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SUR LE MÉTAYAGE

Le métayage peut rendre de grands services; il permet au propriétaire de prendre une part sérieuse à l'exploitation de son domaine, tout en conservant la possibilité de se livrer en même temps à d'autres occupations ; — il fait participer le propriétaire et le cultivateur aux chances variables des bonnes et des mauvaises années, ce qui est parfaitement équitable.

Le métayage est une véritable association : le propriétaire doit y apporter son intelligence, son savoir et même sa bourse, le métayer, son travail et ses soins.

L'un des points les plus difficiles à bien régler, c'est la part à prendre pour chacun des associés dans les produits et dans les frais; le partage par exacte moitié ne convient réellement que dans quelques situations particulières et c'est probablement l'une des causes qui contribuent le plus à restreindre la pratique du métayage. Le métayer fournit principalement la main-d'œuvre, or le rapport de la maind'œuvre au produit brut varie dans des limites très étendues.

Toutes choses égales d'ailleurs, le métayer a droit à une part d'autant plus forte que la terre est moins fertile. A fertilité égale, le métayer qui cultive une terre compacte doit avoir une part plus forte que celui qui cultive une terre légère dont la culture exige moins de travail.

Le système de culture doit être pris en très grande considération pour fixer la base d'une juste répartition. Lorsque le domaine est principalement composé de prairies dont la terre labourable n'est qu'un accessoire, la main-d'œuvre est peu de chose et la moitié du produit brut ne serait pas une rémunération suffisante à beaucoup près pour le propriétaire.

Si la culture a pour objets principaux la production des céréales et l'élevage du bétail, la main-d'œuvre n'étant pas très considérable, le métayer sera en moyenne suffisamment rémunéré par la moitié du produit brut. Mais si l'on veut cultiver dans une proportion un peu importante les récoltes sarclées et les plantes industrielles, si l'on veut substituer à l'élevage l'entretien des vaches laitières pour la production du beurre et du fromage, etc., la moitié du produit brut sera complètement insuffisante pour rémunérer le métayer.

Pour arriver à un résultat équitable tout en conservant le principe du partage par moitié, on emploie divers moyens très variables suivant les usages locaux et selon les circonstances. Dans les terres fertiles ou lorsque le système de culture exige peu de main-d'œuvre, le métayer paie au propriétaire une redevance annuelle en argent désignée sous le nom d'impôt dans certaines localités. Il arrive aussi souvent que l'on abandonne au métayer tout le beurre, sauf à fournir au propriétaire une quantité fixe chaque année. Le bénéfice de la basse-cour est généralement laissé au métayer. Dans certains cas, le propriétaire paie tout l'impôt foncier et fournit tout le bétail. Ailleurs on est obligé de prendre pour base une fraction autre que la moitié et d'attribuer au métayer les trois quarts, par exemple, du produit.

L'établissement d'une juste proportion dans le partage exige nécessairement une assez longue expérience quand on n'est pas guidé par des usages locaux; c'est une des principales raisons qui rendent très

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