CRÉATION DES PARCS ET DES PELOUSES
Dans rétablissement des parcs et autres promenades de luxe, il faut s'efforcer de cbasser la monotonie en couvrant, avec goût et art, la surface du sol. Pour cela, les moyens employés, depuis un temps imioémo'ial, par nos habiles horticulteurs modernes, consistent à le garnir, sur différents points, de riches plantations, de brillants massifs d'arbustes variés, d'éblouissantes corbeilles de fleurs multicolores et de fin gazon anglais, qui constitue de beaux et luxuriants tapis verts.
Quant à la disposition des allées et du terrain, c'est une question de goût et de dessin paysagiste ; mais dans tous les cas, les allées doivent toujours être un peu profondes, sablée-^, cintrées et contournées de manière que les parties qu'elles encadrent ne se ressemblent pas; la surf;ices de ces dernières doit être vallonnée au centre, soulevée sur différents points, afin qu'elles aient un aspect accidenté.
Dans l'établissement des pelouses, avant d'ensemencer la terre en ray-grass vivace [loliam perenne), on doit la défoncer à 0"'.40 de profondeur, l'épierrer soigneusement, la nettoyer, la fumer au moyen d'engrais pulvérulent, qui n'a pas, comme le fumier d'écurie, le défaut d'infe'ter la terre de semences de plantes parasites ; puis on l'ensemence de la manière suivante :
Par un temps favorable, ni sec, ni pluvieux, et, après avoir raffermi le sol parun roulage afin qu'il résiste sous lepas des travailleurs, on répand régulièrement à la surface dans les proportions de 120 kilog. à l'hectare, du ray-grass anglais auquel on peut ajouter 10 pour UO de poa des prés, et I5 pour 100 de cynosurus cristatus ; on les recouvre d'une légère couche de terreau criblé sur laquelle on passe le rouleau, et l'on termine par un arrosage sous forme de pluie autant que possible.
Quand les plantes ont 10 à 12 centimètres de hauteur, on les roule légèrement pour briser les premières feuilles, et favoriser, au collet des sujets, la naissance de nouveaux bourgeons, et, au pied, le développement de nombreux et délicats chevelus; lorsque ces graminées sont assez élevées pour être fauchées, on leur fait subir cette opération qu'on renouvelle autant de fois qu'il est possible.
Pour entretenir les pelouses dans un parfait état de végétation, il faut, en temps de sécheresse et de chaleur, lorsque le ciel est clair, ne les arroser qu'au déclin du jour; si l'on emploie des eaux froides de source ou de concession, ces eaux, dans la journée, seraient pernicieuses jetées sur des plantes chauffées par l'ardeur du soleil, tandis que le soir les plantes refroidies sont moins accessibles à l'action réfrigérante des eaux de sources.
L'excès d'eau, en refroidissant la terre qu'elle durcit, la sature au point qu'elle favorise la décomposition de la racine des plnntes peu enfoncées parla contraction du sol. L'eau, en séjournant à la surface, produit une humidité qui engendre des mousses et autres parasites envahissant et étouffant les graminées.
C'est souvent par des arrosements mal compris et trop multipliés qu'on voit de belles et verdoyantes pelouses jaunir et disparaître au bout de quelques années
Maintenant si, comme on l'a constaté, les mousses sont les ennemis des pelouses et autres pâturages, on peut fort heureusement s'en débarrasser en semant, au printemps, à leur surface, une certaine quantité de plâtre en poudre. Cette application constitue en mêma temps un amendement fertilisant.
Dans le cas où l'on voudrait au printemps faire pâturer par des moutons des pelouses et autres herbages récemment établis, on s'exposerait à les détruire, car ces animaux ont les mâchoires tellement pointues qu'elles coupent les plantes dans leur coliet; les vaches ne présentent pas le même danger.
C'est à l'application des moyens que nous indiquons ici, qu'on doit la possession des belles et riches j)elouses qui font l'admiration de toutes les personnes qui les voient dans les propriétés bien entretenues. Dumont-Carment.
REYIJE GOiDlERCIALE ET PHIX-COURÂNT DES DENRÉES AGRICOLES