II. — Les concours régionaux
J?^ous rendrons un compte détaillé, dans un prochain numéro, du concours régional agricole de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui nous voulons seulement présenter quelques observations qui nous ont été suggérées par l'expérience qui vient d'iêtre faite de la tenue d^un concours régional à la fim de l'ètéiet au commencement de l'automne, par comparaison avec les cooicours tenus emi mai et juin. Nous voulonfe aussi appeler l'attention sur l'inoonvénàent qu'il nous paraît y avoir d'accumuleir trop de lètes avec un concours agricole.
Le concours de Clermonl a éité, feons-le tout de suite, très beaii pour îles produits agricoles^ ett même il l'a emporté à cet égard sur les concours ^de mai et de juin. iMais c'est en cela seulement qu'a consisté sa sfupôrioirîté. Sans .auomn idoute^ les animaux exposés étaient remarquables sous bien des rapports, ©t les machiiaes ne le cédaient à aucune de cdlles présentées dains les araires concours, Nas constructeurs avaient amené des instiuiments si voisins les uns des autres et d'une si grande perfedjiom., iqu'on peut les regarder comm-e des équivalents. Mais ce qni a manqué à Clermont, ic'est le nnoiaviement des affaires qui se prodniit idairas les -conoonrs eu printemps. Ao mois de septembre, l'agriculteur est pourvu (Be tous ses instrumemjts de culture et de tous les appareils nécessabes soit pour faire la récoilile, soit pour la préparer en vue du raarclié; il n'acliète plus de maobines-. De même l'époque est passée ipour l'acquisition des lanimaux reppoducteurs, ou bien elle n'est pastencore venue; «e n'est pas le mom-ertt. De là un manque d'intérêt du comcours, un détachement, si l'on peut s'exprimer ainsi, de la part des visiteurs. Or, les concours régFonrauK sont surtout intéressante quand ils sont, porar les aigipicultenirs, cLeB occasionB de ee voir etde 'conclure des laffadres.
En même temps que se tenaîït à Clermont le «onoours agriicoile, il y aieu non -seulement la splendide inauguration du monument de iBlaise
CHRQNIOUE AGRICOLE (11 SEPTEMBRE 1880). 4i03
Pascal,, raais oo y a joint une. foule de fêles : cctvalcade historLqimj concoLiFs d'opphéons, concours de gymnastique, exposition indnstrielle, exposition des beanx-arts, sans co;npler lies fôlfîs de charité, des illuminations, des fenx d'artifice, des banquets, etc Au milieu de tant de fêtes, le concours régional était un pea délaissé. Au moment mirjafi où &e faisait la distribution des recompenses aux agriculLears, aiî milieu du silence et sans musique, en présence de bien peu de monde, il y avait sur la grande place pubnq;ue urr immense cirque où les Sociétis de gymnastique se livraient à leurs exercices et recevaient leurs prix, au son de nombreu-t orchestres et en présence des- fl jts d'uine population pressée ebTivement intéressée. Le but des concours régionaux agricoles, dans de pareilles circonstances, nest pas atteint. L'agriculture a été trop effacée; elle n'est venue partout à peu près qu'au dixième rang. Or si, une fois, elle doit tenir la première place^. c'est bien lorsque se fait un concours régional qui ne revient que to'us tes sept ans dans le même département.
Ili. — Les ertc.ouragemeni's à V agriculture.
Ify a une tendance, en ce moment, que nous ne pouvons pas approuver : c'est celle d enlever aux associations agricoles les subventions qui les font vivre. On sait que nous sommes de ceux qui ont toujours blâmé l'intervention de la politique dans les- choses de l'agriculture. Il' n'était pas difficile de pi*évoir quelle n'aurait que des résul't'at^^ fâcheux. Mais de ce que quel'ques memhres d'associations agricoles se sont laissé aller à profiter ou à prendre prétexte de l'agriculture' pour faire des manifestations politiques ou électorales, ilnî nous paraît pas qu'ondoiveen ••onclurequele maniement des fonds de l'Etat ou des départements, destinés à encourager la production des champs, seront exclu^ sivement remis entre les mains d'un fonctionnxirepoliti |ue,et cela pour Ise biem de l'agriculture eîle même. Or, il paraît, d'après un article que M. JoigTieaux a publié dans le Sïède du 7 septembre, que c'est aiosi que les choses vont se passer dans le département du Giier. JVL laigaeauxi a exprime amsi : f ., , . . r , ,
« lia été décidé qu'on ne subventionnerait pas les associations agricoles de cedéparte ûjentetque iessomines attribuées aux encouragements agricoles resteraieat entre 1-s^ mains du préfet et.de la com nission d 'partem-^ntale. A la bonne heure!. C'est ainsi que les cho.ses devraient se passer pajtoat. Que le préfet du Cher et la commission départementale prennent l'avis d'hommes au'orisés en économie rurale, s'informent des pratiques agricoles défectue ises dius chaque canton et signalent par la voie des circulaires et des journaux les a néhorations importaiutes' qu'il' serait utile d'introduire chez eux. Qu'ils ouvrent ensuite des concours, et offrent de fortes primes à ceux qui auront le mieux réalisé les améliorations signalées, et en quelques années, grâce à ce mode d'encouragement sensé et sérieux, ils auront renau plus de services à leurs populations que n'en rendraient en un siècle les sociétés fermé<'S. Il se rencontrera certainemtînt dans li Cher de.5 cultivateurs intelligents n'appartenant à aucune société officielle,, qui se feront, uui devoir de seconder le Conseil général, d'entrer FésoLument avec lui dans la voie, du. progrès rural et de prendre part aux concours. L'esse itiel est que le préfet et 'a commission départementale ne comptent pas sur l'initiative privée ; eux seuls doivent la prendre après avoir consulté le professeur d'agriculture, où, à défaut dfi'cehii- i, des hommes d'une compétence incontestée, conniissant biea le pays et sachant par quelles améliorations il faut commencer pour réussir du premier coup.
« Le département du Cher a voté des fonds ; il n'entend pas qu'on en dispose à tort et à travers, selon la routine traditionnelle; il s'en réserve absolument Templod, : c'est bien. Il ne reste plus qu'à faire de ces fonds d'encouragement un ban emploi. Qu'on laisse de côté les médailles et les mentions honorab'es: pour nei
g'attacher qu'aux fortes primes en argent et aux diplômes. Il importe qu'on n'éparpille pas ses eO'orts et ses ressources sur de trop grandes surfaces; autrement;on les affaiblirait et on risquerait d'échouer.
« Pui.-que c'est le Cher qui commence, parlons du Cher. Il comprend trois arrondissements; il conviendrait donc de poiter toutes ses forces chaque année sur un seul arrondissement et de s'en rajiporter au tirage au sort pour ne point faire de jaloux. I a première année, par exemple, ce serait 1 arrondissement de Saint- Amand qui débuterait; la second^ année viendrait celui de Bourges, la troisième année c lui de Sancerre. Dans le Cher, les fumiers sont mal soignés, les iirigations sont négligées, la sélection des céréales est inconnue, la tenue des maisous de ferme laisse beaucoup à désirer. C'esi donc à encouiager l'aménagement convenable des fumiers, la construction des ciiernes à purin, la création des prairies naturelles, la production des bi nnes (ér'ales de semence, la propreté rigoureuse dans les habitations ruiales que devraient servir d'abord n suitout les sommes mises à la disposition du préfet et de la commission départementale. l'^ti'iM
« La période d'essais est ouverte; nous en attendons d'heureux résultats et lël''' souhaitons d'autant plus vivement qu'ils serviraient d'exemple à tous les départements qui ont la faiblesse d'entretenir des sociétés et comices inutiles, où se cantonnent plus souvent les ennemis de la République que les amis de l'agriculture. »
Nous avons reproduit inlégraloment le programme de i\l. Joigueaux, parce qu'il est utile que les Sociétés d'agriculture le connaissent. 11 fut un moment où l'on voulait leur remettre intégralement et absolument la direction des encouragements à l'agriculture; voici le programme contraire, on veut tout leur eulever. Les deux extrêmes nous paraissent également mauvais. Ces mouvements d'action et de réaction ne peuvent pas servir le progrès. Nous le répétons, le bien, c'est que l'agriculture soit un terrain neutre où, en dehors deconsidérationspûliti({ue8 ou religieuses, on encourage toutes les amélioi^ations, de quelque papt^ qu'elles viennent, et où l'on s'unisse dans l'amour de la patrie et /dq/i l^Hberté. ; .M..uiill
."'^„'^"ïl^ IV. — Congrès des vignes françaises à Clermont-Ferrandi^,,-i-o no noii ■ te Congrès des vignes françaises à Clermont-Ferrand a terminé ses ' travaux. Il a siégé le 30 et 31 août et le ]" et 2 septembre. La journée du 31 août a élé consacrée à une excursion à Mezel.
Signalons parmi les personnes qui ont pris part aux délibérations du Congrès, M.Dumas, de l'Académia des sciences, président de la- Commission supérieure du phylloxéra; M. Miraglia, directeur de ragpi«> culture au ministère de l'agriculture de l'Italie; M. Demole, membre^ i du Comité phylloxérique de Genève; un grand nombre de présideniiS;.; des Commissions d'études et de vigilance des départements viticoleSj;j-; M. de la Rochetlerie, pour le Loiret; M. Prillieux, professeur à l'Institut agronomique, pour Loir-et-Cher; M. Ferrer, pour les Pyrénéesjl, Orientales; M. Régnier et M. Ladrey, pour la Côte-d'Or; M. le doctevuhii Langlois, pour la Haute-Loire, etc. -jjuj
Les discussions ont été conduites avec beaucoup de tact, d'inteli^lo gence et de dévouement par le sympathique président de la Comrai%t)q sion de vigilance du Ptiy-de-Dôme, M. Guyot-Lavaline, sénateur, i^^'il sident du Congrès. Les membres du Congrès qui ont pris à ç^ discussions la part la plus active, sont : M. Boiteau, qui a exposé aveÇ: détailles mœurs de l'insecte ainsi que les principes qu'il croit devoir suivre dans l'application des traitements au sulfure de carbone ; M. de Laffitte-lvaloannenque qui a fait connaître un procédé spécial de distribution de trous d'injection et qui a attiré l'attention sur la nécessité de poursuivre la destruction de l'œuf d'hiver ; M. IMouillefert qui a donné les renseignements circonstanciés sur les traitements par le
sulfocarbonate de potasse ; M. Catta, délégué régional pour la régioa du Centre, qui a signalé certains faits nouveaux relativementà l'éclosion anticipée de l'œuf d'hiver et àlactioT nuisible de l'humidité dans les traitements au sulfure de carbone, et quia exposé l'organisation du service administratif et les principes qu'il a établis pour la recherche méthodique du phylloxéra dans les vignobles menacés; M. le docteur Ilenneguy, représentant M. Balbiani, qui a discuté certaines appréciations relatives à l'œuf d'hiver; M. de la Loyère qui a insisté sur la méthode préservatrice par les insecticides et les engrais permanents. La séance la plus importante a été, sans contredit, celle du r' septembre pendant laquelle a été fait le compte rendu de l'excursion à Mezel. L'exposé de la course a été donné par M. de Laffitle et apprécié par M. Dumas et M. Catta. M. Dumas a montré l'intérêt majeur qui s'attachait à poursuivre la lutte sur ce foyer, quelque extension qu'il ait prise, et dans le langage élevé dont il a le secret, il a su faire comprendre les remords qu'on se préparait, si n'ayant pas usé des moyens dont la science dispose aujourd'hui pour disputer pendant quelques années le vignoble à l'insecte, on se trouvait demain en présence d'une découverte qui résoudrait la question du phylloxéra alors que la vigne serait déjà détruite. M. Catta a démontré que les traitements ne sont pas responsables de l'extension des foyers autour des parties traitées lorsque des recherches méthodiques n'ont pas été faites sur une très large échelle autour de ces foyers. C'est le cas de Mezel où l'on croyait à une invasion de 4 ou 5 hectares, alors que les recherches que M. Catta a fait pratiquer ont révélé le fléau sur plus de 30 hectares. Il n'hésite pas à croire qu'avec des recherches soigneuses et l'application en grand des moyens dont on dispose aujourd'hui, on arrêterait le fléau. Il donne comme exemple le département de l'Aude où il a réussi à établir ce service sur de très larges bases et cil la marche di l'invasion est matériellement ralentie.
Le Congrès a émis plusieurs vœux, notamment celui par lequel il attire l'attention de la Commission supérieure sur le sulfocarbonate de calcium. Il est regrettable que la discussion de ce procédé n'ait pas été suffisamment complète et surtout que ses partisans n'aient pas demandé la parole en présence de l'illustre président de la Commission supérieure.
Le vœu le plus important qui est comme la justification et la conclusion du congrès est à peu près conçu en ces termes : Le Congrès, après avoir pris connaissance des résultats obtenus jusqu'ici dans la lutte contre le phylloxéra, est convaincu que la vigne française peut efficacement être défendue et demande à tous les pouvoirs publics de poursuivre la lutte en lui donnant une importance en rapport aveô l'immensité des intérêts à défendre.
Le Congrès s'est déclaré périodique-annuel et a désigné une Commission d'initiative chargée d'organiser la réunion de Tannée prochaine qui, selon toute probabilité, aura lieu à Toulouse.
-aib 6b Ijii;;048 ob;,.<nq ^^rrMP^ylloxera.
Sâ?'1fti j*rahd rionibfe dé jiôînts on signale la constatation de nouvelles taches phylloxériques plus ou moins développées. En ce qui concerne le département de la Côte-d'Or, nous recevons de M. Ladrey, professeur à la Faculté des sciences de Dijon, la lettre suivante i
^6- CHKONIQUE AGRICOLE (11 SEPTEMBRE 1880).
«îMon cher directeur, une nouvelle tache pliylloxérique vient d'être constatée dans la G te- d'Or sur le territoire de la commune de Chambolle» Gomme des indications erronées ont été publiées à te sujet, je tiens, avant xle quitter Glerraont,à vous donner sur ce fuit des rensei,t,^nenineiits exacts.
« La tache uni(iue reconnue présente en surface environ 5 raètre=; carrés, elle est située dans un climat de|)laut fin au nord du village; ce climat esi un premier cru nommé les 'Crus.
« Aucune constatation analogue n'a été faite jusqu'ici dans les communes voisines de GhamboUe,
« On a commencé à traiter cette tache, le lundi 30 août, au moyen du sulfure de carbone à haute dose. Deux zones environnant la tache ont été traitées à dose plus faible.
a Ge quia (ait dire que le phylloxéra avait été reconnu dans le Musigny, nom d'un des plus grands crus de la Gôte-d'Or, c'est que par suite de l'existence de ce climat sur a. commune de GhamboUe, celle-ci est désignée depuis quelque temps sous le nom de CliamboUe-Mvdgny.
« A mon retour à Dijon, jerae propose d'ailler visiter GhamboUe; si j'apprends dans cette visite quelque chose de nouveau et d'intéressant, je vous en lerai part.
a Agréez, etc. G Ladr^y-
Depuis plusieurs années, M. le D"" Menudier, membre delaCoramission supérieure du phylloxéra, se livre sur son domaine du P'iaiid- Chermii^nac, près Saintes (Cliarente- Inférieure), à des essais sur remploi des insecticides et sur celui des cépages résistants. Le (limauche 19 septembre, il y développera, dans une conférence publicpie, les trois points suivants qu'il considère commeabsolument acipiis : Vles^ignes françaises situées en terrains profonds, peuvent être conservées |=mr l'emploi du sulfure de carbone et des engrais; 2" les vignes françaises, situées en terrains légers, calcaires et peu profonds, ne peuvent pas être défen(kies par le sulfure de carbone et les engrais ; 3° isi re-ons'titution des vignobles est possible par les cépages américains résistants, em les employant soit comme producteurs directs, soit comme portegreffes. Cette conférence sera suivie d'une visite dans les vignes du Plaud.
Dans le Midi, des études nombreuses se poursuivent sur la cultitre des vignes américaines et le greffage des vignes françaises sur souches résistantes. Le Comité de vigilance de l'arrondissement de Toulon, présidé par M. Fisquet, fait connaître, dans les termes suivants, les résultats qu'il a constatés cette année :
« Les indications sommaires que nous sommes en mesure de fournir à ce sujet, sont loin d'être définilives et complètes; cependant comme ellfs peuvent prévenir des échecs et des mécomptes, c'est un devoir pour rous de les porlerà la connaissance du pu'bhc. La soudui-e entre le sujet américain et le greffon européen ne se fait pas avec la même s(didité pour toutBS les espèces
a Le mcmivèdre sur Jacquez semble s'adapter parfaitement bien, et réciproquement les Jacquez se greffent avec un su ces remarquable sur mour\èdre.
«■ Le MoUrvèdre au contraire réussit mal sur cunningham
« Le Garignan se soude parlaitement sur Taylor; lesgreffes de l'année ont supporté sans se si'ytarer un poids de :>0 ikiiog'raninîies.
'«Le P.rimavis muscat ;pous>e très bien sur Taylor.
« La Clairette donne sur Ripai ia des jets de 4 mettes dès la première année.
« Le Garignan sur "Vialli a donné 89°/o de repris.es.
« Il convient du reste d'observer ique pour cette dernière greffe la soudure n'est pas très soLlde dès la premiàre année. Ge qui ne l'empêoheipa» de :ae consûiider d'une manièie.complète l'année qui suit.
« L'Aramon (ait tiès liien ménage avec LeRiparia, le Vitis Solonis e^t l'Oporto.
v "Voila en résumé les renseignements que nous pouvons fournir celte année sur les grelfages 'pratiquéB par ttoub -et nos 'collègues.
ce Nous continuerons nos études sur l'adaptation des divers cépages européens aux porte-grefles américains, et nous aurons soin d'en dresser un tableau qui sera consulté avec fruit.»
Le comité de Toulon ex.pri.rrie, en outre, le vœu que l'admistration prenne l'initiative de la création de pépinières qui permettraient aux vignerons de régénérer leurs vignobles à des conditions moins onéreuses que celles présentées actuellement par le commerce. VI. — Les guêpes.
On rapporte que lies guêpes font, cette année, dans les vignes de Champagne, de grands ravages. Les municipalités d'Ay, de IMTareuil, de Dizy, ont fait annoncer à son de tambour qu'elles offraient une prime de 1 fr. 50 par nid de guêpes détruit. Le Vicjmron Champenois donne, sur les moyens à adopter pour atteindre ce but, des renseignements qu'on lira avec intérêt :
« Après avoir envisagé le désastre à redouter, arrivons bien vite à un nouveau remède qui me paraît plus radical et plus facile que l'ingénieux procédé trouvé par 2 jeuneg g.Hrs de Champillon dont nous n'oublierons pas le bon vouloir.
« C'est M. Anthoine, apiculteur à Mareuil, qui vient à l'instant, de la part de M. le comte de Montebello, de me communiquer sa recette. D ins le jour, M. Anllioiue s'enquiert sur les nids; il remarque les allées et venues des frelons; il suit de l'œil ceux qui sont chargés de butin, car ce sont ceux-là qui retournent au logis; il les voit entrer par un trou généralementsitué au midi, sur lés talus des routes, ou sur les berges du canal, ou pratiqué le plus souvent sur les bords de la Marne.
ce 11 plante un jalon portant un voyant en papier; à la nuit tombée, il revient avec une sorte de fleuret sonder la situation du guêpier qui forme un milieu de terre très ameublie, facile à sentir; il verse dans l'ouverture pratiquée parla sonde, environ 1/4 de litre de pétrole; puis à l'aide d'une bêche il remue tout le nid endormi, et sufloqué par le pétrole; il vers-e prestement encore l/^ de litre de pétrole auquel il met le feu, et pendant la flambé'', il recommence à remuer, si bien que les guêpes et le couvin sont brûlés du mêms coup.
ce Nos jeunes amis de Ghampillon, avec leur boîte-souricière, ne peuvent atteindre le couvin dont Tincubatioi de 21 jours peut durer encore une quinzaine'; nos braves vignerons d'Ay, en enfumant les repaires à guêpesj, ne peuvent l'aire mieux. »
La destruction des guêpes est d'autant plus urgente que les colonies de c«s redoutables insectes se multiplient avec une grande rapidité. VIL — Congrèi des agriculteurs italiens.'
Le sixième congrès de la Société générale des agriculteurs- italiens se tiendra à Crémone, du 14 au 2) septembre courant, pendant le concours régional agricole qui doit se tenir dans cette ville. Le programme des discussions qui seront dirigées par M. G. Chizzolini, président de la Société, comporte un grand nombre de questions très intéressantes, non seulement au point dé vue italien, mais aussi au point de vue général. Nous citerons particulièrement ce qui se rapporte au crédit agricole,, aux. moyens de prévenir les inondations, aux moyens de concilier la cultar« diA riz aivec les préceptes de i'kygièae publique, etc. VriL. — Concours- de produifs de la laiterie.
Nous avons- déjà annoncé que la Sociéié française de: l'industrie laitière organisait un concours Aj beurres, fromages et instruments de laiterie. Ce eoncoars se tiendra a, Neufcbâtel-en-Bray (Seine-Inférieure),, du, 21 ail. 2/» oxitûbre.. Y s.eront admis les beuri^s dits de Gt>Uii^naiy,,dla Vexin et de Li.varot; les fromages de Neufchâtel (frais et affinés), Boudons, Petit-Carrés, Malakoffs, fromages de Gournay> ks
4t8 CHRONIQUE AGRIfiOLE j(^ll ÇJiPTEMBRE 1880).
fromages de Camembert et de Mignot; de Livarot, de Pont-1 Evêque et de Mont-d'Or; les fromages de l'Oise et de la Somme, de Rollot, de Compiègne, de Macquelines, etc. Les instruments de laiterie, les présures et colorants, et en général tous les produits se rattachant à la fabrication du beurre et du fromage ou au régime des vaches laitières, seront admis au concours, de même que les plans, devis et ouvrages se rapportant à l'industrie laitière. Le concours comprendra trois divisions, savoir : r beurres frais et salés; 2° fromages frais et affinés; 3° instruments de laiterie et divers. Le Comité d'organisation de ce concours est dirigé par M. Basset fils, président du Comice .agricole de l'arrondissement de Neufchâtel. i >