RAPPORT SUR LE MÉMOIRE DE M. ZUNDEL
les intestins où ils sont digérés. Mais auparavant ils ont pourvu à la conservation de l'espèce. Dès Je mois de mars et pendant trois mois suivants, un grand nombre d'œufs, entraînés par la bile, ont été expulsés avec les aliments dans lesquels on peut les reconnaître par l'inspection microscopique avec un grossissement de 70 diamètres seulement.
On en a compté de 2,000 à 6,000 dans un kilogramme d'excréments, et jusqu'à 50 ou 60 dans une seule goutte de bile.
Ces œufs, qui sortent du corps del'animal dislomatosique, deviennent les instruments de la propagation de la maladie.
Les moutons ne trouvent pas les distomes tout formés dans les eaux des marais. Ils les rencontrent à l'état agame, c'est-à-dire à l'état de larves qui ne deviennent distomes qu'après métamorphoses, et ne sont aptes à la reproduction qu'après un séjour de quelques mois dans les canaux biliaires des ruminants.
Les migrations par lesquelles passent le distome hépatique et le lancéolé du mouton ne sont pas encore parfaitement connues. Les expériences de M. Baillet ont démontré que l'embryon ne sort de l'œuf que vers le soixantième jour et parfois même le cent-vingtième, et qu'il se transforme en un petit animal aquatique très mobile, assez analogue aux rotifères. C'est à cet état de cercaire ou de svolex que les distomes rudimentaires pénètrent dans l'appareil intestinal des moutons soitavec les eaux des boissons, soitavec les limaçons, les insectes, les lymnées et autres mollusques dont les scolex des distomes peuvent être les parasites * .
1. Il n'est pas inutile de rappeler les notions acquises à la science sur la vie et le développement des tîématories, en f>articulier de la douve du foie, l'auteur du mémoire qui vient d'être analysé s'en étant trop faiblement préoccupé. 11 y a trenle-deux ans, M. E;n[le Blanchird qui avait déjà publié une étude anatoraique très détaillée de la douve du foie {.innales des scimces naturelles) . .3° série, t. VJI, page 2"Î8; 1847) poursuivant des re'cherches en vue de l'iiygiène des animaux domestiques, affirmait pour la première fois que les douves se développent dans des conditions particulières. Ayant reacontré les œufs par myriades dins 1er, canaux biliaires, il les avait suivis à travers le canal cholédoque et dans toute la longueur de Tintestin, constatant le développement embryonnaii^ toujoui"s d'autant plus avancé que les œufs sont plus piès d'être expulsé-^.
« Il est mis hors dexlout". disait alors M. Blanchard, que les œufs de distomes sont entraînés avec les résidus de la digestion. Plusieurs phases du développement de ces vers doivent par conséquent s'effectuer dans des conditions bien différentes de cehe oii vivent les adultes. Selon toute probabilité, parvenus à une certaine période, ils reviennent dans k corps des ruminants introduits avec les aliments. »
S'attachant à l'idée de suivre les douves, dans toutes leurs conditions d'existence, il ajoutait : « C'est vers ce but que tendent actuellement mes efforts, mais l'impossibilité où je me suis trouvé d'observer pendant longtemps dans les localités où l'on tient habituellement les bestiaux, ne m'a pas permis jusqu'ici de compléter mes reclierches sur le sujet. Ce sont surtout les moutons des iords du Rhin qui paraissent élre le plus orlinairement infestés.
<t Quand nous connaîtrons mieux les circonstances qui favorisent l'introduction des vers chez l'homme et les animaux, il est presque certain qu'on pourra les diminuer sensiblement. — 'Ces vers subissent évidemment des métamorphoses. Leurs formes dans le premier âge sont sans doute très différentes de celles de l'adulie, et quand les observations auront été poussées plus loin, on sera peut-être filus d'une fois surpris de rencontrer dans l'animal rangé dans quelque autre classe le jeune d'un iremattde. >• De la propagation des vers qui habitent le cori s de l'homme et des animaux.— Comptes rendus de l'Académie des sciences. T. XXVI, p. 3.55, 20 mars 1848.
Depuis trente ans, la que^tinn relative au développeme.a et aux migrations de la douve du foie {Fasciola liepalica ou Distoma hepaticum) a peu changé. Si l'on a vu l'embryon à la sortie de l'œuf, on n'a observé delà vie de re>pèce aucune des phases qui précédent l'état adulte.
Il en a été autrement pour différentes petites espèces de trématodes. MM. ne Siebold et Steenstrup ont indiqué les formes larvaires de certains distoraes ou monostomes, et M Van Benedcn ayant repris la question (Hémoire sur les vers infeslinaux. Paris, 1858) et porté l'étude sur plusieurs espèces voisines, il est devenu possible de concevoir une idée à peu près com[ilète de la série des métamorphoses des trématodrs qualifii^s de digonèses. De l'œuf sort une Lave couverte de cils qui nage d-ins l'eau. A l'intérieur se développe une nouvelle forme : Scolex et la larve ciliée rencontrant SUT son passage un mollusque ou un insecte le scolex y est déprsé. Fixé, le scolex grandit et sur son corps, plusieurs ré.:ions se dessinent ; il engendre des cercaires caractérisées par la présence d'un appendice caudal. Les cercaires que J'en a souvent comparées aux têtards des grenouilles, étant mises en liberté, nagent d'une allureirès rapide. S'arrètant sur un animal : insei;t€, mollusque, poisson ou batracien, eltes s'attachent à la siurface ou à l'intérieur du corps à l'aidr! de leur ventOiOse. Une cauche visqueuse ne tardent pas à couvrir le corps ; c'e t une enveloppe qui se forme ; lever est enkysté, ea queue désormais inutile se flétrit et disparait. Des cercaires enkystées chez les lymnées lorsqu'elles sont ingurgitées par des oiseaux aqaatiques deviennent des dislomes