‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 208 sur 752 · DOMAINE ET FROMAGER/E DU CHALET · texte numérisé non relu

DOMAINE ET FROMAGER/E DU CHALET

verts et à ciel ouvert qui ne se sont pas élevés jusqu'ici, pour ces deux terres, à moins de 25,000 mètres pour les deux fermes.

Quoi qu'il en soit, il pensa que la spéculation laitière et la fabrication du fromage étaient le véritable but à donner à son entreprise agricole, et en septembre 1875, il fît avec Mme Champion, qui a pris un vif intérêt aux choses rurales, un voyage en Normandie pour étudier la question des beurres et des fromages. Du riche pays du Bessin, où se trouvent les fermes les plus renommées pour la qualité du beurre, il se rendit dans la vallée d'Auge où sont établies les fromageries qui fabriquent le Camembert, fromage excellent et qui gagne de plus en plus dans la consommation. A son retour, il établit entre ses deux fermes un vaste bâtiment où se fabriquent aujourd'hui plus de 200,000 fromages de deux qualités, l'un dit fromage du Chalet, l'autre fromage de Lucie, nom de Mme Champion, qui a pris la direction de cette intéressante entreprise.

Le débouché de cette fabrication se trouve pour moitié en Bretagne, et pour l'autre à Paris, où est dirigée, en même temps que les fromages, une fois par semaine, une petite quantité de beurre sans sel qui obtient des prix de 3 fr. 50 et 4 fr. le kilog.

Une comptabilité régulière est établie pour les résultats de l'exploitation agricole proprement dite du Domaine, et un autre pour la fromagerie à laquelle le lait est livré au prix de 0 fr. 15. Ces résultats ont été très satisfaisants puisque les deux terres de la Bouessière et du Malay louées en 1868 2,()50 fr. produisaient en 1877, sous la direction de M. Champion, 10,(J98 fr. 95. Il est vrai que les années 1878 et 1879 ont donné beaucoup moins; mais nul n'ignore les conditions climatéi'iques qui ont pesé sur notre agriculture et ont diminué les rendements et la qualité des céréales.

La fromagerie a donné net, en 1878, 4,520 fr. 43.

La valeur vénale du sol s'est élevée de 1,500 à 2,000 fr. l'hectare pour la ferme de la Bouessière et également de 1,500 à 2,0'JO fr. pour la ferme du Mafay.

Nous n'insisterons pas sur la mission philanthropique que s'est donnée M. Champion en associant un ouvrier comme contre-maître à ses opérations agricoles et lui donnant une part dans les bénéfices. C'est toujours un stimulant pour les collaborateurs. Par ailleurs, i>L Champion, en dehors même des logements de ses deux fermes, et en dehors même de l'élégant chalet qu il habite, a construit divers cottages pour ses ouvriers.

M. Champion a été longtemps soutenu dans sa mission .agricole par les conseils de M. Jamet, nom cher au Journal de l'Agriculture, agronome auquel les pays de la Mayenne, de rA.njou, doivent de ne pas l'oublier et dont le buste domine les cultures du Chalet.

A. HE Lu MoflVONNAIS.

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