V. — Le phylloxéra
Sur un grand nombre de points, la marche envahissante du pliyllo-
xera a été constatée depuis quelque temps. Aiasi, les taches découvertes au printemps dans le département des Landes, se sont multipliées; de même, M. Tanviray, professeur d'agriculture de Loir-et- Cher, a signalé la présence de l'insecte sur plusieurs points du département qui jusqu'ici étaient considérés comme indemnes du fléau. Dans le déparlement de l'Ain, on constate aussi une extension du mal. Le Journal officiel vient de publier un décret qui règle les bureaux, de douane par lesquels pourra être faite, conformément aux stipulations de la convention de Berne, l'importation des plants de vignes et autres produits végétaux venant de Suisse. Ce décret est ainsi conçu :
Le Président de la République française,
Sur le rapport du ministre de l'agriculture et du commerce,
Yu la convention internationale de Berne du 17 septembre 1878, conclue entre la Frarce, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Italie, le Portugal et la Suisse, relative aux mesures à prendre contre le {)hyllo.\era ;
Vu le décret du 12 janvier 1880 qui a rendu cette convention exécutoire ea France;
Vu l'article 4 de la loi du 5 juillet 1836; Décrète :
Art. 1". — L'importation en France des plants de vigne, boutures et sarments, des plants et arbustes, de produits divers des pépinières, jardins, serres, orangeries, provenant de Suisse, ne pourra s'effectuer que par les bureaux de la douane ci-a[)rès dénommés :
Délie, sur la ligne de Montbéliard à Porrentruy.
Le Villiers (a|)rès l'ouverture de la ligne de Morteau).
Pontarlier elles Verri^res-de-Joux, sur la ligne de Pontarlier à Neuchâtel.
Les Hôpitaux-Neufs, Jougne. sur la ligne de Pontarlier à Lausanne.
Bell garde, sur la ligne de Genève.
Art. V. — Le ministre de l'agriculture et du commerce et le ministre des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret. Jules Ghêvy.
Fait à Pari.«, le U aoiit 1880.
Par le Président de la République : Leministre des financfs, J. Magnin. Le rninislre de l'agriculture et du commerce^ P. Tirard.
La réunion des Conseils généraux a offert, dans un grand nombre de déparlements, l'occasion de constater les progrès de l'invasion du phylloxora. En ce qui concerne l'Hérault, le rapport du préfet au Conseil général renferme des faits dont l'exposé est malheureusement trop éloquent :
« Le grand vignoble de l'Hérault peut être divisé en deux parties : celle qui est envahie et dont les vignes sont déjà détruites; celle dont les vignes encore indemnes "u dans la première période d'invasion, sont encore productives.
« D'après la dernière enquête préfectorale, l'arrondissement de Montpellier, qui au début de l'invasion phylloxérique possédait 70,608 hectares de vignes, n'en a plus que 2,050 hectares auxquels il faut ajouter 805 hectares de vignes américaines.
« L'arrondissement de Lodève se trouve dans uneposition analogue. De 28,805 hectares de vignes qu'il possédait avant l'apparition du phylloxéra, il ne lui reste plus que 2,364 hectares et 125 hectares de vignes américaines.
« Dans l'arrohdissement de Bézie:s sur 101,33.3 hectares que couvraient les ' vignes avant le phylloxéra, il restait au mois d'aoiit dernier 45,523 hectares considérés comme indemnes, et J9,231 attaqués; le reste 36,579 hectares avait péri.
« Dans l'arrondissement de Saint-Pons, sur 27,039 hectares de vignobles, 1,024 hectares avaient péri, 7,282 étaient attaqués, et 1«, 919 étaient encore indemnes.
« D'après ce qui précède, les deux arrondissements de Montpellier et de Lodève, ainsi que toute la j artie orientalede celui de Béziers, ont perdu leurs vignobles; il ne Idur en reste (jue des débris. Sur 2-27,783 hectares qui constituaient le vignoible de 1 Hérault, 129,446 sont morts, 30,927 sont attaqués, 64,442 sont encore
considérés comme indemnes. Cette surface est elle-même cruellement attaquée cette année. »
Au cours de la session, le Conseil général, après avoir entendu un rapport de M. Allen, « et en raison du plein succès obtenu par lapiaatalion de vignes américaines dans les vignobles infestés, a émis le vœu que le gouvernement favorisât, soit par des subventions, soit par tous autres moyens à sa disposition, les plantations appelées à régénérer complèiemeat l'agriculture dans le département de l'Hérault. »
Le dernier fascicule des annales de la Société d'agriculture de la Gironde renferme plusieurs documents importants, que nous devons analyser. C'est d'abord une étude due à M. Froidefond, «ur la géographie du phylloxéra dans ce département. Cette étude faite, avec le plus grand soin, établit la triste situation de tout le territoire. Il en résulte que : dans l'arrondissement de Libourne, toutes les communes sont phylloxérées; dans l'arrondissement de la Réole, qui comprend 102 communes à territoire rural, 95 sont phylloxérées; dans l'arrondissement de Blaye, 45 sur 56 communes viticoles, sont atteintes; les six îles importantes de la Gironde sont phylloxérées; dans l'arrondissement de Lesparre, on compte 22 communes phylloxérées, sur 27 communes viticoles; dans l'arrondissement de Bordeaux, sur la rive droite toutes les communes sont atteintes, et sur la rive gauche, 5 seulement sont encore indemnes, de sorte que sur r27 communes, 1 22 sont phylloxérées ; enfin, dans l'arrondissement de Bazas, le moins attaqué jusqu'ici, sur 46 communes viticoles, 14 sont notoirement atteintes. A côté de ce triste tableau, nous devons signaler un rapport de M. le docteur Micé, ancien président de la Société, sur les travaux reçus ou effectués en 1879. Ce rapport, très détaillé et très consciencieux, passe en revue la plupart des études ou des constatations faites l'année dernière sur les différents points de la France; nous n'y insisterons pas, la plupart des choses utiles ayant passé sous les yeux de nos lecteurs. Mais deux faits particuliers à la Gironde sont mis en lumière par M. Micé. C'est d'abord le succès de l'emploi du sulfure de carbone dans la plupart des circonstances, et l'explication des insuccès soit parce qu'on avait mal appliqué le remède, soit parce qu'on avait affaire à des vignes trop malades. En deuxième lieu, c'est l'exteni-ion de la submersion automnale des vignes suivant la méthode de M. Faucon; d'après les demandes de concession d'eau adressées à la préfecture de la Gironde, 262 propriétaires ont appliqué la submersion avec les eaux de la Garonne, de la Dord )gne ou de la Gironde; M. Micé estime que le nombre de ces propriétaires doit être aujourd'hui de 300. La Société d'agriculture de la Gironde a puissamment contribué à ces résultats ; on doit lui en être reconnaissant. VI. — Le Concours général de ï" Algérie.
Nous avons analysé le programme du concours général agricole de l'Algérie qui doit se tenir à Oran, du 16 au 25 octobre prochain. Ce concours sera certainement très important. Nous apprenons que pour alléger les charges des exposants, les Compagnies des chemins algériens, ainsi que la Compagnie de navigation mixte et la Compagnie transatlantique, ont consenti un rabais de 50 pour 100 sur les prix de leurs tarifs ordinaires pour le transport des produits destinés à figurer à ce concours.
VIL — Concours d'partemental de la Sarlke,
Le sixième concours départemental aanuel d'animaax reproducteurs des races bovines, ovines et porcines, pour le département de la Sarthe, aura lieu au Mans les 18 et 19 septembre procliain. Il y est adjoint un concours d'animaux de basse-cour, ainsi qu'une exposition de machines et instruments agricole:^, ouverte à tous les constructeurs français et étranpjers. Cette solennité est orij;anisée, comme les années précédentes, par la Société des aLjriculteurs de la Sarthe, sous la présidence de M. Courtillier. Pour les races bovines, trois catégories seront ouvertes : pour les races mancelleet diverses du pays, avec 2,205 fr. de primes; pour la race durham, avec 1,975 fr. déprimes; pour les croisements durham, avec 2,140 l'r. de primes. Les cultivateurs, fermiers ou métayers, auront seuls le droit de concourir dans ces trois catégories; les propriétaires ne pourront concourir que dans la catégorie des durhams purs. Pour les races ovines, le montant des primes s'élève à 3G0 fr.; pour les races porcines, à G()0 fr.; pour les animaux de basse-cour, à 405 fr. En ce qui concerne l'exposition d.'s machines, leur réception et leur installation commenceront le 16 septembre. Les déclarations des exposants doivent être envoyées avant le 3 septembre àjyi. Launay, professeur départemental d'agriculture, au Mans. YIII. — Concours du Comice central de la Double.
Le seizième concours du Comice central agricole de la Double se tiendra à Echourgnac (Dordogne), le 2G septembre, sous la direction de M. Piotay, vice-président du Comice, et de M. d'Arlotde Saint-Saud, secrétaire général. Ce concours comprendra les machines agricoles, les animaux reproducteurs des races chevalines, bovines, ovines, et porcines. Des primes seront, en outre, attribuées aux colons et aux vieux serviteurs les plus méritants.