‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 562 sur 737 · TRAITEMENTS ARSENICAUX ET DESTRUCTION DE LA CHÉMATOBIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENTS ARSENICAUX ET DESTRUCTION DE LA CHÉMATOBIE

nature d'insectes, ces deux toxiques sont devenus les insecticides habituels des Américains, aussi les voit-on couramment employés contre le Doryphora et le ver du coton ^ dont nous venons de parler, contre la chenille du tabac (dans les premiers temps de la végétation seulement), en mélange avec la bouillie bordelaise, contre les divers insectes qui dévorent les feuilles de la vigne (lors des premiers traitements anticryptogamiques setlemEiNt), contre les chenilles printanières des arbres fruitiers^ contre la Galérurfue de l'orme, le Bombyx disparate des arbres forestiers, etc., etc.

L'exemple donné aux Etats-Unis fut vite suivi au Canada par les agriculteurs et, depuis cinq ou six ans, il l'est de même par nombre d'arboriculteurs anglais, dans la lutte contre les chenilles qui ravagent les arbres fruitiers et principalement contre la Chématobie.

Dans la dernière séance de la Société nationale d'agriculture (G mai), l'attention de la savante Compagnie a été appelée sur les dégâts d'une chenille, la larve d'une Chématobie qui s'attaque aux feuilles du cerisier dans plusieurs localités de Seine-et-Oise; le moment est d'ailleurs arrivé, où h Chématobie, VHybernie, etc., commettent leurs déprédations dans les vergers de pommiers, de poiriers, de pruniers, etc. Les chenilles étant phytophages, il y a lieu d'appliquer contre elles les traitements dont nous avons donné tout au long la description au sujet du silphe, et qui ont produit d'excellents résultats, durant ces dernières années, dans les vergers du Kent, du Gloucestershire et du Worcestershire'. Il va de soi que, dans ce cas, il est nécessaire d'employer les pulvérisateurs à grande lance en usage dans les vergers. Ce traitement, combiné avec l'emploi des bandes de papier à enduit gluant, que l'on place en octobre, autour du tronc des arbres, permet de les défendre d'une manière efficace, contre Fin va -m de ces redoutables insectes.

En opérant ces traitements, il y a lieu de consideior, à la fois, et l'espèce de l'arbre et l'état d'avancement de la végétation; c'est ainsi que les feuilles du pommier sont moins résistantes que celles du poirier on du prunier, par exemple. La quantité de vert de Scheele à employer doit ainsi varier dans des limites que l'on peut fixer, suivant les cas, de 120 à 240 grammes par hectolitre. II est bon, toutefois, d'expérimenter préalablement sur quelques rameaux,. afin d'éviter les brûlures.

Nous avons insisté, dans notre note sur le silphe, sur les précautions que l'on doit prendre lors du maniement de ces poisons; nous n'avons plus à y revenir, mais nous ajouterons deux recommandations importantes contenues dans la note officielle dont nous venons de parler: c'est, d'abord, de né laisser aller le bétail dans les vergers où ces traitements ont été effectués, qu'un certain temps après l'aspersion, et ensuite, de ne jamais les donner dans les jardins où les arbres fruitiers sont voisins de légumes, tels que choux ou salades, qui pourraient retenir les arsénites.

Veuillez agréer, etc. H. GROSJEA>f,

Inspecteur général de l'enseisnement agricole.

1- Voir Aimual Report of the Board of Agriculture ou lajurious Infipcls awl Fanai. — London, 1891. P. 10. "^

794 l'enseignement AGRICOLE A L'ÉCOLE PRIMAIRE.

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