‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 162 sur 752 · SUR LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

SUR LES HIRONDELLES

Loupmont, par Apremont (Meuse), ce 28 juillet 1880.

Voulez-vous permettre à une lectrice du Journal de V Agriculture , amie des hirondelles, de rapporter ici une remarque qui, bien que rétrospective, servira peut-être de point de départ à une explication plausible au sujet de la question posée aux lecteurs du Journal^ par M. Villeroy, et relative à ces charmants oiseaux.

Loupmont, localité que j'habite dans le département de la Meuse, est situé au pied d'une côte qui le met complètement à l'abri du vent du nord; dans la plaine, deux étangs assez rapprochés dont les exhalaisons donnent souvent lieu à des fièvres intermittentes ou paludéennes, quand ce ne sont pas, comme en 1857 et en 1871, des épidémies de fièvre typhoïde. Or, au printemps de 1871, quand cette épidémie, qui enleva vingt-deux personnes, vint à sévir, les hirondelles avaient repris possession de leurs nids et en construisaient de nouveaux. Il fut constaté que dès le début de la maladie, elles quittèrent simultanément leurs nids. Grâce aux précautions prises, l'épidémie fut circonscrite au village même, et pendant que la contrée, dans un rayon de 2 kilomètres, était privée d'hirondelles, les villages voisins, situés au delà de cette distance, continuaient à leur donner asile. Ce fait n'avait pu être remarqué en 1857, la fièvre typhoïde ayant sévi en hiver; cette année-là, 40 personnes sur une population de 500 habitants ont succombé au fléau.

Les fièvres intermittentes n'éloignent pas les hirondelles; car on constate plusieurs cas chaque année, et chaque année ces oiseaux reviennent. A la maison, leurs nids sont nombreux dans les écuries et les granges; les hirondelles se sentant protégées sont très familières.

Veuillez agréer, etc., Camille Raulx,

Page 1