ÉTAT DES RÉCOLTES DANS LE PAS-DE-CALAIS
Les blés en bonne terre étaient encore très beaux à la fin du mois, mais les autres commençaient à jaunir et souffraient de la sécheresse. Les seigles sont beaux, les avoines médiocres. Les betteraves ont une levée difficile et irrégulière. Les prairies artificielles ne promettent qu'une faible ^récolte, les plantes restent courtes; les pâtures souffrent de la sécheresse. A. Pagnoul.
Séance du 17 juin 1896. — Présidence de M. de Lacaze-Duthiers.
M. le Ministre de l'agriculture transmet ampliation de l'arrêté approuvant l'élection de M. Gosselet, comme correspondant dans la section d'histoire naturelle agricole.
M. Georges Viret adresse un ouvrage intitulé : Législation et jurisprudence concernant les insectes nuisibles à l'agriculture et les oiseaux insectivores.
M. Viala présente, en son nom et en celui de M. Ravaz, une note sur le brunissement des boutures de la vigne.
M. Bieler, correspondant, adresse une note sur l'organisation d'un enseignement théorique et pratique pour les maréchaux ferrants.
M. Heuzé fait connaître l'état des récoltes dans Seine-et-Oise et Eureet-Loir. Le blé n'a pas fortement tallé, le nombre des tiges est suffisant et la récolte se présente sous d'heureux auspices. L'association des blés de hauteurs différentes, dans la plaine d'Auneau, a produit des résultats très bons. Ces blés mélangés donneront 30 à 36 hectolitres. Les avoines sont moins bonnes, mais les pluies de la semaine dernière ont fait changer l'aspect ; l'orge se présente également bien. Par contre, les plantes fourragères seront peu productives; la Beauce cultive trop de céréales, on compte 7,000 kilog. de paille par tête de gros bétail et seulement 1 ,500 kilog. de foin (2 hectares de céréales contre 49 ares de fourrages). Le département a perdu 300,000 têtes de bêtes à laine; le mérinos a été abandonné presque partout et a été remplacé par le
disbley-mérinos, plus précoce. Les betteraves faites sur terres fumées en septembre ou octobre se présentent admirablement bien, alors que celles semées sur terres fumées en février ou mars sont bien inférieures,
M. Doniol rei^rette cette diminution des existences de moutons ; il croit que la France reviendra à cette exploitation. Pour lui, la culture des blés étages, en Auvergne, présente de grands inconvénients. La maturité n'est pas éi^ale. — Pour M. de Vilmorin, les mélanges bien faits donnent des résultats très favorables en ayant soin de prendre des blés à semer à la même époque. — M. Muret dit que le mélange est fait en vertu d'une assurance contre le manque d'une variété.
La Société déclare la vacance d'une place de membre associé national dans la Section de sylviculture en remplacement de M. Michaut, décédé.
M. Levasseur fournit quelques renseignements complémentaires sur les cultures de la Tunisie. Il remettra un mémoire que la Société publiera. Il n'y a pas eu de pluies de décembre 1895 à fin février.
M. Sagnier présente, de la part de M. Chabot-Karlen, une note sur l'enseignement de la pisciculture dans les établissements agricoles et sur le mouvement de la pisciculture pendant l'année 1895-96, dans laquelle il insiste sur les excellents résultats obtenus surtout dans la région de l'est. Le Journal publiera cette communication.
M. Doniol ne croit pas qu'il faille conseiller la culture de l'olivier en Tunisie ; cet arbre exige une trentaine d années avant de produire, le produit a diminué et lliuile se vend à vil prix.
Les champs d'oliviers de Tunisie^ dit M. Cornu sont splendides; les cultures donnent de beaux bénéfices surtout dans la région de Sousse à Sfax. Les arbres sont bien tenus, les terres bien cultivées avec cultures intercalaires. On ne peut comparer ces cultures à celles que nous avons en France. On arrive, grâce à la méthode de propagation de Sfax, à obtenir des récoltes dès 7 à 8 ans.
Pour M. de Vilmorin, les plantations de Sousse sont splendides et se développent admirablement. Le terrain acheté est divisé en lots en nombres pairs; un Arabe fait les plantations, puis on tire au sort les morceaux au moment de la production ; on a ainsi une belle propriété.
M. Tisserand présente de la part, de M. Grosjean. une note au sujet de la destruction du sylphe opaque par le vert de Scheele ou le pourpre de Londres. Les résultats poursuivis en 1896 ont été absolument satisfaisants. Georges Marsais.
REVUE COMMERCIALE ET PRL\ COURANT DES DENRÉES AGRICOLES
(20 JUIN 1896) I. — Sitiiation générale.
Les prix des grains sont toujours fermement tenus, mais avec très peu d'affaires sur le seigle et l'orge. La situation des vins reste stationnaire. Les sucres et les spiritueux ont des cours faibles; les huiles de colza ont eu une tenue un peu meilleure. Les légumes et fruits sont abondants et se vendent bien : les produits de basse-cour restent encore en baisse; le bétail a eu une vente difficile.