IX. — Ravages des insectes en Russie
Nous avons donné déjà quelques détails sur les ravages produits en Russie par les insectes. A ce sujet, un correspondant du journal Le Temps donne des indications que nous devons reproduire, en partie au moins :
gjcc Un fléau bien plus redoutable que le nihilisme envahit en ce moment la Russie et y cause les plus vives préoccupations. UaiiasopUa austînaca menace d'anéantir le tiers des récoltes sur pied. Cette mouche est bien plus à craindre que la sauterelle nomade, car elle se perpétue dans le pays qu'elle a ravagé et y devient endémique. Ce n'est plus le Midi et l'Est de l'empire qui sont la proie de Y anasoplia ; le centre lui-même eàt atteint. Le danger est d'autant plus grand que VanasopUa s'acclimate dans les provinces les plus fertiles. La Tauride, le territoire du Dom, les provinces d'Ekaterinoslaw, de Charkow, de Pultava, toute la Bessarabie ont été visités par le fléau.
oc Deux professeurs d'entomologie ont été chargés d'étudier scientifi luement la question. MM Lindeman et Portehinsky se sont rendus sur les lieux et ont poursuivi leurs investigations dans différentes régions de l'empire. Les conclusions auxquelles ils sont arrivés ne sont pas consolantes; les' mesures qu'ils recommandent sont d'une application difficile et d'une utilité douteuse. Il ne s'agirait de rien moins que de changer de culture, et, au lieu du blé et du seigle, ensemencer du maïs, du colza et des graines de lin. Pour ces deux derniers produits, des terres épuisées et sans engrais ne donneront point de récoltes. »
« Ce n'est pas tout encore. Dans les provinces de Voronège, de Charkow et de Koursk, des papillons on détruit les champs de betteraves ; mais, si grand que soit le mal, il est autrement terrible le long du Volga. Des provinces qui passent à bon droit comme les plus fertiles, telles que Saratbw, Samara, Simbirsk, subissent cette année un véritable désastre. On n'y récolte pas assez de grains pour les semailles prochaines. Ce n'est plus l'anasoplia, ce sont les froids exceptionnels joints à la sécheresse qui ont amené la famine. Dans ces provinces, il faudra donner aux paysans non seulement de quoi ensemencer, mais aussi de quoi ne pas mourir de fain jusqu'à la récolte de 1881. »
D'un autre côté, dans quelques parties de l'Allemagne du nord, on se plaint vivement du délicit amené dans le^ récoltes de céréales par l'excès d'humidité.