‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 161 sur 752 · SUR L'EMPLOI DU PLATRE EN AGRICULTURE · texte numérisé non relu

SUR L'EMPLOI DU PLATRE EN AGRICULTURE

Pendant plusieurs années nous avons expérimenté, à la Ferme-Ecole et station des Hubaudières, l'emploi du plâtre appliqué, notamment aux luzernières. L'ensemble de nos observations nous a permis de poser en principe les deux propositions suivantes énoncées dans un rapport au Conseil général d'Indre-et-Loire; savoir :

l** Le plâtre appliqué en automne après la coupe du regain ou durant l'hiver, détermine pour l'année suivante un rendement en foin sec supérieur à celui obtenu par une application postérieure reculée au printemps, alors que la végétation herbacée de la plante couvre le sol.

2° Le plâtre n'agit pas par son action sur les feuilles humides.

Aussi avons-nous lu avec un vif intérêt, un article sur ce même sujet publié dans un journal de Vienne {Oesterreichisches Landw. Blatt.) du 3 juillet dernier.

Voici la traduction littérale de cette communication :

« Du plâtre-engrais » (Réponse au n" 227.) J'ai reconnu d'expérience que le ce plus souvent le plâtrage en petite quantité pratiqué en automne, vers la dernière « pousse; auprintem])s et vers chaque nouvelle coupe, est plus profitable et cela a avec 75 hvres l'arpent d'Autriche (Joch), au heu de SOOhvres en un seul plâtrage « l'arpent.

« Dans un sol où se trouve déjà le calcaire je ne crois à aucun effet particuher f appréciable du plâtre. En tout cas les apphcations calcaires agissent favorable -

« ment aussi sur les récoltes subséquentes » Baron Schell.

Kalladey (Autriche).

Delà communication dont la traduction précède, il résulte qu'une observation suivie a démontré en Autriche, l'augmentation des résultats par les plâtrages partiels à chaque couj)e des Légutninenses ; que d'autre part le plâtrage automnal a été reconnu aussi favorable.

Ceci est conforme à nos propres observations et essais. Nous devons faire toutefois toutes les réserves nécessaires sur l'appréciation de M. le baron Schell, au sujet de l'action du plâtre dans les terrains calcaires.

Nous avons, en effet, obtenu, en contradiction de ces observations, sur nos plateaux calcaires de la Touraine, les résultats suivants que nous résumons sous forme de tableaux.

Ces expériences ont été faites en 1877 et 1878, sur deux pièces do terre de nature géologique différente, emblavées en luzernes et n'ayant jamais reçu déplâtre ; dans chaque pièce, trois parcelles d'un hectare ont été plâtrées à la dose de 250 kilog. à l'hectare, savoir :

L'hectare n" 1, plâtré en mars 1<S77 (n'a rien reçu en 1878). L'hectare n» 2, plâtré en décembre 1877 (n'a rien reçu en 1878). L'hectare n" 3 plâfré en mars 1878. L'hectare n° 4 formant témoin n'a rien reçu en J 877 ni en 18/8.

T"" Champ d'expérience. — Pièce des Courlis. Luzerne de 3 ans. Sol silico-argileux (diluvium des plateaux)^ aveq 15 pour 100 environ de

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calcaire, couche arable de O'"30 d'épaisseur. Sous-sol calcaire. Tuf mélangé de roches fendillées, quelquefois apparentes à la surface. Tous les chiffres sont rapportés à l'hectare :

§1 _____REND3IENTS____ Total des deux desjîau^ages. î g <■''' eonpe 28 juin 4878 2'-^pe .3iUuillçl IS78 1^' coiipes. 3e coupe.

^2 En vci-t hu fu.n En v ri En foui K" vuri En foin

En Mars 1877.... 1 10,500 3,:00 6,000 2,650 16, .500 5,950 Livrée au pâturage. Les EnDécemlirel877 2 13,000 3,900 10,100 3,950 23,(00 6,950 dillerences de rendement en- En Mars 1878. . .. 3 11,600 3,700 7.300 2,800 18,900 6,500 frêles parce les saccusaient Rien 4 5 .600 1,850 4,U00 1,300 9,600 3,1.50 portions.''" ''"'"'' P"""'

d'où résulte un avantage, en faveur du plâtrage automnal, 1877-78 de 6,950 k. — 6,500 k. foin sec par hectare, soit 450 k.

2" Chanip d'expérience. — Pièce de la Croix-Blanche. Luzerne de 5 ans, sol argilo-calcaire avec 10 pour 100 de silice environ, couche arable 0"'30 d'épaisseur; sous-sol calcaire; tuf mélangé de roches fendillées non apparentes à la surface :

j, HENDEMEXTS

Enonne ° ' ■- ■'~- -"«— Total des "i coupes.

A^c i-?.,o „, 1 1"' coupe 20 julmsTS. 2" coupe 3 auùH87S. -■ — — — - — — 3^ couoe

des plâtrages. i '^ — 41^ , En vert. En foin. coupe.

'■^- Enve.l. Eii lom. En vert. En loin.

Fn ^;ars 1877 1 9,0:0 3,405 7,110 2,600 1G,150 6,065 Livrée au r à tu -

En Décembre 1877. 2 14,400 1030 11,200 4,300 25,530 10,330 rage, même dilfé-

En Mars 1877 3 12,520 5,125 9,000 3,270 21.520 8,365 rence entre les zô-

Rien 4 6,150 2,715 4,300 1,535 10,450 4,250 ne d'expérience.

d'où résulte un avantage en faveur du plâtrage automnal, en 1877-78, de : 10,330 — 8,395 ou 1 ,935 k. foin sec par hectare.

Nota. La proportion comparative de foin sec obtenu dans cette derère pièce eu égard au poids en vert, tient à ce fait que les coupes ns ce champ ont été faites un peu tard par rapport à la maturité de luzerne.

Nous ajouterons que d'autres essais faits avec le même soin en 7 8-79, nous ont donné des résultats absolument conformei et même us accentués, l'exercice météorologique agricole 1879-80 ayant été us pluvieux que le précédent. V. Nanquette.

Correspondant de la Société nationale d'agriculture.

En 1855, le total affecté aux prix à décerner au premier concours de Carlisle, se montait à une somme d'environ 50,000 fr., divisée comme suit : Chevaux 8,750 fr. Bétail 18,000 fr. Races ovines 1 1,150 fr. Races porcines 1,800 fr. Volailles 2,800 fr., et les machines 8,000 fr.

Au concours qui vient d'avoir lieu, bien qu'il n'y eût aucun prix offert ni pour le concours des volailles dont l'exposition a été supprimée, ni pour les instruments pour lesquels il n'y avait que quelques médailles offertes pour les nouvelles inventions et perfectionnements remarquables, la somme totale des prix offerts se montait à 1 43,000fr. , ainsi répartis : pour les chevaux 53,125 fr. Bétail 54,500 fr. Races ovines 26,800 fr. Espèce porcine 7,575 fr.; et le beurre, seul produit concurrent, 1,000 fr.

Cette simple comparaison donne une idée du progrès immense accompli dans l'importance du développement et de l'influence de cette

grande société dont l'existence et l'action ne reposent que sur son initiative privée^, sans que le gouvernement s'en inquiète autrement que pour la consulter toutes les fois qu'une question d'intérêt public ayant trait à l'agriculture est soulevée dans les débats parlementaires.

Maintenant que les cliitTres ci-dessus nous ont fourni les moyens de mesurer le chemin parcouru dans un quart de siècle d'existence de la Société Royale en ce qui concerne sa puissance d'action, voyons d'un autre côté quel est le progrès accompli en ce qui regarde l'appréciation du monde agricole, et l'empressement manifesté par la véritable population rurale pour venir jouir du magnifique spectacle qui lui est offert chaque année par cette même Société.

En 1855, le nombre des visiteurs fut de 37, 583 et le montant des recettes s'éleva à 92,1 60 francs. — En 1 880, le nombre des visiteurs a été de près décent mille et les recettes se sont montées à 21 5,000. fr. Pour bien saisir l'énorme différence que ces chiffres accusent entre les deux concours, il est bon de considérer qu'en 1880, le temps a été des plus défavorables .

Ceux de mes lecteurs qui ont assisté au concours de Kilburn, l'année dernière, peuvent seuls se faire une idée du courage et de l'enthousiasme dont il faut s'armer pour aller patauger dans un véritable cloaque de boue et se faire tremper jusqu'aux os par des averses impitoyables pour aller voir de malheureux animaux transis, dans l'eau jusqu'aux jarrets, ou des machines abritées sous des hangars couverts d'une simple toile, et sous lesquels il faut ouvrir son parapluie.

On voit quels progrès i'inlluence de la Société Royale a faits sur l'esprit de la population agricole depuis vingt-cinq ans, puisqu'elle réussit à attirer un si grand nombre de visiteurs, tous agriculteurs, dans des circonstances aussi peu favorables.

Il n'y avait point de concours spéciaux d'instruments, ainsi que je l'ai déjà remarque. Cependant la Société Royale s'était réservé de donner quelques médailles aux machines et instruments nouveaux ou perfectionnés qui paraîtraient au jury, nommé à cet effet, mériter des récompenses. A cet effet, un champ d'expérience avait été réservé aux exposants désireux de faire examiner le mérite de leurs instruments. En outre, les grands fabricants tels que Howard, Fowler, Barford et Perkins, etc., avaient, surleurpropreinitiativeetsous leur responsabilité iiidividuelle, organisé des expériences de leurs appareils, dans des champs voisins du concours.

Voici les instruments et machines qui ont été jugés dignes des médailles offertes par la Société Royale. Cette liste a son utilité, car elle résume les progrès accomplis dans l'art mécanique agricole depuis le dernier concours de Kilburn.

Médailles cTargent décernées pnr le jury spécial des instruments.

MM. Gr. W. Murray de Banff-Foundry, pour leur planteur de pommes de terre à 2 rangs.

MM. John Growley, Meadon Hall, Sheffield, pour un nouveau manège.

MM Barford et Perkins, de Peterboroùgh, pour leur appareil de culture à vapeur se soulevant automatiquement hors de terre au bout du parcours, appareil pouvant s'appliquer à tous les systèmes de culture à vapeur.

MM. Charles Burrell, Fhetford, pour leur appareil universel de labourage et de traction à vapeur.

MM, Nalder et Nalder, Wautage, [pour leur élévateur de paille attaché aux batteuses.

Médaille d'argent spéciale.

MM. J. et H. Mac Laren, Leeds, pour leur piocheuse à vapeur, inventée par M. F. G. Darhy, de Glielmsford.

Cette récompense spéciale accordée à la nouvelle piocheuse ne saurait être considérée que comme un encouragement pour un appareil encore informe et, dont Teflicacité est loin d'être pratiquement démontrée. La Société Royale avait offert une médaille d'or pour un appareil retournant directeiuent le sol en se mouvant sur la surface, et non par traction au moyen de câbles. La machine inventée par M. Darby, bien que construite d'après un principe fort ingénieux, n'a pas semblé assez parfaite pour mériter cette récompense; mais comme expression de l'appréciation du jury, on lui a donné une médaille d'argent.

Cette nouvelle apparition d'un appareil de culture directe est assez curieuse. Jusqu'à présent, depuis l'informe et bruyant appareil de Boydell — opérant sur le même terrain il y a vingt-cinq ans, jusqu'à celui de Darby — le meilleur qu'on ait encore vu, aucun n'a réussi, et il est impossible d'affirmer que celui-ci ait encore atteint le caractère d'utilité pratique indispensable à un engin de culture. Comparé au travail accompli par la piocheuse à traction de MM. Fowler, celui de l'appareil Darby est infiniment inférieur, et je n'en aurais pas même parlé si les expériences faites avec ces deux appareils n'avaient donné lieu à des constatations dynamométriques fort curieuses et présentant en outre un grand intérêt. M. Rich, ingénieur consultant de la Société Royale, a constaté que la piocheuse Darby, en retournant le sol à 1 5 centimètres de profondeur à raison de 50 ares à l'heure, dépense 28 chevaux de force dont 16 sont employés au mouvement de marche de l'appareil locomoteur et 12 pour le piochage du sol. D'un autre côté, l'appareil de Fowler, armé de 4 tiges défonceuses et tiré au moyen d'un câble en acier par une machine fixe de MM. Burrell, défonçant à 15 centimètres et à raison de 50 ares à l'heure, dépensait une force de 44 3/4 chevaux-vapeur, — dont 18 1/4 chevaux pour la simple traction des câbles et de l'engin hors de terre, ce qui donne une dépense statique de 26 1 /2 chevaux-vapeur pour ie aétunçage du soi.

Ce résultat des expériences dynamométriques est remarquable en ce qu'il démontre une différence énorme entre la force nécessaire pour défoncer le sol à 1 5 centimètres de profondeur et à raison d'un demi hectare à Theure, par la machine Darby à action directe, et l'appareil à traction de Fowder, la première ne dépensant que 1 2 chevauxvapeur et le second en employant 26 1/2, plus du double. La cause de cette différence en faveur du travail direct est sans doute le résultat du mouvement en arrière des tiges défonceuses de l'appareil Darby, lesquelles aident la force motrice en poussant avant 1 appareil locomoteur. Mais il reste encore à Lavoir de cet appareil un avantage considérable, car ce mouvement de poussée des tiges ne peut être utile qu'à la traction, laquelle n'exige que 1 6 chevaux d'après les constatations dynamométriques.

Dans tous les cas, pour un travail et un temps donnés, il existe une différence totale de près de 17 chevaux-vapeur en faveur de l'appareil Darby, ce qui est énorme. Maintenant il résulte aussi de ces expé-

riences comparatives que le travail fait avec l'appareil Fowler était infiniment supérieur à celui de Tengin Darby.

- Le planteur à deux rau^s de pommes de terre de M. M. Murray a donné beaucoup de satisfaction à ceux, qui l'ont vu fonctionner. Là oii la culture de la pomme de terre se fait en "rand, cet instrument est sans doute appelé à rendre de très grands services.

Notons en dernier lieu le nouveau système de lieuse à corde de chanvre de MM. Burgess et fils. La façon dont se fait le nœud est des plus ingénieuses, et a beaucoup attiré l'attention des hommes pratiques.

Il serait peu intéressant aux lecteurs de ce journal de me voir soulever la question personnelle des lauréats qui ont remporté les prix dans les diverses catégories d'animaux. Je me contenterai donc d'indiquer les traits les plus saillants de cette exposition dont la splendeur et la perfection n'ont jamais été surpassées.

A tout seigneur tout honneur, je dois commencer par la classe des Durhams qui ne comprennent pas moins de 98 têtes.

Le prix d'honneur de l'espèce bovine a été remporté par un taureau blanc de race Durham âgé de 6 ans, 2 mois^ 3 semaines et 2 jours, et se réjouissant du nom excentrique et hautement fantaisiste de Duke ofHoicl John. Sa généalogie dénote un mélange de sang Bâtes avec celui du troupeau deJohnBooth, l'ancien. Ses premiers ancêtres femelles appartenaient au troupeau de Warlaby et ses plus récents ancêtres mâles sont des taureaux de sang Bâtes. Son père irhite Duke, de pelage blanc lui aussi, appartenait de M. Barnes de Westland Meath. Le numéro d'inscription au Herd book anglais de Duke of lierai John est 33,674, il est né le 8 avril 1874 chez son propriétaire actuel M, John Vickers.

Son père, comme je viens de le dire, est JVhite Duke (32,849). Le pelage blanc du père, se reproduisant dans le produit, indique dans cette famille un atavisme de pelage blanc. La cinquième grand'mère était Red Rosette par Royal Budck (10,750) du troupeau de M. Richard Booth, sa troisième grand'mère était par Hamlet (8126), de M. John Booth et la quatrième grand'mère était par Priam (2452), de VI. Richard Booth. Son origine est donc essentiellement de sang Booth et il en a du reste tous les caractères. C'est un animal complet comme ensemble. C'est une masse de chair cylindrique d'une symétrie qui serait parfaite si ce n'était la pointe des épaules un peu trop saillante et quelque peu grossière — défaut qu'il tient évidemment de son père IFliite Duke et de son aïeul Grand-Dukc troisième. Un de ses principaux mérites, c'est son tempérament robuste, qualité qui distinguait ses ancêtres. Il est rare, en effet, de voir un animal de cet âge conserver tant de symétrie et tarit d'activité, tant d'élasticité et tant de fermeté dans les muscles, et tant de noble prestance dans son maintien. Ce taureau n'avait point encore paru comme lauréit dans les concours de la Société Royale, mais les victoires qu'il a déjà remportées dans les concours locaux du nord de l'Angleterre sont aussi éclatantes que nombreuses. Comme taureau d'un an, il remporta le 1" prix à Stanhope et à Wolsingham, et le 2^ au concours du comté de Durham. L'année suivante il fut de nouveau présenté dans plusieurs concours où il fut très admiré, et il remporta tous les premiers prix partout oi^i il fut exposé.

En 1877 ses succès furent les mêmes. En 1878 il parut au grand concours de Bristol, où de même que son rival Anchor, le prix d'hon-

LE CONCOURS DE CARLtSLE. 229

neur du concours de Kilburn, l'année dernière il ne reçut qu'une mention très honorable. En 1879, il parut de nouveau au concours de la Société du comté de Durham où il battit le premier et le second prix de Kilburn, les deux taureaux pourtant si admirés de M. Villes, vice-amiral et contre-amiral. C'est un animal remarquable aussi par son aptitude à prendre un embonpoint rapide, qualité qu'il tient sans doute de sa grand'mère Belle-vue, et surtout de sa grandgrand'mère Red Rosette cliez qui cette qualité si précieuse était remarquablement développée. Son grand air plein de noblesse est sans aucun doute un héritage qu'il tient de son père Wliite Duke appartenant du côté de la mère à la célèbre famille Mantalini de Richard Booth par un croisement avec le taureau Bâtes Grand Duke 3®, et petit-fils de Richard Cœur de Lion du même sang que le fameux taureau Master Butterfly du colonel Townely.

Baron Stapleton, père de Belle-vue, grand'mère de Duke of Howl John, était un animal de sang très laitier; toutes les familles issues de lui ont été remarquables pour leur qualité laitière et Belle-vue, elle-même, n'était point une exception à cette règle.

Royal Buck (10,750), le père de Red Rosette, éinit un taureau de la famille des Moss Rose, et fils du fameux taureaux Buckingham. Hamlet était fils de la fameuse vache Bracelet, l'une des meilleures familles de Richard Booth. Enfin Priam était le père des célèbres vaches Bracelet etiVee/i/acequi ont été fornement et l'honneur du troupeau de Warlaby. J'entre dans ces détails de généalogie pour donner une nouvelle preuve de l'influence héréditaire préexistant dans le sang des bonnes familles de la race Durham.

L'année dernière, en rendant compte du grand concours international de Kilburn, j'exprimai mon admiration de deux génisses exposées par lord Fitz Haidinge : Wild Eyes quinzième qui remporta le V prix, et Lady Eyes. Au concours de Carlisle, ces deux génisses remportent tous les honneurs. Toutes deux sont ,filles du duc de Connaught^ taureau de sang Bâtes. Du côté maternel c'est le sans; laitier de sir Charles Knightley qui domine. Ce sont deux véritables joyaux d'une perfection pour ainsi dire absolue. Du reste l'ensemble de l'exposition des Durhams, comme on devait s'y attendre dans un semblable milieu, était aussi parfait que possible, et n'offrait pas un seul exemple de médiocrité.

Un autre trait de remarquable excellence était l'exposition chevaline qui n'avait jamais été égalée, ni comme nombre, ni comme mérite. De même que pour les Durhams, il ne pouvait en être autrement, car c'est surtout dans les comtés du nord de l'Angleterre que l'élevage du cheval existe conme branche importante de l'économie agricole. Le district du Cleveland d'oi^i viennent les meilleurs carrossiers, n'est pas éloigné de Carlisle. Le comté du Yorkshire est un des plus reno.nmés pour la production du cheval de selle et pour les gros chevaux de trait. Le Northumberland ne le cède en rien aux autres districts de l'Angleterre pour la production chevaline. La vallée de la Clyde où fleurit la race de Clydesdale, est aux portes de! Carlisle. La vallée de la Tyne, si célèbre pour les chevaux de chasse, touche au Cumberland et ce comté lui-même est celui où se produisent ces fameux chevaux de brasseur et de gros trait qu'on vient y chercher pour alimenter les marchés de toute l'Angleterre.

Pour donner une idée de l'importance de cette magnifique exposition chevaline, il suffira de dire qu'elle comprenait prèsde 500 chevaux. L'exposition de l'espèce ovine était aussi nombreuse que variée, les races écossaises de moatagne ayant fourni un contingent considérable. La race Leicester était représeutée par les mêmes exposants bien connus. Mais M. Turner, de Thorpeland, et M. Gresswelt n'ont point obtenu leurs succès habituels. C'est sir Hutchinson qui, cette année, a remporté tous les premiers prix,

La race southdown tend à diminuer en Angleterre, et semble cantonnée chez quelques éleveurs seulement. Depuis la mort du grand berger Jonas Webb, cette race semble être négligée par la masse des agriculteurs anglais, malgré sa beauté, sa finesse et sa perfection. Les éleveurs actuels se comptent sur les doigts, ce sont toujours les mêmes qui exposent et toujours les mêmes qui se partagent les prix : S. A. R. le prince de Galles, le duc de Richmond, lord Walsingham, sir William Throgmorton, M. Rigden. Aujourd'hui cette race aristocratique ne convient plus aux exigences de la culture pratique qui a k rente de la terre à payer. Il faut à la fois plus de laine et surtout plus de viande, avec le même degré de précocité. On préfère les robustes races de Oxford, de Hampshire et surtout des Shropshiredown, races qui possèdent la même symétrie de forme que les southdowns, mais qui ont le mérite de donner à l'éleveur des produits plus lucratifs. Depuis quelques années, c'est le mouton Sliropshire dont l'élevage se répand le plus généralement. On lui donne à bon droit le surnom de Mouton à rente. Aussi parmi les races ovines de l'Angleterre, c'est cette race qui offrait la plus remarquable exposition et par le nombre et par la qualité. Il est à désirer que cette race soit adoptée en France d'une manière plus générale qu'elle ne l'e-.t. Le mouton shropshire, par son robuste tempériment, sa rusticité extrême, la qualité de sa viande et le poids de sa laine, sa précocité et son énorme développement, convient mieux que tout autre race, à mon avis, au croisement avec la plupart des races françaises. Il semble réussir dans tous les climats. J'en ai envoyé en Algérie oii ils sont en train de former une souche féconde. Les produits du croisement des brebis arabes avec des béliers shropshires ont déjà donné des résultats extraordinaires, et ces béliers ont subi sans broncher les rigueurs d'un été brûlant l'année dernière. En France, grâce à mes recommandations, cette race tend à se répandre et à s'acclimater. Qu'on ajoute à cela la fécondité remarquable des mères qui donnent presque toujours deux agneaux à chaque portée, on se fera une idée du mérite exceptionnel de cette race, et on s'expliquera facilement la faveur de plus en plus grande dont elle jouit en Angleterre.

L'exposition porcine était cequ'elle est partout, aujourd'hui que les races anglaises se sont répandues dans les porcheries du monde entier. Il n'y a donc rien de particulier à en dire, sinon qu'elle était remarquable par le manque absolu de médiocrité, ce qui du reste s'applique généralement aux 1 ,500 têtes d'animaux de diverses espèces qui ornaient les blanches travées du concours.

Il n'a manqué à cette mignifique exposition, comme à Kilburn l'année dernière, qu'un peu de soleil. C'est un élément assez rare en Angleterre, semble-t-il,à cette époque de l'année, et ici s'élève la question de savoir si la Société Royale, au lieu de donner à ses concours

une date rigoureusement fixée, ne ferait pas bien de consulter la statistique météorologique des localités dont elle fait choix,, et fixer une date plus en harmonie avec la moyenne comparée de la pluie et du beau temps. F. R. DE LA Tuéhonnais.

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