La situation
Les pluies survenues durant cette semaine ont apporté quelque amélioration en ce qui concerne les cultures de printemps, mais elles sont encore bien insuffisantes pour amener un changement complet dans la situation. Dans la plupart des régions, les céréales semées en février et mars, avoines et orges, restent toujours courtes, et elles commencent, surtout dans les terres légères, à souffrir beaucoup de la persistance de la sécheresse ; quoique beaucoup moins atteints, les blés commencent aussi à subir, dans ces terres, les effets de cette saison anormale. Quant aux récoltes de fourrages, la pénurie s'accuse de plus en plus; elle devient de plus en plus générale, et elle se manifeste même dans les localités où l'on avait espéré jusqu'ici de meilleurs résultats; dans les régions où la production fourragère constitue une forte proportion de la production totale, le aial ne sera atténué que par les réserves considérables qui existaient encore. On trouvera plus loin (page 854) le texte de la circulaire du Ministre de l'agriculture signalée dans notre précédente chronique. Cette circulaire a produit immédiatement son effet; nous avons déjà reçu un certain nombre des notes rédigées par les professeurs départementaux d'agriculture, et nous en reproduisons quelques-unes aujourd'hui même. Ces études doivent fixer l'attention des cultivateurs ; sans doute, beaucoup d'entre eux ont su déjà prendre les mesures commandées par les circonstances, mais ils feront œuvre utile en engageant tous leurs voisins à les imiter. C'est ainsi qu'on arrivera à conjurer la crise qui se produirait bientôt dans le commerce du bétail, si les approvisionnements devenaient insuffisants. On doit apprendre à profiter des leçons du passé, et ce passé cruel n'est pas si loin.
La session parlementaire va reprendre ses travaux. On a le droit d'espérer qu'elle apportera enfin la solution de quelques-unes des lois que l'agriculture attend avec impatience.