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MATIÈRES ET LOCAUX LES MIEUX APPROPRIÉS

La stratification, et en cela, je crois être en communion d'idées avec de nombreux viticulteurs, est, dans la production des grefYes-boutures une opération si importante, que je n'hésite pas à dire : que delà manière plus ou moins intelligente avec laquelle elle a été opérée, dépend le quantum delaréussiXe, autant sous le rapport du nombre que sous celui des bonnes soudures; intelligemment efîectuée, la stratification donne à la récolte un produit élevé, qui, dans le cas contraire, s'abaisse considérablement ; que restera-t-il à l'arrachage, si elle a été supprimée, condition peu exemplaire, j'en conviens, ne donnant à la levée qu'un aspect des plus médiocre?

Tous les viticulteurs, je dis : tons, car véritablement il ne peut y avoir que les personnes complètement étrangères à cet art qui puissent l'ignorer, savent que non seulement la stratification des grefîesboutures est nécessaire, mais encore que les matières les mieux^appropriées à cette opération sont celles qui, par leur composition, peuvent absorber et retenir la plus grande somme de chaleur; les plus com-

munémenl employées sont : la mousse hachée, la sciure de bois décomposée, le charbon de bois pulvérisé et enfin, le sable, d'autant plus favorable qu'il est de nature siliceuse.

Quant aux locaux, les caves et celliers, possédant au printemps une température plus élevée, et surtout plus régulière, qu'au dehors, sont souvent employés pour la stratification des greffes-boutures, quoiqu'ils ne soient pas les plus avantageux. Le système de stratifier, en caisses, préalablement garnies de l'une des manières précitées, placées dans un local chaud, bien éclairé et bien aéré, selon les diverses phases de la stratification, donne de bons résultats; mais, lorsqu'il est possible de l'effectuer, en serre et en caisses, celte dernière méthode est préférable; parce que la chaleur et l'aération peuvent être méticuleusement réglées, selon les besoins. Parmi les avantages procurés par la stratification, en cais^îes, placées dans des locaux favorables, il en existe un, ayant une grande importance; c'est celui de pouvoir transporter les greffes-boutures à la pépinière, sans courir le risque de les détériorer, soit en évitant les manipulations longues et inutiles, soit en les laissant trop longtemps exposées à l'air avant la mise en place, inconvénients toujours très préjudiciables à la réussite; il y a loin , de ces précautions à prendre, à l'incurie, consistant aies transporter dans la première charrette venue, qui, cahin-caha, sans préservatif contre l'air et le soleil, les rend à destination.

La production des greffes-boutures est donc une opération assez complexe, pour qu'elle ne soit pas confiée au premier venu; faute de le comprendre, le propriétaire se trouve constamment lésé dans ses intérêts; elle comporte, en effet, d'assez nombreux détails, dont l'importance ne peut être appréciée que lorsque l'on néglige de l'appliquer. Je n'ai pas l'intention de les examiner séparément, cela m'entraînerait trop loin, je me bornerai seulement à signaler un cas, religieusement observé par les personnes expérimentées dans ce travail : je veux parler de l'époque à laquelle la plantation peut être convenablement opérée.

Cette époque, quelle qu'elle soit, ne serait d'aucune importance au point de vue de la réussite si elle-même n'était pas subordonnée à la teiwpéralure du sot; mais envisagée dans ce sens, elle devient une question de vie ou de mort, c'est-à-dire de réussite complète ou d'échec certain.

Ce dont on ne se rend pas suffisamment compte, c'est que la greffebouture ne peut être avantageusement mise en place, que lorsque le sol a atteint le minimum, de -(-12 à 13 degrés; de cette nécessité absolue, l'on peut conclure que la plantation opérée trop tôt donnera toujours des résultats très aléatoires, mais que les chances de réussite augmenteront sensiblement lorsqu'elle sera opérée plus tardivement, si on a de l'eau à sa disposition; il est en effet impossible de soutenir, sans courir le risque d'être taxé d'extravagance^ que le sol possède la même température, à la fin de février, qu'aux mois d'avril et mai.

Plantée trop tôt, la greffe-bouture attend très souvent vainement des instants plus propices, pour commencer ses points de soudure, quand la stratification en a été remise aux calendes grecques, ou pour les continuer quand elle aura été plus ou moins intelligemment opérée; mais pendant cette attente, l'humidité du sol pénètre entre les deux

coupes de la Greffe, dont en peu de temps elle désorganise les bords corticaux; s'il y a commencement de soudure, obtenu par la stratification, faute de chaleur suffisante emmagasinée dans le sol, ce travail commencé pour la grefîe se trouve arrêté. Dans ce cas comme dans l'autre, Ton retombe dans les mêmes inconvénients, c'est-à-dire que tout au moins la plus grande partie des soudures seront incomplètes, lorsque porte-greffe et greffon ne sont pas perdus sans retour. Heureux encore, quand dans ces circonstances, des arrosages immodérés, opérés avec de l'eau à basse température, ne viennent pas couronner l'ère des déceptions déjà commencée; c'est alors que les désastreux effets sont rejetés sur des causes variées, telles que la pluie, le beau temps, la sécheresse ou l'inintelligence de l'ouvrier, que sais-je encore?

Les moyens de stratification intensifs, employés par beaucoup de pépiniéristes, augmentent les proportions de la réussite dans une très large mesure; mais leur application pourrait devenir très préjudiciable, si l'expérience ne leur dictait de tenir compte de l'époque de la plantation, ou du moins de la température du sol, au moment où celle-là doit être effectuée, selon l'état où se trouvent les grefTes-boutures stratifiées intensivement.

Supposons que ces greffes aient été soumises à la stratification par une température de -\- 20 degrés et que l'on ait commencé cette opération, au commencement de mars. Un mois après, les soudures sont à peu près complètes; le cambium, naissant sur les bords corticaux des deux coupes, les a réunies, bien qu'à ce moment elles n'offrent encore qu'une résistance très relative à la torsion les bourgeons se sont développés de trois centimètres environ, ils sont verts, bien constitués, si la stratification en a été bien conduite, quelques radicelles se sont développées ; à cet état, et sous peine de perdre, un à un, tous les avantages de la stratification, la mise en place s'impose immédiatement. Mais, dans le cas où je me suis placé, nous nous trouvons au commenment d'avril; le sol, à cette époque, n'a pas encore acquis une température assez élevée, il se produira une transition qui deviendra ni plus ni moins que désastreuse.

D'après ce simple exposé, il est, je crois, facile de comprendre que la température de ces deux milieux, celle du local où la stratification a été opérée, et celle emmagasinée dans le sol, doivent être à des degrés à peu près égaux au moment de la plantation ; que c'est l'époque à laquelle celle-ci peut être opérée convenablement, qui doit régir l'intensivité des moyens de stratification employés; et que l'époque de la plantation est également subordonnée à la constitution, à la préparation du sol, au climat et aux brusques variations de la saison.

Maisje puis affirmer que la température portée, à 4-20 degrés, n'est pas impérieusement nécessaire, pour obtenir la stratification dans de bonnes conditions; à -f- 1 5 degrés, elle s'effectue semblablement, elle demande un peu de temps, voilà tout ; mais elle donne une plus grande latitude pour opérer le greffage et la plantation. Ce n'est qu'à ce point de vue seulement, que je considère cette dernière méthode, comme étant préférable, tout en étant aussi certaine, dans l'ensemble des résultats. Vray,

à Luyn»! (Bouche«-du-Bhône).

(Test à Brie-Comte-llobert, dans Tarrondissement de Meliin, en pleine Brie, que s'est tenu, cette année le 7 juin, le concours départemental de Seine-et-Marne, organisé sous la direction du Comice de Melun, Fontainebleau et Provins. Ces fêtes agricoles comptent depuis longtemps parmi les plus renommées; elles attirent toujours un grand nombre de cultivateurs venus de tous les points du département. Ceuxci aiment à entourer le président du Comice, M. Marc de Haut, le doyen des présidents de nos associations agricoles, dont la verte vieillesse, au cœur chaud et à l'esprit alerte, est universellement admirée.

Le concours de Brie présentait une belle exposition de bétail, particulièrement de vaches normandes, et surtout une très importante collection de toutes sortes d'instruments agricoles. Mais la partie capitale est toujours, dans le concours départemental, le rapport sur les exploitations concourant pour la prime départementale, réservée en 1896 à l'arrondissement de Melun. Ce rapport était présenté par M. Gallot, vice-président du Comice, qui a exposé avec une clarté saisissante les mérites comparés des cinq concurrents qui s'étaient mis sur les rangs. Le prix d'honneur a été attribué à M. Charles Legras, à Coubert, ancien officier, qui s'est fait fermier en 1 879 et qui a su maintenir et accroître la production de son exploitation. En outre, une médaille d'or a été décernée à M. Hamot, cultivateur à Valence-en-Brie.

Dans le concours de la moyenne culture, M. Elle Poulain, cultivateur à Aubepierre, a reçu un objet d'art, et M. Auguste Garnier, cultivateur à Moisenay, a remporté une médaille d'argent. Enfin, M. Léon Fontaine, cultivateur à Ozouer-le-Repos, a remporté une médaille d'or pour les améliorations agricoles.

A la distribution des récompenses, M. Reboul, préfet de Seine-et- Marne, a fait, en excellents termes, le portrait brillant des fermières briardes, et M. Marc de Haut s'est félicité, aux applaudissements unanimes, de voir « le portefeuille de l'agriculture remis entre les mains du Ministre, qui le premier, nous a tendu la main dans la crise que nous traversons, qui est resté notre défenseur constant et dont nous comptons que le dévouement à la défense des intérêts agricoles ne se démentira pas au milieu des faits économiques qui se développent chaque jour. »

Au banquet, des toasts ont été portés par M. Reboul, M. Marc de Haut, M. Droz, vice-président du conseil général, et M. H. Muret, vice-président du Comice, membre de la Société nationale d'agriculture. Voici ce dernier discours :

En portant le toast traditionnel à M. de Mas qui fonda notre Comice en 1830, avec Je concours d'un groupe d'agriculteurs d'élite, je ne puis m'empêcher de comparer le présent au passé et de constater les admirables progrès accomplis depuis cette époque.

C'est bien le cas dans la capitale de la Brie, au milieu de ces riches plaines fertilisées par le travail de plusieurs générations, et où les variétés de Mé les plus renommées ont remplacé les blés de Rampillon jadis en faveur.

A côté des céréales, la culture de la betterave, dont elle est l'utile auxiliaire, s'est considérablement développée.

Pour la mettre en œuvre, il s'est créé un grand nombre de distilleries et de

sucreries. En parlant de ces industries essentiellement profitables au pays, je suis assuré d'être votre fidèle interprète en adressant l'expression de notre l)ien vive gratitude à M. le président du conseil, à M. Méline, ministre de l'agriculture.

Les agriculteurs reconnaissants n'oublient pas que M. Méline depuis de longues années a pris constamment la défense de la production indigène.

En ce moment-ci môme, après avoir contribué au vote du droit sur les amidons de maïs réclamé par la féculerie, il porte son attention vigilante sur les primes dont les sucres Allemands vont bénéficier, et il favorise les études faites en vue de créer un nouveau débouché à l'alcool en l'utilisant pour l'éclairage.

Messieurs, en présence des transformations qui s'opèrent dans l'agriculture, il importe que nos Associations prennent la plus large extension et qu'elles se groupent de manière à acquérir une influence analogue à celle des Chambres du commerce. L'agriculture tend dans une certaine mesure à se rapprocher de l'industrie. Elle peut comme elle avoir besoin de crédit, particulièrement pour ses achats d'engrais et de bestiaux. A ce titre sa place est marquée dans les comités d'escompte de la Banque de France.

N'est-il pas juste également qu'elle obtienne dans le comité consultatif des chemins de fer une représentation en rapport avec l'importance du trafic qu'elle procure aux Compagnies de chemins de fer.

Dans un autre ordre d'idées, la différence de valeur entre les monnaies et le papier des diverses nations est sans doute une des causes de la crise économique qui pèse sur la production agricole, en faussant le prix des denrées. Voilà encore uno question doni l'étude s'impose dans les circonstances actuelles et qui mérite toute la sollicitude des pouvoirs publics.

Le prochain concours départemental de Seine-et-Marne se fera sous la direction de la Société d'agriculture de Meaux, présidée par M J. Bénard, et il se tiendra à Lizy-sur-Ourcq. H. S.

A l'occasion de la distribution des récompenses du concours régional de Chartres, qui a eu lieu le 14 juin courant sous la présidence du ministre des finances, la décoration du Mérite agricole a été conférée, par arrêté du président du Conseil, Ministre de l'agriculture, aux personnes ci-après désignées:

MM. Herbault (Désiré-Amable), juge de paix et propriétaire agriculteur à Nogenlle-Rolrou (Eure-et-Loir) : Application et propagation des meilleures métiiodes de cirKure. Membre de divers jurys. Président du comité du concours hippique. Publications agricoles. 35 ans de pratique.

Lamirault (Ttiéoduie), propriétaire agriculteur, conseiller général, maire de Dangeau (Eure-et- Loir) : Nombreuses récompenses dans les concours. 20 ans de pratique agricole.

Pelletier-Thierrée (Gustave), cultivateur à Broué (Eure-et-Loir) : Nombreux premiers prix et l)rix d'honneur dans les concours généraux et régionaux. i*lus de 30 ans de pratique agricole.

LocHON (Eugène), maraîcher-horticulteur à Chartres (Eure-et-Loir) : Lauréat de la Société d'horticulture d'Eure-et-Éoir. Nombreuses récompenses. Plus de 40 ans de pratique horticole.

Thoghard (Jules), horticulteur à Chartres (Eure-et-Loir): Président du syndicat des horticulteurs de Chartres Professeur d'arboriculture. Nombreuses récompenses. 45 ans de pratique horticole.

Dargent (Paul-Emile-Faustin), cultivateur à Olinvillc-Saint-Lipliard(Eure-et-Loir): Nombreuses et hautes récompenses dans les concours généraux et régionaux. 28 ans de pratique agricole.

BoiRGEOis (Adolphe-Pierre-Jules-Marie), cultivateur'à Aunay-sous-Crécy (Euro-et-Loir) : Assainissement de marais. Création de prairies Récompenses dans les concours. 39 ans de pratique.

Mercier (Henri-Vincennes). mstituteur, agent comptable du syndicat agricole de Chartres (Eurect-J.oir) : Plusieurs récompenses dont une médaille d'or pour son enseignement agricole.

GuESNEï (Adrien), jardinier-chef du jardin d'horticulture de Gliartres (Eure-et-Loir): Nombreuses récompenses dans les concours et expositions. 23 ans de services horticoles.

(20 JUIN 1896) I. — Situation générale.

La saison est normale et propice aux récoltes, qui présentent toutes une assez bonne apparence. Les cours des grains se maintiennent sur nos marchés. Les huiles de colza ont des cours assez fermes; les sucres et spiritueux restent faibles. La fermeté persiste aussi sur les fécules. Les produits de basse-cour ont toujours une mauvaise vente. Les veaux et les moutons se sont un peu mieux vendus.

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