‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 30 sur 752 · III. — Le dégrèvement des sucres et des vins · texte numérisé non relu

III. — Le dégrèvement des sucres et des vins

La Chambre des Députés a adopté, dans sa séance du 2 juillet, le projet de loi portant dégrèvement des sucres et des vins, dont nous avons fait connaître l'économie et signalé l'importance. Nous avons confiance que ce projet sera voté par le Sénat avant la prorogation du parlement, et que, par conséquent, en ce qui concerne les sucres, la nouvelle loi sera applicable dès le 1" octobre prochain, c'est-à-dire avec l'ouverture de la campagne sucrière. Nous publierons le texte complet dès que le Sénat l'aura voté. Pour le moment, nous nous associons complètement aux vœux exprimés par M. Villain dans la lettre qu'il vient d'adresser au Comité des fabricants de sucre, et qui est ainsi conçue :

a Monsieur le président du Comité central des fabricants de sucrp de France, la Chambre a, comme vous le savez, voté à l'unanimité la loi de dégrèvement des sucres et des vins si péniblement élaborée dans le sein de la Commission du budget. Le Sénat k votera cette semaine, très certainement; j'ai pu constater hier les bonnes dispositions qui l'animent à ce sujet.

« Je me rejouis fort d'avoir pu, utilement et activement, coopérer à cette disposition législative si ardemment désirée et qui aura les plus heureuses conséquences pour les consommateurs, et, par suite, pour L'industrie et l'agriculture de notre pays.

- « Il faut maintenant quB la «onsommation s'accroisse rapidement; ainsi le veulent les intérêts du Trésor, de la culture, de la fabrication.

« Le Comité central n'a-t-il point le devoir d'aider, par tous les moyens en son

CHRONIQUE AGRICOLE (10 JUILLBT 1880). 43

pouvoir, au développement de la consommation? Il me paraît qu'il ne peut rester mac tic Qu'a-t-il à faire?

« Eclairer les vignerons sur leurs propres intérêts, et leur montrer tous les avantages qu'ils peuvent retirer du sucrage.

« La vendange, vous le savez comme moi, devrait absorber une quantité considérable dé sucre si les vignerons pratiquaient le mélange du sucre au raisin, à la cuve, avant la fermentation. Malheureusement, la plupart ignorent et négligent une source abondante de profits avouables et légitimes; notre devoir est de les leur indiquer.

« Le Comité central a, selon moi, un moyen facile, mais qui exige une certaine dépense. Qu'il achète ou crée un petit traité bien simple, bien clair, bien net du sucrage; qu'il l'édite et le mette à la portée des vignerens ea le répandant gratuitement dans les campagnes où se cultive la vigne, et il aura rendu à l'industrie qu'il représente le plus signalé service, en lui ouvrant d'amples débouchés. Gela vaut la peine d'y réfléchir, et je vous prie, monsieur le président, de saisir nos collègues de cette idée que je me permets de leur soumettre.

« J'ai l'honneur, etc. « Villain. «

Il est incontestable que c'est par ignorance que, le plus souvent, l'agriculteur ne tire pas bon parti des circonstances au milieu desquelles il se trouve. Instruire est le premier devoir, et c'est aussi le premier intérêt des propriétaires et des grands industriels. Si l'instruction était aujourd'hui plus répandue, Ift plupart des crises dont on souffre seraient moins douloureuses.

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