LES MACHINES AGRICOLES AUX KTATS-UNIS
tivé sans enc^rais. avec des machines puissantes pour les labours, hersages, ensemencements, enlèvement de la récolte. Les charrues à plusieurs socs et à vapeur sont d'un usage courant ; de même les semoirs, bineuses, sarcleuses à grand travail, les moissonneuses-lieuses enlevant rapidement les récoltes, les élévateurs de grains le long de voies ferrées pour l'expédition.
La terre n'a qu'une faible valeur dans certains Etats; cultivée sans engrais et sans trop de soins, elle ne donne que de faibles rendements, mais c'est le moyen dans ces pays où les espaces ne manquent pas à travailler, de produire économiquement.
Partout où on cultive le sol en grande culture et où il n'est pas abandonné à l'état de pâturage, le système de culture pourrait être qualifié par comparaison avec les systèmes d'Europe d'application d'un mode extensif à un type spécial d'agriculture industrielle.
En Europe, en France surtout, ce type ne se rencontre pas ou ne serait pas rationnel; on n'obtient des bénéfices sur les terres en raison du morcellement du sol et du loyer assez élevé de la terre que par la culture intensive avec emploi d'instruments perfectionnés, de semences à grand rendement et d'engrais chimiques associés au fumier.
Aux Etats-Unis, la grande propriété se rencontre sur de vastes étendues. La petite et la moyenne existent aussi ; mais c'est surtout au voisinage des grandes villes ou des grands centres industriels. Elles sont alors l'objet d'une large spéculation ; les acres de terre acquièrent par certaines améliorations, installations de maisons, d'industries, par le passage d'une voie ferrée, une grande valeur. Le chemin de fer fait la ville, et ce n'est pas la ville qui fait le chemin de fer, comme en Europe. Le monopole des compagnies est inconnu, ce qui favorise le progressons toutes ses formes.
En moins de deux ans, une ville surgit pour ainsi dire de terre, bien aménagée, avec industries, commerce, éclairage et tramways électriques. Pour cela un lieu bien choisi est partagé par des rues bien alignées et perpendiculaires les unes aux autres. Le sol est ainsi débité en blocs ou rectangles destinés à la construction de pâtés de maisons. Ces blocs se vendent parfois très cher sur les grandes avenues [hroadwmj) .
La grande culture se fait partout, même dans les centres les plus morcelés. Des entrepreneurs se chargent de cultiver pour autrui ou bien les cultivateurs se réunissent dans une sorte d'association pour la culture, la récolte, le battage en commun. C'est le mode le plus expéditif et le plus économique.
L'Américain en général n'est pas un agriculteur consommé comme l'Européen, et ses travaux se ressentent d'un excès de rapidité dans l'exécution. Dans les premiers temps de la colonisation américaine, et encore aujourd'hui, quand une zone est comme on dit « ouverte à l'agriculture», l'Américain s'improvise agriculteur et industriel par le hasard des circonstances. Il peut n'avoir pas fait d'études spéciales, ne pas être un grand observateur ni un grand connaisseur de méthodes et procédés, mais il a un grand sens pratique des affaires et de l'administration dans les exploitations agricoles et industrielles, et il s'entend admirablement à gérer les domaines au point de vue financier. C'est aussi un commerçant consommé qui sait tirer un parti avantageux de tous