SITUATION AGRICOLE DANS LA DORDOGNE
Le mois d'août nous a donné 6 jours de beau ciel et 25 de temps plus ou moins couvert, ayant fourni : 9 jours de pluie (1, 5, 8, 7, 21, 22, 23, '25, 29); 3 de brouillard (24, 26, 30,); " 12 de rosée ( 3, 4, 10, 11, 12, 13, 14, 17, 20, 27, 28, 31); 9 d'orage (6, 15, 16, 18, -21, 22, 23, ^5, 29).
Dans cette période, il est tombé 64,75 millimètres d'eau; l'averse la plus considérable, celle du l^"", n'adonné que 0'". 01650.
La température la dus élevée, 4- ^4° centigrades, a été observés le 20; la plus basse, -)- 5, le 30 ; la moyenne générale a été de -{- 16", 70.
La pression barométrique la plusforte, 755.70, s'est produite le 12, la plus faible, 742.17, le 6 ; la pression moyenne a été de 748 35.
Le vent a soutflé 3 jours du nord; 3 du nord-est; 2 de Test; 2 du sud-est, 2 2, du sud; 4 <lu sud-ouest; 10 de fouest et 5 du nord-ouest
Une chaleur persistante avec un maximum de 34", quelques ondées mais donnant une. si faible quantité d'eau que la terre en a été à peine imprégnée, ont encore accentué les effets désastreux de la sécheresse du mois d'août. Il ne faut plus compter : sur les regains de prairies naturelles, qui sont nuls presque partout ; sur les semis de gârouch qui sont pour la plupart grillés; sur la rave qu'il n'a pas encore été possible de semer, les chaumes n'ayant pu être défaits ; de telle sorte que la perspective est peu rassurante pour nos étables déjà fort mal garnies de foin ,
La plante sarclée laissera aussi beaucoup à désirer ; la pomme de terre tardive frappé'-! d'une maturité forcée est petite et peu abondante ; la feuille des betteraves jaunit et se grille; le tabac s'étiole; le maïs souffre véritablement dans les sols sablonneux. Quant à la vigne les grains préservés mûrissent sous les conditions les plus favoral)les à une bonne vinihcation, mais l'oïdium a fait de tels progrès depuis un mois qu'il faudra beaucoup rabattre des espérances qu'on avait eues dans le principe. E. de Lentilhac.
Saint-Jean-d"Artaux, lo septembre 1880.
A différentes reprises, le Journal a insisté sur les efforts qui sont faits pour développer le progrès agricole dans le grand-duché de Luxembourg. L'exposition générale organisée par le Cercle agricole et horticole, dans la capitale, du 29 août au 6 septembre, a donné une nouvelle preuve des succès qui sont obtenus dans cette voie. Cette exposition comprenait les machines et instruments, les produits de l'agriculture, de l'horticulture, de la sylviculture, ainsi que les animaux reproducteurs. Tous les produits témoignaient, par leur qualité aussi bien que par leur nombre, des efforts poursuivis pour une production prospère. En ce qui concerne les animaux reproduc-
teurs, le Bulletin du Cercle agricole s'exprime dans les termes suivants :
« Un nombre très considéraljlB de cultivateurs ont rivalisé d'ardeur pour amener les plus beaux animaux à l'exposition. Si le succès d'un concours dépend du nombri et de la valeur des sujets' exposés, nous pouvons affirmer que le concours du 6 septembre a pleinement réussi. La tâche des membres des différents jurys a été bien difficile, tant les sujets méritants étaient nombreux.
« L'espèce chevaline était re irésentée par 18 étalons, 54 juments, 48 poulains entiers d'un à trois ans, 35 pouliches et 22 poulains ;iu-dessous d'un an. Les étalons brillaient par leur Jjelles formes; les juments faisaient bonne figure, car rarement on a vu un ensemble de lots ayant autant de qualités. Si la catégorie des pouliches offrait un ensemble très .satisfaisant, la catégorie des poulains d'un à trois ans, laissait toutefois quelque peu à désirer.
ce Le concours de l'espèce bovine était d'une importance extr;iordinaire ; c'était un tableau vivant assez complet des différents types du bétail qui peuplent le pays. Il y avait 55 taureaux, 28 taurillons, 40 vaches et 30 génisses. La race Durham avait de magnifiques spécimens, la race hollandaise était dignement représentée et la race croisée renfermait des sujets distingués. C'était une belle collection d'animaux de mérite, indice des progrès sérieux réalisés dans l'élève du bétail.
« L'espèce porcine était très bien représentée. Il y avait trente sujets des races anglaises pures ou croisées avec la race indigène. L'espèce ovine, quoique peu exposée, était cependant remarquable, tant sous le rapport des formes que sous celui de la laine.
ce Quant aux animaux de basse-cour, il y avait de beaux exemplaires de diverses races devant lesquels le public s'arrêtait avec intérêt. Les abeilles étaient également remarquables. »
Plusieurs ateliers de fabrication de machines agricoles prospèrent dans le grand-duché de Luxembourg, ce qui est un indice certain de l'estime dont les instruments perfectionnés jouissent auprès des cultivateurs. D'ailleurs le gouvernement du grand-duché a pris, depuis de nombreuses années, l'initiative de plusieurs mesures importantes pour l'agriculture. En vue de l'amélioration du bétail du pays, il a fait acheter à l'étranger des reproducteurs de races perfectionnées qu'il a fait revendre aux enchères ; il a fait importer de nouvelles variétés de céréales et de pommes de terre; enfin il a donné une vive impulsion à la réalisation des travaux d'assainissement, d'irrigationet de drainage.
C'est surtout en ce qui concerne l'amélioration des races d'animaux domestiques que l'action du gouvernement luxembourgeois s'est montrée avec une réelle efficacité. Les encouragements donnés aux éleveurs dans les concours spéciaux, les achats d'animaux reproducteurs à l'étranger, ont produit les plus lieureux résultats.
Voici, d'ailleurs, un tableau qui permet de suivre le mouvement de la population animale pendant les quinze dernières années :
tètes. tètes. tètes. tètes. têtes.
Espèce chevaline 21,594 22,196 31,909 17,873 17,944
— asine 61 45 63 28 27
— mulassi^re 3 4 6 74 64
— bovine 90,48.0 95,257 94,772 79,999 91,864
— ovine 73.569 70,376 68,074 45,023 47,899
— caprine 14,435 13,833 12,302 14,023 16,928
— porcine 48,249 67,850 58,219 53,443 73,120
On remarquera tout d'abord, la diminution considérable accusée par le recensement de 1872, principalement pour l'espèce bovine. La guerre de 1870-1871 a eu son contre coup dans le grand-duché, malgré sa neutralité. De grands achats ont été faits pour le compte des belligérants, et la peste bovine, que traînaient après elles les ar-
mées allemandes, y a sévi avec une cruelle intensité. Mais on voit par la comparaison des recensements de 1872 et de 1874, avec quelle rapidité les vides ont été effacés.
Les chevaux élevés dans le Luxembourg sont surtout des chevaux de gros trait; ce sont ceux qui sont principalement recherchés par les acheteurs allemands.
L'ancienne race bovine ardennaise diminue d'importance chaque année. Elle est absorbée ou remplacée par la race hollandaise, pour une grande partie du pays, et par laraceDurham, dans les autres districts. Le gouvernement luxembourgeois fait acheter, tous les ans, chez les éleveurs les plus distingués, soit du continent, soit d'Angleterre, par une Commission spéciale, des reproducteurs appartenant aux races les plus estimées, et il les fait vendre ensuite aux enchères publiques. La perte est peu élevée, et largement compensée par les bénéfices qui en résultent pour l'intérêt général du pays.
C'est surtout la race bovine hollandaise que recherchent les agriculteurs luxembourgeois. Les éleveurs, d'après M. Fischer, préfèrent de beaucoup le bétail de cette race II paraît appelé à régénérer les races locales, sinon à se substituer entièrement à elles dans un avenir plus ou moins rapproché. Le but le plus général dans l'élève des bêtes à cornes dans tous le pays, c'est la production du lait. La production de la viande ne vient qu'en seconde ligne. La variété à laquelle on a donné la préférence, est la race hollandaise de moyenne taille venant de la Zélande; elle donne une quantité assez considérable de viande, en même temps que son lait est abondant et de très bonne qualité.
Les moutons ardennais forment l'immense majorité de la population ovine du grand-duché de Luxembourg. Ils sont célèbres par la bonne qualité de leur viande. Depuis quelque temps, on a introduit des moutons anglais de la race southdov^^n qui forme, avec la race ardennaise, d'excellents croisements.
L'importation des races porcines anglaises a complètement réussi; le même fait se produit en France. Les grandes races de Berkshire et d'Yorkshire ont particulièrement donné de bons résultats. Leurs croisements avec la race indigène ont tellement modifié celle-ci qu'on peut dire sans exagération qu'elle tend à disparaître rapidement. Les concours communaux et cantonaux ont exercé, dans cette direction, la plus heureuse influence.
Le commerce du bétail est des plus actifs dans le igrand-duehé ; les ventes pour l'exportation sont nombreuses. Les moutons et les porcs Bont vendus en plus grand nombre pour l'extérieur que pour l'intérieur. Les principaux débouchés du bétail sont la Belgique et la France ; le commerce avec l'Allemagne est moins considérable. Henry Sagnier.
I. — Situation générale^ Dans le plus grand inombre des départements, les marchés agricoles continuent à présenter beaucoup d'activité. Les offres faites par les cultivateurs sont abondantes, et les transactions nombreuses.