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LA COULURE DES RAISINS

Un point essentiel est de ménager les coursonnes et les rameaux conservés pour constituer les sarments fruitiers ou ceux de la charpente de l'année prochaine; alors, on n'y touche pas, ou bien l'on incise au-dessus d'eux; car la partie supérieure à l'incision est seule visée et doit produire des grappes complètes, belles et précoces en maturité. Donc, si l'on a réservé un long bois arqué, tordu, incliné ou dressé, il suffira de pratiquer le petit cran sur la partie ligneuse en deçà des pampres portant fruit, et au-delà des scions à utiliser l'année suivante pour former le futur courson de remplacement et la future branche à fruits.

On a constaté que cette opération était d'autant plus efficace que la température se montrait froide au printemps, brumeuse à l'automne, inégale en été.

Le Jura, l'Auvergne, la Savoie, avec des cépages vigoureux, produisent des raisins à maturité tardive, ou sujets à la coulure, par exemple, la Clairette et ÏÀlicante-Bouschet^ du Midi, le 3Ialbec, du Médoc, le Chasselas de Montauhan, la Malvoisie, de la Drôme, la Perle franccomtoise, le Mondeuse, du Jura, qui semblent atteints de l'avortement chronique.

Quant à l'explication théorique, nous l'avons donnée dans l'Art de gre/fer^ assimilant les lèvres de l'incision au bourrelet de la greffe : « point d'arrêt qui tamise le courant séveux, et distribuant à petite dose l'eau du sol et le goût du terroir, tandis qu'il accumule sur la grappe les gaz atmosphériques absorbés par les feuilles et contenant les principes de sucre et d'alcool. »

Depuis que le greffage de la vigne s'est implanté dans le vignoble, nous avons constaté la diminution de la coulure des raisins de Lyon à Bordeaux, de Cognac à Marseille. Le vin a gagné lui-même en finesse et en saveur délicate! Charles Baltet,

Président de la Société horticole, vigneronne et forestière de l'Aube.

Séance du 3 juin 1896. — Présidence de M. Tisserand.

La correspondance imprimée renferme les ouvrages suivants : Les forêts de chêne vert, par M. de Larminat; Cours de viticulture^ par M. Dubrulle; Essais comparatifs d'alimentation des bovidés, avec blé, seigle, pommes de terre, tourteaux de coton, par M. Cormouls-Houlès ; La petite industrie : le vêtement à Paris, publié par l'Office du travail.

M. Louis Passy donne lecture du discours qu'il a prononcé aux obsèques de M. Daubrée, membre titulaire dans la section d'histoire naturelle agricole et ancien président de la Société en 1890.

La Société apprend la mort de M. Raulin, correspondant.

M. Gosselet, élu correspondant, remercie la Société.

M. Renou communique le résumé des observations météorologiques faites au Parc de Saint-Maur pendant le mois de mai 1896. Cette communication a été insérée in extenso dans le Journal.

M. Carnot, au nom de la section d'histoire naturelle, présente son rapport sur la carte agronomique d'une commune de la Côte-d'Or présentée à la Société par M. Magnien, professeur départemental d'agriculture.

M. de Vilmorin oiîre, de la part de MM. Crépeaux, le 2' volume de leur Année agricole et ècommiqae pour 1896.

M. Prillieux présente une note de M. Tallavignes sur la vesce velue.

La Société se forme ensuite en comité secret pour entendre la lecture des rapports sur les titres des candidats à une place de correspondant étranger. La section présente : en première ligne, M. Cannon; en deuxième ligne, M. DoUfus.

Séance du 10 juin 1896. — Présidence de M. de Lacaze-Duthiers.

M. le Ministre de l'agriculture transmet ampliation du décret approuvant l'élection de M. de Blonay, comme membre étranger dans la section d'arboriculture forestière.

M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. le comte Rœderer, membre titulaire dans la section d'économie des animaux, propriétaire-agriculteur à Bois-Roussel (Orne).

M. t)upuy-Montbrun envoie une note sur la mendicité dans les campagnes.

M. ïrasbot présente, de la part de M. Mesnard, vétérinaire à Mansle (Charente), une note sur des essais de traitements préventifs contre le mildew et le black-rot. Cette communication est renvoyée à l'examen de la section des cultures spéciales.

M. Le Cler donne communication des observations météorologiques comparées faites en 1894 et 1895 aux polders de Bouin (Vendée).

M. Levasseur rend compte du voyage qu'il vient de faire en Tunisie, grâce à l'aimable invitation de M. Millet, résident général de France à Tunis. Son voyage a duré dix-sept jours; il a été effectué souvent par des routes carrossables. 11 insiste sur la situation agricole de la Tunisie. On distingue le Sahel, la plaine et le plateau. Ce qui domine, c'est le jurassique, le crétacé et le tertiaire, sauf dans la Medjerdaoù l'on trouve le quaternaire. La Tunisie ne manque pas d'eau, son climat est différent de celui de l'Algérie. Il tombe en Tunisie dans certaines localités de la région septentrionale, 1 m. 75 d'eau par an. A Kairouan, la pluie est de 0 m. 300 seulement par an. M. Levasseur continuera dans une prochaine séance.

Il est ensuite procédé à l'élection d'un correspondant étranger dans la section de sylviculture. M. Cannon est élu par 36 voix contre 2 à M. Dollfus et un bulletin blanc.

M. Bouquet de la Grye présente, de la part de M. Mer, un mémoire sur des recherches relatives à la formatiou du bois parfait.

Georges Marsais.

(13 JUIiN 1896) I. — Situation générale.

Les pluies continuent sans être trop abondantes et sont tort bien accueillies pour les orges, les avoines de printemps et les pâturages. Les cours des grains sont toujours fermes et à la hausse. Les huiles et les spiritueux ont peu de variations; les sucres ont subi une baisse assez sensible. Les fourrages se vendent bien, ainsi que les laines. Les prix du bétail ne se relèvent pas.

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