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RAPPORT SUR LES OPÉRATIONS DU LABORATOIRE DE NANTES

cultivateurs que ce qu'on leur vendait sous cette dénomination de noirs était un mélange de valeur commerciale relativement inlérieure.

Tourteaux. — Ces engrais destinés à l'exportation ou expédiés dans le Nord d la France, ont fourni :

Azote.

Tourteaux d'arachide 6.78 pour 100

— de sésame 6..o0 —

— de lin 4.G5 —

Poussières d'arachide 2 . 93 —

Les poussières sont destinées, après absorption de matières animales, à entrer dans la confection d'engrais mixtes.

Sulfate d'ammoiiia'jue. — La distillation des os et la vidange fournissent aujourd'hui à l'agriculture des sulfates d'ammoniaque que les usines à gaz produisaient exclusivement autrefois.

Dans les sulfates provenant de ces sources diverses, j'ai trouvé une richesse moyenne de 20.2 d'azote pour 100.

Matières diverses. — Voici les richesses déterminées dans quelques substances soumises au contrôle du Laboratoire :

Azote.

Poudrettes 1.26 pour 100

Débiis de feutre 10.83 —

Idem 13.93 —

Poudres de cornes 11.66 —

Idem 13.80 —

Résidus de tanneries 4.22 —

Il résulte des faits mentionnés dans ce rapport, que les cultivateurs de la Loire- Inférieure comprennent d'une manière, chaque année, plus marquée, la nécessité de s'éclairer sur la qualité des engrais.

La crise agricole motivée par la nature des dernières récoltes a diminué dans une assez grande proportion la quantité d'engrais achetés, et cependant, le nombre d'analyse gratuites demandées au Laboratoire s'est élevé de 136 à 142; on pouvait et l'on devait craindre un résultat inverse. Le progrès relatif est donc incontestable.

J'ai l'honneur d'être, etc. Le directeur du Laboratoire,

A. BOBIERRE.

Quelque idée que l'on se fasse, au point de vue théorique, delà valeur de Tespèce, il faut bien en venir pratiquement à rechercher dans un genre les types centraux autour desquels se groupent des races, des variétés ou de simples variations. En ce qui concerne le genre FiYù proprement dit, c'est-à dire les vignes à pétales soudés en calotte, ce travail de délimitation d'espèces présente des difficultés inextricables ; je le poursuis néanmoins avec patience pour les vignes américaines, en cherchant, avant tout, à définir le mieux que je peux les types sauvages dont les variétés cultivées ne sont que des dérivés simples ou croisés. Pour le moment, dans cette note sommaire, je me bornerai à tracer les caractères et à fixer la synonymie d'une vigne du Nouveau-Mexique et du Texas, le Vitis Berlandieri, dont la découverte botanique remonte à l'année 1834, mais dont la culture en Europe, relativement récente, m'a révélé Tautonomie, en me permettant de la distinguer du Vitis monticola de Buckley, avec lequel tous les auteurs, moi compris, à la suite du savant botaniste Engelmann, l'avaient jusqu'à ce jour confondue.

Le nom de Berlandier que je propose d'attacher à cette espèce est celui du botaniste voyageur suisse qui, le premier, la recueillit au Nouveau-Mexique ou au Texas en 1834. Elle porte dans sa collection

• Communication faite à l'Académie des sciences.

vénale len" 2412 ^ Une forme un peu toraenteusede l'espèce, recueillie sur le Gillo de la Silla, dans le Nouveau-Léon, porte dans la môme collection le n° 31 16. C'est celle que le D' Engelmann avait nommée dans mon herbier Vîlis xstivalis, var. monticola^ en la regardant à la fois comme le Vitis moiiiicola de Buckley et comme pouvant être une simple forme de son Vitis canescens, lequel est devenu depuis le Vitis cinerea de nos cultures [Vitis œstivalis var. cinerea, Engelm.)

Pour moi, le prototype du Vitis Berlandieri, à feuilles plus ou moins glabres centes, sauf sur les nervures, est une curieuse vigne encore rare dans les cultures du midi de la France, où elle est surtout connue sous le nom de Surett mountain^ nom fonde sur une grossière erreur de lecture, le mot anglais sweet (doux) ayant été pris pour surett, qui ne signifie absolument rien.

Les graines de cette plante, reçues d'un pépiniériste très habile du Texas, M. Onderdonk, furent distribuées comme objet d'étude à plusieurs de ses clients par M. Douysset, de Montpellier. Semées en 1 876 à l'Ecole nationale d'agriculture de la Gaillarde, sous la direction de M. Foëx, à l'école de Pharmacie par mes propres soins, ces graines ont donné des plans vigoureux sur lesquels j'ai pu retrouver les caractères des prétendus monticola de la collection Berlandier, et qui, presque tous semblables entre eux, sauf un pied de la forme tomenteuse, se distinguent aussi nettement que possible du véritable monticola, tel que feu Elias Durand Fa décrit d'après Buckley.

Et d'abord, ce vrai monticola est une vigne à raisins blancs, dont les grains, rappelant par la grosseur le chasselas de Fontainebleau, ont un arôme un peu spécial, s'approchant de l'odeur foxée ou de framboise. La pulpe en est légèrement tenace, comme celle des Labrusca, groupe que la plante rappelle d'ailleurs un peu par le duvet aranéeux de la face inférieure des feuilles. C'est l'espèce dont feu Durieu de Maisonneuve avait reçu les graines d'Elias Durand, qu'il avait vue fleurir et fructifier à Bordeaux, dans le jardin botanique, et dont mon ami, M. Maxime Cornu, a parlé dans ses études sur le Phylloxéra vastatrix, publiées en 1 878 dans le Recueil des savants étrangers de r Académie (t. XXVI p. 22-23 du tirage). Plusieurs traits de cette plante la rapprochent des Lahrusca plus que des jEstivalis, dont les grains, en général plus petits, ont une pulpe fondante et non foxée. Peut-être se rapprochera-telle davantage d'un groupe que j'appelle Semi-Labrusca^ et dans lequel rentrent les York's Madeira, Gaston Bazille, Franklin, Vialla et autres formes cultivées.

Quant au Vitis Berlandieri (que le public pourra nommer Vigne Berlandier) , elle est remarquable par ses rameaux très nettement anguleux (pentagonaux sur l'axe primaire), caractère qu'on retrouve chez le Mustang [Vitis candicam), le Post-Oak [Vitis Lincecumii), le Vitis cinerea, mais qui manque chez les vrais /Estivalis. Le duvet qui en occupe les feuilles adulles, les pétioles, les tiges, tantôt serré en couche grisâtre, tantôt clair semé sur les nervures, se résout en petits flocons ramassés et non étirés en fils aranéeux comme ceux des Lahrusca. Les vrilles sont discontinues; les feuilles des extrémités des jeunes pousses, au lieu d'être longtemps pliées en gouttière au-dessus des feuilles suivantes, comme chez lesRiparia^ sont étalées de bonne heure en lame

1 Le voyageur américain Wright a récolté la même plante au Nouveau-Mexique, en 1850-1851, sous le nom'd'jEstiTalis (collect. Wright, in heib. Mus. Paris).

plate et souvent teintée de rose. Par là, notre espèce rappelle les jEsHvalis, dont elle diffère nettement par des rameaux anguleux. Les grappes de ses pieds fertiles sont pédoncalées; les grains (baies), petits (comme un grain de poivre), noir violacé avec une légère fleur pruineuse; pulpe fondante, peu abondante, acidulé et un peu âpre, peutêtre par défaut de maturité (ils ne sont pas môme en véraison en ce moment, 24 août 1880, à lEcole d'agriculture); graines (d'après l'échantillon de Wirght), au nombre de deux, très largement ovoïdes, aplaties à leur face, très convexes sur le dos, à bec très court et très obtus, échancrées à l'extrémité; raphé peu saillant en avant, très enfoncé dans le sillon qui aboutit à la fossette chalazique (dans l'écliantillon n° 2412 de Berlandier), une graine unique par avortement a sa face renflée, non aplatie, l'ensemble des caractères restant le même.

Cultivé à souche basse, sans support, le Vitis Beiiandieri étend en tous sens sur le sol un fouillis de rameaux grêles, garnis de feuilles de 2:randeur moyenne ou petites, orbiculaires ou cordiformes, entières ou trilobées, avec les lobes latéraux souvent peu marqués ; sinus pétiolaire très ouvert; dents du pourtour largement triangulaires, courtes, mucronées; consistance épaisse, rigide; couleur vert intense en dessus, plus pâle en dessous, mais avec un luisant particulier, presque de vernis, chez les formes glabrescentes ; duvet grisâtre chez les formes tomenteuses.

Insignifiante ou nulle pour la production directe, cette vigne sera probablement un porte-greffe de premier ordre en tant que résistance au phylloxéra. On a dit qu'elle ne portait jamais cet insecte. Je ne l'ai pas trouvé sur ses racines, ce qui ne prouve pas qu'il ne puisse y être. Les radicelles sont dures, à surface lisse, à rayons médullaires nombreux et étroits, bref avec tous les caractères que M. Foëx a assignés aux racines des espèces très résistantes. Reste à savoir les qualités que la plante présentera comme porte-greffe et comme adaptation aux divers sols.

Pour compléter la synonymie de cette espèce, j'ajouterai que M. Guiraud, de Nîmes, l'a reçue de M. Onderdonk sous le nom de Vitis monticola seedling^ et que M. le docteur Davin, de Pignans (Var), l'a envoyée à l'Ecole d'agriculture de la Gaillarde sous le nom de Vitis cordifolia coriacea^ en la considérant à tort comme identique avec la plante que j'ai décrite dans le journal la Vigne américaine (octobre '1878) sous le nom de cordifolia crassifolia. Cette dernière est bien un vrai Cordifolia et, par ses rameaux non anguleux comme par l'ensemble de ses caractères, est tout à fait distincte du V. Berlandieri.

C'est avec les Vitis Californica Benth. et arizonica Engelm. qu'il faudra comparer la nouvelle espèce ; mais les éléments de cette comparaison manquent encore, et mieux vaudrait provisoirement trop distinguer que de créer la confusion en unissant des choses distinctes.

J.-L. Planchon.

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