Je publierai prochainement un travail sur ce sujet
été des plus néfastes, la pluie est tombée à torrents, il a fallu avoir recours aux mêmes héroïques efforts qu'à Kilburn pour permettre un accès quelconque aux travées. Il a fallu opérer des drainages au moyen de fossés profonds pour faciliter récoulement des eaux d'une véritable inondation. Il fallu établir des tramways en madriers pour permettre le passage des visiteurs, et étaler des centaines de tombereaux de tannée, d'escarbilles de charbon et de graviers pour combler les gouffres et les abîmes. Malgré cela la foule des visiteurs a élé énorme. Les agriculteurs de l'Ecosse et des comtés environnants sont descendus en masse de leurs montagnes, et ont témoigné ainsi un empressement et un zèle dont, en France, on ne saurait se faire une idée.
Malgré la pluie diluvienne qui n'a cessé de tomber, malgré la fange, la boue et les fondrières creusées par le piétinement d'une pareille masse d'animaux et d'hommes concentrés sur un espace comparativement si limité, le nombre des visiteurs a été très considérable, comme le constate le tableau suivant :
visiteurs.
Argent perçu,
fr.
Lundi
juillet,
admisbion
Mardi
Mercredi
Jeudi
IS
Vendredi
Totaux
A ce tableau il manque la statistique du samedi 17, dont je n'ai pas encore vu les chiffres officiels. Mais, malgré les recettes considérables qui, en comptant le produit des ventes de matériaux, les rétributions des exposants, les admissions aux expositions spéciales et •duiLstands des chevaux, ne se monterait pas à moins de 2)5,000 fr., la perte qu'aura à subir la Société royale par le concours de Girlisle ne sera pas moindre de 25,000 fr. A Kilburn, l'année dernière, la perte subie par la Société n'a pas été moindre de 250,000 fr.
Dieu merci! la grande Société anglaise est assez riche pour suppor ter toutes ces pertes. Mais ce qu'on ne saurait trop apprécier, ce qu'on ne saurait trop estimer, trop louer, c'est cette énergie indomptable des officiers de la Société dont le zèle gratuit s'est encore manifesté dans cette malheureuse occurrence météorologique par des elforts surhumains. La lutte que le vaillant Jacob Wilson, le directeur général du concours, aidé des commissaires spéciaux, et surtout de l'nonorable secrétaire général, M. Jenkins, si bien connu et si justement apprécié des visiteurs français, a eu à soutenir contre les éléments et leurs désastres, est incompréhensible pour ceux qui n'en ont pas eu à subir les conséquences. Honneur à ces généreux athlètes si grands et si forts dans leur travail aussi gigantesque qu'il est désintéressé. Quand une Société est desservie par des hommes de ce calibre-là, il n'est point surprenant qu'elle atteigne les hauteurs de succès et d'influence auxquelles la Société royale d'agriculture d'Angleterre est aujourd'hui arrivée, après une carrière de quarante-deux ans, carrière pleine de dévouement, de zèle, de travail et de désintéressement.
{La sui le prochainement.) ' F.-R. de la Tréhonnais.