‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 270 sur 752 · LE JARDIN DE LA FERME DANS LE MIDL · texte numérisé non relu

LE JARDIN DE LA FERME DANS LE MIDL

succéderont l'un l'autre ; on les replantera en octobre, novembre et décembre.

Comme dans la ferme on n'a pas toujours tout le temps qu exigerait la culture potagère bien soignée, on pourrait semer tous ces divers légumes en rayons. On n'aurait ensuite qu'à éoîaircir le plant, lui donner un sarclage à la serfouette et, suivant le pays que l'on habite, le garantir des fortes gelées. J.-B. Cap.bou.

On se souvient que, à l'exposition universelle de 1878, M. Albaret a envoyé une machine destinée au liage des bottes après le battage. Cet appareil a été modifié dans ses ateliers; la figure 27 le montre dans sa nouvelle disposition. Il sert à la fois pour peser la paille et la lier automatiquement à la sortie de la machine à battre.

Cet appareil, placé horizontalement en travers du secoueur de la batteuse, se compose d'un préparateur pour redresser la paille et la disposer à tomber d'une manière régulière sur le pèse-paille. Il est formé d'un arbre en bois, garni de quatre rangées de fil de fer courbé en S et ayant un mouvement de rotation assez lent afin que la paille ne puisse être reprise par ces tiges en fer. La paille, de cette façon, se trouve placée dans une position régulière sur le pèse-paille.

Le pèse-paille est composé d'un arbre carré horizontal en bois, dont chaque extrémité est terminée par un tourillon en fer aciéré. Chaque bout a un centre creusé pour recevoir un axe angulaire afin de tourner sur pointe. Sur l'un des tourillons de l'arbre est fixé un croisillon à quatre branches parfaitement divisées et de la même longueur : le bout de chaque branche est arrondi et trempé afin d'empêcher l'usure. L'une de ces branches repose sur une romaine dont on peut varier le poids à volonté, et qui règle le volume et le poids qu'on veut donner à la botte de paille.

L'arbre est garni de quatre rangées de tringles en bois qui forment deux cloisons à jour, invariablement fixées avec des vis, bien échantillonnées et de la même longueur, de façon que l'équilibre soit parfaitement établi.

C'est sur ces cloisons que tombe la paille à la sortie du préparateur, et elle s'y emmagasine pour former la botte. Le poids étant obtenu, l'appareil fait un qaart de tour et Tune des branches du croisillon décroche, en passant, un verrou qui arrête l'élan dupèse paille et maintient la cloison horizontale pour recevoir la nouvelle botte; la même branche, en faisant son quart de tour, agit sur l'embrayage du lieur qu'il met aussitôt en marche.

La paille tombant du pèse-paille est reçue sur un plancher incliné, vers le milieu duquel se trouve le fil de fer qui doit lier la botte. Ce fil provient de deux bobines placées, l'une en dessous du plancher incliné, et l'autre sur le plancher au-dessus du pèse-paille.

Il passe dans un cintre en fer qui doit former la botte et vient passer de la partie supérieure à la base d'un levier muni d'un ressort qui maintient constante sa tension.

Les bobines sont munies chacune d'un contrepoids pour les ramener à leur position de tension.

Elles sont disposées de façon à pouvoir être serrées ou desserrées à volonté selon le serrage que l'on veut donner à la botte.

Aussitôt que l'appareil-lieur se met en marche, deux griffes en fer compriment la paille pour la préparer au bottelage. En même temps le fil entoure la botte, le cintre conduit et pousse le fil à la rencontre de

l'autre fil provenant de la bobine inférieure ; à cet instant un mécanisme tord le fil et le coupe en réservant une ligature qui conserve sa continuité. — Le cintre se relève pour reprendre sa position verticale et le fil se trouve tendu prêt à recevoir une nouvelle botte. — Pendant que le cintre se relève, la botte qui vient d'être liée est saisie par deux

bras en fer qui la poussent sur un plan incliné et la forcent à rouler sur le sol.

Avant d'arriver au bout de sa course, le mouvement des bielles remet le verrou en place et le pèse-paille redevient libre et peut fonctionner de nouveau. Alors le déclanchement du mouvement s'opère en attendant la nouvelle botte. L. de Sardriac.

Le développement de toutes les branches de la production en Algérie, est une des questions qui préoccupent vivement aujourd'hui l'opinion publique. L'agriculture algérienne attire tout particulièrement l'attention ; chacun sait que c'est là la principale source de richesse de notre colonie africaine, et pour peu que l'on soit passé par le collège, on se demande ce qu'est devenue cette fertilité proverbiale qui avait fait de ses plaines le plus important grenier de la • Rome antique. Pour l'observateur attentif, l'Algérie se développe avec une rapidité qui est surtout accentuée depuis dix ans ; peut-être, et même certainement ce mouvement pourrait être moins lent. Mais que de circonstances atténuantes pour les colons dans cette organisation administrative coloniale que l'on n'a pu encore parvenir à fixer et dans les difficultés sans nombre résultant de la législation qui régit le droit de propriété? Ces réflexions nous sont suggérées par la lecture d'un travail que M. Edm. Ott, qui a longtemps habité notre colonie, vient de publiei>sous ce titre : Etude sur la colonisation de lAlgérie\

« L'Algérie, nous dit-il, a cela de particulier que tous ceux qui l'ont connue l'aiment, et que tous ceux qui l'ont longtemps habitée la regrettent toujours. » Laissant de côté la tournure un peu exagérée de cette assertion, on y trouve néanmoins la trace de cette attraction que le sol africain exerce sur ceux qui l'ont vu. Malheureusement cette attraction n'a pas encore été suffisante pour déterminer un courant puissant de colonisation qui y assure, d^une manière définitive, la prédominance du sang français. Le gouvernement impérial aVait rêvé la création d'un royaume arabe en Algérie; aussi toutes les mesures administratives et législatives avaient été prises en faveur des indigènes, en même temps que tout était combiné pour arrêter la colonisation européenne. Dans les six années 1863 à 1869, trois ou quatre villages seulement ont été créés, et, à cette date, l'administration affirmait qu'elle n'avait plus un hectare de terre à concéder. C'était vrai, car le sol avait été presque tout entier laissé ou plutôt mis entre les mains des Arabes. L'insurrection de 1871 a eu cet heureux résultat qu'elle a permis de mettre le séquestre sur de vastes étendues de terre et de reprendre le travail de colonisation, si bien que, de 1871 à 1877, il a été créé 50 lots de fermes et 150 nouveaux villages. Ce mouvement progressif continue, mais tous les colons demandent que d^s dispositions efficaces soient enfin prises pour faire cesser les privilèges dont jouit la propriété arabe, et en permettre enfin la mobilisation. C'est par suite de ces entraves que, sur. les 13 millions d'hectares qui constituent le Tell, 5 millions à peine sont en terres cultivées, et encore les huit dixièmes sont toujours entre les mains des indigènes, qui les cultivent misérablement.

Parmi les obstacles qui s'opposent au développement rapide de la

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