LA DESTRUCTION DES SOURIS DANS LES CHAMPS
REQUÊTE A L'ADMINISTRATION DES PONTS ET CHAUSSÉES DES CHEMINS VICINAUX ET AUTRES
Depuis que le D' Loeffïer, le professeur de l'Université de Greii't'swald, a découvert le bacille spécial du typhus des souris, son procédé a pris dans la pratique une grande extension. Partout où sa méthode a été bien appliquée, elle a été couronnée de succès. Le D' Cari Kornauth, autrichien, a été délégué par son Gouvernement, dès les premiers bruits qui se sont répandus des essais désormais historiques faits dans la Thessalie, à la demande du roi de Grèce. Mais ému des contradictions qui semblaient résulter de la publicité donnée, parfois dans des vues d'intérêt personnel et de boutique, à certains échecs, il a étudié à nouveau la question et il demeure de plus en plus convaincu que le bacille du typhus des souris est un agent de destruction presque infaillible, s'il est employé suivant la méthode de son inventeur.
Sur une question qui a été adressée à la Gazette ayricole de Vienne, d'une localité de la Bohème, il publie quelques conseils dans le numéro du 28 mars 1896, que nous nous empressons de communiquer aux agriculteurs.
D'après ce savant les essais ne doivent jamais être isolés; il serait inutile, par conséquent, de placer quelques croûtons de pain, trempés dans le bouillon de culture des bacilles, par ci par là, dan^ un champ et puis dans un autre. Pour détruire les souris, il est nécessaire d'opérer sur un vaste territoire et en grand. La tentative sur une surface restreinte n'aurait chance d'aboutir que si celte surface est fermée par des murs.
Les appâts empoisonnés doivent aussi être offerts en temps opportun : le moyen de séduire l'appétit des souris, quand la plaine est richement garnie de tout ce qui peut le rassasier! On opérera par exemple au printemps, saison où les champs ne sont pas encore couverts de récoltes utilisables par ces petits rongeurs.
Il faut aussi que les administrations qui dirigent les voies de communication, grand'routes, chemins vicinaux ou ruraux, donnent l'exemple de la destruction. Cette tâche semble aisée à faire accomplir par les cantonniers. Quand ces agents des routes creusent ou rafraîchissent les fossés, ils mettent à nu les repaires ou trous où se réfugient, où pullulent ces impitoyables ennemis de nos récoltes. Il est à croire que si les ingénieurs, ouïes agents-voyers, donnaient des ordres, les cantonniers trouveraient de belles occasions de détruire cette vermine. Pour cela, le Ministère de l'agriculture ferait bien de prendre l'initiative auprès du Ministère de l'intérieur et des Conseils généraux. Les tubes de Danytz sont bien connus et le service des virus à l'Institut Pasteur fournit des tubes aux communes moyennant une redevance de 2 fr. par hectare, moyennant quoi les communes reçoivent de quoi traiter les champs infestés et les rebords des chemins et autres terrains n'appartenant pas à des particuliers.
On avait songé à rendre la destruction des mulots obligatoire : le D"" Kornauth n'est pas de cet avis ; je crois qu'il a raison, plus encore pour la France que pour l'Autriche. De l'obligation à l'exécution, il