus avantageuses de son emploi.

.Je me demande s'il est survenu depuis le temps où ces lignes ont été écrites quelques faits assez certains pour modifier ces appréciations ; pour ma part, je n'en connais pas : mais poursuivons.

A l'époque des grandes discussions auxquelles nous faisions tout à l'heure allusion, les adversaires de l'impôt du sel affirmaient que cette substance exerce une influence sur la faculté d'assimilation dont jouissent les animaux ; qu'elle accélère, d'une manière presque merveilleuse, l'engraissement du bétail ; que chaque kilog. de sel consommé produit au moins 10 kilog. de viande; que le sel donné aux bêtes ovines augmente le poids de leurs toisons et donne à leur laine plus de nerf et d'élasticité.

Les humeurs dont se trouve imprégnée la chair musculaire contiennent du chlorure de potassium dont le chlore ne peut avoir son origine que dans le sel marin. La bile des animaux contient une proportion notable de soude, qui ne peut guère avoir non plus d'autre origine. Le suc gastrique, si nécessaire pour la digestion, renferme de l'acide chlorhydrique auquel il doit, suivant beaucoup de physiologistes, une partie de son pouvoir dissolvant. Or, l'acide chlorhydrique contient du chlore, un des éléments du sel marin.

C'est sans doute cette nécessité physiologique qui nous fait ajouter du sel aux aliments amylacés, ou, plus généralement aux aliments qui en contiennent fort peu. On admet encore qu'en excitant une salivation un peu abondante le sel puisse placer les aliments dans de meilleures conditions de digestibilité.

Enfin, en citant des faits nombreux qui montrent le plaisir que paraissent éprouver les animaux à consommer une certaine quantité de sel, on en a conclu que ce plaisir résultait pour eux de la satisfaction d'un besoin réel.

Mais, comme l'a fait observer avec beaucoup de justesse M. Chevreul, les analyses chimiques peuvent nous apprendre combien de sel traverse journellement la machine vivante, mais elles ne suffisent pas pour nous faire connaître avec exactitude quelle est la quantité de cette substance qu'il peut être réellement utile d'ajouter à celle que contiennent nos aliments quotidiens et ceux des animaux dont l'entretien fait l'objet de nos soins.

On admettra sans difficulté que l'emploi du sel puisse être avantageux lorsqu'il s'agit d'aliments végétaux, qui, comme les pulpes de pommes de terre ou de betteraves et la drèche provenant des brasseries ont pu perdre par l'espèce de lavage auquel on les a soumis, une partie notable des principes salins qu'ils contenaient dans leur état naturel primitif.

C'est sans doute pour suppléer à cette déperdition que beaucoup de nourrisseurs ajoutent du sel aux rations quotidiennes de leurs

bêtes laitières, principalement quand ils leur servent des aliments cuits de la nature de ceux dont nous venons de parler.

Ajoutons enfin, qu'il résulte des observations de M. Chevreul que, pendant la cuisson des racines ou des tubercules, le sel {)araît développer l'odeur et la saveur agréables qui excitent l'appétit des animaux.

On a cité encore bien souvent dans le débat, ce fait que les troupeaux de bêtes à laines qui vivent dans les marais salés sont presque complètement affranchis de la pourriture ou cachexie aqueuse qui décime si communément les troupeaux des pays marécageux éloignés de la mer. Laissons de côté beaucoup d'assertions générales plus ou moins fondées, mais qui, à raison même de leur trop grande généralité, n'apportent pas toujours des preuves directes à leur ap()ui, et voyons ce qu'il est permis de conclure des essais pratiques dont les résultais ont été formulés en chiffres.

Disons d'abord qu'en s'entendant demander par les délégués du Gouvernement français ce qu'il fallait penser de celte assertion, que le sel active considérablement l'engraissement, et que chaque kilog. de sel donné aux animaux produit Sou 11) kilog. de viande ou de graisse, les agronomes anglais les plus distingués avaient peine à conserver leur sérieux.

Il n'est pas à notre connaissance non plus qu'on ait démontré suffisamment l'exactitude de cette autre assertion que, par le seul fait de l'addition du sel en proportions convenables, le foin acquiert un accroissement de valeur nutritive qui peut s'élever à 25 ou 30 pour 100. FLOREiYr Coassant.

(La suite prochainement) .

SITUATION AGRICOLE DANS LA NIÈVRE

Le mois d'avril se montre en général favorable aux récoltes eu terre et aux travaux de la saison.

La plantation des pommes de terre est presque terminée; les orges s'achèvent; les semis de betteraves s'avancent; tout s'opère d'une manière satisfaisante, et sur un sol parfaitement pié(»aré.

Mais, après un hiver aussi doux, il arrive ce qu'on pouvait prévoir, c'est-à-dire que les mauvaises herbes se sont développées au milieu de nos céréales d'hiver et cherchent à les étouffer sous leur puissante végétaUon contre laquelle celles-ci luttent à outrance.

En ce moment on échardonne, on coupe les nielles, on se défend le mieux possible: et ensuite on emploiera les moyens usuels de sarclai^e et d'arrachage pour détruire tous les parasites de nos cultures, soit pendant leur croissance, soit à l'époque de la floraison où ils sont le plus apparents.

En ce qui concerne les topinambours, on les a labourés, et on en renouvelle la plantation pour éviter leur trop grande diminution de volume, et aussi afin de n'avoir pas à leur donner les façons qu'ils réclament pendant les grandes chaleurs, car celles-ci constitueraient alors un des moyens les plus efficaces de destruction.

Salomon.

L'agriculture belge a réalisé, depuis quelques années, des progrès considérables dans toutes les branches de sa production, grâce avant tout, on ne saurait trop le répéter, à l'esprit d association qui s'est manifesté, avec une intensité remarquable, chez nos voisins, grâce aussi à l'initiative de l'Administration de l'agriculture.

Sous Timpulsion de cette dernière, en effet, ont été créés les Comices agricoles caiilonavx auxquels elle a alloué des subsides a-sez importants, afin, disait le règlement d'organisation, de pousser les cultivateurs dans la voie du progrès. M. le ministre de Bruyn s'exprimait, à leur sujet, de la manière suivante, dans sa circulaire du 16 décembre 1892, adressée aux présidents dds commissions provinciales d'agriculture : ce C'est aux comices que revient ia mission de se trouver en rapport direct et permanent avec les cultivateurs; c'est à eux qu'il appartient d'étudier, d'une manière approfondie, les conditions économiques qui sont particulières aux milieux où ils fonctionnent, aGn de mieux connaître, chacun dans sa sphère d'action, les améliorations qu'il convient d'adopter. »

Le but des coniii-es était ainsi défini: ces associations devant revêtir un caractère d'intérêt purement local, et, à cet effet, l'Administration leur conseillait de porter surtout leur attention, suivant les circonstances spéciales particulières aux différentes régions agricoles, soit sur l'amélioration des semences, soit sur le perfectionnement de 1 outillage agricole, soit encore sur la création de sociétés locales coopératives de prodiiction ; la nécessité de l'organisation de concours et de la distribution d'encouragements était encore proclamée. Ces indications furent entendues dans la plupart des provinces et bientôt mises en application sur de nombreux points; les cotisations et les donations en nature de certains propriétaires engagèrent d'ailleurs les agriculteurs dans cette voie.

Les résultats de l'organisation des comices ne se sont pas fait longtemps attendre; malgré les hésitations et les tâtonnements, quelquefois aussi les déboires, inhérents à la période de la création, ils ont été souvent remarquables. Nius ne saurions mieux faire, à ce propos que de retracer les progrès réalisés, en quelques années, dans le canton dllerzèle (Flandre orientale).

La région d Herzèle, écrivions-nous dans une précédente étude*, est un pays de très petite culture. Sesagriculteursn'ontguèrede capitaux; ils sont peu instruits, en général, mais, en revanche, très routiniers. On n'y trouve actuellement, parmi les plantes dites industrielles, que le lin et la chicorée à café, et même la culture de ces plantes n'y estelle pratiquée que sur une très faible échelle. Ce n'est donc pas un milieu où les innovations peuvent se faire aussi aisément que dans certaines régions — et elles sont assez nombreuses en Belgique, — où le cultivateur est plus instruit, où il a plus de capitaux, et où la culture plus rémunératrice de plantes spéciales est possible. Le Comice agricole d'Herzèle a été réduit, par suite, à tenter très lentement les améliorations appropriées à son milieu ; il a dû procéder avec prudence, et encore plus, avec une grande persévérance.

Sa création remonte au 20 décembre 1892; un arrêté ministériel détacha, à cette époque, des cantons nord et sud d'Alost, la majeure partie du canton d'Herzèle pour en constituer un nouveau groupe qui adoptait immédiatement les champs d'expériences de Borsbekelez-Alost et rédigeait un règlement dont nous rapportons quelques dispositions : T fixation de la cotisation annuelle pour chaque

membre associé, à 4 fr.; 2° adhésion au Comice rendue possible pour les difTérentes sociétés déjà existantes ayant un caractère agricole et encouragements accordés pour la création de nouvelles sociétés du même genre (prime annuelle de 50 fr. attribuée à la première société qui sérigerait dans le courant de Tannée 1893': 3° représentation commune dans le bureau du Comice, proportionnelle au nombre des membres associés de la commune ; 4° réunions mensuelles dans chaque commune de la circonscription, suivant Tordre alphabétique et en proportion du nombre des membres.

Conformément aux vues du Ministre de Tagriculture, Tactivité du Comice d "flerzèle sest portée à la fois sur les questions purement culturales avant un caractère quelque peu général, et sur les questions intéressant directement les productions agricoles du rayon. Le programme arrêté à cet effet est des plus vastes ; il embrasse :

a] La vilga.risàtio.\ de la science agricole. — i' Parla fondation de bibliothèques, réunissant les meilleurs ouvrages agricoles élémentaires et recevant des journaux et des revues agricoles rédigés en français et en allemand.

T Par la constitution et l'achat de nombreuses collections de produits agricoles, d'instruments, de vues photographiques, etc., dont la disposition doit augmenter puissamment l'attrait de Tenseignement oral des conférenciers et des professeurs.

3° Par les réunions mensuelles se tenant dans les villages de la circonscription alternativement par ordre alphabétique et proportionnellement au nombre des membres fournis par ce village. Chacune de ces réunions, auxquelles assiste un agronome de TEtat (arrêté ministériel du 30 avril 1894}, est accompagnée de conférences et de discussions intéressantes: les associés présents peuvent ainsi échanger leurs vues « sur une quantité de détails pratiques fournis par les champs d'expériences et par la laiterie, ce qui donne aux conférences une valeur souveraine comme enseignement. Plusieurs rapports sur ces réunions ont paru dans les numéros du Z/arw/6o6?e :». (J. VanSeynhaeve, Revue agronomique. 1894, p.209;.

4° Par l'organisation de cours libres d'agriculture, et de cours d'enseignement mutuel à limitation des Farmers Institutes des Etats-Unis d'Amérique : les unes et les autres ont remporté un plein succès; le cours professé à l'Ecole communale de Borsbeke-lez-Alost réunissait, dès les mois de novembre et de décembre 1893, plus de cent auditeurs en movenne ; le nombre de ces derniers s'est encore accru pendant les années suivantes.

.5' Par la création de cours d'économie domestique 15 leçons environ), à Tusage des fermières. Cette innovation des plus intéressantes a produit, grâce au dévouement de quelques professeurs de choix, les plus heureux résultats. Dans la seule commune d Herzèle, le cours a été suivi, avec la plus grande assiduité, par 160 auditrices en moyenne: elles y ont recueilli un enseignement précieux sur les questions d'hygiène, sur les premiers soins à donner au bétail en cas d'accident ou de maladie, sur la laiterie, sur la basse-cour, et sur les multiples ressources qui, souvent, constituent le bénéfice le plus net dans les exploitations rurales de petite ou même de moyenne importance.

6" Par la distribution gratuite de journaux et de brochures destinés à compléter l'enseignement oral. C'est ainsi que, pendant la seule année 1893. chacun des membres du Comice a reçu les ouvrages : rapport sur les expériences de Borsbeke ; hygiène des animaux domestiques; la question des phosphates; alimentation rationnelle des animaux domestiques; culture des plantes-racines et tuberculifères; almanach du Landbode.

1° Par l'organisation de fréquentes excursions dans les exploitations, les expositions et les concours. Le cultivateur peut ainsi se rendre compte, par lui-même, de la situation exacte de 1 agriculture dans les régions avoisinantes, et il rapporte de ses voyages de nombreuses et intéressantes observations. Pour l'encourager dans cette voie, le Comice lui a même délivré gratuitement à plusieurs reprises, notamment lors des expositions de Bruges et d'Anvers, des billets de parcours sur les chemins de fer.

8^ Enfin par l'organisation de champs d'expériences : cette dernière a été remise aux soins dune section spéciale du Comice, dite section des expériences, ayant son siège à Borsbeke.

Nous nous trouvons ici en présence d une institution très puissante et admirablement entendue dont les résultats déjà acquis suffiraient pour démontrer les effets que peut entraîner l'association pour la production agricole.

Les expériences entreprises par le Comice d'Herzèle comprennent des essais préliminaires et des recherches pratiques en plein champ.

L Les Essais préliminaires portent :

Sur ïétude du sol par la méthode des cultures en pots préconisée par M. l'inspecteur général Proost: les essais se font en double, dans une serre spéciale, dite serre expérimentale; ils ont pour but, d'une part, de rechercher la teneur des sols de la région en éléments fertilisants et, d'autre part, de fournir des indications pour les expériences pratiques de fumure.

Sur les variétés de plantes de grande culture déjà répandues ou de nouvelle création ; ces derniers essais se font, sur de petites parcelles, dans un jardin atjronornifjue: on y sème, chaque année, un grand nombre de variétés afin de faire entre elles un premier triage et de découvrir celles qui mériteraient la mise en expérience sur une plus grande échelle.

Le jardin agronomique sert encore à l'exécution de recherches particulières ayant un caractère plus scientifique et plus général. Ces dernières ont porté, entre autres, sur l'électro-culture Jes résultats ont été nettement défavorables dans la grande majorité des essais, avec les divers dispositifs employés; ^ il est probable, dit M. P. de "N'uvsf, que les résultats obtenus doivent être attribués à la nature du solsoumis à l'expérience. D après les expériences de M. Peiffer, les sols qui manquent d'humus et renferment une certaine proportion d'ariiile, donnent plutôt des résultats défavorables : c'est le cas pour notre sol.w) et sur la détermination des meilleures formules Je mélanges de semences pour la création des prairies dans les terrains limoneux : ce point est d'une haute importance pour le canton d'Herzèle dans lequel

1. Rapport sur les expérieuces de Borsbeke-kz-Alost, 1894, p. S.

la production animale occupe la première place; les résultats les plus récents sont venus confirmer la valeur des formules adoptées à la suite des recherches antérieures, entreprises depuis 1889, à Borsbeke*. Le rapporteur, M. de Vuyst, admet cependant, avec raison, l'introduction de modifications raisonnées et justifiées par des essais directs dans les formules^ et il conclut à la nécessité de poursuivre les recherches de ce genre dans les diverses régions. J. Troide.

(La suite prochainemoit).

ETAT DES RÉCOLTES DANS L'ALLIER

Pétrassin, par Arfeuilles (Allier), le 20 avril 189G.

Le milieu du mois de mars nous a donné quelques Belles journées d'une chaleur et de douceur extraordinaire, qui semblaient vouloir lancer à la vapeur la végétation et nous faire croire que le bonhomme hiver était réellement enterré pour cette année ; mais, il ne faisait que semblant de sommeiller comme le matou à l'affût de sa proie; car, si nous avons passé Noël au buisson, nous avons passé, comme dit le proverbe, Pâques au tison; et jiisqu'ici avril ne nous a donné que neige et giboulées de neige ou de grésil et une grande quantité d'eau dont nous nous serions en partie fort bien passés. La grande quantité d'eau ou de giboulées de neige tombée, a tellement lavé nos terres et entraîné les éléments solubles des engrais de nos emblavures d'automne qu'en général et par cette température froide et humide, elles montrent pour l'instant un triste aspect; celles de printemps sont à longue levée, et les premières semées, quoique faites dans d'excellentes conaitions, ne montrent pas non plus pour le moment bon espoir; il ne pourrait en être autrement sous un pareil atmosphère toujours froid, humide et brumeux ; l'on dirait que Phébus décidément s'est mis en grève et refuse de parlementer avec les agriculteurs qui ne lui ont cependant causé aucune contrariété.

La plantation des pommes de terre se poursuit difficilement et se fait dans de bien mauvaises conditions.

Enfin, il semble que la végétation veut rentrer sous terre, tant l'herbe de nos prairies naturelles et artificielles a mauvaise façon.

Nos arbres fruitiers ne peuvent non plus que difficilement éclore leurs fleurs ; les amandiers et abricotiers commencent à passer leur floraison, les pêchers et cerisiers commencent la leur. Nebout.

A l'occasion du voyage en Algérie du Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, par arrêté du Ministre de l'agriculture, en date du 3 avril, la décoration de chevalier du Mérite agricole a été conférée à :

MM. ÂccARDO (François), chef du service des cartes et plans au gouvernement général à Alger; 35 ans de services.

Raynaud (Jean-Joseph-Marie-Raymond), économe à l'Ecole Roudil (ferme-école des enfants assistés de la Seine), à Ben-Chicao (Alger).

Reisser (Georges), agriculteur, médecin de colonisation à Oued-Fodda (Algérie) : plusieurs récompenses à différents concours en Algérie et à Paris.

Dauphin, viticulteur à Draria (Algérie) : services rendus à la viticulture dans sa région.

Drogue (Jean-Baptiste), capitaine d'infanterie hors cadres, au gouvernement général de l'Algérie : nombreux travaux de reboisement et de recherches d'eau. A pris une part importante à la destruction des sauterelles; 18 ans de services.

MoisAN, administrateur di- la commune mixte de Guergour : création de pépinières. Travaux spéciaux sur la pisciculture; plus de 20 ans de services.

1. Prairies permanentes (poids des semences rapporté à l'hectare, en kilog.) : vulpin des prés, 3.5; flouve odorante, 0.5; avoine jaunâtre, 0.5; crételle des prés, 0.5; dactyle aggloméré, 4.5; fétuque des prés, 6.0; fétuque rouge, 1.0; fétuque ovine, 1.0; ray-grass anglais, 8.0; luzerne, 1.2; fléole des prés, 5.0; trèfle hybride, 1.0; trèfle rouge, 2.5; trèfle blanc, 3.5; pâturin des prés, 2 5.

Prairies de "à à & ans : sainfoin, 1.2; trèfle rouge, 1.5; luzerne, 2.0; trèfle hybride, 1.0; lupuline, 4.0 fromental, 16.0; ray-grass anglais, 2.0; ray-grass d'Italie, 3.0; dactyle, 5.0; fétuque rouge gazonnante, 4.5; fléole des prés, 2.0; avoine jaunâtre, 2.0; pàturin des prés, 3.0.

Prairies de 1 à ^ ans : trèfle rouge, 18.0, ray-grass d'Italie, 3.0 (formule de Stebler) ; ou encore : trèfle rouge, 4.5 ; trèfle hybride, 6.5; fléole des prés, 6.5.

Rapport sur les expériences de 1895 (6° année).

Massoutier (Charles), capilaine d'iiifanlerie hors cadres, chef du bureau arabe subdivisionnaire de Médéa (Algérie) ; création d'importants barrages et de nombreux puits et citernes; 25 ans de services .-

Maréchal (Eugène), propriétaire viticulteur à Birkadem (Algérie) : a rendu d'importants services aux viticulteurs de la région.

Le Goupil (Albert), administrateur adjoint de la commune mixte d'Azeffoun (Algérie) : nombreuses récompenses à différents concours; 26 ans de services.

(Jalvet, trésorier du comice agricole d'Alger à Alger.

Si Eddin bex Ha.mza, agha des Ouled sidi Cheikh (Oran) : exploitation modèle. Encourage par son exemple tous les agriculteurs indigènes; 14 ans de services.

Ijen JIehel Si Brahim een Mohammed, adjoint indigène^ commune mixte de Gouraya (Algéiie) : a créé, en procédant à l'européenne, un'vignoble considérable; 12 années de services.

Aissaben El Aïd, cavalier au bureau arabe de Chellala (cercle de Boghar) (Algérie) : a été chef de fraction dans sa tribu; exposant au concours général agricole d'Alger; 12 ans de services.

DuGAST. directeur de la station agronomique d'Alger.

A l'occasion du banquet de l'Association des conducteurs et commis des ponts et chaussées du Puy-de-Dôme, qui a eu lieu sous la présidence du Ministre des travaux publics, par arrêté du Ministre de l'agriculture en date du 13 avril 1896, la décoration de chevalier du Mérite agricole a été conférée à :

MM. Pardoux (Antoine), conducteur principal des ponts et chaussées (hydraulique agricole) à Clermond Ferraud (Puy-de-Dôme) ; 35 ans de services.

Artaud (Claude-Viclorien-Benjamin), conducteur des ponts et chaussées à Anibert (Puy-de-Dôme); 24 ans de services comme conducteur : services rendus dans l'organisation de l'exposition agricole et industrielle d'Ambert.

Yoret (.\lbert), conducteur principal des ponts et chaussées à Clermond-Ferrand (Puy-de-Dôme)3 35 ans de services.

Hygiène des animaux domesliques dans la production du lait, par Calixte Pages, vétéri, naire sanitaire de Paris. — Un volume in-ll de 824 pages. — Librairie de G. Masson, 120 boulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix : 3 fr.

L'ouvrage que M. le D"" Calixte Pages vient de publier sort, sur un certain nombre de points, du cadre des études agricoles, mais il y rentre directement par les applications qu'il déduit des principes physiologiques qu'il commence par établir. C'est pourquoi il est utile de le signaler aux agriculteurs. Dans la première partie, l'auteur étudie la dépendance des animaux domestiques quant à la nature des aliments qu'ils reçoivent, et la dépendance de la production laitière quant à l'alimentation ; il examine les variations que celle-ci introduit dans la composition du lait. La deuxième partie est consacrée à l'hygiène des femelles laitières d'après leur destination, suivant que leur lait doit être consommé directement ou bien être transformé en beurre ou en fromage. Dans la troisième partie, est considérée l'hygiène appropriée aux diverses espèces de femelles exploitées par l'industrie laitière. C'est tout naturellement la partie consacrée aux vaches laitières qui reçoit les développements les plus considérables; c'est surtout sur ce point que l'ouvrage se rattache aux études agricoles.

Traité des plantations d'alignement et d'ornement dans les villes et sur les routes, par M. A. Chargueraud, professeur d'arboriculture de la ville de Paris. — Un volume in-8 de 332 pages, avec 333 gravures. — Librairie de J. Rotschild, 13, rue des Saints-Pères, à Paris.

Le rôle des plantations d'alignement dans les villes, sous le double rapport de lornement et de l'hygiène, est trop connu et trop apprécié pour qu'il soit utile d'insister à son égard. Mieux placé que personne pour en connaître les conditions normales, M. Chargueraud a pensé, avec raison, qu'il pouvait en traiter utilement, et il a donné ainsi un livre qu'on lira avec intérêt partout, et que les ingénieurs chargés de diriger ou de conserver les plantations urbaines consulteront toujours avec profit. La préparation et le choix des arbres à planter, les dispositions à adopter sur la voie publique pour y placer des arbres, l'exécution de la plantation, les soins d'entretien, les formes à donner de

préférence aux arbres, les travaux d'élagage, les remplacements, etc., forment autant de chapitres remplis de détails d'un réel intérêt. On doit en dire autant de ceux qui se rapportent aux causes de dépérissement des arbres et aux maladies qui les attaquent, comme des résultats obtenus avec les différentes essences arbustives qui se prêtent plus ou moins bien aux plantations urbaines. Une partie spéciale de l'ouvrage est consacrée aux plantations sur les routes; celle-ci peut s'adresser plus directement aux cultivateurs, car l'auteur fournit des renseignements précis sur les arbres fruitiers qui conviennent le mieux pour ces plantations. Une autre partie est consacrée aux plantations des promenades et des jardins; elle est remplie également de renseiajnements techniques. Enfin, un très grand nombre de gravures bien exécutées donnent un attrait spécial au livre et en augmentent la clarté et la valeur. Henri Sàgmer.

Page 1