‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 716 sur 737 · IV. — Les transports des fourrages · texte numérisé non relu

IV. — Les transports des fourrages

M. Turrel, ministre des travaux publics, a adressé, à la fin de la semaine dernière, la circulaire suivante aux administrateurs des Compagnies de chemin de fer :

« Messieurs, en 1893, à la suite d'une période de sécheresse exceptionnelle qui avait sérieusement compromis les récoltes des fourrages, vous avez, sur la demande de mon administration, consenti pour une période de trois mois, que des prorogations successives ont étendue jusqu'au l'-'" avril 1894, une réduction de 25 pour 100 sur les prix des tarifs généraux, spéciaux et communs, applicables aux transports, par wagon complet en grande et petite vitesse, des denrées destinées à l'alimentation du bétail (fourrages, foins et pailles, etc.).

« Les circonstances atmosphériques ne sont pas moins menaçantes aujourd'hui qu'en 1893 et la même situation commande les mêmes mesures. Confiant dans votre sollicitude pour les intérêts de notre agriculture, je viens donc vous demander le rétablissement temporaire du tarif réduit que vous aviez consenti il y a trois ans.

« Je ne doute pas de votre adhésion à cette mesure dont vous reconnaîtrez certainement comme moi l'urgence, et je désirerais vivement que la période d'application fût d'abord fixée à six mois, puisque celle de trois mois qui avait été primitivement adoptée en 1893 se trouvait absolument insuffisante après expérience faite.

« Je vous serais obligé de m'adresser votre re'ponse dans la huitaine.

« Recevez, etc. Le Ministre des travaux publics, Turrel.

Il ne paraît pas douteux que les compagnies de chemins de fer

entreront dans les vues qui leur sont indiquées, et qu'elles concède^ ront les diminutions de tarifs pour le transport des fourrages.

V. — Commission internationale d^ agriculture. La Commission internationale d'agriculture a tenu sa réunion annuelle, le 22 juin au Ministère de l'agriculture sous la présidence de M. Méline, président du Conseil, ministre de l'agriculture. -*— Parmi les membres présents, figuraient MM. Gomot, sénateur; Louis Passy, député; Tisserand, H. Besnard, J. Bénard, Tardit, Sagnier, et parmi les délégués étrangers, MM. le comte von der Straten-Ponthoz, Cartuyvels, Braekers, d'Hont, pour la Belgique; M. le professeur Sorauer, pour l'Allemagne; M. le comte Kolowrat, pour l'Autriche; M. le baron Bonde, pour la Suède; M. Bieler, pour la Suisse.

En souhaitant la bienvenue aux étrangers, M. Méline s'est félicité des succès déjà remportés par la Commission dans la direction indiquée par les congrès d'agriculture, qui prennent une importance de plus en plus grande et qui arrivent à obtenir des solutions pratiques: exemple, la question de la protection internationale des oiseaux utiles. Il a rappelé les principales questions renvoyées à la Commission par le Congrès de Bruxelles, et il a demandé à la Commission d'exprimer son avis sur ces questions. Celles-ci se rapportent surtout aux programmes de recherches agricoles, au retour au bimétallisme international, à l'utilité dune convention internationale pour la police sanitaire des animaux domestiques.

Après discussion, la Commission a reconnu que le premier vœu a reçu sa solution par la prochaine réunion d'un congrès de directeurs de laboratoires agricoles en août prochain. — Après s'être ralliée aux vœux des Ligues bimétalliques sur le retour au bimétallisme, la Commission a décidé que son Bureau ferait les démarches nécessaires afin^ que le Gouvernement français prenne l'initiative de provoquer une convention sanitaire internationale.

Elle a entendu une étude de M. le professeur Sorauer sur une nouvelle maladie des pommes de terre, Vearly blight^ qui n'était connue encore qu'en Amérique, et qui a été constatée en 1895 en Hongrie. L'étude à laquelle M. Sorauer s'est livré lui a permis de reconnaître une identité absolue entre la maladie constatée en Hongrie et celle qui sévit en Amérique. Cette affection est beaucoup plus dangereuse que la maladie ordinaire; M. Sorauer a donc rendu un service signalé en appelant l'attention sur le danger qu'elle fait courir aux cultures européennes. Il est utile de rappeler qu'en 1895, M. H. Grosjean, dans une note insérée au Bulletin du Ministère de l'agriculture et que nous avons analysée {Journal du 31 août 1895, p. 314), a fait connaître les caractères de cette maladie et les moyens de la combattre.

Avant de se séparer, la Commission internationale d'agriculture a procédé au renouvellement de son bureau. Sur la proposition de plusieurs délégués étrangers, M. Méline a été réélu, par acclamation, président de la Commission jusqu'à la réunion du prochain congrès dont la date n'est pas encore fixée.

YL — Décoration dans la Légion d'honneur. Dans la liste des nominations dans la Légion d'honneur, faites à

l'occasion de Texposition de Bordeaux en 1895, on doit ajouter le nom de M. Fabre (Jean-Baptiste), propriétaire-viticulteur, à Langon (Gironde), "sice-président, puis président d'honneur du Comité agricole de Bazas ; diplôme d'honneur dans la collectivité de Bazas et de Podensac à l'exposition internationale de Bordeaux.

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