DESTRUCTION DES SOURIS DANS LES CHAMPS
y a plus loin qu'on ne pense, même pour des objets plus graves et plus urgents. L'Administration, elle, peut toujours obliger ses agents et rendre exécutoires les travaux qu'elle impose.
Je ne doute pas que sur les ordres du Ministre de l'agriculture, les préfets ne posent la question aux Conseils généraux qui sont partout les maîtres des chemins vicinaux et de grande communication. Les Conseils généraux s'entendront pour les voies et moyens avec les directeurs de Stations agronomiques ou des laboratoires départementaux et les agents-voyers auront bientôt réglementé le travail de la pose des appâts comme le reste du service.
Dans certains villages d'Autriche les enfants des écoles se sont livrés à cette destruction, sous la surveillance de leurs maîtres, comme à une véritable récréation; double avantage, dont le plus précieux est de les habituer à comprendre tous les soins que réclame le travail de l'agriculture. Avec certaines précautions, et en choisissant les plus raisonnables de ses élèves, l'instituteur peut faire aider sur les routes les cantonniers à placer les morceaux de pain trempés dans les trous de souris. Ce sera une bonne occasion de les instruire de bien des choses en passant.
Un autre moyen indiqué par M. Kornauth serait la publication d'une plaquette d'une page ou deux, indiquant en résumé tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur la matière, c'est-à-dire faisant la description et l'histoire du mulot ou souris des champs, donnant l'idée des désastres qu'il peut causer, et indiquant les moyens pratiques de se débarrasser de cet ennemi.
Toutes ces recommandations sont sages. Nous les avons reproduites dans un but de propagande. Ceux des lecteurs du Journal qui sont conseillers généraux ou conseillers d'arrondissement, ou seulement syndiqués, peuvent agir auprès des agents spéciaux pour faire ordonner ces pratiques par l'autorité compétente. P. du Pré-Gollot.
Il a été fait bien des expériences, en vue de constater les effets du sel introduit dans la ration des animaux. Ainsi, Mathieu de Dombasle soumit comparativement au même régime, composé de foin, de pommes de terre crues et de tourteaux de lin, deux lots de 8 moutons chacun, avec cette différence toutefois qu'un des lots reçut du sel; il obtint en faveur du régime salé, une très petite différence, trop petite pour l'engager à généraliser cette pratique.
Les expériences faites par M. Lequin paraissent plus favorables à l'emploi du sel ; cependant cet observateur a trouvé plus d'une fois des résultats de pesées défavorables au sel.
A l'époque du dégrèvement, dit M. Milne-Edwards dans un remarquable rapport sur une enquête faite par ordre du Gouvernement français (rapport sur la question du sel en Angleterre), il a été fait en Ecosse et en Angleterre beaucoup d'expériences au sujet de l'emploi du sel dans l'engraissement du bétail, et il en est résulté qu'on n'a rien observé de particulier, ni dans la quantité d'aliments consommés dans un temps donné, ni dans la rapidité avec laquelle augmentait le poids des animaux.
Les expériences de Boussingault, de Béhague, Baudement sont encore d'accord sur ce point avec celles faites ailleurs; elles n'ont donné aucun résultat satisfaisant.
Quant à l'utilité du sel pour l'amélioration des fourrages de médiocre qualité, il faut qu'elle soit assez restreinte, car beaucoup d'éleveurs et d'engraisseurs qui tiennent bonne note de leurs recettes et dépenses, n'ont pas tardé à reconnaître qu'il y a presque toujours plus de profit à faire consommer des fourrages de bonne qualité qu'à en saler de mauvais pour les faire accepter lorsqu'on est à portée de choisir.
Cependant, on parait généralement s'accorder pour reconnaître que le sel tend à conserver la santé des animaux et surtout des moutons qui vivent dans les lieux humides, et l'emploi de ce condiment paraît alors diminuer réellement les ravages de la cachexie aqueuse.
Il est toutefois un usage assez généralement répandu chez nos voisins plutôt que chez nous, c'est de saler le foin lorsqu'on le met en meules pour le conserver, à raison de 2 à 5 kilog. pour 1,000 kilog. de fourrages, suivant qu'il est plus ou moins sec.
M. Milne-Edwards a fait observer, à l'occasion de cette pratique, qu'elle trouve peut-être son explication dans un autre ordre de faits que ceux auxquels on a voulu la rattacher. En Angleterre, soit à raison de l'humidité naturelle du climat, soit à raison des procédés de conservation, soit par l'ensemble de ces deux causes, le foin subit souvent uij/b fermentation spéciale qui lui fait contracter une saveur désagréable, et c'est pour obvier en partie à cet inconvénient que la pratique du salage s'est généralisée.
M. Becquerel rapporte que, dans le .Jura, le lait des vaches soumises au régime salé est considéré par les fruitiers chargés de la fabrication des fromages, comme de qualité supérieure, parce qu'il pèse un degré déplus au lacto-densimètre. Nous n'avons pas la prétention de discuter la vérité du fait en lui-même ; nous ferons seulement observer que l'accroissement de densité que l'on signale ne prouve pas que le lait produit sous l'influence du régime salé soit plus gras que l'autre, puisqu'il est de notoriété que, toutes choses égales d'ailleurs, le lait le plus dense est au contraire le moins riche en beurre.
Une circonstance qui mérite de fixer l'attention dans toutes les discussions qui se sont produites au sujet de l'emploi du sel, c'est que cet usage s'est facilement introduit, propagé et maintenu dans certains pays, tandis que l'on fait d'inutiles efforts pour le faire accepter dans d'autres. Il est probable que si l'on eût exécuté un grand nombre d'analyses de fourrages dans ces pays, on eût trouvé l'explication de ces faits.
En somme, le rôle du sel dans l'alimentation paraît être de maintenir la conservation des tissus et des humeurs dans lesquels il se trouve : il semble donc indispensable à la vie animale ; mais où les auteurs ne sont plus d'accord, c'est dans les doses qu'ils conseillent de donner aux animaux.
D'après les données admises, le sel doit être administré aux animaux en nature, dans des sachets, ou bien sous forme de sel gemme, ou encore en l'incorporant aux aliments. Dans ce dernier cas, le sel relève le goût des aliments aqueux comme les pulpes, des fourrages
mous et naturellement fades. On le mêle aux foins mal réussis dans leur préparation, dans les foins grossiers des prairies basses, humides et acides, ou pour corriger les mauvais effets des foins vaseux.
On peut répandre le sel entre les couches des fourrages au moment de la mise en tas dans le grenier ou dans la meule, ou bien en arroser le foin avant le repas : on fait varier la quantité employée selon le degré d'altération des fourrages. Selon les uns, 2 ou Skilog. de sel sont suffisants pour 1 ,000 kilog. de foin ; selon les autres, il faudrait en mettre au moins 10 kilog. Qui pourrait bien dire lesquels ont raison?
La quantité à donner en nature aux animaux serait par jour de : 50 à 100 grammrs pour les grands, de 1 0à 50 grammes pour les porcs à l'engrais et pour les élèves de l'espèce chevaline et bovine, enfin de 3 à 6 grammes pour les moutons. Ces données sont bien élastiques; mais on conseille pourtant de ne pas dépasser ces mesures sans quoi le sel deviendrait nuisible.
Certains font remarquer que le nombre des animaux qui reçoivent du sel est bien petit en comparaison de ceux qui n'en reçoivent pas, et que ces derniers en somme ne paraissent pas plus mal se porter; ils ont grandi et se sont engraissés tout comme les autres.
Cependant, si nous devions nous en rapporter exclusivement au spirituel auteur de V Esprit des Bêles et de la Zoologie passionnelle, le sel aurait une valeur incontestable, et bien plus élevée encore que celle qui lui est attribuée. Toussenel n'a-t-il pas dit : « Le sel, c'est la richesse, la pureté, c'est le principe de toute croissance et de toute vigueur », et il développe ces arguments dans de belles pages écrites à ce sujet au chapitre des Ruminants.
Il nous dit que le sel est la matière précieuse par excellence dont les ruminants ne sauraient se passer non plus que l'homme; et pour preuve il rappelle les voyages de 600 kilomètres que font chaque année les cerfs de l'Amérique du Nord à une certaine époque pour venir paître le sel aux rives des lacs salés.
De Humboldt et Boussigaultont rapporté aussi eux les voyages des bœufs demi-sauvages de l'Amérique, parcourant de grandes distances à époques périodiques pour se rendre aux distributions de sel qui leur sont faites.
Faudrait-il conclure avec Toussenel que: « La science officielle aura bien de la peine à se laver dans l'histoire du rôle odieux qu'elle a joué dans cette question du sel : car c'est un savant des plus illustres, M. Gay-Lussac, qui contrairement à l'avis de tous les ruminants tt de tous les cultivateurs de France a déclaré la question du sel parfaitement étrangère à l'agricullure. »
Ce serait exagérer, il est vrai, que d'enlever au sel toute importance comme de méconnaître une certaine action dans les sols et l'alimentation de ce condiment d'un usage si répandu. Mais nest-il pas permis de dire, aujourd'hui encore, que son rôle est peut-être exagéré, en tout cas insuffisamment connu.
Il nous paraît utile que des faits nouveaux soient produits, s'il en existe, et que des expériences soient entreprises pour fixer le rôle du sel d'une façon plus certaine : la question est importante, pensonsnous, et mériterait d'être étudiée. Flore.nt Cuassaint.
Le retour du printemps ramène l'attenlion sur les procédés à employer pour la destruction des insectes nuisibles ; ceux-ci sont d'autant plus à redouter que l'hiver a été plus clément et qu'on a moins à compter sur ses effets pour la destruction des larves et des chrysalides. En 1895, les ravages du silphe opaque ont été signalés sur les betteraves dans plusieurs parties de la région septentrionale, notamment dans le département de l'Aisne. Des expériences intéressantes ont été faites pour combattre ses ravages par M. Gaillot, directeur de la Station agronomique de Laon (voir le Journal du 22 juin 1895, p. 970 et la chronique de ce numéro, page 726) ; à cette occasion, M. H. Grosjean, inspecteur général de renseignement agricole, a rappelé les excellents résultats obtenus en Amérique par des procédés analogues contre le Doryphora des pommes de terre ; il est utile de remettre sous les yeux des agriculteurs les indications qu'il a données en 1888 sur ce sujet :
« Les ravages causés par la larve du silphe de la betterave sont du même ordre que ceux du doryphora de la pomme de terre. Le silphe et le doryphora sont tous deux, en effet, des insectes coléoptères; l'un et l'autre s'attaquent aux feuilles des plantes sur lesquelles ils vivent: il semhle donc logique d'appliquer au premier de ces dévastateurs les insecticides qui ont si bien réussi dans le traitement du second.
ce Les cultivateurs américains emploient, depuis une quinzaine d'années, contre les ravages du doryphora, contre ceux de l'aletia du coton, etc., deux insecticides qui sont entrés dans la pratique courante agricole : se sont le vert de Paris ou vert de Scheele (Paris green) et le pourpre de Londres {London purple). Le premier de ces insecticides est bien connu: c'est Varsénite de cuivre; le second est un résidu de la fabrication de la rosaniline : c'est un arsénite de chaux teint par cette suhstance colorante.
« Ces deux insecticides s'emploient soit à l'état sec, soit en suspension dans l'eau.
« I. Traitement à sec. — A l'état sec, on mélange généralement une partie de l'une ou de l'autre de ces substances très finement pulvérisées à 100 parties de plâtre, de manière que la dissémination s'effectue aussi régulièrement que possible. Souvent le plâtre est remplacé par de la farine avariée ou de basse qualité: la poudre alors adhère fortement aux feuilles. M. Rdey, l'éminent entomologiste des Etats-Unis, recommande comme agent de dissémination de l'insecticide un mélange de 1 partie de cendres de bois pour 2 parties de farine. D'autres agriculteurs emploient aussi un mélange à parties égales de farine et de plâtre, soit 50 parties de farine, 50 de plâtre et 1 d'insecticide.
« Les traitements ont lieu généralement à raison d'une livre d'insecticide à l'acre, soit 1 kil. 12 à l'hectare, ou, en chiffres ronds, l kilog. Les divers mélanges à employer sont donc les suivant :
à l'hectare.
1° Inseclicide 1 kilog.
Plâtre ou gypse en poudre 100
2° Insecticide 1
Farine 67 \ ^qq
Cendres de bois 33 \
3" Inseclicide 1
l^lAt'-e ^0 j 100
lanne , oU S
« Les traitements à sec se donnent le matin de bonne heure, lorsque les feuilles sont chargées de rosée: on doit éviter de trailer lorsque le temps est sec ou que lèvent souffle. L'épaudage se fait soit à la main, soit à l'aide d'un soufflet ou d'une brosse, soit enfin au moyen d'un tamis à toile fine. L'ouvrier, en répandant la poudre, marche à reculons; dans le cas où une faible brise s'élèverait, il de-
vrait, s'il ne cesse son travail, manci'uvrer de manière à toujours avoir le vent derrière lui ou de côté.
« IL Traitement li(juide. — Le vert de Scheele et le pourpre de Londres ne sont pas solubles dans l'eau; on les emploie en suspension dans ce liquide. Il est donc nécessaire d'agiter constamment le mélange lors de son application.
« Lorsqu'on se sert du vert de Scheele, on l'emploie dans la proportion de 1 livre de ce sel pour 50 gallons d'eau, soit 240 grammes par hectolitre. Si l'on fait usage du pourpre, dont l'action en suspension est très active, il est bon de n'en employer que la moitié, soit 120 grammes par hectolitre. A la première de ces doses, il peut y avoir en effet brûlure de feuilles; la seconde dose est suffisante et ne fait courir aucun danger aux plantes (Riley). C'est donc celle qu'il convient d'adopter.
La quantité de vert de Scheele à employer par hectare pour les traitements liquides est la môme que celle qui est recommandée pour les traitements à sec, soit 1 kilog., correspondant à 4 hectol. 4 d'eau. Pour le pourpre, cette proportion ne saurait être considérée que comme une limite qu'il serait imprudent de dépasser : il vaut mieux, comme il vient d'être dit, n'en employer que moitié, soit 500 grammes par hectare pour la même quantité d'eau. Il est bon, d'après l'entomologiste déjà cité, d'ajouter dans les deux cas au mélange un peu de farine 1 à 2 kilog. par tonneau d'eau), de manière à favoriser la suspension des poudres dans le liquide, aies faire adhérer plus facilement aux feuilles lors de l'aspersion, et enfin à bien marquer les endroits traités.
« L'apersion de ces liquides se fait, soit à l'aide d'un petit balai, soit, préférablement, au moyen d'un pulvérisateur à bouillie bordelaise, comme on le fait pour combattre le mildew de la vigne. A l'inverse du traitement à sec, le traitement liquide doit toujours se donner par un temps sec, le matin, lorsque la rosée a disparu, ou même l'après-midi, lorsque le soleil n'est plus trop vif. Une pulvérisation donnée lorsque les plantes sont humides ferait glisser l'insecticide sur les feuilles, sans qu'il puisse y adhérer.
« Le choix entre les deux modes de traitement dépend beaucoup des circonstances; néanmoins le traitement liquide est, dans la plupart des cas, préférable au traitement à sec. Il coûte moins cher, en ce sens qu'il ne nécessite pas, comme celui-ci, l'emploi de plâtre ou de farine. Il est plus expéditif et opère mieux la dissémination des poisons; mais il nécessite, par contre, le transport d'une quantité d'eau assez considérable.
« Quant au choix des insecticides, on peut dire que tous les deux donnent de bons résultats, quoique les meilleurs soient donnés par le vert de Paris. C'est d'ailleurs celui qui est de beaucoup le plus employé : sa composition est fixe, tandis que celle du pourpre ne l'est pas. Mais il y a entre les deux une grande différence de prix : dans l'est de l'Union, celui du vert varie de 20 à 50 cents la livre (2 fr. 29 à 5 fr, 72 le kilog.), tandis que celui du pourpre n'est que de 6 à 10 cents (0 fr. 69 à 1 fr. 14 le kilog.). Ces prix sont ceux de l'achat de l'insecticide nécessaire pour traiter un hectare. Dans le cas du traitement liquide au pourpre de Londres, ce prix peut être compris entre 0 fr. 35 et 0 fr. 57,
« Les traitements doivent être donnés lors de l'apparition des premières larves : souvent un seul suffit, d'autres fois il faut en donner deux. Dans tous les cas, pour
racine de la betterave et les jus, puisque les traitements se font d'ans la première période de la végétation. Il ne pourrait, au contraire, que combattre les autres parasites, animaux ou végétaux, qui vivent aux dépens delà plante.
« Maintenant que le mode d'emploi de ces insecticides est donné, il importe de répondre à une objection qui se présente naturellement à l'esprit : n'y a-t-il pas grand danger à laisser entre les mains de personnes plus ou moins inexpérimentées des agents toxiques aussi puissants? A cette objection il est facile de répondre que, depuis plus de quinze ans, comme il a été dit plus haut, ces produits sont couramment employés aux Etals-Unis à des usages agricoles.
« Les cultivateurs, habitués à l'usage du vert de Paris et du pourpre de Londres, en connaissent les propriétés toxiques et ne les manient jamais qu'avec prudence. D'ailleurs la couleur même de ces insecticides constitue une sauvegarde dans
leur emploi. Il esl évident, de plus, que l'ouvrier qui manie ces insecticides doit s'entourer de toutes les précautions nécessaires. Une fois l'épandage terminé, il doit se laver soigneusement les mains et le visage et, s'il a employé les poudres, brosser ses vêtements. Il doit, de plus, nettoyer les instruments dont il vient de se servir et les serrer, ainsi que les substances toxiques, à un endroit où les enfants ne peuvent les atteindre. »
I.a reconslilulion du vignoble, par M. L. rîAVAz, directeur de la Station vilicoie de Cognac. — Un volume petit in-8. — Lii)rairie de G. Masson, 120, Ijoulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix : '2 fr. 50.
Tous les viticulteurs connaissent la valeur des travaux de M. Ravaz ; aussi devons-nous nous borner à une analyse sommaire de son nouveau livre, consacré à exposer, pour les praticiens, les meilleures métliodes adoptées pour la reconstitution des vignobles détruits par le phylloxéra. Il débute par une étude des circonstances qui influent sur la végétation de la vigne, qu'elle soit grefîée ou non. Le climat, les sols divers dont l'influence sur la végétation des vignes américaines est si grande, l'action du phylloxéra sur les racines, la résistance phylloxérique des vignes américaines, sont l'objet de développements importants. Vient ensuite l'étude des espèces, variétés et hybrides de vignes; les aptitudes et les propriétés de chaque cépage sont indiquées avec précision. Dans la partie consacrée à l'établissement du vignoble sont décrits les procédés démultiplication : bouturage, marcottage, greffage, la greiîe en place et la greffe sur table, .l'établissement et la culture des pépinières^ la plantation à demeure^ la préparation du terrain, la fumure, la culture, le traitement des maladies et notamment de la chlorose. Henry Sagaier.
Séance du 6 mai 1896. — Présidence de M. Risler.
M.Bornet, élu membre titulaire, remercie la Société de sa nomination.
M. Renou communique le résumé des observations météorologiques faites au Parc de Saint-Maur pendant le mois d'avril 1896. Le Journal publie cette communication.
M. Aimé Girard appelle l'attention sur les résultats obtenus dans Maine-et-Loire par M. le comte d'Alton par l'alimentation d'animaux de l'espèce bovine parles drèches de la distillerie de pommes de terre et les vinasses produites dans la même industrie. On est arrivé à dessécher la drèche de façon à la rendre maniable avec addition de paille. Douze bœufs ont été alimentés de drèches et de foin pendant quatrevingt-dix à cent-vingt jours a\ec 35 kilog. de drèches et 7 kilog. de foin. Deux bœufs ont donné des bénéfices nets de 174 et 159 francs; le prix de revient de la ration s'est élevé à 0 fr. 60 par jour. Ce travail est renvoyé à la section d'économie des animaux.
M. Aimé Girard présente une note de M. Cormouls-Houlès relative à la comparaison de quatre matières différentes pour l'alimentation de bêtes bovines. Cinq lots de jeunes génisses limousines de 200 à 250 kilog. ont été nourris de foin et de blé moulu cuit, de foin et de seigle moulu, de foin et de tourteaux, de foin et de pommes de terre. L'engraissement a duré soixante jours pour tous les lots. Les rations comprenaient toutes 8 kilog. de i'oin et 4 kilog. de blé, ou 4 kilog. de tourteau de coton, 14 kilog. de pommes de terre ou 4 kilog. de seigle.
Les tourteaux ont donné les meilleurs résultats, puis la pomme de terre Richter's, le seigle et enfin le blé. Peut-être avec des animaux adultes le résultat n'aurait-il pas été le même. De cette expérience, il résulte que le blé a été payé 18 fr. 32 les 100 kilog.; les tourteaux, 22 fr. 69; les pommes de terre, 5 fr. 43, et le seigle, 18 fr. 36.
M. Chauveau offre, de la part de M. Cornevin, une brochure intitulée : Les animaux domestiques dans les cultes antirjîœs.
M. Laboulbène a examiné des rameaux de cerisiers détruits en Seine-et-Oise par de petites chenilles qui ont été reconnues appartenir au genre Cheimatobia, mais une espèce vorace, nouvelle probablement.
M. Liebaut a envoyé également un échantillon de laurier rose attaqué par une cochenille, ÏAspidiotus nerii. Pour détruire ce parasite, ^I. Laboulbène préconise soit des fumigations de soufre, des applications de substances toxiques comme la nicotine, l'huile mélangée de chaux (Uniment oléo-calcaire).
M. Decaux fait une communication sur la transhumance des moutons algériens et les désastres causés aux forêts par cette habitude néfaste. Cette communication est renvoyée à la section de grande culture.
Il est ensuite procédé à l'élection d'un membre étranger dans la section de sylviculture. M. de Blonay est élu par 42 voix contre 3 à M. Cannon.
M. Viala offre à la Société les ouvrages suivants : Adaptation et reconstitution en terrains calcaires^ par M. Prosper Gervais; Le traitement du hlack-rot dam les vignobles du centre et de lest, par M. Perraud ; Expériences sur le traitement de la chlorose^ par J.-M. Guillon.
M. Chatin communique une note de M. E. Roze sur la cause première de la maladie de la gale de la pomme de terre {Potato scab des Américains). Georges Marsais.
(9 MAI 1896) I. — Situation générale.
Les prix des grains se maintiennent sans variations notables, mais avec un peu plus de fermeté depuis huit jours. Les huiles, les alcools et les sucres sont moins Lieu tenus; les cours ont un peu fléchi. Les fécules sont un peu plus fermes. Les laines ne se vendent pas encore couramment. Les beurres et les œufs sont toujours à très bas pris; la volaille a une assez bonne vente. Le bétail conserve ses cours.