Un petit volume in-8°, à la librairie Ghio, à Paris
production, le manque de capitaux doit être placé au premier rang. L'argent est rare et l'on n'en peut avoir qu'à des taux usuraires. Les colons qui ont besoin d'argent ne peuvent s'en procurer qu'à des taux qui varient, suivant les circonstances, de 10 à 30 pour 100 par an ; quelquefois même l'intérêt de l'argent atteint 3 pour 100 par mois. Quant aux indigènes, ils ne peuvent pas emprunter à moins de 50 à 60 pour 100 par an. Une des causes de cette cherté excessive de l'argent est dans la manière dont est faite la concession des terres. Le gouvernement donne des terres aux colons, mais ceux-ci ne reçoivent leurs titres de propriété qu'au bout d'un minimum de trois ans. C'est précisément pendant ces premières années qu'ils ont à faire les dépenses les plus élevées, pour l'organisation de leur domaine; mais sans titre de propriété, ils ne peuvent contracter d'emprunts hypothécaires, et il leur est impossible de trouver d'argent à un taux raisonnable. Il serait facile de remédier à cet état de choses, et cela est d'autant fplus urgent qu'une nouvelle branche de production prend, en Algérie, une grande extension, et promet d'accroître dans des proportions inespérées, la richesse de la colonie.
C'est de la culture de la vigne qu'il s'agit. Cette culture prend une importance chaque année croissante. Et cela se conçoit facilement, La vigne, en effet, pousse très bien presque partout en Algérie; elle donne de belles vendanges jusque dans les terrains les plus secs, les plus caillouteux, qui paraissaient voués à une stérilité absolue. Il y a longtemps que les premiers essais de culture de la vigne ont été tentés ; les produits étaient excellents, mais l'immense majorité des vins qu'ils servaient à fabriquer était de qualité médiocre, pour ne pas dire détestable. La cause en était dans les vices des procédés de vinification adoptés par les premiers colons qui n'avaient qu'une médiocre connaissance des lois de la fermentation des moûts et des soins qu'exigent les vins. Leur éducation est faite désormais, et les vins de l'Algérie sont bien supérieurs à ce qu'ils étaient il y a quelques années seulement. Aussi les plantations de vignes ont-elles été faites sur une grande échelle, et ces nouvelles plantations commencent à donner des produits sérieux. Il est impossible de prévoir dans quelle proportion exacte la vigne s'étendra en Algérie, mais ce n'est pas s'aventurer que de lui prédire le plus brillant avenir.
Il y a encore peu de temps, on ne buvait dans la colonie presque que des vins d'importation, soit de France, soit d'Espagne ou d'Italie. Ces importations ont diminué dans des proportions très considérables. Pour n'en citer qu'un exemple, l'importation des vins, par le seul port de Bône, s'était élevée, enà1870, 38,800 hectolitres; elle est descendue, en 187^, à 493 hectolitres. La population n'a pas diminué dans l'intervalle ; elle a, au contraire, augmenté. On ne peut attribuer la diminution des importations qu'à l'accroissement de la production locale. De même, en cinq ans, l'importation des vins, à Philippeville, est descendue de 90,656 à 868 hectolitres. L'exportation des vins algériens est encore relativement assez faible ; mais elle va rapidement prendre un essor comparable à la rapidité avec laquelle le développement de la production a arrêté le mouvement des importations.
Jusqu'ici les indigènes se sont montrés assez rebelles aux exemples donnés par les colons dans l'extension de la viticulture. On estimait à 1 8,000 hectares environ la surface plantée en vignes dans toute l'Algérie
à la fin de 18TS ; sur ce tolal, les indigènes n'entraient que pour un neuvième. Faut-il y voir rintluenee de la loi de i\Iahomet ? Il est plus rationnel, croyons-nous, de l'attribuer àleurmanque général de capitaux, qui ne leur permettrait pas d'attendre pendant trois ou quatre ans les premiers produits de leurs vignes.
Si la production agricole de l'Algérie va toujours en augmentant, il n'en est pas de môme de la plupart des autres colonies. Ce fait ressort des Tableaux de population^ de culture, de commerce et de navigalion que le ministère de la marine publiecliaque année Le volume relatifà Tannée 1878 vient de paraître. On y conslate que, dans les colonies adonnées aux cultures spéciales de denrées dites coloniales, canne à sucre, café,vanille, coton, cacao, tabac, girolle, etc., la situation n'a pas sensiblement varié depuis longtemps. Il y a même quelques cultures qui perdent du terrain. Ainsi, la canne à sucre qui, à la Réunion, couvrait 46,000 hectares, il y quelques années, n'en occupait plus que 39,000 en 1878. A la Guadeloupe, au contraire, il y a tendance à accroître la culture de la canne. La principale cause de la diminution de la culture, à la Réunion, est dans les ravages causés par le borer, insecte dévastateur qui s'est propagé avec une grande rapidité, et dont on n'a pas encore trouvé le moyen de se débarrasser.
En Cocbinchine, malgré les ditticultés multiples que rencontre la colonisation, de grands etîorts sont faits pour développer la production agricole. Pendant l'année 1878, on estimait à 17,000 hectares l'étendue des terres défrichées dans la colonie, et les concessions de terres domaniales faites durant la même année s'élevaient à 2,732 hectares. Le jardin botanique de Saigon et la ferme des Mares contribuent à répandre les cultures les plus utiles à la colonie.
Le jardin botanique de Saigon a été fonde en 18G4. Il a une étendue de 12 hectares couverts par douze à treize cents variétés d'espèces diverses. Son développement progressif lui a permis de livrer d'abord à des prix très restreints, et peu après gratuitement, une grande quantité de graines et de plantes utiles dont une des principales fut le caféier. Depuis 1875, il lui est impossible de satisfaire à toutes les demandes qui lui sont faites. Cependant, durant l'année 1878, il a délivré 20,000 plantes ornementales, 14,000 plants d'essences diverses, 17,000 arbres fruitiers, 500 palmiers, 1,500 plantes textiles, 1,700 vanilles, etc. Le jardin botani([ue reçoit tous les ans de nouvelles espèces de graines qu'il tente d'acclimater; ses efforts se portent surtout sur les arbres fruitiers, ainsi que sur les plantes alimentaires.
La ferme des Mares a été établie, en 1 875, sur l'emplacement du haras colonial qui venait d'être supprimé. Le but de cette création est l'introduction de nouvelles cultures en Cochinchine. Les expériences sont poursuivies tous les ans sur la canne à sucre, l'indigo, le coton, le cacaoyer, le manioc, le poivre, l'ortie de Chine, le jute, etc. En quatre ans, la ferme a distribué aux agriculteurs de la colonie 1,300,000 plants de canne à sucre, 210,880 caféiers, 3,000 manguiers, 1,400 kilog. de graines diverses, etc. Des essais de culture de la canne à sucre ont été faits sur un grand nombre de points, et ont jusqu'ici donné de bons résultats.
Le commerce de la Cochinchine tend d'ailleurs à se développer rapidement. En 1878, il s'est élevé à 104,5/i5,000 fr., dont 58,349,000 fr à l'exportation et 44,190,000 à l'importation. Le riz forme la plus
grande partie des exportations ; le montant des exportations de riz entre pour 44,786,000 fr. dans le total général qui vient d'être indiqué.
Henry Sagmer.
Il existe en agriculture des préjugés bien tenaces. Quelques-uns ont une raison d'être, et il importe de les combattre avec douceur et ménagement. iMais il y en a d'autres, et c'est le plus grand nombre, qui sont d'autant plus difficiles à détruire qu'ils sont plus faux et plus absurdes. Ceux-ci ont la vie dure. C'est l'hydre de la fable, dont les têtes multiples renaissent à mesure qu'on les abat.
Parmi ces préjugés, il n'y en a pas de moins fondé que celui qui prétend que la race Durham n'est point laitière. Ce préjugé fait même partie de l'enseignement de certains professeurs dans les écoles d'agriculture, et il m'arrive souvent de rencontrer de jeunes agriculteurs fort intelligents et fort sérieux, m'objecter, lorsque je recommande la race Durham, qu'on leur a enseigné, et cela d'une manière absolue, que les vaches de cette race n'ont pas assez de lait pour nourrir leurs veaux; qu'on est obligé d'avoir des nourrices pour ceux-ci, et que, môme dans les cas les plus favorables, il faut deux vaches Durham pour élever un veau. J'ai entendu tant de fois, dans ces derniers temps, les mêmes assertions que je crois de mon devoir de publiciste et de zootechnicien pratique, de combattre une fois de plus par des faits, une maxime aussi erronée et aussi funeste au point de vue du progrès . que celle que je viens de citer.
Je n'ai point la prétention d'établir que toutes les vaches de race Durham sont bonnes laitières. Il en est de cette race comme de toutes les autres. Il y a des familles extraordinairement laitières, comme il y en a qui le sont médiocrement; mais je maintiens que la moyenne des vaches Durham donne un rendement en lait, en beurre et en fromage, supérieur à celui de n'importe quelle autre race. La race Durham possède en outre un autre avantage incommensurable, c'est l'hérédité des qualités laitières que l'on peut maintenir en conservant soigneusement la pureté des familles, ce que les généalogies permettent de faire, tandis qu'avec les autres races on agit dans les ténèbres du hasard. D'ailleurs, nulle autre race n'a été cultivée avec autant de soins raisonnes. Chez nulle autre les éleveurs n'ont conibiné les accouplements avec autant de considération jalouse et raisonnée. C'est en procédant de cette manière, qu'on a consp- ' ans certaines familles, d'une manière intacte, le précieux hér ai leur appartient et qui fait leur mérite et leur valeur, et c'est sun^at pour cette raison que je recommande aux éleveurs de ne puiser les éléments de leurs troupeaux que dans les familles dont la lignée est pure de tout mélange et dont la généalogie ne présente aucun alliage.
Je vais maintenant indiquer les familles les plus laitières en citant les vaches dont les qualités laitières sont le plus renommées. Les faits que je vais citer sont d'ailleurs appuyés sur les témoignages les plus irrécusables, et sont de notoriété publique et admis par tous les éleveurs anglais. Plusieurs ressortent de ma propre expérience, et j'ai connu un grand nombre de vaches dont je vais citer les rendements, et par conséquent, j'ai pu constater moi-même la réalité des chifîres de ces rendements.
A l'origine même de l'amélioration de la race Durham, c'est-à-dire au point de départ de sa renommée^ on trouve deux vaches célèbres auxquelles il faut attribuer tout ce qui fait l'excellence et le mérite de la race. Ce sont Princess et lady Maynard. Tout ce qui remonte directement à ces deux souches est frappé au coin de la supériorité. Les femelles de toutes les branches de ces deux familles sont extraordinairement laitières; ces qualités sont essentiellement héréditaires et se transmettent infailliblement dans les produits par les taureaux. Une vache produite par un taureau pur de ces familles, avec une vache ordinaire, est sûrement plus laitière qu« la mère; mais cette qualité, chez elle, n'est qu'individuelle et ne se transmet point à ses produits, à moins qu'on n'ait de nouveau recours à unautre taureau appartenant à ces familles exceptionnelles. Voilà un avantage qu'aucune autre famille Durham de sang mélangé, qu'aucune autre race ne possède.
Dernièrement je me suis mis à collectionner les vaches les plus laitières appartenant aux familles de lignée laitière bien reconnue, pour en former mon troupeau de Saron. J'ai déjà cédé un certain nombre de génisses à plusieurs éleveurs français dont je puis donner les noms, qui tous m'ont certifié leur entière satisfaction du rendement laitier de ces génisses dès leur premier veau. Ce rendement a toujours été de 25 à 28 litres de lait par jour; que sera-ce donc au deuxième ou au troisième veau? Chez moi le résultat a été le même. Je me rappelle, il y a de cela vingt-cinq ans, lorsque j'élevais des Durhams au château Saint- Jacques, en pleine vallée d'Auge, aux environs de Lisieux, j'ai plu^ sieurs fois comparé le rendement en lait des vaches réputées dans le pays comme laitières extraordinaires, et j'ai toujours constaté une grande supériorité chez la plupart des vaches du troupeau Durham que j'avais formé de concert avec M. Gernigou, l'éminent éleveur de la Mayenne.
En Angleterre, je l'ai souvent répété et c'est un fait bien connu, tous les troupeaux des comtés laitiers oi^i l'industrie est exclusivement la fabrication du beurre ou du fromage, ou bien comme dans les grandes laiteries des environs de Londres qui fournissent le lait à cette immense métropole, toutes les vaches laitières sont exclusivement de race Durham ; la moyenne de rendement étant non seulement supérieure en quantité et surtout en qualité à celui de n'importe quelle autre race. Ce rendement est aussi beaucoup plus économique, car, en prenant par exemple pour point de comparaison la race hollandaise, l'une des plus laitières que l'on connaisse, on trouve dans la pratique que, de même que les vaches normandes, elles consomment beaucoup plus que les vaches Durham. Hier encore je lisais, dans une lettre que m'écrit l'un des plus grands éleveurs de i'Alsace- Lorraine, dont le troupeau se compose de soixante têtes, comprenant des vaches hollandaises et durhams : les vaches Durham sont de sang mêlé, pas une n'appartient à une famille distincte, et il y a même quelques addenda venant de chez M. le comte de Massol. Dans tous les cas, bien que mon éminent correspondant me dise que les familles de Durham qu'il possède sont de sang Bâtes, et quelques-unes de sang Booth, ces familles n'ont toutes qu'un sang mélangé, car les purs Bâtes et Booth n'existent qu'en Angleterre et en Amérique. Il s< peut que ces familles aient une infusion de sang Bâtes et de sang Booth, mais cette infusion ne saurait exercer sur les produits immé-
diats qu'une influence individuelle et pas un atome d'hérédité. Je le repète, pour que cette hérédité se transmette, il faut que l'individu qui la possède appartienne à la famille pure et sans alliage. C'est ce qui n'existe point en France, oii pas un éleveur, y compris le gouvernement, ne semble môme se douter de ce phénomène physiologique, si bien reconnu des éleveurs anglais et américains, et qui seul explique les prix exceptionnellement élevés qu'obtiennent dans les ventes les animaux de certaines familles ayant des généalogies nettes de tout alliage.
Mon correspondant alsacien m'observe, dans son intéressante lettre, que les vaches Durham qu'il « possède et dont je viens de définir l'origine (je cite textuellement), d'après son expérience, ces Durhams ne sont pas mauvaises laitières, beaucoup tiennent admirablement leur lait, et que, si beaucoup ne sont pas grandes laitières, le lait produit est alors de qualité supérieure. » « Enfin, continue-t-il, j'ai constaté que les Hollandaises, à poids égal, consomment environ un quart de nourriture en plus. Les bœufs sont bons et énergiques travailleurs, du moins chez moi. Ma meilleure laitière est une 3/4 de sang durham-hollandais. Cette vache a douze ans aujourd'hui et a une santé de fer, rareté chez les grandes laitières, proie ordinaire de la phtisie. »
Voilà un exemple bien remarquable de l'influence laitière du croisement avec un taureau Durham! J'en trouve un autre exemple frappant dans le compte rendu pour la campagne 1 879-1880 de l'exploitation de l'Ecole pratique d'agriculture de Saint-Remi (Haute-Saône), que l'excellent directeur, M. F.-M.-J. Cordier, vient de m'envoyer. Sous le chapitre Bétail, je lis ce qui suit : « Nous avons actuellement cinq vaches demi-sang durham dont trois ont fait un veau et les autres deux. Toutes, sans exception, sont bonnes laitières; les premières donnent deux fois plus de lait que leurs mères ; les secondes trois fois plus Les résultats obtenus par un certain nombre de cultivateurs qui avaient exposé leurs magnifiques animaux croisés Durham au dernier concours du Comice de l'arrondissement de Gray, si bien organisé par M. Perron, et présidé par M. Jobard, sénateur, entièrement dévoué à tout ce qui concerne l'agriculture, confirment pleinement les résultats que nous avons constatés à l'Ecole. Aux questions qui étaient adressées aux exposants au sujet de la production du lait de leurs vaches croisées, ils répondaient tous invariablement qu'elles étaient très bonnes laitières; du reste, il suffisait de voir les pis de ces belles bêtes pour être convaincu qu'ils disaient la vérité. D un autre côté, il était facile de constater leur belle conformation en les comparant aux animaux fémelins exposés, »
C'est là le langage de la pratique éclairée et intelligente. Les éleveurs qui me font l'honneur de lire mes publications conviendront que ces témoignages, qui sont des faits, ne peuvent être réfutés.
Les témoignages que je viens de citer seraient encore plus complets, si la question de l'engrais final avait été considérée. L'aptitude extraordinaire à l'engraissement final, manifestée par la race Durham, et à laquelle mon éminent correspondant de TAlsace-Lorraine a fait une allusion indirecte, en observant que les vaches Durham, à poids égal, consomment 25 pour 100 moins de nourriture que les vaches hollandaises, est un mérite dont on ne saurait exagérer l'importance. L'issue
fatale de l'existence des animaux: d'espèce bovine, c'est l'abattoir, et cette considération entre nécessairement pour une large part dans le rendement des bovidés. Une vache laitière, vieille, à bout de lait et ne produisant plus, donne un bénéfice final, réel et important à l'engraisseur, après avoir, comme laitière et vache-mère, réalisé pour son propriétaire, un large rendement en lait et en veaux. Il n'y a que la race Durham qui possède cette qualité d'aptitude à l'engraissement facile et économique, et l'éleveur, avec cette race seule, peut espérer recueillir ce dernier bénéfice, qui, avec les autres races, se change presque toujours en perte sèche et absolue.
Je vais maintenant puiser dans mes propres souvenirs, et encore plus dans les traditions authentiques de la race Durham. et raconter les exemples de fécondité laitière que nous offrent les annales historiquee de la fameuse race. On verra par les faits bien établis que je vais citer, que cette race a été et est encore la plus laitière qui ait jamais existé.
Je me rappelle une vente à laquelle j'assistais en 1848. M. Strafford officiait comme commissaire-priseur. C'était celle de M. Lakin, l'un des éleveurs de la race Durham qui a le plus cultivé les qualités laitières ; car, disait-il avec raison, une vache qui n'est pas bonne laitière est incomplète et n'a aucune valeur. Le lot 4 du catalogue était une vache nommée OUI Strawberri/, laquelle, appartenant à la souche Tylplœ comme les « Charniers ^), a formé une souche distincte qui, depuis cette époque, est devenue très célèbre. Dans le catalogue, se trouve attachée à cette vache, une note affirmant que cette vache était la meilleure laitière que M. Lakin eût jamais possédée.
Old Strawberry était âgée de plus de seize ans, et la moyenne de son rendement en lait pendant les quinze années de sa vie productive avait été de 1 ,050 gallons par an, soit environ 4,725 litres. Cette vache remarquable a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, époque oîi elle cessa de produire. Sa santé, comme celle de la vieille vache de mon correspondant alsacien cité plus haut, était de fer. Bien que placée au beau milieu d'un centre d'épizootie funeste, dans maintes périodes de son existence, entre autres de fièvre aphteuse et pleuro-pneumonie, qui décimaient le troupeau dont elle faisait partie, elle resta parfaitement saine jusqu'à l'âge de 27 ans où elle fut livrée au boucher. Cette aptitude laitière et ce robuste tempérament qui distinguaient cette descendante extraordinaire de la non moins remarquable et illustre Sylphe n'étaient point des mérites individuels, mais essentiellement héréditaires. Ainsi une de ses filles nommée Star donna une moyenne annuelle de 3,600 litres de lait pendant 8 ans, et Stella fille de Star et par conséquent petite-fille de Old Strawberry, possède à son avoir un rendement moyen annuel de 4,41 0 litres de lait pendant cinq ans.
Le môme M. Lakin a publié dans les notes de son élevage le rendement moyen annuel dune autre de ses vaches, lequel fut enregistré pendant trois années consécutives et qui se montait à 3,915 litres. La mère de cette vache, appelée Novice et dont le rendement fut enregistré pendant cinq années consécutives, donna une moyenne annuelle de 4,680 litres.
M. Lakin était un éleveur systématique et il avait la coutume d'enregistrer dans son journal et par conséquent jour par jour, le rendement en lait des vaches de son troupeau. Malheureusement c'est le
seul éleveur dont les notes publiées dans le catalon;ue de sa vente de 1848, donnent une idée delà valeur laitière des Durhams, à l'exception de celles de M. Bâtes, lo grand éleveur, qui, dans ses notes autobiographiques que j'ai l'intention de publier prochainement, donne des rendements dont il garantit l'authenticité, lesquels établissent le mérite laitier de la race Durham de la façon la plus éclatante.
[La suite prochaincinont). F.-R. de la Tréhojnnais.