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ET LA SARTHE

D'après les documents officiels, la population chevaline en France était en 1840 de 2,463,730 têtes. Depuis cette époque, nous avons perdu avec l' Alsace-Lorraine, déduction faite de la faible compensation produite pa'- l'annexion de Nice et de la Savoie, environ 110,000 têtes, et cependant la statistique de 1873 porte le nombre de notre population chevaline à 2,7^12,708 têtes.

Il y a donc eu dans le nombre des chevaux une augmentation notable. Cette augmentation a été surtout importante pour les départements de l'ancien Maine, desservis par le dépôt d'étalons d'Angers conjointement avec la Loire -Inférieure et Maine-et-Loire.

La Mayenne est montée de 40,823 au chiffre remarquable de 92,530 chevaux et la Sarthe de 44,029 à 64,021 chevaux L'augmentation dans ces deux départements est donc de 51,707 chevaux pour la Mayenne et de 19,992 pour la Sarthe, en tout de 71,699 chevaux pour l'ancienne province du Miine seulement Elle est de 100,698 chevaux pour les quatre départements desservis par le dépôt d'Angers.

Les deux départements de la Mayenne et de la Sarthe se livrent surtout à la production des poulains, qui sont vendus à l'âge de six mois à un an pour la Normandie et la Beauce où ils achèvent de prendre leur entier accroissement.

Cette industrie est surtout remarquable dans le département de la Mayenoe qui possède à lui seul 58,600 juments au-dessus de trois ans, soit 10,729 de plus que le département de la Manche qui en possède le plu, après lui.

La Sarthe est aussi remarquable par le nombre de ses juments. Elle en possède 39,893-, toujours d'après la statistique de 1873.

D'où il suit que l'ancienne province du Maine est sans contredit le pays de France qui produit le plus de poulains proportionnellement à l'étendue de son territoire. C'est aussi celui où l'élève du cheval a le plus progressé.

Dans le département de la Sarthe, le canton de la Fresnayeetune partie de celui de Saint-Paterne, avoisinant Alençon, produisent quelques chevaux de luxe de demi-sang anglais.

Presque tout le reste du département se livre à la production du gros percheron.

Dans la Mayenne, à l'exception du canton de Graon, où l'on fait assez généralement le cheval à deux fins, presque tout le département se livre à 1 élève du percheron plutôt de trait léger que de gros trait.

Le percheron a partout remplacé le bidet ancien, race de chevaux de petite et moyenne taille, assez énergique, mais sans caractère, et qui ne servait qu'à porter le fermier allant aux foires, et à tirer la charrette ou la charrue, attelés devant les bœufs.

Il résultait de ce mode si défectueux d'attelage que les anciens chevaux du pays, obligés en labourant ou le long des routes, de régler leurs allures sur la lente allure des bœufs, et n'étant pour la plupart employés qu'à cette usage, ne savaient ni trotter, ni marcher au pas. Ils étaient par cela même tout à fait impropres à la voiture et ne pouvaient faire que de très médiocres chevaux de selle.

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