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LA COULURE DES RAISINS

rameau à 0 m. 40 au-dessus de la grappe supérieure qu'il porte; on comprend que nous repoussons le pincement pratiqué à la même heure, sur tous les rameaux, quel que soit leur degré de développement ; un pincement uniforme et immédiat aurait pour conséquence fâcheuse de fortifier les forts aux dépens des faibles^ qui s'affaibliraient encore plus. Après ce premier travail, des rejets vont se développer sur le rameau pincé; on leur donne le nom poétique d'à entre-cœurs », ce qui les conduit fatalement au pincement rigoureux à une feuille de la base. Les rameaux stériles seront soumis au même traitement, à l'exception des brins faibles, que l'on ménage, ou des sarments dits de charpente, dont la direction est subordonnée à l'ossature du cep.

La suppression des vrilles s'impose à toute heure. La vrille est en quelque sorte une grappe avortée ; en tout cas, c'est une écluse absorbante pour elle et énervante pour les organes vitaux et fructifiants de la plante. Il conviendra donc de la retrancher net à son insertion. Au lieu d'une vrille complètement nue, on rencontre assez souvent sur le même pédoncule un appendice hybride, une partie garnie d'éléments floraux, l'autre lisse et nue comme un ver; le retranchement de celleci est absolument indispensable.

Vécimage de la grappe a sa raison d'être avec les espèces à panicule long et peu fourni. Il suffit d'ailleurs de suivre le phénomène de la végétation ; la sommité du thyrse floral s'épanouit plus tardivement que la base. A cette période d' « entre-fleur-:':' on peut, avec des ciseaux, couper ce sommet en retard, et la pointe des ailerons qui se trouveraient dans les mêmes conditions.

N'a-t-on pas obtenu des résultats satisfaisants avec le pincement du centre du bouquet floral sur le poirier et de la tête de l'épi floral sur le groseillier? N'est-ce pas devancer le travail si délicat du ciselage — ou une portion du travail — renvoyé à la veraison, sur les treilles de Thomery, de Conflans, de Montreuil, etc. ?

A ce moment de la floraison, on peut seconder la fécondation au moyen d'un coup de pinceau. On le passe en tous sens, d'une grappe à l'autre, sans se préoccuper du pollen qui peut être enlevé ou rapporté par le coup de brosse.

Il est bien entendu qu'un rayon de soleil favorise mieux le succès qu'une rosée du matin ou du soir.

On a même remarqué, en espalier ou sous verre, que les plants à or2;anes paresseux devenaient féconds sous l'influence du pollen d'un cépage prolifique, tel que le Frankentlial, projeté sur la grappe en fleur. Mais l'opération la plus radicale contre la coulure, c'est V incision annulaire. L'opération consiste, au début de la floraison, à trancher l'écorce, sous la grappe, par un trait simple, avec une lame quelconque, ou par deux traits rapprochés à 0 m. 001 au plus, la petite bande circulaire d'écorce étant enlevée sur-le-champ.

D'après la nature des tissus de la vigne, ce cran de la périphérie peut être appliqué sur la jeune pousse de l'année ou sur un long bois de l'année précédente conservé pour la fructification ; dans ce cas, il importe que l'incision soit pratiquée immédiatement au-dessous de la grappe, sur le sarment chargé de pampres qui doit être supprimé lors de la taille suivante; une seule annellation à la base suffira.

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