LE COMMERCE DES RAISINS SECS
faisant passer sous leurs yeux le relevé de statistique suivant, dont les résultats se passent de tout commentaire.
D'après les chiffres otficiels provenant du ministère des finances, il a été importé en France, dans le courant de l'année 1879, 51,008,804 kilo^. de raisins secs; dans les six premiers mois seulement de 1880, 48,085,900 kllog., soit presque autant que dans tout le courant de l'année écoulée. La réunion de ces deux chiffres forme pour la durée de dix-huit mois une importation en France de raisins secs de 99,094,704 kilog.
Un kilog. de raisins secs servant à fabriquer en général 3 litres de vin,'la pro- ■ duction totale a donc été de 2,972,841 hectol. 12 litres. Appoint important à la consommation, s'adressant directement aux classes populaires, si l'on songe à la disette des vins en France.
Au prix le plus bas, c'est-à-dire à raison de 0 fr. 50 par 100 kilog-., le fret de navigation des raisins secs a rapporté à la marine marchande 495,473 fr. 52. Il a été payé aux ouvriers chargés du déba-rquement, à raison de 0 fr. 2 5 par 100 kilog., 247,736 fr. 76. Le prix de la mise en sacs ou en magasin, de charroi des qyiais aux entrepôts ou des entrepôts au chemin de fer, peut être fixé, en restant bien au-dessous de la moyenne, pour la classe intéressante des ouvriers camionneurs, à 0 fr. 75 par 100 kilog., soit 743,210 fr, 28.
Le Trésor a perçu par la douane comme droit d'entrée 0 fr. 30 par 100 kilog., soit 297,284 fr. 11, et parles contributions indirectes, à 8 fr. par hectolitre, 23,782,7-28 fr. 96, soit un chiffre de 24,080,013 fr. 07.
Enfin, le bénéfice réalisé par le commerce»livrant à l'industrie peut être fixé au bas mot à 3 fr. par 100 kilog., soit 2,972,841 fr. 12.
La vente des vins de raisins secs, à raison du prix moyen de 20 fr. l'hectolitre, représente la somme de 59,456,842 fr. 40.
Voilà ce que font et ce qu'ont fait les raisins secs et l'industrie à laquelle ils ont donné naissance! Le Trésor a perçu comme droits d'importation et sur les boissons, en chiffres ronds, environ 25 millions, qui ont certainement formé en partie l'excédent du budget. La marine marchande, dont il est tant que-tion aujourd'hui, doit accueillir avec bonheur ce nouvel élément de bénéfices qui lui accorde des frets pour une valeur de 500,000 fr. Le commerce, l'industrie et surtout les classes laborieuses ne peuvent que recevoir avec faveur cette innovation qui, à son berceau, promet de rendre de si grands services dans notre belle France ravagée par le phylloxéra. Joseph Audibert.