‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 276 sur 752 · SUR LE MÉTAYAGE EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

SUR LE MÉTAYAGE EN BRETAGNE

d'association entre le capital et le travail qui y est apporté au minimum de son prix, par le métayer et sa famille dont l'accroissement est un bienfait pour lui. En effet, la condition des métayers qui emploient des ouvriers n'est guère plus favorable que celles des fermiers. Aussi dans les pays de métayage, oi^i on ne lit pas Malthus, la sage lenteur dont M. de Lavergne félicite les Normands, n'est pas imitée, au grand profit de l'accroissement de la population.

Le métayage jouit aujourd'hui d'une faveur qu'il n'avait pas autrefois. Les primes d'honneur, dans le Limousin et le Maine, se sont rencontrées l'an passé parmi les concurrents de la troisième catégorie, à savoir les propriétaires exploitant plusieurs domaines par métayers^ et nous rendions compte à cette place même de Timportant domaine de Bréon, arrondissement de Chateau-Gontier qui avait mérité la prime d'honneur de la Mayenne. Cette année, M. le comte de Bréon se présentait pom' la même récompense en Ille-et>-Vilaine et pour le domaine des Etangs, nom qui a remplacera cause d'une série d'étangs dominés de coteaux boisés, celui de l'ancien manoir de Lampatre.

Parmi les 14 métairies qui composent l'important domaine des Etangs, 9 seulement étaient présentées pour la prime d'honneur, les G autres ayant été améliorées par la culture à moitié pendant un laps de temps variant de 12 à 20 ans et mises àferme, et les soins de M. de Bréon se portant désormais sur les 9 fermes à moitié, à peu près groupées autour du nouveau château des Etangs, d'une construction moderne et d'oi^i Ton peut jouir du plus agréable aspect.

La contenance des 9 fermes à moitié, formant noyau au milieu d'une propriété beaucoup plus étendue, est de 203 hect. 1/2. Elles étaient affermées 3,200 fr. au début des opérations de M. le comte de Bréon et produisent aujourd'hui au delà de 10,000 fr. Les anciens bâtiments de ferme ont été utilisés autant que possible; mais par ailleurs M. de Bréon a été contraint de faire des augmentations s'élevant à cette heure à 54,000 fr.

Des travaux considérables de drainage et d'irrigation ont été faits dans ces fermes sur lesquelles 31 hectares ont été drainés avec de gros tuyaux placés ai'". 50 de profondeur, recouverts d'une certaine épaisseur de pierres concassées ; de plus 3,400 mètres de canaux à ciel ouvert, ont été faits dans les endroits oii les racines des arbres auraient pu obstruer les tuyaux.

Lorsqu'en 1845, M. le comte de Bréon devint propriétaire, par héritage, de M. legénéral marquis de Labourdonnais, son beau père, delà terre de Lampatre, il fut frappé de son peu de revenu relativement à son étendue, et de la misère des fermiers. Les meilleures terres ne se louaient pas 20 fr. l'hectare, les ordinaires 10 ou 12 fr. et les landes 5 fr. Les bois étaient partout envahis par les bruyères et les mauvaises essences; le vieux manoir des Etangs, dit Lampatre, n'était entouré que de bois, de landes, d'étangs marécageux, et de quelques mauvaises prairies ressemblant plutôt à des landes et à des marais. Les parties marécageuses étaient en très grand nombre, l'eau se rencontrait à chaque pas, stagnante ou s'écoulant par petits filets naissants au milieu des landes et couverts de pellicules irisées indiquant la présence de matières ferrugineuses dans le sol. L'étude faite par un géologue distingué montra que ces terres pouvaient devenir fertiles de presque stériles qu'elles étaient, et n'avaient besoin que de drainage et de calcaire,

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