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XII. — Syndicat des primeuristes

La production des primeurs, fruits, légumes, etc., tend à prendre une importance de plus en plus grande dans les diverses régions de la France. La valeur de nos producteurs n'est plus à discuter ; mais ils ont été isolés jusqu'ici, sans cohésion pour défendre leurs intérêts. Ils ont

été les yictimes des abus qui se produisent, par exemple, aux Halles, et qui ont provoqué le projet sur la réorganisation de ce grand marché, projet.qui a été adopté récemment par le Parlement. Déjà, il 3a quelques mois, les producteurs de fruits forcés et les primeuristes du Nord et du Pas-de-Calais se sont constitués en syndicat, sous la forme des syndicats agricoles régis par la loi de 1884. Aujourd'hui, nous apprenons la constitution, à Paris, d'un «Syndicat central des primeuristes français », qui s'est fondé dans une réunion tenue il y a quelques jours. Voici la lettre que nous recevons de son président sur ce sujet :

« Monsieur le directeur, je vous serais reconnaissant de bien vouloir informer vos lecteurs de la création d'un syndicat ayant pour titre : Syndicat central des primeuristes français, et pour objet la défense, en général, des intérêts des producteurs de fruits et légumes de primeurs, notamment :

« l" D'examiner toutes mesures et réformes de nature à modifier favorablement la vente des produits des adhérents au Syndicat, sur le marché parisien et sur ceux étrangers.

« 2" De réclamer des pouvoirs pubhcs la suppression de la concurrence regrettable à tous égards qui leur est faite par l'Ecole nationale d'horticulture de Versailles. Cette école, contrairement à toutes les autres, semble être dans la nécessité de produire commercialement, pour assurer son existence. Non seulement ce mode d'opérer constitue une concurrence désastreuse pour les primeuristes, grevés de frais de toutes sortes, et qui luttent avec leurs propres ressources, mais aussi nuit à l'enseignement scientifique expérimental et démonstratif; seules raisons d'être de nos écoles nationales en général, et de celle d'horticulture de Versailles en particulier. ^

Le bureau de ce syndicat a été ainsi composé : président, M. Salomon, viticulteur à Thomery (Seine-et-Marne); vice-présidentSy^MM.Pairent, forceries de Rueil (Seine-et-Oise) ; Anatole Cordonnier, grapperies du Nord, à Bailleul (Nord) ; Gàtebois, maraîcher-primeuriste, à Paris; trésorier, M. Whyr, forceries de la Chevrette, Enghien (Seine); secrétaire général, M. Gustave Crémont,primeuriste, à Sarcelles (Seineet-Oise); secrétaire-adjoint, M. Léon Parent, primeuriste à Rueil (Seine-et-Oise).

Xin. — Concours de bœufs de trait.

La Société d'agriculture de la Nièvre organise un concours de bœufs de trait de race nivernaise-charolaise. Ce concours aura lieu à Nevers les 7 et 8 août. Les animaux seront exposés par paires. Les bœufs de race nivernaise-charolaise, quels que soient leur provenance et leur lieu d'origine, auront seuls le droit de prendre part au concours ; ils devront appartenir aux exposants, être en leur possession et se trouver dans leurs écuries au moins depuis le 1" mai 1896. Les déclarations seront reçues au siège de la Société à Nevers, jusqu'au 11 juillet. XIV. — L'agriculture en Tunisie.

Nous avons signalé déjà un certain nombre de travaux sur l'agriculture tunisienne; nous devons ajouter aujourd'hui une étude que M. Jules Saurin vient de publier sous le ûire : L avenir de V Afrique du Nord. L'auteur s'attache à démontrer combien le pays est, à ses yeux, favorable à la production fourragère et à indiquer pour quels motifs ce caractère a été méconnu et est encore contesté AÏvement. On retrouve dans ce nouveau travail les qualités d'observation que M. Saurin a montrées dans son manuel de l'émigrant en Tunisie.

Henri Sagnier.

Par la loi du 10 juillet 1894, on sait que la Ville de Paris est mise dans l'obligation d'opérer progressivement le tout-à-l' érjout et la désinfection de la Seine par l'épuration terrienne des eaux vannes. C'est ainsi que, pour la partie épuration, dans un délai de cinq ans, l'administration de la capitale doit établir des champs d'épuration agricole pour la totalité de ses eaux d'égout, A raison du chiffre légal de 40,000 mètres cubes par hectare et par an, une superficie de 4,000 hectares est rendue nécessaire pour la purification annuelle des 1 60 millions de mètres cubes qui passent présentement dans les collecteurs d'égouts. Cette surface devra être portée à 4,500 hectares dans le temps pas très éloigné où les égouts parisiens débiteront annuellement 180 millions de mètres cubes deau usée.

Du fait de la suppression successive des fosses fixes et de la mise en communication directe avec l'égout de toutes les chutes des maisons et la totalité des bouches sous trottoir qui reçoivent les eaux des chaussées de Paris, les eaux d'égout tiennent en dissolution et en suspension d'importantes quantités de matières minérales et de déchets organiques. Parmi les matières dissoutes, sont surtout intéressants les éléments suivants : nitrates, sels ammoniacaux, certains produits protéiques, phosphates, sels de chaux, de magnésie, de potasse, de soude, sels de fer, sulfates, etc. Au nombre des matières en suspension, on compte : des débris organiques d'origine végétale et animale, azotés ou non, de l'humus, de l'argile et aussi des sables très fins, siliceux ou calcaires.

On sait bien, à la faveur de la présence dans les sols d'épuration de certains micro-organismes spéciaux, que le principe de la purification des eaux vannes repose sur la minéralisation biologique des matières organiques azotées : l'azote des éléments protéiques, très putrescibles et partant dangereux pour l'hygiène générale, devient nitrique ou ammoniacal, sans danger pour la santé publque. Ainsi que l'acide phosphorique, la potasse, la chaux, la magnésie, la soude, etc., l'azote minéral s'en va dans les eaux épurées de drainage, est puisé dans la terre par les récoltes, ou reste dans le sol.

Bien des esprits, même fort éclairés au général, avaient émis la crainte que les matières organiques, hydro-carbonées ou azotées, que les eaux d'égout apportent au sol, n'y soient pas comburées, détruites d'une façon suffisamment rapide; ils redoutaient leur accumulation dans la terre, qui aurait produit le fameux « feutrage » tant prédit : état de choses qui devait tôt ou tard rendre le sol impropre à la filtratration et, par conséquence, à l'épuration.

Les résultats de l'expérience, vieille déjà de vingt-cinq ans à Gennevilliers, ceux plus récents de Berlin, Breslau, Dantzig, etc., ont pleinement démontré d'ailleurs combien étaient chimériques ces pessimistes appréhensions. La vérité est qu'aucun feutrage de débris organiques ne se produit, ou du moins ne subsiste dans le terrain d'épuration. Plus un sol épure longtemps Teau d'égout, au contraire, plus apte il est devenu à en épurer encore. C'est ainsi que l'analyse chimique et microbiologique des eaux de drainage des champs d'épandage montre, à tous les points de vue concernant l'hygiène, que

l'épuration est moins parfaite dans un champ nouvellement irrigué à Feau vanne que dans celui où l'arrosage habituel dure depuis un certain temps déjà. Cela tient à ce que l'irrigation épuratrice a fait multiplier dans la terre les colonies des ferments minéralisateurs.

Afin de donner plus de précision rigoureuse à la solution de cette question si importante pour l'hygiène générale, l'idée nous est venue, pour des sols très voisins, de même nature originelle et de même formation géologique, de prélever des échantillons de terre arable dans des champs qui n'ont jamais été irrigués, d'une part, et dans les territoires déjà anciennement soumis à l'arrosage à l'eau d'égout, d'autre part; de les soumettre à l'analyse complète, physico-chimique et chimique. L'expérience a porté sur des sols de la presqu'île de Gennevilliers où, dans la partie arrosable, l'irrigation dure depuis plus de vingt ans, et sur des terrains de l'Asile d'aliénés de Vaucluse, à Epinay-sur-Orge, en Seine-et-Oise, où l'irrigation à l'eau d'égout a déjà une durée supérieure à dix ans. Le tableau ci-dessous montre les divers résultats de l'expérimentation qui, pour la partie analytique, a été confiée au Laboratoire de la Société des agriculteurs de France :

Communes,

Etage géologique.

Eléments en grammes contenus dans un kilogramme de terre.

Etat au Analyse physico-chimique. ^

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