‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 350 sur 752 · II. — Les maladies contagieuses du bétail · texte numérisé non relu

II. — Les maladies contagieuses du bétail

Nous avons insisté, dans un précédent numéro, sur l'extension prise par la fièvre aphteuse dans un certain nombre de départements;on signale aussi, principalement dans la région de l'Est, une recrudescence considérable de péripneumonie contagieuse des bêtes à cornes. Les ravages de cette maladie sont assez sérieux, en ce moment, pour inquiéter vivement les agriculteurs de la Franche-Comté. Il en est de môme dans une partie de la Suisse. Le bruit a même couru, sur la frontière, que la peste bovine avait fait son apparition dans le district de Porentruy, canton de Berne; mais les observations faites avec soin ont permis de reconnaître que l'on avait affaire seulement à la péripneumonie.

IIL — L'exercice de la médecine vétérinaire.

A l'occasion du projet de loi sur la police sanitaire soumis à l'examen de la Chambre des députés, M. le ministre de l'agriculture a adressé aux préfets, au moment de la session des Conseils généraux, la circulaire suivante :

« Paris, le 14 août T880. '"

« Monsieui' le préfet, la Commission de la Chambre des députés à laquelle a été renvoyé l'examen du projet de loi sur la police sanitaire des animaux, a décidé d'introduire, dans ce projet, une disposition interdisant à quiconque n'est pas pourvu du diplôme de vétérinaire, de traiter les animaux atteints de maladies contagieuses.

« Toutefois, en adoptant ce principe, il lui a paru nécessaire de prévoir que l'application pourrait en être différée dans les départements où cet ajournement serait demandé par les Conseils généraux, en raison du nombre insuffisant des vétérinaires et dea difficultés de communication.

« J'ai l'bonneor de vous prier, monsieur le préfet, de vouloir bien consulter le Conseil général de votre département, sur cette question, au cours de la session qui va s'ouvrir, et de me faire parvenir, le plus tôt possible, la délibération qu'il aura prise à ce sujet.

« Recevez, etc. « Le ministre de l'agriculture et du commerce^

« P. TiRARD. »

Un grand nombre de Conseils généraux, en réponse à cette circulaire, ont émis le vœu que le traitement des maladies contagieuses soit interdit à toute personne non pourvue du diplôme de vétérinaire. Il y

a lieu d'espérer que cette disposilion, que l'agriculture accueillerait avec une vive satisfaction, sera inscrite dans la nouvelle loi. Les empiriques, sont, en effet, souvent les meilleurs agents de propagation des maladies contagieuses; impuissants à en reconnaître les caractères, ils les laissent souvent prendre des proportions considérables, avant de songer aux moyens de les combattre. Nous souhaitons vivement qu'on arrive un jour à interdire d'une manière absolue la pratin^ue de la médecine vétérinaire à quiconque n'est pas muni du diplôme des écoles nationales vétérinaires.

A l'occasion dsla note de M. le docteur Saurel sur le greffage de la vigne par écusson plein, publiée dans notre dernier numéro (p. 45 j), nous avons reçu de M. Charles Baltetla lettre suivante :

Troyes, 20 septembre 1880.

« M. le rédacteur, M. Saurel a raison, dans votre dernier numéro, d'exciter les chercheurs à greffer la vigne par l'écussonnage Ilindique l' écusson boisé que nous avons signalé, dans ÏArt de greffer, à l'occasion des cameUias, azalées, rhododendrons et lilas. D'après André Thouin, celte greffe aurait été inventée par le comte d'Ourche, « auteur de plusitiurs ouvrages sur les irrigations et sur des cultures agrestes. »

« Mais l'écussonnage simple a été appliqué à la vigne, il y a une quinzaine d'années, par un vigneron fort intelligent de Beaune, M. Jo.seph Gaguerot. Il opère fin juillet et couvre la gretîe avec un peu de terre pendant quinze jours. Au Champ de mars, en 1867, M. Gagnerot exposa de magnifiques pieds de vigne écussonnés ainsi et transformés dans leur espèce. Je l'ai également constaté chez lui. Il est un des premiers qui aient réussi. Charles Baltet

horticulteor à Troyes.

On ne peut qu'encourager les essais demandés par M. Saurel. Les succès signalés par M. Charles Baltet sont d'ailleurs tout à t'ait de nature à donner confiance à ceux qui les poursuivront, V. — Une nouvelle vigne.

Les Comptes rendus de l'Académie des sciences publient un extrait d'une lettre adressée par M. Lécard au ministre de l'instruction publique, et relative à l'existence, au Soudan, de vignes sauvages, à tige herbacée, à racines vivaces et à fruits comestibles. D'après cette lettre, la beauté et l'abondance des fruits, la vigoureuse rusticité de la plante, la facilité de culture, par suite de la simple plantation annuelle de ses racines tuberculeuses, lui donneront une place importante en France. M. Lécard suppose même que ces espèces nouvelles sont susceptibles de changer complètement les conditions de la culture de la vigne en France et d'en augmenter la production dans des proportions inconnues; on pourrait, dit-il, les cultiver comme on le fait pour les dahlias. M. Lécard annonce enfin qu'il a une grande quantité de graines de ces vignes à distribuer à tous les établissements agricoles ou scientifiques de France, d'Algérie et même d'Europe. Les essais de culture permettront de constater la valeur des services que ces nouvelles vignes pourront rendre en France. YL — Sur le pldlrage des vins.

Dans notre numéro du 28 août (p. 322), nous avons publié la circulaire adressée parle ministre de la justice relativement au plâtrage des vins. Cette circulaire a soulevé une grande émotion parmi les négociants en vins et dans quelques régions viticoles. Nous en trouvons une trace dans la délibération suivante qui a été prise par la Société cen-

traie d'agriculture de l'Aude, dans sa séance du 4 septembre courant :

« La Société centrale d'agriculture de l'Aude considérant que le plâtrage de la vendange s'exerce depuis un temps immémorial dans nos départements du Midi, que cette opération est indispensable pour assurer la fermentation régulière de la vendange et la bonne conservation de nos vins;

« Que depuis plusieurs siècles nos populations de l'Aude s'abreuvent de vins plâtrés et que jamais nos médecins n'ont constaté de maladies ou accidents dus à l'usage journalier de cette boisson;

« Que nos vins de liqueur, lorsqu'ils sont récoltés sur des terrains très calcaires, renferment naturellement plus de deux grammes de sulfate de potasse par litre; que dès lors il faudrait, sous peine de délit, renoncer à ces sortes de vins et arracher les vignes qui les produisent au moment oij les ravages du phylloxéra nous menacent d'une ruine complète;

« Que nos traités de commerce permettent l'introduction sur notre territoire des vins d'Italie et d'Espagne, qui sont toujours très fortement plâtrés et sans que leur teneur en sulfate de potasse ait été fixée ;

« Qu'on ne saurait tolérer chez les vins exotiques un dosage différent de celui de nos vins français et qu'imposer à tous la limite indiquée par la récente circulaire ministérielle, serait peut-être porter atteinte à nos traités internationaux ;

« Supplie M. le garde des sceaux, ministre de la justice, eu égard aux considérations qui précèdent, de vouloir bien revenir sur les ordres par lui donnés le 23 août 1&80 et laisser les vins plâtrés sous l'empire de la circulaire ministérielle du 21 juillet 1858. »

Nous estimons toujours que, quelle que soit l'innocuité supposée de l'addition du plâtre soit aux moûts, soit au vin, les vins traités de cette manière doivent être vendus comme vins plâtrés, car il est de toute justice que l'acheteur soit prévenu des manipulations qu'a subies le vin qu'on lui vend.

VIL — Concours international de semoirs en Italie.

Nous avons eu, à diverses reprises, à annoncer des concours internationaux de machines agricoles, organisés en Italie. La direction de ces concours est confiée, par le ministère de l'agriculture, à des comices agricoles. Le programme d'un concours international de semoirs vient de nous parvenir ; ce concours sera dirigé par le Comice de Pise, et il aura lieu dans cette ville, au mois d'octobre. Les opérations du concours commenceront le 20 octobre; les essais de semoirs se feront du 25 octobre au 1 0 novembre. Les constructeurs de semoirs, dans tous les pays, seront appelés à y prendre part. Les récompenses décernées par le ministère de l'agriculture d'Italie sont les suivantes : 1 ° une médaille d'or et achat par le ministère, de deux modèles du semoir qui aura remporté le premier prix; 2" médaille d'argent et acquisition d'un modèle du semoir qui aura remporté le deuxième prix. VIII. — La ferme-école du Lot.

Nous recevons communication des résultats des examens de sortie et d'admission qui viennent d'avoir lieu à la ferme-école du Montât (Lot). La commission qui a présidé à ces examens, se composait de MM. Gustave Heuzé, inspecteur général de l'agriculture, président; Bragalières, membre du Conseil général ; Andurand-Rolland et Valette, propriétaires -agriculteurs, et Théodore Périer, professeur de physique au lycée de Cahors, secrétaire, — Voici d'abord, par ordre de mérite, la liste des quatorze élèves qui ont obtenu le certificat d'instruction et qui doivent sortir au 1*' octobre prochain :

MM. 1. Frayssenge. — 2. Descamps. — 3. Carrières. — 4. Miquel. — 5. Roux. — 6. Blanc. — 7. Tocaben. — 8. Laques. — 9. Ourcival. — 10. Al-

barel. — 11. Viers. — 12. Gournille (Raymond). — 13. Maiury. — 14. Laplace.

Tous ces jeunes gens sont âgés de dix-huit à vingt ans. — Au concours d'admission, 48 candidats se sont présentés; sur ce nombre, 18 ont été admis dans l'ordre suivant, et devront entrer le 1" octobre, à la ferme-école :

Titulaires. — MM. 1. Amadieu, 19 ans. — 2. Gibily, 17 ans. — 3. Guitard,

16 ans. — 4. Rouveix, 17 ans. — 5, Escrouzailles, 17 ans. — 6. Brugalières,

17 ans. — 7. Labarrière, 17 ans. — 8. Gauiac, 16 ans — 9. Barreau, 19 ans. — 10. Frézals, 18 ans. — 11. Lestrade, 17 ans. — 12. Boussaroque, 18 ans. — 13. Lacam, 16 ans. — 14. Maurel, 17 ans, — 15. Nigou, 18 ans. — 16. Gournille (Biaise), 19 ans.

Supplémentaires. — MM. Girma, 16 ans. — Bru, 17 ans.

Par un arrêté du ministre de l'agriculture, en date du 8 septembre, et sur la demande du directeur de la ferme-école, M. Pierre Dufour, sous- directeur, a été nommé directeur en remplacement de son beaupère, M. Célarié, qui était à la tête de cet établissement depuis trente et un ans, et qui y a rendu de signalés services à la cause de l'enseignement agricole. Depuis1849 jusqu'à ce jour, 366 élèves sont sortis de la ferme-école du Montât, avec leur certificat d'instruction. IX. — Concours de comice deMorlaas.

Le concours du comice agricole du canton de Morlaas (Basses- Pyrénées) se tiendra, dans cette ville, le 10 octobre prochain. Ce concours est spécial aux animaux reproducteurs de l'espèce bovine; tous les propriétaires de taureaux, de vaches et de génisses, dans le canton, sont admis à y prendre part. En outre, un concours sans conditions spéciales est ouvert pour les instruments d'agriculture les plus perfectionnés et les plus pratiques à introduire dans le canton de Morlaas.

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