‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 277 sur 752 · SUR LE MÉTAYAGE EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

SUR LE MÉTAYAGE EN BRETAGNE

deux éléments de succès alors inconnus dans cette partie de la Bretagne.

Propriétaire dans l'arrondissement de Château-Gontier où l'agriculture est en grand progrès par le métayage qui y est traditionnel, M. de Bréon crut devoir appliquer ce mode de culture à ses terres de Bretagne. On conçoit aisément qu'il dut rencontrer de nombreuses difficultés dans un pays où le métayage n'était pas en usage, et s'appliquer dès le début à vaincre les résistances de ses colons, en les stimulant par ses exemples et en les aidant par ses conseils et ses capitaux. Aujourd'hui leur confiance est entière, et les récompenses qui leur ont été distribuées au concours régional de Rennes, sans que le jury ait cru devoir ajouter la prime d'honneur au prix cultural, par la raison sans doute que M. le comte de Bréon l'avait reçue l'an passé dans la Mayenne, sont encore venues accroître leur confiance dans les agissements d'un propriétaire éclairé.

Le but de M. le comte de Bréon, en agissant ainsi, tout en contribuant au bien-être matériel et moral des agriculteurs de la contrée, était de leur faire adopter la cultu re et les instruments perfectionnés, et l'usage de la chaux, surtout d'améliorer leur bétail par le croisement avec le Durham, de manière à retirer un plus grand profit de leur cheptel, sans diminuer la production de grains. Pour cela les métayers qui ne conservent généralement pas de taureaux, amènent leurs vaches au domaine des Etangs, régi également à moitié par M. V. Graland qui a secondé M. de Bréon dans son plan agricole adopté, et mérité une récompense spéciale du jury qui a inspecté l'intéressant domaine des Etangs. Là ils trouvent des taureaux pur sang dont les croisements se vendent, à 3 ans, 700 à 800 fr. la paire, c'est-à-dire un prix beaucoup plus élevé que celui qu'ils obtenaient de leurs animaux de 5 à G ans.

M. de Bréon entretient habituellement aux Etangs, tant pour les juments de ses fermes que pour celles de la contrée, un étalon approuvé, dans le but de Tamélioration des chevaux du pays.

La production fourragère a dû être le constant objectif de l'exploitation des Etangs. On sait hélas ! combien elle a été éprouvée par l'hiver rigoureux que nous avons traversé, et qui s'est manifesté dès l'automne, détruisant cette précieuse ressource des choux du Poitou, importés depuis trente ans en Bretagne, où ils sont aujourd'hui cultivés sur la plus large échelle.

Depuis cinq ans on a fait aux Etangs, les essais d'ensilage des fourrages verts et, en 1875, 300,000 kilog. de maïs furent mis en silos. Il était d'abord ensilé en entier, mais dès la deuxième année, le régisseur Graland en essaya le hachage au moyen d'une machine à vapeur et de deux grands hache-maïs sortant des ateliers de M. Bodin, marchant simultanément et débitant aisément 50,000 kilog. par jour.

L'assolement est alterne aux Etangs, avec la culture à plat, l'usage du semoir, de la charrue Brabant, des faucheuses et des moissonneuses.

Le domaine des Etangs offre pour nous l'exemple de l'intervention en agriculture d'un propriétaire, par le métayage suivi avec tous les progrès de la culture directe.

M. de Bréon, pénétré de cette juste idée d'économie rurale, que le progrès en agriculture est en raison directe des facilités de communication, a percé sa propriété de chemins de service, en même temps

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