‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 576 sur 737 · IX. — Questions viticoles · texte numérisé non relu

IX. — Questions viticoles

Depuis une dizaine d'années, la principale préoccupation des viticulteurs est, comme on le sait, de réaliser la reconstitution des vio;nobles en terrains calcaires; nos lecteurs connaissent les études poursuivies dans cette voie, ils savent quels résultats elles ont déjà donnés. La plus récente, et l'une des plus approfondies, est celle de M. Prosper Gervais, qui s'est livré à une enquête complète sur toutes les expériences faites dans les diverses régions du pays. Cette enquête lui a permis de présenter à la dernière session de la Société des agriculteurs de France un tableau complet des résultats acquis. Dans un volume intitulé : Adaptation cl reconstitation en terrains calcaires (librairie de G. Masson, à Paris), M. Prosper Gervais a réuni tous les les éléments de son enquête, comparés aux faits constatés dans son propre cbamp d'expériences à Lattes Hérault), et il arrive à des conclusions qu'on peut présenter comme extrêmement rigoureuses sur la valeur comparée des porte-greffes proposés pour les terrains calcaires. Voici ces conclusions :

Gomme conséquence de tout ce qui précède, nous pensons qu'on pourrait utilement proposer :

P Pour les terrains peu ou moyennement calcaires :

Les Riparia X Rupestris n"^ 3306 et 3309 de M. Gouderc;— 101*' de M. Millardet; — ■ le Rupestris du Lot; — le Taylor-Xarhonne.

2" Pour les terrains nettement calcaires :

1202 (AlourvèdreX Rupestris); — 132-5 et 132-9 (601 X Monticola) ; — 601 Bourriscfuou X Rupestris), de M. Gouderc;

33 A, A* et A- (Gabernet X Rupestris); — 141 A' (Alicante-Bouschel X R.iparia); — 143 A et A' (Aramon X Riparia), de M. Millardet;

Aramon X Rupestris n° 1 de M. Gauzin;

Golorado s de M. Bethmont.

3" Pour les terrains crayeux :

41 B (Ghasselas X Berlandieri) de M. Millardet;

132-5 et 132-9 (601 X Monticola) ; — 1202 (Mourvèdre X Rupestris), de M. Gouderc.

Après avoir montré que les hybrides quil propose résistent non seulement à la chlorose, mais aussi au phylloxéra, M. Prosper Gervais donne la description de chacune de ces variétés, et il en indique les caractères ; puis il entre dans des détails sur les soins de culture spéciaux qu'ils peuvent comporter. Cette étude consciencieuse, menée avec une sagacité remarquable, fait le plus grand honneur à son auteur; elle contribuera certainement à propager la foi qu'il possède dans le succès des hybrides et la confiance qu'ils lui inspirent pour l'avenir de la reconstitution dans les terrains calcaires.

Le Journal officiel annonce que, par arrêté préfectoral en datef du 27 avril, la libre circulation des cépages de toutes provenances est autorisée sur le territoire de la commune de Brunoy, canton de Boissy- Saint-Léger, arrondissement de Corbeil Seine-et-Oise); — et que, par arrêté préfectoral en date du 28 avril, l'introduction des cépages américains de toutes provenances est autorisée sur le territoire des communes de Gien et de Saint-Brisson, canton de Gien, et de Dampierre, canton d'Ouzouer-sur-Loire, arrondissement de Gien (Loiret). X. — Le Stud-book de pur-sang.

La Direction des haras nous prie d'annoncer que le deuxième sup'*-

plément du tome XI du Stud-book de pur-sang publié par ordre de M. le Ministre de l'agriculture, vient de paraître. Cet ouvrage, comprenant les naissances de 1895, est en vente au prix de 2 fr., à l'imprimerie Kiigelman, 12, rue de la Grange-Batelière, à Paris. XL — Concours pour chiens de berger.

Nous avons fait connaître les efforts poursuivis par M. Emmanuel Boulet, d'Elbeuf, pour faire organiser par les associations agricoles des concours de cbiens de berger. Ces efforts sont couronnés de succès. En effet, à l-exposition canine annexée au concours régional de Chartres, aura lieu le 21 juin, pour la première fois en France, un concours de cette nature. Voici la note que M. Boulet nous envoie sur ce sujet :

« Renseignements sur l'organisation d'un concours de cldeyis de berger au travail. — Le meilleur emplacement pour faire un beau concours est un terrain en pente, où le travail est plus facile à suivre.

« Le travail du chien consiste à bien entourer ses moutons, les cercler avec intelligence, les conduire d'un parquet à l'autre, en un lot compact, sans qu'il s'en échappe en dehors de la piste, de 6 mètres de large, tracée par deux raies de charrue, garnie tous les 10 mètres, de chaque côté, d'un piquet de 1 mètre 50 de haut portant un petit drapeau, et, cela dans le moins de temps possible.

« Les bergers ne doivent pas savoir d'avance quel lot de moutons ils auront à conduire ; c'est le sort qui leur en désignera le numéro au moment d'aller les prendre dans le parquet.

« Le travail du chien se fait sur un parcours de 300 mètres avec 3 obstacles (banquette, ruisseau, pont ou autres) et doit durer quinze minutes maximum, à compter du moment où le parquet du haut est ouvert, jusqu'au moment où les 5 moutons sont enfermés dans le parquet correspondant du bas.

« Les juges doivent être sur une tribune élevée pour bien juger le travail.

« Il est indispensable que le règlement du concours soit fait par des hommes compétents du terroir, parmi lesquels on doit aussi prendre les juges. Pour unifier les chances, il faut une heure avant le concours faire parcourir la piste dans toute sa longueur, par un lot de 5 moutons. Emmanuel Boulet.

En nous envoyant ces renseignements, M. Boulet ajoute qu'il serait utile que des concours annuels de ce genre fussent organisés dans chaque contrée par les sociétés et les comices agricoles. Dans le but d'en favoriser l'organisation, une société ayant pour titre « Club français du chien de berger » (dont la cotisation annuelle est de 5 fr.) vient de se constituer sous le patronage de la Société centrale pour l'amélioration des races de chiens en France. Son siège est rue des Mathurins, 40, à Paris; c'est laque les adhésions sont reçues.

XIL — Concours départemental dans la Mayenne.

Le concurs départemental de la Mayenne se tiendra, cette année, à Mayenne, du 28 au 30 août. La circonscription pour le concours de bonne tenue des fermes est formée par les cantons de Landivy, Gorron, Ambrières, Mayenne-ouest et Mayenne-est. Les déclarations des concurrents seront reçues jusqu'au 15 juin, par M. Léizour, commissaire général du concours, à Laval (Mayenne}. Dans le concours d'animaux reproducteurs, une catégorie spéciale a été ouverte pour la race porcine craonnaise.

XIIL — Concours spécial de la race Salers.

Le concours spécial d'animaux reproducteurs de la race bovine de Salers se tiendra, cette année, à Aurillac (Cantal) le 24 mai. Tous les éleveurs de France pourront prendre part à ce concours. Le montant

des primes à distribuer s'élève à la somme de 12,000 fr. Trois prix d'honneur seront décernés aux meilleurs groupes composés au moins d'un taureau-étalon, d'une génisse doublonne, d'une vache de trois ou quatre ans et d'une autre vache âgée au moins de cinq ans. XIV. — Emploi de Valcool pour Véclairage. Les efforts se poursuivent pour faire apprécier l'utilité de l'emploi de l'alcool pour l'éclairage. On a vu que notre confrère M. Jules Bénard a présenté récemment une note intéressante sur ce sujet à la Société nationale d'agriculture. Voici la principale partie de cette note, dans laquelle il signale les résultats de l'emploi des lampes actuelles :

« Un agriculteur-distillateur de Seine-et-Marne, M. Baulant, qui s'est livré à •des expériences suivies sur cette lampe, a donné les renseignements suivants :

« Consommation moyenne, par heure, d'alcool dénaturé à 90": 83 grammes.

« Intensité lumineuse produite: 46 bougies ou 4,6 carcels.

ce Ces chiffres donnent comme consommation par carcel-heure : 18 gr. 25.

« La lampe à pétrole consomme dans le même temps et pour le même pouvoir éclairant, c'est-à-dire par carcel-heure, 39 grammes : la lampe à l'huile végétale, ■également par carcel-heure, 42 grammes.

« Ne comparons que l'alcool et le pétrole :

« Il faut 2 gr. 13 de pétrole pour produire l'effet lumineux de 1 gramme d'alcool à 90".

« On peut donc dire en général qu'il faut une quantité de pétrole double de celle de l'alcool pour produire la même lumière.

« En adoptant comme consommation, par carcel-heure, 20 grammes d'alcool et 40 grammes de pétrole, on trouve la dépense suivante, en comptant l'alcool à 1 fr. 20 le litre et le pétrole à 35 centimes; pour l'alcool (densité à 90"), 2 centimes 83 par carcel-heure; pour le pétrole, 1 centime 78.

« L'éclairage par l'alcool est évidemment plus cher que par le pétrole.

a Au lieu de faire payer à l'alcool dénaturé un droit de 37 fr. 50 les 100 degrés, il serait juste de réduire ce droit à celui payé par le pétrole à son entrée en France, soit à 12 fr. 50 les 100 kilog. M. Bénard rappelle, comme l'a dit M. Sagnier, que c'est vers la réduction de ces droits que portent aujourd'hui les efïbrts de tous ceux qui se préoccupent d'assurer ce nouveau débou''-hé à l'alcool. Toutes les sociétés agricoles demandent l'égalité, au point de vue du régime intérieur, entre l'alcool employé à l'éclairage et le pétrole. Ainsi que le constate M. Hinicotte à la Société des agriculteurs du Nord, les huiles lampantes végétales ne payent aucun droit quand elles sont fabriquées avec des graines étrangères exemptes des droits de douane.

« Le prohlème à résoudre aujourd'hui, c'est de trouver un procédé peu coûteux pour dénaturer l'alcool et n'ayant pas l'inconvénient de nuire au pouvoir éclairant; il faut que l'alcool ainsi traité soit tout à fait impropre à la consommation.

« Cette question n'intéresse pas seulement la région du Nord, où l'on tire l'alcool de la betterave, mais aussi les départements du Centre, de l'Est et de l'Ouest, où l'on pourrait fabriquer de l'alcool avec les topinambours et surtout avec la pomme de terre dont la culture, malgré les efforts persévérants de notre éminent confrère M. Aimé Girard, ne se développe pas par suite du manque de débouchés.

« La production de l'alcool industriel, qui était de 2,434,548 hectolitres en 1893-94, est tombée à 2,252,862 en 1894-95. Ce chiffre serait décuplé en peu de temps si l'alcool trouvait des débouchés. On a importé de Russie et des Etats- Unis en France, en 1894, 254 millions de kilog. de pétrole but et 474,000 hectolitres de pétrole raffiné, pour une valeur de 22 millions de francs. On pourrait facilement s'affranchir de ce tribut payé à l'étranger et tirer cette somme du sol de la France. Les recettes de l'Etat n'en souffriraient pas ; il s'agit non pas de diminuer les droits de consommation qui doivent être élevés d'après le projet de loi sur le régime des boissons, mais de faciliter la dénaturation d'un produit qui sert aujourd'hui à l'éclairage et servira demain au chauffage et à tous les usages industriels. »

Sur le même sujet, M. Hector Simon a présenté à la Société des agriculteurs du Nord dans la séance du 6 mai 189G, des observations qui ont été adoptées à l'unanimité, et qu'on lira avec intérêt :

« Il est urgent messieurs, de bien accentuer nos désirs. Pour le moment, peu nous importe, s'il existe des lampes qui fonctionnent plus ou moins bien ; ce qu'il est urgent d'obtenir, c'est que l'alcool dénaturé soit au meilleur marché possible, de façon à ce qu'il puisse être employé aux usages industriels et ménagers, il est très facile d'employer un dénaturant moins coûteux que le méthylène.

« Etant établi, qu'au prix où est l'alcool dénaturé dont on se sert actuellement-, on en use déjà en France 100,000 hectolitres par an; qu'arriverait-il, si l'on supprimait complètement les droits, qui sont de 37 fr. 50 à l'hectolitre, plus 19 fr. 50 de dénaturant imposé, plus 1 fr. pour analyse, plus 0 fr. 50 pour passavant et 0 fr. 70 de lettre de voiture à chaque hectolitre; ce qui porte le droit réellement déboursé à 59 fr. 20, presque le double de la valeur de la marchandise ? Il arriverait que l'on en consommerait dix fois plus, ce serait déjà un joli résultat.

c< Ce qui empêche de se servir de l'alcool dénaturé, ce sont d'abord les droits presque prohibitifs, mais il y a aussi les règlements draconiens de la Régie édictés, non par une. loi, mais par le Ministre des finances. Ainsi, la Régie exige que les alcools a mauvais goûts » ne renferment pas plus de 1 pour 100 d'huiles essentielles, et titrent 90 degrés pour être acceptés à la dénaturalion ; tandis qu'il faudiait qu'ils puissent r^^ufermer de 1 à 20 pour 100 d'huiles essentielles et titrer de 80 à 95 degrés. En surplus, on ne peut par vingt-quatre heures recevoir plus de l hectolitre d'alcool ; de telle sorte que celui qui, voulant utiliser un seul camionnage à la gare, demanderait 10 hectolitres d'alcool ne pourrait le faire, car il est obligé de payer 10 voyages en dix jours consécutifs et de payer 10 passavants à 0 fr, 50 et 10 lettres de voiture à 0 fr. 70.

« Vous voyez donc, que tout est fait, non pour favoriser la consommation de l'alcool dénaturé, mais bien pour en empêcher Viisage.

« Demandons donc le dégrèvement complet des droits ; il faut que l'alcool dénaturé ne paye pas plus de droits que le charbon et les huiles végétales servant aux mêmes usages, et aussitôt la suppression des droits, nous verrons les inventeurs et les industriels, qui certains de vendre des lampes n'hésiteront plus (et j'en connais) à fabriquer et mettre en vente ces lampes qui pourront être à la portée de toutes les bourses.

« Donnez la facilité de brûler et d'employer l'alcool dénaturé à bon marché, et les moyens de le faire seront vite trouvés. Vous vous rappelerez, que l'on n'accorde jamais plus que l'on ne demande et qu'il faut demander beaucoup pour avoir peu.

« Notre idée reçoit un accueil enthousiaste dans toute la France. Je le sais; c'est pourquoi je demande à la Société des agriculteurs du Nord d'envoyer une délégation auprès des pouvoirs publics (telle que la commission et le bureau); elle devra se faire accompagner par nos sénateurs et députés, et elle devra prier nos représentants de faire signer par leurs collègues, un projet déposé par eux au Parlement; soyez certains, que les signatures ne feront pas défaut et il y en aura de toutes les régions et beaucoup plus que vous ne pensez. La question pourra venir au Sénat pour le « régime des boissons » et à la Chambre, à propos de l'accaparement des pétroles.

« Hâtez-vous ! l'agriculture en profitera plus vite, il ne sera pas trop tôt. »

On ne doit pas cesser de répéter que le dégrèvement de l'alcool employé à l'éclairage ne causerait aucun préjudice au Trésor, puisque ce nouvel usage ne détournerait aucune quantité de la consommation.

XV. — Société d'agriculture de la Loire. La Société d'agriculture du département de la Loire tiendra, à Saint- Etienne, du 2 au 7 septembre, un concours agricole comprenant des expositions d'animaux reproducteurs, de produits agricoles et horticoles, de machines et instruments. Plusieurs concours spéciaux de machines y seront organisés : 1° pour les locomobiles agricoles (mo-

teurs à vapeur et moteurs à pétrole) ; 2° pour les charrues tourneoreilles pour labourer dans les terrains à i'ortes pentes; 3" pour les herses en fer, articulées ; 4° pour les charrues défonce uses, ramenant le sous-sol à la surface, plus spécialement appropriées à la plantation des vignes; 5" pour les râteaux à cheval. — Kn même temps, seront décernés les prix, culturaux, réservés en 1896 aux cultivateurs des cantons de Saint-Etienne et de Saint Héand.

XYI. — Concours agricole dans le Pas-de-Calais. La Société centrale d'agriculture du Pas-de-Calais, présidée par M. Evrard, a décidé que son concours se tiendra à Vitry le 19 juillet prochain. C'est dans le canton de Vitry que seront attribuées les primes cuiluraies.

XVIL — Syndicats agricoles.

Le Syndicat des agriculteurs des Ardennes — qui compte 5,000 membres — procédera, lelundiSjuin àlhôtel de ville deMézières, au renouvellement de ses traités. Cette adjudication publique — pour les fournitures d'automne 1896 — portera sur les matières suivantes : sulfate d'ammoniaque, superphosphate de chaux minéral, chlorure de potassium, nitrate de soude, phosphates fossiles, scories phosphoreuses, etc., le tout formant autant d'adjudications distinctes.

Henri Sagmer.

ESSAIS GOMPAPiATIFS D^ALIMEiNTATION DES BOVIDÉS

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