‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 180 sur 752 · TRAITEMENT DES VIGNES PAR LE SULFOCARBONATE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES VIGNES PAR LE SULFOCARBONATE DE POTASSIUM

OÙ se produiraient sur les vignes des résultats, soit en bien, soit en mal. Ce moment me paraît être venu.

Je constate à Launac, sur toutes mes vignes traitées, et plus particulièrement sur celles qui ont reçu du sulfocarbonate dissous, une reprise des plus remarquables qui dépasse de beaucoup celle de l'année dernière. Nous nous rapprochons de l'état normal, nous l'atteignons môme sur divers points avec le sulfocarbonate, après être tombés, en 1878, au dernier état de délabrement sous la double influence de phylloxéra et de la sécheresse.

Nous en sommes actuellement à la troisième application sur la superficie totale des vignes^ seul mode de défense efficace, car j'ai partout reconnu que le traitement des seuls points d'attaque d'une vigne envahie n'aboutit à aucun résultat sérieux. Dans ce cas, le phylloxéra change de place et s'étend plus rapidement aux portions encore vigoureuses de la vigne, et il arrive alors que celles-ci périssent tout aussi vite, tandis que le point d'attaque, trop éprouvé pour se remettre, finit ausssi par succomber. Tout traitement doit donc comprendre la totalité de la vigne pour donner réellement les résultats qu'on est en droit d'en attendre. Les parcelles qu'on laisse sans traitement sont presque toujours les nids de phylloxéras, d'oi^i l'insecte part pour continuer et perpétuer ses ravages. C'est un point des' plus importants; j'en fais à Launac l'expérience dans de bonnes conditions, car je n'ai plus de voisinage phylloxéré : toutes les vignes autour de moi sont mortes ou arrachées ; les miennes sont donc isolées, et je profite à présent du bénéfice de cette situation. Il se traduit par une grande efficacité des traitements et une reconstitution plus rapide. 11 est facile de comprendre combien la démonstration dont je vous entretiens est capitale. Comment préserver utilement des vignobles dont le traitement sera isolé, au milieu d'un grand ensemble de vignes forcément abandonné à lui-même? Je crains bien que l'alternative ne soit de tout défendre et de tout abandonner, au moins pour le moment oi^i nous en sommes.

J'ai fait, Tan dernier, deux applications de sulfocarbonate dilué, à 250 kil. de sulfocarbonate et 120 m. c. d'eau par hectare, la première en avril, la seconde en juillet et août. Je m'en suis très bien trouvé et je recommence cette année; mais le retard qu'à mis M. Mouillefert à m'envoyer les appareils, m'a obligé à faire un premier traitement en mai et en juin. Je ferai la ditférence des résultats; peut-être sera-t-elle à l'avantage du traitement retardé. Il y a à cela plusieurs raisons, mais c'est à la pratique à prononcer.

Mes cultures ont beaucoup souffert du retard apporté aux traitements. Pendant ces contrariétés, le ver gris, larve de la Noclua aquilina, qui se trouve au pied des plantes qu'elle dévore, faisait un ravage incessant, dévorant la nuit les bourgeons à mesure qu'ils se développaient. Cette étrange invasion d'insectes s'est étendue à presque tout le Midi et y a maltraité les vignobles sur une échelle jusqu'alors inconnue, dans les deux mois d'avril et mai. De plus, nous avons eu des nuées d'altises, dont les larves sont en pleine éclosion. Je nen ai pas moins persisté, car je tenais au résultat de cette année, résultat que je constate avec bonheur et qui confirme vos découvertes et vos prévisions.

J'ai fait, sur la pratique du sulfocarbonate des vignes et sur le phyl-

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