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Comme on le voit, la dose de 3 pour 1 00 est la plus favorable ; au delà, la germination décroît.
On peut comparer cette action variable des sels alcalins, à ce que nous avons examiné, M. Dumont et l'un de nous, au sujet de la nitrification des terrains tourbeux ; les cendres et le carbonate de potasse augmentent la quantité d'azote nitrique lorsqu'on les emploie à doses modérées. Si l'on dépasse la proportion convenable, la nitrification décroît comme la germination. Ce serait une question de milieu pour la graine comme pour le ferment nitrique.
En résumé, ce que pouvons considérer comme certain, c'est l'heureuse influence des scories de déphosphoration et des cendres de bois sur la germination des graines de trèfle, et il est permis d'admettre qiie cette action est une des causes de l'apparition de cette légumineuse, après l'application de ces engrais.
En ce qui concerne la chaux seule, des expériences plus détaillées et plus précises nous permettront, il faut l'espérer, de conclure définitivement à ce sujet. Claudel et Crochetelle,
Répétiteurs à l'Ecole de Grignon.
Dans le discours qu'il a prononcé au concours régional de Chartres et que nous avons publié dans notre précédent numéro, M. Georges Gochery, ministre des finances, a rendu un hommage légitime aux efforts énergiques poursuivis par les agriculteurs beaucerons pour vaincre les difficultés que les circonstances nouvelles leur ont créées depuis une quinzaine d'années. La Beauce avait autrefois une renommée universelle qu'elle méritait d'ailleurs : une ferme en Beauce signifiait une large et facile aisance pour ceux qui ne connaissent la terre que par les revenus qu'elle donne. La crise agricole a singulièrement changé les anciennes conditious : la vie dure et difficile pour les cultivateurs, la baisse des fermages en ont été les conséquences. Mais, avec la ténacité et l'ardeur au travail qui les caractérisent, les agriculteurs ont rapidement su adapter leurs allures aux nouvelles circonstances. Habitués d'ailleurs depuis longtemps à saisir tous les progrès, ils ont donné un des exemples les plus remarquables de l'application généralisée des découvertes de la science moderne aux besoins de l'agriculture.
La production des céréales tient toujours le premier rang; elle est, en effet, d'une nécessité primordiale pour le pays. Mais elle a subi des transformations complètes. On ne se contente plus, comme autrefois, de stimuler par les engrais ordinaires de ferme la production des blés, des avoines, des orges, qui forment la partie principale de la production; on y ajoute, dans des proportions chaque année croissantes, l'usage des engrais minéraux. La preuve la plus simple ot en
même temps la plus convaincante en est donnée, par exemple, par le Syndicat agricole de l'arrondissement de Chartres, dont les opérations en achat d'engrais ont décuplé depuis dix ans. Les petits cultivateurs comme les fermiers des grandes exploitations sont entrés avec entrain dans cette voie, et c'est grâce à celte véritable énergie que les cultivateurs beaucerons doivent d'avoir pu traverser la période la plus aiguë de la crise. Une très intéressante exposition faite par le Syndicat agricole de l'arrondissement de Chartres au concours régional mettait toutes ces transformations en évidence. C'est simplement justice de constater les services qui leur ont été rendus, dans cette voie éminemment profitable, par M. Garola, professeur départemental d'agriculture, dont tous les cultivateurs éclairés du pays sont unanimes à reconnaître le talent et le zèle infatigable. C'est également justice de reconnaître la part importante qui revient aux syndicats agricoles du département dans cette évolution qui préserve notre agriculture des pires calamités. Dans le concours des fermes, le lauréat de la prime d'honneur a été M. Ovide Benoist, à Cas, dans le canton de IMaintenon. Il a donné l'exemple d'un de ces fermiers laborieux et progressistes pour lesquels les applicalions de la science à l'agriculture n'ont, pour ainsi dire, plus de secrets. Son exploitation donne les exemples les plus heureux du triomphe de la volonté et de l'habileté sur une nature difficile; les succès qu'il a obtenus sont unanimement appréciés. D'autres cultivateurs comme MM. Lejards, Thirouin, Baudin, Perriot, Desforges, Evette, Oscar Benoist, Gouvreux, de Saint-Pol, etc., ont montré également, dans cet important concours, des qualités variées qui leur ont valu des succès mérités. Ces qualités ont été mises en évidence dans le très intéressant rapport de M. Bourgne, professeur départemental d'agriculture de l'Eure, sur le concours de la prime d'honneur.
Au concours régional, organisé avec habileté sous l'active direction de M. Randoing, inspecteur général de l'agriculture, c'.est la race normande qui tenait le premier rang. Environ 200 animaux, amenés de Normandie, pour la plupart, formaient cette catégorie, la plus importante du concours. C'est le Cotentin qui dominait, et c'est par les éleveurs de celte région que le plus grand nombre des succès ont été remportés; c'est d'ailleurs justice, car c'est certainement là que les plus grands efforts ont été poursuivis pour perfectionner cette belle race et lui assurer sa pureté. A côté de M. Victor Gillain, qui a remporté le prix d'ensemble avec un lot tout à fait remarquable, on doit citer notamment les succès remportés par MM. François Noël, Octave Noël, Céran Maillard, etc. Eu dehors du Cotentin, MM. Nepveu, Lavoinne, etc., ont compté aussi parmi les principaux lauréats.
La race durham était aussi parfaitement représentée; quelques-unes des élables les plus réputées de la région de l'Ouest avaient envoyé un certain nombre de leurs plus beaux produits. Il faut citer celles de Mme Grollier, de MM. le comte de Blois, Souchard, Mac-AUister, Gandon, Léon Rezé, Després, le comte de Quatrebarbes, Rousseau. M. le marquis de Chauvelin, de Loir-et-Cher, et M. le marquis de Saint-Chamans, de Seine-et-Marne, représentaient les éleveurs des autres régions. Il serait injuste de ne pas citer un fermier de la Sarthe, M. Boisard, qui s'est créé, depuis quelques années, une très légitime réputation comme éleveur d'une rare habileté. C'est M. le comte de Blois, qui a remporté le prix d'ensemble; son étable est toujours dirigée par M. Lemanceau avec la grande habileté qu'on lui connaît. — Quant aux croisements durham, ils étaient représentés surtout par des durhamsmanceaux ; ceux-ci diffèrent désormais si peu des animaux purs qu'on aurait souvent de la peine à les distinguer les uns des autres ; MM. Boisard et Rezé ont été ici les principaux lauréats.
Deux catégories spéciales avaient été créées, l'une pour la race bretonne, l'autre pour la race parihenaise. La première était assez bien garnie; les éleveurs du Morbihan et du Finistère n'avaient pas hésité devant un voyage long pour les animaux. Les petites vaches bretonnes sont toujours recherchées par la clientèle des maisons de campagne. Le prix d'ensemble a été remporté, pour un lot très élégant de formes, par M. Terrien de la Haye, à Theix (Morbihan). — Quant à la race parihenaise, elle n'était représentée que par quelques éleveurs du département des Deux-Sèvres, MM. Boinot, Caillaud, Chantecaille, Martin. — M. Chantecaille, bien connu pour ses succès antérieurs dans les concours, a remporté un prix d'ensemble.
De très élégants animaux de la race jersiaise ont été présentés surtout par M. Léon Chandora, M. Ayraud qui continue dans la Gharenle-Inlérieure l'élevage qu'il avait commencé dans l'Ille-et-Vilaine, et par Mme de Lamartraye, qui avait envoyé un lot très intéressant. Il faut citer aussi quelques animaux i3azadais amenés de la Gironde par M. Moncla, des Hereford exposés par M. Fournier, des animaux du Léon (la race pie rouge du nord du Finistère) amenés par M. Léon Chandora et par M. Caill, des charolais amenés de la Nièvre par M. Bourdeau, quelques manceaux et de rares limousins. Cette diversité de races ne pouvait présenter qu'un intérêt assez médiocre dans un centre comme celui-ci.
Fig. 84. — Lot de brebis Dishley-niérinos^ âgées de 26 mois, appartenant à M. Tbirouin-Maunoury, éleveur à FrancoDville (Eure-et-Loir), avant remporté un grand prix au concours général agricole de Paris en 1896.
Longtemps fidèles aux mérinos, les éleveurs de la région s'adonnent surtout à la production des dishley-mérinos : le développement plus rapide et le plus fort volume de ces animaux sont, comme on sait, les principales causes de cette faveur, que les faits justifient d'ailleurs. On trouve néanmoins encore un certain nombre de bergeries de mérinos purs, dans lesquelles a été créé ce qu'on appelle le mérinos beauceron, qui est d'ailleurs apprécié. Les principaux éleveurs de mérinos, MM. Sédillot-Corbière, Thirouin, Brebion, Desportes, Royneau- Gouache, avaient envoyé des lots de grande qualité, et la lutte a été vive entre eux. Ce sont les mêmes éleveurs qu'on retrouvait d'ailleurs dans la catégorie des dishley-raérinos. C'est M. Royneau-Gouache qui a été l'heureux lauréat du prix d'ensemble. Il convient de citer aussi un lot de dishley-mérinos intéressant, montrant un troupeau bien suivi, qui a été exposé par M. Edmond Delacour, de
Seine-et-Oise. — La fig. 84 montre un très beau lot de brebis dishlcy-mérinos , athées de -26 mois, qui ont valu à M. Thirouin-Maunoury, un grand prix au dernier concours général de Paris.
Parmi les autres races françaises, les lots les plus intéressants étaient ceux de moutons cauchois exposés par M. Nepveu, de la Gharmoise exposés par M. Longuet et de la race berrichonne appartenant à M. Léon Charpentier fils, — Quant aux races étrangères, elles étaient représentées par une douzaine de lots de la race dishley, exposés surtout par MM. Le Breton, Gillain, Géran Maillard, le marquis de Saint-Ghamans, Ovide Benoist, — par une quantité à peu près équivalente de lots de southown exposés par M. Nouette-Delorme, Royneau-Heurteau, et par des oxfordown exposés par M. Gorbière et de hampshire à M. Gottard. Le grand succès a été pour les southdowns de M. Nouette-Delorme ; quand l'habile éleveur de la Manderie paraît dans un concours, on est à peu près certain du résultat. Le prix d'ensemble qu'il a remporté s'ajoute aujourdhuià bien d'autres.
Dans l'exposition porcine, le grand succès a été pour la race craonnaise. Le prix d'ensemble décerné à M. le comte de Quatrebarbes, et l'objet d'art attribué à M. Léon Rezé ont été remportés pour des animaux de cette belle race. De beaux sujets de la race yorskshire et des croisements bien réussis étaient exposés notamment par M. d'Availles, Gandon, Hervouin, etc. Toutes les expositions de ce genre présentent partout aujourd'hui la même physionomie.
Quant aux animaux de basse-cour, les collections présentées par MM. Gailleret, Le Roy, Gouvreux, le baron d'Amécourt, Mme Boucher-Davoust, étaient importantes. La lutte a été vive; c'est M. Gouvreux qui a remporté le prix d'ensemble. Il faut citer particulièrement aussi de jolis lots de la race de Houdan exposé par Mme Léger et par Mme Durand. Gette partie du concours était accompagnée d'une intéressante exposition de matériel d'aviculture, faite par M. Voitellier.
Il serait difficile d'entrer dans quelques détails sur les 1900 appareils variés, qui formaient l'exposition des machines et instruments agricoles. Un certain nombre de constructeurs locaux, dont l'industrie se développe, figuraient à côté des grandes maisons de construction. Parmi ces dernières, on remarquait surtout les expositions de la Société du matériel agricole de Vierzon, d'Albaret et Lefevre, de Gautreau, de Samuelson, de Bajac, de Pilter, de Gandelier, d'Amiot et Bariat, de Puzenat, de Hurtu, etc. Les moissonneuses et les lieuses étaient représentées par les types d'Adriance Platt, de Brantfort, d'Albion, de Mac-Gormick, d'Osborne, de Johnslon, de Wood, de Deering, etc.; les pressoirs, par ceux de Mabille ; les semoirs, par ceux de Smyth, de Magnier, etc.; les pompes, par les modèles de Noël, de Vidal-Beaume, de David; les trieurs, par les types de Gabasson, de Glert, de Marot, etc. Il faut citer aussi les instruments aratoires de Garnier, les écrémeuses, en travail, de M. Grarin, celles de Laval exposées par Pilter; les alambics Egrot, Deroy; les pulvérisateurs Besnard; les barattes et malaxeurs Ghappelier, etc.
L'apiculture est en honneur dans le département d'Eure-et-Loir; on en a eu la preuve au concours régional. La Société locale d'apiculture avait organisé une très intéressante exposition de ruches et d'instruments et outils apicoles; des collections de modèles variés de ruches étaient exposées aussi par M. G-ariel. Des échantillons assez nombreux de miel et de cire achevaient de garnir le pavillon spécial consacré à cette exposition.
Les collections de produits étaient nombreuses et intéressantes. La plus remarquable était celle de M. Oscar Benoist, qui montrait notamment une collection de froments en végétation, organisée avec le plus grand soin et propre à fournir des éléments d'instruction très utile. M. Gouvreux exposait d'intéressantes collections de plantes fourragères, de céréales, de pommes de terre, etc. Les concours spéciaux de beurres, de fromages, de cidres et d'eaux-de-vie de cidre, de miels, ont été fort suivis. L'Union vinicole des propriétaires d'Indre-et-Loire et le Syndicat des agriculteurs du Loiret avaient fait des expositions de vins de Touraine et de l'Orléanais qui ont été fort appréciées. Des lots de toisons, de produits de laiterie attiraient l'attention. Plusieurs expositions scolaires montraient les eftorts d'instituteurs méritants pour répandre l'enseignement agricole.
Il serait injuste d'omettre la très intéressante exposition faite par le Syndicat agricole de l'arrondissement de Chartres. Elle comprenait, outre plusieurs gra-
phiques sur la marche de l'association, une série de cartes agronomiques accompagnées d'analyses de sols, et des collections de produits exposés par MM. Ovide Benoist, Egasse, Sédillot, etc., et préparés avec grand soin.
A l'exposition des produits, on peut rattacher une exposition horticole fort élégamment aménagée par la Société d'horticulture d'Eure-et-Loir. On y remarquait notamment une collection de vignes gretïees exposée par M. Etienne Salomon, et une collection de conifères, exposée par M. Ghéron, pépiniériste à Dreux. M. Trutfaut, horticulteur à Versailles, exposait des orchidées de toute beauté.
Le concours hippique a remporté un très grand succès, qu'il méritait à tous égards. Ce dernier concours comprenait deux parties d'une importance presque égale au point de vue numérique, tout à fait dissemblables, mais qui font l'une et l'autre, la richesse de deux régions importantes. Ces deux parties étaient constituées par la race percheronne et par la race anglo-normande.
Le Perche « aux bons chevaux », suivant une expression proverbiale, fournit des chevaux de trait qui n'ont d'égaux nulle part pour enlever les lourdes charges à une allure rapide. Pendant une dizaine d'années, peut-être davantage, les éleveurs du Perche avaient été entraînés par les prix extraordinaires auxquels l'Amérique se disputait leurs chevaux, à faire exclusivement du gros; ils étaient arrivés à produire de vrais mastodontes qui ne ressemblaient plus aux vrais percherons. Cet engouement est aujourd'hui passé; quelques années ont suffi pour ramener l'élevage au véritable type. C'est celui qui figurait surtout au concours de Chartres; c'est aussi celui qui a valu à M. Perriot, àMargon (Eure-et-Loir), un prix d'honneur bien mérité.
Quant au cheval anglo-normand, il est toujours dans l'éclat de sa production. L'élevage du Calvados tient la tête avec l'éclat qui lui a déjà valu tant de triomphes. M. Lallouet, à Sémallé (Ornes qui a remporté le prix d'honneur, est un des éleveurs les plus légitimement réputés. Deux autres prix d'ensemble, consistant en médailles d'or, ont été décernés à M. Paul Brion, à Caen (Calvados), et à M.Thibault, à Sémallé (Orne).
Plusieurs réunions agricoles se sont tenues pendant le concours régional. — La Société nationale d'encouragement à l'agriculture a décerné deux objets d'art : à M. Garola, professeur départemental d'agriculture, pour son enseignement, et à M. Thirouin pour son élevage de moutons. — A la réunion des membres de la Société des agriculteurs de France appartenant à la région, présidée par M. Roussille, un objet d'art a été attribué à la famille de M. Gustave Esnault, cultivateur à Ozoir-le-Breuil, dans l'arrondissement de Châteaudun. — M. Nocard, le savant professeur d'Alfort, a fait, à la demande de la Société vétérinaire, une conférence sur la rage, qui a été fort goiàtée. Henry Sagnier.