ARRACHEUR DE BETTERAVES
fournit toujours d'excellents résultats. Cette arracheur est représenté dans son ensemble par la fii^jure 28. Il agit à la fois sur deux rangs de betteraves ; son action s'exerce dans le sous-sol et cela assez profondément pour que les betteraves, môme les plus lonnjues, se trouvent soulevées tout entières. Après le passage de l'arracheur, les bette raves ont perdu tuute adhérence au sol et elles sont alors prises à la main par des femmes et des enfants qui en coupent les collets. De plus, la terre ne se trouvant nullement retournée, reste accessible aux voitures de toute sorte qui viennent sur place prendre leur chaargement. Les racines peuvent sans inconvénient être soulevées ainsi plusieurs jours d'avance; car, restant dans leurs alvéoles, elles sont à l'abri de la gelée et du soleil.
L'arrachage pratiqué par ce système est complet. Il ne reste en terre ni betteraves entières ni fragments de betteraves, même lorsqu'elles sont racineuses, et les betteraves étant exemptes de toute lésion, se
Fig. 28. — Arracheur de betteraves, système Cartier.
maintiennent parfaitement saines. Ce sont là deux avantages qui nous semblent incontestables, car dans l'arrachage à la main, si habile que soit l'ouvrier, il arrive toujours qu'un grand nombre de betteraves se trouvent percées ou meurtries par l'outil quel qu'il soit, et il est en outre un fait reconnu, c'est que dans ce dernier mode d'arrachage, la proportion de betteraves perdues s'élève à environ 5 pour 100 du poids de la récolte.
Le moment de l'arrachage est proche, et nous croyons rendre service à nos cultivateurs en leur signalant cet appareil qui, rien que par l'augmentation de 5 pour 100 qu'il procure sur la récolte de betteraves, doit procurer à la fin de la campagne un bénéfice réel à quiconque en fait usage.
Le prix de l'arracheur de betteraves est de 320 francs. Son poids est de 255 kilog. environ. Il doit être traîné par trois ou quatre chevaux, suivant leur force. L. de Sardriac.
Ce sera par les humbles, les oubliés de la mer, que nous rentrerons en communication avec nos lecteurs. Mais auparavant, nous devons envoyer nos félicitations à l'administration de la marine. En 1854
nous adressions à l'administration centrale une demande d'établissement de charpente pour l'élude du naissain d'huître à la rade de Doux; il fallut des années attendre une réponse^ que seule la grande expérience de Saint-Brieux amena forcément.
A notre invite du 12 juin dernier (n" 583 du Journal) sur la sardine, demandant que la marine officielle se souvienne de la pisciculture et lui donne la main, l'aviso le Travailleur sous la direction de xM M. Milne- Edwards et Marion répondait, en partant le 10 juillet pour faire des dragages dans le golfe de Biscaye.
Nous n'aurions donc pu commencer nos entretiens sur la pisciculture marine sous de meilleurs auspices et, avec plus dejusliceet d'à-propos, nous exprimer ainsi. Si notre mémoire est fidèle, Coste ne dit-il pas dans une de ses communications à l'Académie, qui sont aujourd'hui les grands titres d'origine de la pisciculture française et européenne, ces mémorables paroles :
La pisciculture marine est avant tout une question d'histoire naturelle !
Ce sera donc par elles et sous les auspices de cet ami toujours vénéré que nous aborderons cette partie des entreliens que nous avons promis sous le titre de Calendrier Marin.
Sourdons, jambes, pétoncles, couteaux, etc., tout ce prolétariat de nos grèves et de nos côtes, cette mine non encore exploitée et à peine étudiée sera notre rentrée.
Huîtres, homards, limandes et turbots, ces grands seigneurs de la haute mer et de nos brisants, auront aussi leur tour; mais pour cette fois, faisons que les petits, les derniers soient les premiers.
Cette partie de nos richesses ichthyologiques la plus négligée et abandonnée aux pauvres glaneurs de la mer, n'en est pas moins, pour ce que l'on appelle la pêche à pied, n'en est pas moins une des importantes ressources de la famille de Tinscrit.
Femmes, fillettes et enfants non en état de prendre la mer y trouvent un adoucissement aux exigences du ménage pendant l'absence du père et des garçons péchant en haute mer. Il serait à désirer que la marinenous fournisse là-dessus quelques chiffres, cette partie ayant été, selon nous, toujours beaucoup trop négligée.
M. Belenfant, commissaire à la Rochelle, nous donnait en 1854 le chiffre de 200,000 fr. pour sa circonscription. Comment il nous donnait ce chiffre, c'est ce que nous ignorons.
La multiplication de ces abandonnés offrira, quand on le voudra, grâce à quelques lignes de règlements, des ressources que nous n'hésitons pas à prédire sérieuses.
Là tout sera prompt, facile et sans frais : surveillance des cantonnements, exécution des ordres donnés; et, pour nous, tout serait dit.
L'immensité du sujet, 3,700kilomètres de côtes émergeant à quelques kilomètres en moyenne, ne doit pas nous faire hésiter à l'aborder, même par les petits côtés de sa petite population.
On sait que le droit sur la domanialité maritime s'étend toujours à 3 kilomètres des points de marée.
Le fretin, dans certains de ces cantonnements de reproduction ou de refuge pour le muge spécialement, est tel, qu'un coup de traîne en remplit un tombereau dont, dans certaines parties de la Bretagne, on fume les champs.
Ecrire que nous avons dû assister impuissant, ou ce qui était pis encore d'avance discrédité, à pareille hécatombe de la richesse publique, nous heurtant partout aux grandes difficultés des choses de ce monde, l'ignorance en bas, et, en haut, Y immobilisme inhérent à toute bureaucratie !
La république naissante a dû mettre dix ans pour la briser ; qu'étionsnous alors dans ces temps d'empire omnipotent? Rendons-leur cependant cette justice qu'à 18 ans de date, les rieurs changèrent de côté.
Il ne nous appartient pas d'aborder même par réimpression, nous respectons trop nos lecteurs pour cela, le terrain de la science pure. Répéter Lacépède, Cuvier, Coste, Gervais, n'est pas le but que nous poursuivons ici.
Emettre sur les petits mollusques comestibles ce que nous croyons être pratique, est le cadre unique dans lequel nous tenons à nous renfermer. — La bucarde ou sourdon sera notre entrée.
En voilà, quand on le voudra, un martyr de nos plages, sur lequel tout s'acharne ; qui n'a pour se défendre, le pauvre déshérité, que son trou de 0™.10 où O'^.lô dans le sable, dont la culture, c'est-à-dire le protection donnera les plus étonnants résultats.
C'est par 10,000 et 12,000 francs que se com*pte le produit de sa vente, ressortant uniquement de la pêche à pied pour certains districts de nos côtes Arcachon, Royan, notamment.
Un de nos rêves d'il y a 25 ans et plus, était de l'élever en compagnie des Haliotides, le fameux cofisch de nos Bretons, dans nos marais salants transformés.
Si M. de Larue vit encore, nous prenons la liberté de faire appel aux souvenirs de cet ancien chef de division au ministère de la marine en lui rappelant ce qu'il y a 25 ans, nous lui adressions avec Coste sur ce sujet de la transformation en claires et viviers de nos salines de l'ouest, celles de Brouage notamment, qui déjà étaient atteintes du mal dont elle devaient ou dont elle devront périr.
Ce fut devant l'abandon immérité, le délaissement du pauvre sourdon, dont depuis notre enfance nous fûmes toujours si friand, que nous vint cette pensée-
Soardons, Donaces (jambes en Vendée), Clovisse ; que tous ces modestes produits de nos côtes de l'ouest nous réjouissaient 1
Là tout est à faire sans un rouge liard à dépenser : les étudier danë leurs cantonnements, le peu qu'il en reste ; et les protéger !!
Des peignes (coquilles de pèlerins) pecten, ces plus proches parentes de l'huître, des pétoncles à la Vénus mercenaria sur laquelle M. de Broca a fait à la Hougue et à Saint- Vaast de si curieux essais d'acclimatation, nous ne dirons rien de spécial. On s'en occupe, sachons attendre.
Ainsi des expériences de la mye des sables dont les côtes du Massachussets sont si peuplées et où elle est si recherchée pour la pêche de la morue. Un hasard l'a fait trouver près de Dunkerque, qu'on ne l'oublie pas.
Sans répéter ce que nous avons dit tant de fois à propos de nos importations pour la piciculture fluviatile, nous l'observerons mieux, là où elle est tout acclimatée, avant d'aller la chercher à Boston dans des parties abritées de la côte qu'elle affectionne.
Nous verrons alors si^ sur nos côtes de la Manche trop agitées peutêtre, mais dans les anses si nombreuses de notre Bretagne, nous ne trouverions pas enfin les milieux qui lui conviendraient.
Les spondiles, les solen (manche de coateau), cet appât favori du merlan, quelques oursins et ascidies devraient être encore mentionnés. Quelle mine à exploiter!
Après M. de la Blanchère^ ce pisciculteur si zélé et si instruit, qu'une mort subite vient de nous enlever, nous redirons : Qui sait le dernier mot de l'industrie des plages !!
L'idée de la transformation de nos salines en claires, par le recueillement du naissain, doit être attribuée à M. Ackermann, commissaire de la marine à Marennes. Une lettre de lui que nous avons là sous les yeux nous dit que c'est par le garde Rabeau,,dont jeprie nos lecteurs de ne pas oublier le nom, qu'il fit faire les premiers essais en 1852.
Les archives de l'amirauté de Rochefort doivent rendre du reste bien facile la vérification de notre assertion que nous opposons de la manière la plus formelle, à tout ce qui s'avance dans les publications, ou mieux, les compilations de la pisciculture actuelle.
C'est la troisième fois que sur cette question nous sommes obligé de rappeler nos jeunes confrères à la vérité, et, une fois encore, nous les avertissons que, de notre vivant, nous ne cesserons de rogner les ailes à ce caneton.
La stabulation de ces petits mollusques dans nos salines transformées, les claires buvant seulement aux grandes matines, ou dans les grands viviers, comme Ostende ou Concarneau, nous semble risquée.
Outre qu'on ne doit comparer que des choses comparables, et ne pas mettre sur la même ligne une industrie à créer, avec elle d'Ostende en plein et ancien succès, il n'y aurait là pour nous qu'un seul moyen de jeter \ 0 beaux écus pour en rattraper un.
Ce n'est pas sans raison que tous ils s'ensablent, les pauvres, par une mer battue, les chocs, les ennemis., « les soldats, la corvée, » et qui nous dit que le calme de la claire suffirait à leurs besoins ; le flot, la mer forte, ne seraient-ils pas leurs premiers nourriciers ? Que de doutes, que d'inconnus encore! Un essai coiàterait peu cependant.
Surveiller les cantonnements d'habitat et de reproduction, les protéger en les étudiant; faire pour eux ce qui se fait maintenant avec tant d'intelligence et d'exactitude pour l'huître, imiter le forestier dans l'aménagement de ses coupes ou l'agriculteur dans l'assolement de ses champs, là sera le simple, le pratique, en dehors duquel nous ne voyons qu'illusions et n'enregistrerions encore que déceptions !
Que la célèbre expérience de Saint-Brieux ne nous soit pas lettre morte. On passa sur nos avertissements, donnés cependant sous la forme la plus amicale et désintéressée ; mais où aboutit-on?
Rien pourtant ne manquait cette fois à la pompeuse et officielle mise en scène de cette vaste entreprise sur laquelle le monde piscicole de l'Europe avait les yeux.
Faire plus grand serait difficile ; mais faire mieux, plus doucement et plus simplement, est notre espérance.
Chabot-Karlen,
Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France.
On a toujours dit qu'il est difficile de se débarrasser de la vermine. Le lecteur ne trouvera donc pas surprenant de la voir reparaître une fois de plus dans les colonnes du journal. Ce n'est pas trop que, contre un ennemi aussi puissant, tous les hommes de bonne volonté unissent leurs forces, et je me fais un devoir de venir à la rescousse en fournissant quelques explications complémentaires.
Il est évident que je n'ai pas très clairement décrit mon manuel opératoire, puisque M. Lemoine a pu croireque je soumets mon colombier à des inondations désastreuses, capables de faire pourrir les nids et de les convertir en fosses à purin. Ce serait un inconvénient plus grave que le mal que je -veux éviter et, en exposant mes volatiles à ses suites fâcheuses, je ressemblerais à Gribouille, qui se jetait dans la rivière pour éviter la pluie.
Pour dissiper tout malentendu, je vais dire exactement comment j'ai procédé pour arriver à un succès complet, définitif. Tous les matins, j'ai arrosé mon colombier sur toutes ses faces et toutes ses coutures, à la main, avec l'eau qui restait dans un baquet destiné aux bains, soit avec 5 ou 6 litres d'eau. Avec cette aspersion si modérée, si éloignée des idées de submersion dangereuse qui ont germé dans l'esprit de l'habile éleveur de Crosne, j'ai atteint le but proposé * empêcher la la naissance des acares.
Voilà le fait, le fait vrai, supérieur à tous les raisonnements. Ces aspersions quotidiennes ont surtout pour effet utile de faire couler le liquide entre chaque nid et la muraille qui le retient, c'est-à-dire dans le plus favorable réceptacle de la vermine. La pluie artificielle que j'ai fait tomber sur les couveuses ne leur a pas été plus nuisible que la pluie du ciel tombant sur les perdrix et les caiilestjui couvent à terre, ou sur une foule d'oiseaux nichant sur les végétaux.
Si c'est le mot imagé de douche qui a effrayé mon honorable collaborateur, je retire volontiers l'expression, pourvu que la chose reste. C'est une erreur de croire, du reste, que la main soit insuffisante pour asperger et qu'une pompe soit nécessaire. L'opération se fait très simplement et sans pompe, c'est le cas de le dire. Elle réussit très bien, que veut-on de plus?
M. Lemoine recommande de simples aspersions avec de l'eau additionnée d'acide phénique. J'ai moi-même employé l'acide phénique, et si j'y ai renoncé, c'est parce que l'eau naturelle suffit. Plus -un moyen est simple et économique, plus il a de chance d'être adopté.
En somme, la crainte de paraître trop long a peut-être un peu obscurci ma pensée. De là sont nées les alarmes très respectables de M. Lemoine à l'endroit du traitement hydrothérapique des colombiers, lequel, répété journellempnt, doit amener, selon lui « tine liumidité nuisible aux pigeons.» Loin d'être nuisibles aux habitants du pigeonnier, il leur procure du bien-être en mitigeant les ardeurs de la température par la volatilisation du liquide.
Il y a ici un moyen terme à chercher, et chacun le trouvera sans peine : il s'agit de diminuer la sécheresse qui favorise la naissance des insectes et d'éviter la pourriture qui engendre les vers.
D"" Félix Schneider,
Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France.