DOMAINE ET FROMAGERIE DU CHALET
place dans cet important domaine, le terrain est granitique et schisteux; mais, pour témoigner combien a été tourmentée en Bretagne l'époque de la formation, un bassin calcaire s'est rencontré à une grande altitude auprès du granit, et a contribué, par l'exploitation qu'en a faite M. Champion sur une large échelle, à l'amélioration agricole du pays. Depuis quelques années, il en a cessé l'exploitation à regret; car elle avait procuré à l'agriculture des 45 communes environnantes plus de 100,000 mètres de carbonate de champ agissant comme diviseur dans les terres fortes, et leur donnant un élément qui leur manquait. La guerre, des difficultés plus grandes d'extraction, l'élévation du prix de la main-d'œuvre, l'y ont fait renoncer. On sait quelle a été l'influence de la découverte du sablon calcaire, s'il est vrai que l'abus peut en faire condamner l'usage. M. Champion, parvenu aux fumures d'élables, rend au sol le phosphate qui lui manque 'en stratifiant de phosphate fossile ses fumiers qu'il arrose de purin avec la pompe Noël. Il emploie en outre le guano en couverture sur ses blés d'hiver avant le roulage et le hersage. C'est donc un propriétaire éclairé pénétré de la loi de la restitution au sol des éléments enlevés par les récoltes, comme de ceux qui lui manquaient originairement. Par ailleurs, tout en bornant ses cultures de fourrages et de céréales à 90 hectares sur 226 lui appartenant, M Champion entretient 4 bœufs de travail, 7 chevaux, 65 vaches laitières, 2 taureaux Durham purs ou croisés. Ses vaches ont été ou sont achetées chaque année, aux mois d'août et de septembre, dans les foires du pays, ayant lait ou prêtes à faire le veau en même temps que celles saillies de novembre à janvier, dans les étables des fermes du domaine, de manière à ce que la grande production du lait coïncide avec l'époque favorable à la fabrication du fromage. Il engraisse seulement, et vend à la fin de la campagne 10 à 12 des vaches qu'il ne considère pas comme bonnes laitières ou qui sont trop âgées. On voit que la spéculation laitière est le pivot de l'entreprise de M. Champion.
Pendant six mois d'hiver la stabulation est à peu près complète, et la ration de chaque vache se compose de 5 kilog. de foin et de paille mélangés avec 25 kilog. de carottes, de betteraves et de topinambours que M. Champion cultive sur une large échelle et qui ont procuré à ses bestiaux dans le rude hiver que nous avons subi une nourriture fraîche, les choux branchus et moelliers cultivés au Chalet ayant été gelés. L'ensilage du maïs permet également à M. Champion d'en ajouter à la ration journalière à laquelle on mêle un htre de farine d'orge et un litre de son. Une briquette de sel est placée dans la crèche, devant chaque vache. Les fourrages verts forment le reste de Tannée la majeure partie de la nourriture.
Propriétaire d'un domaine important de 226 hectares, composé est vrai pour une grande partie de taillis, pâtis et marais, M. Champion a fait élever, il y a dix ans, un élégant chalet qu'il destinait d'abord à un terrain qu'il possède à Dinard (cette station balnéaire qui est le ïrouville de la Bretagne), non loin de la route de Feins et entre ses deux fermes de la Bouessière et du Mafay, dont il n'a eu la jouissance qu'au 1*' octobre 1874, ses efforts d'amélioration n'ayant porté jusque-là que sur la ferme de la Bouessière. Jl s'est livré sur la ferme de Mafay à une série de défriahements, de réunions de champs par la suppression d'un grand nombre de fossés et de drainages cou-