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IV. — Le tarif des douanes devant la commission du Sénat

Le journal le Télégraphe annonce que la commission du tarif général des douanes du Sénat a terminé l'examen des deux premières sections du tarif : matières animales et végétales et matières minérales. Nous croyons utile de donner un tableau des droits votés par la Chambre dont la commission sénatoriale propose la modification.

Voici le relevé de ces droits ;

Droits voté» Droits proposés

Produits. par la Chambre, par la commission.

Bœufs Fr. 6.00partête. 30.00 par tête.

Vaches 4.00 — 20.00 —

Taureaux 6.00 — 30.00 —

Bouvillons, taurillons, génisses 2.00 — 10.00 —

Veaux.. 0..50 — 2.50 —

Béliers, brebis, moutons 1.50 — 5.00 —

Agneaux 0 50 — 1.00 —

Boucs, chèvres, chevreaux 0.20 — 0.50 —

Porcs 1.50 — 5.00 —

Cochons de lait.. 0.50 — l.CO —

Viandes fraîches I..i0 100 kil. 10.00 100 kil.

Viandes salées 4.00 — 8.00 —

Cheveux non ouvrés Exempts. 4.50 —

Seigle, maïs, avoine — 0.60 —

Riz en grains d'origine extra-européenne... — 0.60 —

Riz en grains d'origine européenne. — i.OO — Riz en paille d'origine extra -européenne — 0 30 —

Riz en paille d'origine européenne. — 0.50 —

Citrons, oranges et leurs variétés.. 4.00 — 6.00 —

Carouge 6.00 — 0.30 —

Colza, lin, œillette, navette Exempts. 2.00 —

Autres graines oléagineuses — 0.60 —

Huile d'olive 4.50 — 6.00 — '

Camphre raffiné "2.00 — 4.00 —

Soufre épuré ou sublimé Exempt. Û.50 —

Huiles de pétrole, de chiste et aut;es huiles minérales propres à

l'éclairage : brutes 18.00 — 21.00 —

Id. raffinées 25.O0 — 30.00 —

Rails d'acier 6.00 — 8.00 —

Fer dit machine de 5 millimètres de

diamètre et moins 6.00 — 7.00 —

Fils de fer au-dessus de 1 millim .

de diamètre 6.00 — 8.00 —

44 CHRONIQUE AGRir.OLE (10 JUILLET 1880).

Sur tous les autres chapitres des deux premières sections du tarif général des douanes, chapitres dont le total est de 213, Iqs droits votés par la Chambre ont été maintenus par la commission sénatoriale.

V. — La conservation des terrains en montagnes. Le Sénat a commencé la discussion du projet de loi relatif à la restauration et à la conservation des terrains en montagnes. Une longue discussion s'est élevée sur le premier article qui a été jusqu'ici seul adopté. Le texte proposé par le gouvernement et celui de la Commission offraient des divergences assez sensibles. Le texte du gouvernement a été, en fin de compte, adopté. Il est ainsi conçu : « Il est pourvu à la restauration et à la conservation des terrains en montagnes, soit au moyen des travaux exécutés par l'Etat ou les propriétaires avec subvention de l'Etal, soit au moyen des mesures de protection, conformément aux dispositions de la présente loi, » Nous ferons connaître les résultats de la discussion des articles suivants, qui passent en revue les travaux à exécuter pour arriver à faire le gazonnement et le reboisement.

\l. — U agriculture et la politique.

A l'occasion des réflexions que nous avons émises dans deux précédentes chroniques, relativement à Tintrusion de la politique' dans le domaine agricole, nous recevons de notre éminent confrère, M. le marquis de Dampierre, président de la Société des agriculteurs de France, la lettre suivante, que nous insérons avec une vive satisfaction :

« Mon cher collègue, permettez-moi de vous dire la satisfaction que j'ai éprouvée en lisant dans vos chroniques des 19 et 26 juin, les très sages et très patriotiques réflexions que vous faites sur la « nécessité de placer l'agriculture au-dessus des « compétitions politiques, et d'en faire, comme naguère, un terrain neutre sur « lequel florissait le progrès... j)

« Jusqu'à ces derniers temps, dites-vous, nous avions vu nos vœux se réaliser. « Des hommes de toutes les opinions politiques se réunissaient et discutaient les a intérêts ruraux, en vue seulement des progrès à accomplir. On ne s'occupait « pas davantage des opinions religieuses des hommes de bonne volonté qui s'ettbr- « çaient de faire connaître ou de nouvelles machines, ou des semences plus « avantageuses, ou des méthodes destinées à améliorer la production ani- « maie ou les cultures. Les choses paraissent vouloir changer et nous le déplo- « rons, car les haines et les discussions passionnées sur les questions politiques « ou religieuses ne peuvent que nuire au pays et au progrès des choses rurales... « La solidarité est complète, ei si, sous prétex!e de politique ou de religion, les « uns deviennent les adversaires des autres, la production générale ne pourra « qu'en souffrir, en même temps que les classes rurales se mettraient en lutte les a unes avec les autres. Il/aut chercher la paix et la conciliation. Gela est-il désor- « mais possible? Nous l'espérons encore. Ce sera à une condition, c'est que l'in- « térêt agricole sera poursuivi en dehors de toute autre préoccupation. Il faudrait <c que dans les Sociétés d'agriculture et les Comices, on cessât d'abriter des ambi- « tions politiques, des manœuvres électorales, sous le drapeau purement agri- « cole. »

« Ces excellentes paroles répondent si bien à la ligne de conduite que j'ai toujours voulu garder, elles ressemblent tant à celles que M. Drouyn de Lhuys adressait aux membres de la Société des agriculteurs de France lorsqu'en quittant la présidence de cette Société il leur disait : « Qu'aucune muin imprudente ne sème l'ivraie de la politique dans des sillons destinés à ne recevoir que le pur froment, » que je n'ai pu m'empêcher de vous remercier des encouragements que vous donnez à cette sage attitude.

« Les passions politiques et rehgieuses sont plus excitées que jamais. Chacun de nous a ses convictions à cet égard, profondes, énergiques; il ne serait pas ce

que l'on nomme un homme, sans cela. Je le disais à l'ouverture de la session du Congrès international de 1878, devant un grand auditoire : « Oh, assurément, « vous n'êtes îndiiïerents à rien de ce qui se passe autour de vous; vous vous « trouvez trop activement mêlés aux affaires de votre pays pour n'avoir pas tous « ce que l'on nomme des opinions politiques; mais ces opinions engendrent, « hélas! des dissentiments, et ici il ne faut rien de pareil; il n'y a place que pour « les luttes pacifiques de la science. » Il y a, en effet, un terrain sur lequel, pour le bien de la patrie, tous peuvent se rencontrer sans se déchirer, c'est celui de l'agronomie.

« L'état de notre agriculture, les remèdes à apporter à des maux réels, les efforts que l'on fait pour faire prédominer tels ou tels principes économiques, suscitent des polémiques ardentes, des discussions déjà trop vives. Dans cette situation, prêter à ses adversaires des mobiles politiques, ou les apporter réellement soi-même dans ces luttes, constitue presque un crime, à mes yeux. En fait, la politique ne joue aucun rôle dans l'opposition que rencontrent en ce moment, par exemple, les idées émises par le gouvernement dans la question des tarifs douaniers : je n'en veux pour preuve que les noms de certains des députés ou des sénateurs qui se sont montrés les plus vifs dans cette question, et qui pourtant sont le plus notoirement dévoués à la République. L'ardeur de quelques-uns leur a lait quelquefois dépasser la mesure ; il n'en est pas moins injuste de donner une couleur politique à leur opposition, et, pour mon compte, je me sens si loin et je vois mes amis si loin de telles pensées, que je considère comme une offense qu'une opinion sincère et sincèrement manifestée, parce qu'elle ne se trouve pas être celle du gouvernement, puisse être soupçonnée d'un caractère que je réprouve. L'indépendance n'est pas un vain mot, certain esprits la présentent au-dessus de tout, et il faut respecter un sentiment qui est fait pour élever le niveau moral du pays, et non le rabaisser.

« Il m'a semblé que la situation de président de la Société des agriculteurs de France n'interdisait pas à un vieux champion deTagriculture de vous aire ses très fermes convictions sur un sujet que vous venez de traiter vous-même, et j'ai d'autant moins hésité aie faire qu'avec la meilleure foi du monde, peut-être, on m'a attribué des idées différentes.

«Recevez, etc. « E. de Dampierre. »

Nous nous associons, d'une manière absolue, aux idées si sagement exprimées par M. de Dampierre, dont, pour notre part, nous avons toujours estimé la loyauté et l'élévation de cœur. Puissent les mêmes pensées inspirer tous ceux qui travaillent au progrès de l'agriculture.

VIL — Le concours général de Paris en 1881. Le programme des concours généraux d'animaux gi^as, de volailles vivantes et mortes, de semences de céréales, de plantes des prairies naturelles, de plantes fourragères, de lins et chanvres, de houblons, de racines industrielles, fourragères et alimentaires, de pommes de terre, de fruits, de légumes de primeur, de miels et cires, d'huiles d'olive, de fromages et beurres, qui doivent avoir lieu à Paris, en 1881. vient d'être arrêté. Ce concours se tiendra au Palais de l'industrie du 14 au 23 février. Il sera accompagné, comme les années précédentes, d'une exposition générale d'instruments et de machines agricoles. Quelques modifications ont été apportées au programme; les principales consistent dans des changements peu importants dans les conditions des prix des concours spéciaux. Les sommes mises à la disposition du jury pour les prix supplémentaires dans les diverses • classes de bétail ont été diminuées. Enfin, il est un paragraphe relatif aux animaux de l'espèce porcine, dans le nouveau règlement, que nous devons signaler aux éleveurs. On sait que les porcs sont divisés en trois classes : 1" races françaises pures et croisées entre elles; T races étrangères pures et croisées entre elles; 3" animaux provenant de

croisements entre races françaises et races étrangères. A l'occasion de la première classe, le programme ajoute : « Tous les animaux déclarés dans cette classe qui présenteront des indices certains de croisement avec les races anglaises seront mis hors concours par le jury. »

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