‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 216 sur 752 · RAPPORT SUR LE MÉMOIRE DE M. ZQNDEL · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LE MÉMOIRE DE M. ZQNDEL

Une lois que ces distomes agames sont introduits dans l'estomac du mouton, soit avec le mollusque qui leur sert d'hôte, soit en liberté dans l'eau des boissons, ils sont délivrés de l'hôte qui les a reçus ou de leur enveloppe propre par l'action digestive, et lorsqu'ils ont passé dans l'intestin, ils se rendent dans leur habitat prédestiné, le foie. Là ils demeurent le temps nécessaire pour leur achèvement.

Ces notions acquises, qu'y a-t-il à faire pour prévenir l'expansion de la dislomatose et sa perpétuation d'une année à l'autre?

La cachexie aqueuse ou la distomatose, comme l'appelle M. Zundel, est une maladie qu'on peut considérer jusqu'à un certain point comme contagieuse, car elle peul procéder d'elle-même.

Son virus, ce seraient ses cercaircs. ses scole.r, qui vivent soit dans les eaux où les œufs sont tombés avec les excréments des moutons infestés, soit à l'état de parasites sur ou dans les mollusques des eaux douces.

Par eux-mêmes, des pâturages, si humides, si marécageux qu'ils soient, ne peuvent donner là pourriture si le distome ne s'y trouve pas sous son état agame.

Or, ce n'est qu'en automne que l'infestation distomasique peut avoir lieu, car c'est pendant cette saison seulement que les œufs, sortis des moutons infestés, font leur éclosion.

Donc, ce qu'il y aurait à faire, ce serait d'éviter de conduire les moutons au pâturage pendant celte saison, ou si cela n'est pas possible, de s'abstenir de les conduire dans les parties les plus marécageuses.

Si l'on pouvait rien que pendant une seule année s'abstenir de faire pâturer les moutons dans les lieux infestés, Tannée précédente, par la dépaissarice de troupeaux cachectiques, il y aurait des chances pour que ces lieux cessassent d'être dangereux, car les larves des distomes ne pauvent pas vivre d'une année à l'autre, et si elles n'ont pas trouvé un hôte en automne, c'est-à-dire si elles n'ont pas été" dégluties par un ruminant, elles périront sûrement pendant i 'hiver.

Si donc on pouvait ne pas leur donner l'occasion de rencontrer cet hôte qui leur est indispensable pour leur évolution, le pâturage infesté se désinfesterait de lui-même par l'influence seule des agents extérieurs.

Le drainage, l'amendement du sol seraient aussi des moyens excellents de la prophylaxie de la distomatose en modifiant les milieux où les larves des distomes trouvent des conditions trop favorables à leur existence.

Les excréments des moutons distomatosiques renferment des œufs depuis la fin de mars jusqu'en juin; il importe pour empêcher la perpétuation de la pourriture par l'intermédiaire de ces œufs, que les fumiers provenant de ces moutons ne soient pas portés sur des terrains propres a i développement des embryons. Autant que possible, ces fumiers ne devraient être employés que pour la fumure des terres sur lesquelles ni les bœufs ni les moutons ne devront aller paître. Le

{Discoma militare}. Chaque espèce de distome ne se développe que chez l'animal où la nature 1'* destiné à vivre et à parvenir au terme de son évolution.

Tout concourt à donner l'assurance que les phénomènes sont tout à fait analogues à l'égard de la douve du foie, mais les observations et les expériences directes font encore défaut. Pour se mettre complètement ea mesure de soustraire les moutons au danger d'être envahis par les douves dans les localités où ils y sont la plus exposés, il importerait de suivre le ver dans toute sa vie évolutive et ses migrations, de constater en un mot, dan; quelle condition les cercaircs du Distotna hepaticum sont avalées par les ruminants.

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mieux serait de différer de les répandre pendant une année, afin de laisser aux: œufs et à leurs larves surtout le temps de s'éteindre avant que celles-ci aient rencontré leurs hôtes nécessaires.

Enfin il faudrait s'abstenir de faire manger aux ruminants, grands et petits, les fourrages verts récoltés sur les pâturages infestés. Ces fourrages doivent être réservés pour les chevaux, et quand on est obligé de les donner secs aux ruminants, il faut bien les secouer avant de les distribuer. Il faudrait s'abstenir aussi, à la saison automnale, de laisser boire les moutons dans les mares infestées. En les abreuvant avec de l'eau pure, on diminuerait d'autant les chances de leur infestation par les cercaires auxquels ces mares servent d'habitat jusqu'au jour où viendra s'y abreuver le ruminant destiné à devenir leur hôte.

Les considérations qui viennent d'être exposées montrent, une nouvelle fois, combien peut être féconde l'intervention de la science expérimentale pour l'éclaircissement des faits delà pathologie. L'observation seule des manifestations symptomatiques est impuissante, dans la plupart des cas, à donner une idée exacte de la nature réelle des choses. Il faut aller plus profondément pour que cette nature se dévoile. L'histoire du charbon, du choléra des poules, de la septicémie, en porte témoignage. Celle de la cachexie aqueuse en fournit une nouvelle preuve. Dans un milieu humide, les moutons s'infiltrent d'eau et meurent dans un état d'extrême anémie, oîi le sang est bien moins du sang qu'une sorte de lavasse de ce liquide. Naturellement, en ne s'en tenant qu'aux apparences, on a établi le rapport entre les influences du milieu où l'humidité prédomine et la maladie dont la caractéristique essentielle apparente est la prédominance de l'élément aqueux dans le corps des malades, et ce rapport de causalité est si vraisemblable qu'on l'a accepté comme vrai.

Mais la science expérimentale intervient; elle étudie le ver de la cachexie et elle montre que, loin d'en être un simple accident, il en est la cause efficiente, car sans lui il n'y a pas de cachexie aqueuse véritable, quelles que soient les conditions d'humidité auxquelles les moutons sont exposés. Rien de plus intéressant que de tels résultats; rien de plus rassurant pour l'avenir de la médecine, destinée à devenir de plus en plus positive et puissante, grâce au concours que lui donne cience expérimentale.

Nous devons des remercîments à M. Zandel pour Y Instruction si pleine d'intérêt à l'usage des agriculteurs que représente son Mémoire. Ces notions si nettes sur l'étiologie d'une des plus graves maladies épizootiques qui sévit sur notre bétail ne peuvent manquer d'être profitables à ceux qu'elles intéressent, et tous s'en inspireront, dans les limites du possible, pour se mettre à l'abri d'un fléau dont la cause aujourd'hui connue doit être visée par les mesures prophylactiques en rapport avec ce que la science a appris.

Votre quatrième Section a l'honneur de vous proposer d'accorder à M. Zundel une médaille d'or à l'effigie d'Olivier de Serres.

H. BOULEY.

Séance du 18 août 1880. — Présidence de M. Chevreul. A l'occasion du procès-verbal de la séance précédente, M. Chevreul présente quelques observations sur la fermentation alcoolique. Il

rappelle que, en 1 829, il a montré pourquoi la fermentation dure souvent pendant plus longtemps qu'on ne voudrait dans les masses considérables; c'est que la présence de l'alcool déjà formé intluesurles matières sucrées non encore décomposées, et tend à limiter la fermentation, car l'alcool a une action toute différente de celle de l'eau sur un grand nombre de principes immédiats.

M. Magnin, ministre des finances, et M. de Gapèle, secrétaire de la Société d'agriculture de la Haute-Garonne, remercient la Société de l'envoi qui leur a été fait des volumes renfermant les documents de l'enquête agricole qu'elle a faite.

M. H. Nadault de Buffon, président de Chambre honoraire, écrit à la Société pour lui offrir les manuscrits laissés par son père, ancien membre de la Société, principalement sur l'hydraulique agricole.

M. Deschêrles, régisseur du domaine d'Harcourt appartenant à ki Société, envoie des épis charbonneux récoltés dans une propriété voisine, où ils atteignent la proportion du tiers environ de la récolte.

M. Barrai présente un tableau qu'il a dressé du classement, par nationalités, des bœufs amenés sur le marché de la Villette, à Paris, depuis le 1'' janvier dernier. De ce tableau, il résulte que 175,709 bœufs ont été présentés sur le marché, dont 165,594 d'origine française et 10,115 d'origine étrangère. Mais il n'a été vendu que 138,950 têtes de sorte que 36,759 animaux ont figuré au moins deux fois sur le tableau des arrivages. Ce fait explique les contradictions qui existent entre les indications de la douane relativement à l'importation des bœufs américains et celles publiées d'après les renseignements recueillis à la Villette; il montre qu"on ne doit admettre ces derniers renseignements qu'avec de prudentes restrictions. Il en résulte aussi la preuve que le bétail étranger ne fournit pas, en bœufs. Je dixième de la consommation parisienne. Après quelques observations de M. Bella, M. Gayot insiste sur l'augmentation du prix de la viande de porc à la Villette, qu il attribue à la diminution de l'élevage en France. M. Barrai montre que, en tous cas, cette augmentation est la réfutation, par les ûats, de l'assertion 'qui avait été émise l'année dernière, que jamais le prix de la viande de porc ne remonterait sur nos marchés; dans l'état actuel des choses, le prix de la viande a subi, depuis longtemps, avec quelques oscillations, une hausse croissante k laquelle il ne paraît pas que la baisse doive succéder désormais. A cette occasion, M. Risler rappelle que, a,u neuvième siècle, sous (Iharlemagne, le prix d'une livre de viande était le même que celui d'une lÏTre de b\é; tandis que le prix du blé oû'a pas sensiblement changé depuis cette époque, eu égard aux variations de la valeur de l'argent, le prix de la viande s'est constamment accru pour atteindre les ta-ux actuels. — M. Magne ajoute que la consommation de la viande élaot encore loin d'être ce qu'elle pourrait être, cette différence lui paraît devoir au moins se maintenir dans l'avenir. Henry Sagmer.

REYUE GOMMERGIiLE ET PRlX-COURÂNT DES DENRÉES AGRICOLES

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