LES VERS A SOIE DANS LA DROME
Le Buis, le 28 juin 1880.
Voilà la récolte des vers à soie terminée, et elle n'a pas été belle, tant s'en faut. En général, les vers à soie ont suivi une assez bonne marche jusqu'à la quatrième mue; à partir de ce jour, laflacherie' s'est emparée de beaucoup de chambrées, et dans l'espace d'un ou ou de deux jours, tout espoir était perdu, il fallait tout jeter. Cependant, il y a eu du mal, il y a eu aussi de belles réussites : les Bionnes, race assez fragile, ont très bien fait cette année-ci dans nos environs. En somme, je crois que nous ne devons compter au plus qu'une demirécolte. Le manque de cocons n'a pas fait que les prix fussent bien élevés, car on a payé de h fr. à 4 fr. 40 le kilog.; aussi beaucoup d'éducateurs sont découragés car c'est une récolte qui demande beaucoup de soins et de peines.
Les premiers foins sont tous rentrés, on coupe les luzernes pour la seconde fois. Les luzernes ont été belles et abondantes, il n'en a pas été de même des prairies que le froid avait abîmées; elles ont poussé bien tard, et le rendement a été d'un tiers inférieur à celui de l'année dernière. Ravocx.
SITUATION AGRICOLE DANS LE PUY-DE-DOx¥E
La situation agricole du département n'est pas brillante. Beaucoup de blés d'hiver ont été retournés au printemps et la plupart de ceux conservés sont tellement envahis par les mauvaises herÉes qu'une récolte même médiocre n'est pas possible dans les semis faits à la volée; fort heureusement que l'étendue de ceux en Jign e est de plus en plus considérable et que dans ces parties, grâce aux binages et sarclages, dont sont prodigues nos cultivateurs, on a de meilleures espérances.
Les céréales de mars, tout en ayant levé un peu irrégulièrement, sont généralement assez belles.
Les foins de prairies naturelles et de luzerne ne sont pas abondants, les trèfles et sainfoins donnent une bonne coupe, mais les pluies persistantes nuisent à la fenaison.
Quanta la vigne, elle a été plus maltraitée par les froids d'hiver qu'on ne s'y attendait. Celles établies dans les bas-fonds sont généralement perdues et le nombre d'hectares que l'on a déjà arrachés est considérable ; les vignes à mi-côte et des plateaux ont peu ou point de récolte, mais elles végètent; quant à celles des coteaux élevés, si la chaleur vient bientôt faire place aux pluies, elles pourront donner une réaalte moyenne.