‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 673 sur 737 · LES MACHINES AGRICOLES AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

LES MACHINES AGRICOLES AUX ÉTATS-UNIS

ses produits, diminuer ses prix de revient par l'emploi de machines, et déployer une grande activité à la ferme et aux champs.

Et quand la législation des Etats-Unis est favorable à la production et aux débouchés, et que l'agriculteur joint à une certaine prudence européenne, l'audace américaine, il est dans la vérité scientifique et pratique au point de vue agricole ; travaillant beaucoup et rapidement, il réussit toujours dans ses entreprises qui d'ailleurs se trouvent aussi bien conduites que possible au point de vue économique.

Emile Masson.

L'EGRÉMAGE SPONTANÉ

Monsieur le rédacteur en chef, dans le n° 1416, du 6 janvier 1894, vous avez bien voulu insérer dans votre intéressant Journal un article intitulé : « Expériences sur le lait, »

Aujourd'hui, nous venons de nouveau vous demander l'hospitalité des colonnes du Journal de l Agriculture pour répondre aux nombreuses personnes qui se sont intéressées à nos expériences. Les unes désirent avoir des renseignements supplémentaires, d'autres — et c'est le plus grand nombre — nous demandent s'il existe un fabricant de terrines à lait en terre de Wassy, modèle recommandé (fig. 82) *.

Depuis cette époque nous avons renouvelé nos expériences et avons recueilli les observations des personnes qui se servent de ces terrines. Les conclusions sont les suivantes :

1" Les vases à lait en général de même forme ou de formes différentes, seraient-ils de même provenance, expérimentés avec un lait absolument de même richesse, dans des conditions identiques, donnent un rendement en crème variant de 10 à 20 pour 100. Ce fait a été remarqué et confirmé par la plupart des ménagères de France ; 2° les terrines à lait, en terre de Wassy, fabriquées dans de bonnes conditions, ne présentent pas ces écarts ; au contraire, elles fournissent un rendement supérieur à tous les vases mis à l'essai.

Elles ont en outre les avantages suivants sur ces derniers :

1° L'enlèvement plus expéditif de la crème; 2° le nettoyage plus facile; 3" l'encombrement moindre de la laiterie, parce qu'on peut placer les terrines les unes au-dessus des autres en les séparant seulement par une petite planche ; 4" l'achat moins dispendieux (la terrine contenant 5 litres revient au maximun à cinquante centimes); 5° le beurre obtenu est de meilleure qualité.

Maintenant à quelles causes doit-on attribuer la supériorité de la terrine en terre de Wassy? La question est délicate, mais je ne crois pas m'éloigner beaucoup de la vérité en l'attribuant:

1" A la parfaite homogénéité de la terre ; 2° à la grande ténuité des molécules terreuses; S" à l'absence de calcaire; 4° à la préparation soignée des matériaux ; 5" à la bonne cuisson; 6° à l'espace restreint que les globules graisseux ont à parcourir pour arriver à la surface de la terrine, l'épaisseur du lait ne dépassant pas douze centimètres.

Cette terrine est légère, solide et possède le minimun de pores, les-

1. M. Jeanson, propriétaire, tuiliei, à Louvemont (Haute-Marne), fabrique ces terrines. Pour donner satisfaction, je veux bien, dans un but complètement désintéressé, contrôler celles qui seront expédiées.

944 l'écrémage spontané.

quels sont toujours des refuges pour les ferments lactiques qui nuisent considérablement au crémage.

Avec les écrémeuses centrifuges, me dira-t-on, les vases à lait n'ont plus la même importance. .Je suis loin de nier les avantages des écrémeuses centrifuges, j'en suis même un chaud partisan; mais la petite culture se servira encore longtemps de l'écrémage spontané. N'en sera-t-il pas de même pour ^\\-----Ç"-'^--Jl^^^ les pays producteurs de beurres surfins dont WA~~~~ — \W~Tfjiî/m ^'^ renommée est universelle? Pour ces raisons, ^ r^ Wi' il J^ crois, que le choix de vases à lait présente \ %. ï l/m assez d'intérêt pour qu'on en recherche le tvpe

^-^ wW le plus avantageux.

Fiç. 82. - Terrine potu- \o j^j^ plaçant les tcrrincs à une température

1 ecremage, en terre de i / ^ i » • i

Wassy. constante ne dépassant pas 12 degrés centigrades

et autant que possible dans l'obscurité (en les recouvrant, par exemple, d'une planchette, ce desideratum est acquis); 2° en enlevant la crème après une cinquantaine d'heures de repos ; 3" en laissant fermenter cette crème pendant environ quarante-huit heures; 4° en maintenant la crème dans la baratte à la température de 10 à 12 degrés; 5° en délaitant le beurre avec un soin minutieux, on obtiendra un produit à saveur fraîche, agréable, à parfum délicat, et de plus de bonne conservation.

Veuillez agréer, etc. ~ J.-B. Avignon,

Professeur d'agriculture à Wassy (Haute-Marne).

Nous extrayons des statuts delà section du Comice d'Herzèle chargée de l'amélioration des semences les dispositions suivantes :

La Section a pour but l'acclimatation des variétés étrangères les plus méritantes, et l'amélioration de variétés indigènes de manière à mettre à la disposition des cultivateurs belges, des variétés produites dans le pays même et de les affranchir du tribut considérable payé chaque année aux nations voisines pour les semences sélectionnées. Ce but est hautement encouragé par tous ceux qui comprennent les intérêts de notre agriculture nationale.

Le président et le secrétaire veillent à l'exécution du règlement ; l'Association est placée sous la direction d'un ingénieur agricole chargé de prendre toutes les mesures nécessaires à la bonne marche de la Société . Les associés exercent sur leurs cultures une surveillance réciproque; il y a de plus un contrôle général très sévère.

Chacun des cultivateurs associés est chargé seulement de l'amélioration d'un nombre très limité de variétés, trois au plus ordinairement, suivant les instructions du directeur. Chacun d'eux devient en quelque sorte spécialiste dans les cultures qui lui sont dévolues. Cette division du travail constitue un idéal qu'il serait difficile, sinon impossible, d'organiser en dehors d'une association.

Le président veille à ce que les membres observent toutes les conditions pour obtenir des semences de première qualité, notamment : a) fumure rationnelle; b) préparation soignée du sol; c) emploi d'une semence améliorée ; cl) soins d'entretien rigoureux ; e) maturation par-

faite; /") récolte soii^née et autres prescriptions particulières à déterminer pour cliaquc cas. Les semences qui ne sont pas cultivées d'après ces prescriptions ne pourront être vendues comme semences améliorées. La tentatice de fraude entraîne l'exclimon de la Société.

ce Evidemment l'Association dont il s'agit cherche à faire des bénéfices : c'est le grand stimulant pour les intéressés. Ce sont précisément des associations de ce genre qu'il faut introduire chez les cultivateurs pour relever l'agriculture. » (M. de Vuyst, Rev. ag , 1895, p. 341). Mais comme te il s'agit ici d'une vente directe de producteur au consommateur, il est évident que, toutes autres conditions égales, l'acheteur profitera du bénéfice des frais d'intermédiaire. » (M. de Lange, secrétaire.)

Les installations de l'Association sont très complètes et parfaitement appropriées; ses magasins et son jardin d'essai sont annexés à la nouvelle laiterie coopérative de Borsbeke. Les pommes de terre de semence sont conservées dans une grande cave, et rangées, par variétés sur des claies ; les autres semences sont rentrées dans des greniers spéciaux où se trouvent des trieurs ; ceux-ci seront prochainement actionnés par le moteur de la laiterie. Le triage des graines de céréales est fait avec le plus grand soin, de façon à réserver uniquement, pour la vente, des semences de fort volume.

Les variétés de céréales, de pommes de terre et de betteraves mises à la disposition des agriculteurs belges par la Section spéciale d'Herzèle sont aujourd'hui nombreuses. La plupart d'entre elles ont été améliorées d'une façon positive et systématique par l'application des méthodes scientifiques de sélection les plus rigoureuses. Pour n'en donner qu'un exemple, nous citerons la conclusion générale des expériences sur pommes de terre :

« Les résultats des essais de 1892, 1893 et 1894 faits en double sur trois variétés (donc 18 comparaisons) ont prouvé à l'évidence que l'amélioration a produit en moyenne une augmentation de rendement brut d'environ 6.5 pour 100 et une augmentation de richesse en fécule de 0.8 pour 100, ce qui constitue un avantage total d'environ 120 fr. à l'hectare.

ce Les expériences de 1894, faites en double sur trois variétés (donc 6 comparaisons), ont démontré qu'après deux ans, l'amélioration totale atteint 10 pour 100 pour le rendement brut, et 1.2 pour 100 pour la richesse en fécule, soit un bénéfice net d'environ 200 fr. par hectare. » {Rev. agron. et Landbode, 1895).

Nos producteurs de graines et nos cultivateurs pourraient, eux aussi, profiter de l'enseignement que nous venons de rapporter; l'exemple qui leur est fourni par le Comice de Herzèle est loin d'être unique en Belgique, et il est à craindre qu'ils n'éprouvent de ce côté, dans un avenir assez prochain, une concurrence sérieuse pour leur commerce de semences.

Une section spéciale a été créée encore par le Comice dont nous étudions l'organisation pour Vachat des engrais et des matières alimentaires pour le bétail. Tous les membres du Comice en font partie de droit et jouissent de sérieux avantages par la réduction du prix d'achat et du prix de transport, par la suppression des intermédiaires, etc. Les

agriculteurs non associés peuvent participer aux commandes de la section moyennant une majoration de 1 pour 100 sur le prix de facture.

Les contrats renferment des stipulations particulièrement avantageuses pour les acheteurs; ils n'accordent aux marchands qu'un maximum d'écart de un quart pour 100 dans la teneur de l'engrais en éléments fertilisants, sur le taux ayant servi de base à l'achat. Des tableaux d'agronomes exposés dans l'une des salles de réunion du Comice permettent de se renseigner, à toute époque de l'année, sur les opérations exécutées par ce dernier ; ces tableaux accusent une progression constante dans l'acquisition des engrais concentrés ; ils prouvent aussi que les membres du Comice réalisent annuellement un gain total d'environ 5,000 fr. et qu'ils bénéficient en moyenne d'une somme de 5 à 6 fr. par 1 00 kilog. sur les engrais achetés globalement depuis la création de la section. Vérification est faite, dans le laboratoire de la Société, de la richesse de ces matières en éléments fertilisants aussitôt après leur réception. Le Comice possède en outre une collection très complète des différents engrais commerciaux dont l'étude procure aux cultivateurs d'utiles indications.

Enfin, une seconde série de tableaux disposés également « sous forme de diagrammes, permet aux affiliés de se renseigner constamment sur les quantités respectives des éléments simples requis pour la fumure rationnelle des cultures locales les plus importantes. Si on se rappelle que ces tableaux reposent sur les ex.périences dont nous avons parlé plus haut, il est manifeste qu'ils ont une très haute signification ». {Rev. agr., 1894).

D'autre part, nous voyons aussi s'accroître progressivement les chiffres des achats de matières alimentaires; ils atteignaient près de 20,000 kilog. dès l'année 1893, et M. J. van Seynhaeve n'évalue pas à moins de 5 fr. le bénéfice moyen par quintal, obtenu par les associés, en tenant compte de la réduction du prix d'achat et des garanties de pureté fournies par la coopérative.

En fin de compte, le gain annuel total réalisé par les cultivateurs du canton d'Herzèle, membres de la section spéciale des engrais et des matières alimentaires pour le bétail, ne s'élève pas aujourd'hui à moins de 10,000 francs; à cet avantage, il faudrait encore joindre celui, également très important, qui résulte de la garantie de pureté et de richesse des matières qui leur sont livrées par le Comice. Cette situation, déjà si heureuse, ne pourra que s'améliorer dans l'aA^enir, par l'emploi de plus en plus général et rationnel des engrais commerciaux et par une alimentation mieux entendue du bétail. Des expériences pratiques ont été entreprises, depuis quelques mois, sur ce dernier point: elles porteront uniquement au début sur l'alimentation des vaches laitières, et elles auront pour but de déterminer quelles sont, pour les exploitations de la circonscription du Comice, les rations qui donnent le plus de bénéfices? Le problème est complexe, et sa solution présente de grandes difficultés; il sera cependant mené à bonne fin, nous ne saurions en douter.

c) L'organisation de concours ÂmvEhs à' engrais, de culture^ d'instruments agricoles, de bétail, etc., dont le but principal est de résoudre

certaines questions intéressant immédiatement la pratique agricole. C'est ainsi, nous dit l'auteur dont nous venons de rappeler le nom, que le Comice, désirant acquérir un trieur de semences et voulant être fixé au préalable sur la valeur relative des instruments de cegenre construits ou vendus en Belgique, organisa le 21 mars 1893, à Burst, un concours spécial à cet effet; les épreuves furent d'assez longue durée et conduisirent à l'obtention de résultats nets et précis; l'attention des membres du Comice se trouva en m.ême temps attirée sur le travail et sur les avantages multiples du trieur ; l'appareil acheté à la suite du concours servit à lui seul à la préparation de plus de 6,00U kilog. de semences pour les semailles d'automne. Un autre concours a été organisé à Borsbeke dans le but de faire connaître les meilleurs concasseurs d'engrais, de nitrates notamment, et de conduire les cultivateurs à l'achat de ces outils.

Dans un autre ordre d'idées on a déterminé, par des essais comparatifs de culture, la valeur relative de la poudre dos, du guano de poisson et d'une quantité d'autres engrais provenant de diverses maisons pour la production de la pomme de terre, des betteraves, etc.

?sous arrêtons ici la monographie déjà si longue, quoique incomplète, que nous avions entreprise sur l'organisation des comices agricoles en Belgique, sur celle du Comice agricole de Herzèle particulièrement : l'exemple des résultats obtenus en quelques années par ce dernier groupement offre le plus grand intérêt, car il démontre de manière évidente, l'utilité et les avantages considérables de l'union des intelligences, des efforts et des capitaux dans les différentes branches de la production agricole. Inspirons-nous à notre tour de cet exemple qui, rapidement, a fait école en Belgique, et n'oublions pas que V association s impose aujourd'hui à nous, de façon absolue; elle est devenue l'une des nécessités les plus impérieuses de l'heure présente pour nos populations rurales, car seule elle permettra à ces dernières de lutter contre la concurrence du dehors de plus en plus menaçante et dont nous verrons encore — il faut le craindre — s'accroitre l'acuité.

J. Troude.

Après le concours régional de MontpelUer, qui avait présenté une importance exceptionnelle, celui de Moulins, qui s'est tenu du 23 au 31 mai, n'a pas été moins brillant. La capitale du Bourbonnais n'avait pas encore vu une réunion aussi importante sous tous les rapports; celle-ci a d'ailleurs été favorisée par un temps tout à fait propice, que les agriculteurs auraient voulu moins sec, mais qui a favorisé la succession des fctes de la semaine. L'intensité de la sécheresse était cependant l'objet des préoccupations de tous les agriculteurs; dans la région du Centre, elle a sévi avec continuité pendant une grande partie du mois d'avril et pendant tout le mois de mai ; les prairies et toutes les cultures herbacées en ont cruellement souflert, la baisse sur le bétail en a été la conséquence fatale, et c'est une brèche très sensible dans le revenu agricole pour une région où l'élevage et l'engraissement jouent un rôle capital. L'année ne sera pas bonne, car le contrecoup de cette situation se prolongera encore, quand bien même les conditions climatériques se modifieraient complètement.

Cependant le Bourbonnais sera moins atteint que d'autres régions; car il a, pour se défendre, un système d'exploitation qui a fait déjà depuis longtemps ses preuves de résistance aux crises les plus aiguës. C'est le métayage, naguère considéré comme un système inférieur, mais reconnu aujourd'hui comme une arme

d'une valeur incomparable, dans les conditions que traverse l'agriculture française, aussi Lien pour les propriétaires que pour les exploitants du sol. On voit même ceux qui décriaient autrefois le métayage passer clans les rangs de ses plus ardents défenseurs; on peut le constater avec plaisir et s'en réjouir. Mais pour être réellement et généralement efficace, le métayage doit revêtir sa forme la plus simple; il doit réaliser l'union directe du propriétaire et de l'exploitant. Ce n'est pas ce qui arrive toujours; on voit parfois s'interposer entre l'un et l'autre des intermédiaires qui en dénaturent le caractère ; c'est ce qu'on appelle le fermier général. Sans doute, il y a des exceptions, il s'en est trouvé une dans le lauréat de la prime d'honneur, M. Félix Petit, qui est universellement considéré comme un homme ayant rendu des services distingués au progrès agricole. Mais ces exceptions ne sauraient infirmer la règle générale; le métayage direct est à la fois plus profitable au propriétaire comme aux métayers. On peut en trouver des exemples nombreux, notamment dans le lauréat de la prime d'honneur du précédent concours régional, M. Louis Bignon, dont l'entreprise si remarquable de Theneuille a été poursuivie et complétée avec distinction par son fils, qui s'est montré comme un agriculteur de premier ordre; aussi le rappel de prime d'honneur qui lui a été attribué, a-t-il été unanimement apprécié.

Parmi les modifications survenues dans la culture du département, une place spéciale doit être faite à la viticulture, qui a pris une importance notable depuis ([uelques années. Ce n'est pas que l'étendue cultivée en vignes se soit considérablement accrue; elle est restée à peu près statiounaire depuis une vingtaine d'années. Mais des progrès considérables ont été réalisés dans la culture, en même temps que les meilleures méthodes de reconstitution ont été appliquées dans les parties qui ont été atteintes par le phylloxéra ; il en est résulté que la production s'est accrue en même temps qu'elle s'est améliorée. D'excellents exemples de ces efforts ont été montrés au concours, notamment par M. Eugène Grand, dont les plants de vignes, exposés avec art, ont vivement frappé l'attention. Les vins de Saint-Pourçain, les plus connus, se vendent d'ailleurs facilement, et à de bons prix.

Au concours régional, la race charolaise occupait, tout naturellement, le premier rang; la variété nivernaise dominait presque exclusivement. Si, comme les mauvaises langues le prétendent, le sang durham a joué son rôle dans la création de cette variété, les éleveurs ont repris, depuis une dizaine d'années, des méthodes d'une rare habileté pour maintenir au type son caractère uniforme et bien accentué. Il est certain qu'aujourd'hui la race nivernaise possède, sans conteste, un caractère d'homogénéité qu'on pouvait lui contester naguère; on aurait presque pu considérer les trois quarts des bêtes figurant dans les stalles du concours comme sortant de la même étable. Quant à l'autre quart, appartenant aux petits cultivateurs, on doit constater qu'il était largement distancé par les autres. On a vu, dans la liste des prix, les noms des lauréats ; le plus grand nombre appartiennent au département de la Nièvre ; c'est un éleveur de ce département, M. Philippe Guillerand, qui a remporté le prix d'ensemble pour un lot absolument remarquable.

A coté la race limousine, quoique représentée par un nombre d'animaux beaucoup plus faible, tenait parfaitement sa place. La plupart des taureaux et des vaches présentaient au plus haut point les caractères typiques de cette belle race. Elle l'emporte d'ailleurs sur les autres par la qualité de la viande qui fait toujours prime sur les marchés. Ici encore, le prix d'ensemble attribué à M. Oscar Guibert, a été fort bien placé.

Une quarantaine d'animaux représentaient la race durham et ses croisements. Les éleveurs de la race pure étaient peu nombreux, mais de première qualité. MM. Petiot, Signoret, Le Bourgeois, Massé, le marquis de Tracy, Pâtissier. On a beaucoup admiré Rhingrave, à M. Petiot, taureau de 46 mois, vendu récemment, comme on sait, pour la République Argentine, au prix de 3,550 francs. Raton- Barmpton^ à M. Gh. Signoret, promet, aussi lui, de remplir une brillante existence. Parmi les génisses. Déesse, à M. Petiot, est unes des bêtes les plus développées et les plus gracieuses en même temps qu'on puisse rêver. Thérésa III et Salade^ à M. Le Bourgeois, sont aussi des génisses réellement remarquables.

Bonne collection de la race de Salers, dans laquelle figuraient quelques animaux, notamment ceux de M. Gouderc, lauréat du prix d'ensemble, qui montrent

un développement et surtout une régularité remarquables. Quekjues bons animaux de la race marchoise, à côté d'autres assez médiocres. La race d'Abondance, pour laquelle on a créé daos les derniers temps une catégorie spéciale, est l'objet de soins attentifs de la part de quelques éleveurs; M.Bartholoni montrait une bande de vaches de cette race, présentant des qualités laitières remarquables. Il faut citer enfin un excellent lot de race normande exposé par AI. Legave-Joly.

L'exposition des races ovines était à la fois nombreuse et intéressante. Elle était composée de 150 lots environ, dont une soixantaine de la race berrichonne et de celle de la Charmoise. Ces deux catégories renfermaient des lots intéressants. On sait que les tendances actuelles d'une grande partie de l'élevage dans la région du Centre, ont pour objet de remettre la race berrichonne en honneur et que d'un autre côté les éleveurs de moutons de la Charmoise cherchent à accroître la place, importante déjà, qu'ils occupent dans l'élevage. C'est à cette dernière race que le prix d'ensemble, réservé aux races françaises, a été attribué; M. Gruyot de Villeneuve, qui a déjà remporté de nombreux et importants succès, en a été le lauréat. Quelques beaux lots de mérinos, principalement de mérinos de Bourgogne, figuraient avec honneur au concours.

Comme toujours, les races ovines étrangères, surtout les southdown et les dishley, étaient parfaitement représentées. Parmi les southdown, les principaux lots étaient ceux de M. Le Bourgeois et de M. Louis Colas; MM. Mathieu et Le Sueur, Jardet et Thierry, avaient envoyé aussi des animaux intéressants. Quant aux dishley, deux éleveurs bien connus, M. Signoret et M. Massé, se sont disputé les récompenses; c'est M. Massé qui a gagné le prix d'ensemble réservé aux races étrangères, avec un lot magnifique, quia conquis tous les suffrages.

Une centaine d'animaux envoyés par vingt exposants formaient le lot des races porcines. C'est la race craonnaise qui tient le premier rang tant par les animaux de race pure, que par ses croisements; elle a pris une importance considérable dans cette région, depuis une dizaine d'années, par suite de l'exemple donné par un certain nombre d'éleveurs émérites, parmi lesquels il faut citer particulièrement M. Alexis Guillaumin, qui a remporté le prix d'ensemble. En outre, MM. Yérillaud, Pâtissier, Chalmin, Félix Petit, Vernay, etc., exposaient des animaux fort intéressants, la plupart d'un développement remarquable. Dans la catégorie des races étrangères, c'est toujours la race yorkshire qui domine presque exclusivement; MM. le comte de Vichy, Guy de Valence, Glachet, Bramard, en étaient les principaux exposants.

L'exposition des animaux de basse-cour était, relativement, une des parties secondaires du concours. Une collection importante y figurait, celle de M. Aubert- Brunet, à Orléans; le prix d'ensemble lui a été décerné. Il faut citer aussi quelques beaux animaux de M. Cailleret, de M. Girault de Mimorin, de Mlles Guillaumin, de M. Chomet.

Très bel ensemble de machines agricoles ; Moulins étant un centre important, il ne pouvait en être différemment. Plusieurs concours spéciaux ont eu lieu pour les instruments aratoires; on en a vu les résultats à la liste des récompenses. Parmi les autres appareils qui ont attiré surtout l'attention, on doit signaler les moteurs à pétrole, qui deviennent de plus en plus nombreux; celui de M. Merlin notamment présente, sous un faible volume, un agencement très heureux. Les autres grandes maisons de construction de la région du Centre, la Société française de Vicrzon, MM. Brouhot, Bruel, Mabille, Pécard, Breloux, Puzenat, Souchu-Pinet, la Société des Usines d'Abilly, etc., présentaient des collections importantes. Il faut citer les trieurs Marot, les trieurs Clert, les pompes Noël, les faucheuses, moissonneuses et lieuses de Samuelson, d'Adriance, de Johnston, de Harrison, de Duncan, d'Osborne, les semoirs et autres appareils de Japy, les instruments aratoires de MM. Bajac,^ Michel, Chambonnière, Candelier, de Mme Henry, les alambics Deroy, Egrot, Besnard, les clôtures de Taufflieb et Chaussard, les biberons Massonnat, les couveuses Voitellier et Philippe, etc.

Les vins formaient la partie principale de l'exposition des produits. De nombreuses médailles ont été attribuées par le jury aux vins de l'Allier; ces récom-

Dans le même ordre d'idées, il faut citer les très belles photographies d'animaux

présentées par M. Charles Bodmer, et qui sont de vrais tableaux. Les plants de vignes présentés hors concours par M. Salomon, et ceux de M. Eug. Grand formaient des collections très intéressantes. Les carpes vivantes, énormes, présentées f)ar M. Girault de Mimorin, attiraient constamment les curieux. A citer encore es collections de plantes de M. Garenne et de M. Rochas, les plantes fourragères de M. Dujon. Il faut citer enfin les très belles collections de plantes de toutes sortes, exposées par MM. Vilmorin-Andrieux et Gie, et par MM. Denaifte, ainsi qu'une collection de produits de Madagascar exposée par M. Fillon.

Une très belle exposition hippique comprenait près de 250 étalons, pouliches et iuments. Le demi-sang y dominait; les races de trial étaient représentées par un certain nombre d'étalons et de juments à robe noire de la Nièvre. La collection envoyée par les éleveurs des Gharentes a surtout attiré l'attention. L'élevage du Forez était surtout représenté par M. Garnier et par M. Ory, de Feurs. — A côté, une brillante exposition d'horticulture, organisée par la Société d'horticulture de l'Allier, faisait le plus grand honneur à cette active Société.

Suivant l'habitude qu'il a inaugurée, M. Meneult, commissaire général, a organisé pendant le concours des conlérences ou leçons de choses qui ont été fort goûtées. Parmi les principaux conférenciers, ont figuré MM. Baron, Couvert, Rougier, Dechambre, Jouiî'roy, Chambron, Treyve, etc. Ces leçons ajoutent un intérêt spécial à l'enseignement qui ressort de l'exposition. Henry Sagnier.

Page 1