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XII. — Vt7U& d'animaux reproducteurs à Laval

Nous avons annoncé que la neuvième vente publique d'animaux de pur sang Durliam, organisée par l'association des agriculteurs de la Mayenne, aurait lieu a Laval le samedi 2 octobre. Le catalogue de cette vente comprend 25 animaux mâles et femelles, sortant des étables de M. Anqnetil, à Cossc-le-Vivien; de M. lîoisgontier, à Cossé-le-Vivien; de M. Léon de Clialais, à Saint-Jean-sur-Mayenne; de M. Daudier, à la Lande; de M. Adhémar Dubois, à Cossé le-Vivien; de M. Foucault^ à Changé; de M. Cl. Girard, au Mans; de M. Houtin, à Gossé-le- Vivien; de IM. Uaymond de Moulins, à Ahuillé; de M. Martin, à Cossé-Ie- Yivien; de MM. Louis Rabeau et J. Bodin, àCraon.Le plus grand nombre de ces animaux sont encore dans leur jeune âge. XIII. — Projet de création d'une station agronomique, et d'une école d'agriculture.

Dans sa dernière session, le Conseil général de la Seine-Inférieure a adopté les conclusions de deux rapports, présentés par M. Chouillou, sur un projet de création d'une station agronomique à Rouen et d'une école pratique dans le département de la Seine-Inférieure. Le Conseil général a chargé sa première commission d'étudier, d'accord avec le préfet, les moyens de réaliser ces deux projets. On ne peut que souhaiter qu'ils reçoivent une prompte réalisation. Le rapport de M. Chouillou renferme sur le rôle, le fonctionnement et l'histoire des stations agronomiques, des considérations que les agriculteurs liront certainement avec intérêt :

ce Qu'est-ce qu'une station agronomique ? — C'est le siège de toutes recherches scientifiques sur la nature et la composition des sols et des sous-sols que présente la région, sur les terres et minéraux qui peuvent y servir d'amendements, sur les fumiers et tous autres engrais qui y sont employés, sur les résidus des diverses industries voisines, résidus souvent précieux pour la culture, sur les semences en usage ou à recommander, sur les conditions physiques et chimiques nécessaires au rendement maximum de chacune de ces semences, sur les compositions de leurs récoltes, au point de vue de leur valeur industrielle, commerciale ou alimentaire, sur les meilleurs rations à donner au bétail pour développer en lui telle ou telle qualité, tel ou tel produit. Voilà une série déjà longue de fécondes recherches à faire, et pourtant avec cet ordre logique d'énumération, nous en sommes encore à vous parler de celles qu'a inaugurées et par lesquelles s'est illustré le savant M. Pdsteur : des recherches sur les causes, disons-mieux, sur les êtres infiniment petits qui produisent certaines maladies ruineuses ou terribles des végétaux ou des animaux, sur les conséquences à en redouter et sur les moyens de les combattre.

« Vous avez bien justement compris, lorsque vous avez adopté le principe d'une station agronomique, que c'était par de telles recherches que vous pouviez le mieux aider la culture dans sa détresse. De ces recherches, en effet, découleront, grâce à des règles savantes et sages, des moyens de produire à meilleur )narché tme plus grantle quanliié de produits meilleurs et de sauver ainsi maints honorables travailleurs de la terre, leurs familles et l'agriculture de la région normande, la plus concurrencée de toutes par les importations étrangères.

« L'enseignement agricole par !a station agronomique est le seul qui puisse, aussitôt sa création, aider ceux qui y ont recours; l'enseignement agricole par l'école d'agriculture pratique, par les écoles primaires ne pouvant commencer à aider ceux-là que cinq ans, quinze ans après créations.

« L'enseignement agricole par la station agronomique est donc la plus urgente de toutes les aides scientifiques à l'agriculture.

« Tout ce que vous avez compris est, tout au long, confirmé dans le volumine«x et précieux dossier que M le préfet nous a composé avec les réponses de vingt départements. A un près, tous se félicitent des heureux résultats promptement produits par la création de chaque station. Le seul ])réfet qui nous ait marqué attendre encore la plénitude de ces résultats, est le préfet d'un déjmrtement dont la station agronomique, confiée au concours à un jeune savant du plus grand mérite, se l'est vu subitement enlevé par l'impitoyahle mort.

CHRONIQUE AGRICOLE (25 SEPTEMBRE 1880). kSI

« Cet honorable fonctionnaire constate avec une franchise dont nous lui sommes reconnaissants, — car elle guidera nos décisions ultérieures, — que le choix du chimiste provisoire qu'il a dû nommer, en remplacement du seul candidat queùr, après concours, mis à sa disposition le Conseil général, est la seule cause de l'insuccès du début de la st-ition.

<c Enfin, messieurs, tous ces résultats estimables, prévus par vous, prouvés par le dossier de M. le préfet, la société centrale d'agriculture de la Seine-Inférieure les a vus parles yeux de ses trois délégués, explorant clans un laborieux voyage les meilleures écoles d'agriculture et les plus célèbres stations agronomiques de France, de Belgique et d'Allemagne. Les 1,500 fr. de tournées que vous leur avez généreusement votés à cet effet, lors de votre dernière session d'avril, ont été, entre leurs mains, bien placés. Le compte rendu de ce voyage et les conclusions auxquelles il a conduit la société centrale d'agriculture, sont exposés dans le rap-

Fort que chacun de vous a reçu. Son auteur, M. l'ingénieur Gruillain, s'y est fait inteiprèle fidèle de la société d'agriculture et de ses deux comjjagnons de voyage. M Rasset, l'actif et expérimenté f)résident du comice agricole de Neufchâtel, et M. Gustave Robert, le jeune chimiste dont la consciencieuse étude d'école d'agriculture pratique a été si honorablement qualifiée, lors de ia session d'avril, par M. Aubry, notre ancien collègue... »

M. Chouillou a raison de rappeler, dans une autre page de son rapport, que c'esl la France qui peut revendiquer pour elle la création des stations agronomiques. C'est à notre illustre maître, iM. Boussingault, que revient l'honneur d'avoir établi la première sur son domaine de Beclielbronn. C'est là le modèle qui a été suivi presque partout. On cherche aujourd'hui, dans beaucoup de départements, à créer des établissements de ce genre; les services rendus par ceux qui existent doivent être, pour les Conseils généraux, un puissant stimulant, comme on voit qu'ils l'ont été dans ia Seine-Inférieure.

XIV. — Concours du Comice de Saint-Amand. Le concours du Comice agricole de Saint-Amand (Nièvre) s'est tenu le dimanche 12 septembre, sous la direction de M. Mariage, vice-président. Ce concours a eu un complet succès, surtout en ce qui concerne l'exposition du bétail. Les étables et les bergeries font, dans ce pays, la richesse du cultivateur. Pour dissiper les craintes que l'on a essayé de répandre dans les campagnes, relativement à l'avenir de l'élevage, M. Girerd, sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'agriculture, a prononcé, à la distribution des récompenses, un discours dont nous extrayons les passages suivants :

« Après avoir constaté la crise agricole, faut-il imputer cette crise au libreéchange? Oui, les souffrances de l'agriculture sont malheureusement réelles, trop réelles Mais quelle en est la cause'/ L'introduction en Fiance des bestiaux et des blés étrangers, qui motive tant de réclamations et de critiques, se fait depuis au moins vingt ars. Et pourtant, l'agriculture ne souffrait pas il y a quelques années. Cette prospérité antérieure ne suffit-elle pas pour montrer qu'il n'y a aucune connexité entre le libre-échange et les souffrances actuelles?

« D'oià viennent ces souffrances? Depuis trois années, nous avons été affligés d'intempéries sans nombre, qui ont occasionné des récoltes détestables. Là est la cause véritable, la cause unique du mal dont on se plaint. Pourquoi vouloir à tout prix trouver un remède dans ce procédé factice qui consiste à frapper de droits les produits les plus nécessaires à la vie?

« Nous avons besoin de blé, de viande; pourquoi? Parce que, depuis quelque temps surtout, il y a dans la société plus d'aisance; on consomme davantage; une amélioration considérable, et dont on doit se féliciter, s'est introduite dans les classes ouvrières. Eh bien! il faut le dire; la France ne produit pas assez d'ordmaire pour faire face à toute cette consommation.' Ah! si notre production était suffisante, si nous étions sûrs de trouver chez nous tout ce qui est nécessaire, nous pourrions peut-être nous isoler comme dans une île fermée! Mais il n'en est pas ainsi ; notre production est souvent insuffisante, et force nous est

d'emprunter au dehors ce qui nous manque. M. le président du Comice lui-même le comprend à merveille, lui qui refuse de frapper le blé. Mais pourquoi demandet-il des taxes sur le bétail? La viande n'est- elle pas devenue aujourd'hui, surtout pour le travailleur, un aliment aussi indispensable que le pain? On ne saurait diviser la question; ce qui est vrai pour le blé est également vrai pour le bétail, et la solution doit être la même dans les deux cas, sous peine de tomber dans une flagrante injustice, car plus l'ouvrier travaille, plus il a besoin d'une nourriture solide et confortable.

« Il est à remarquer, d'ailleurs, que si l'on constate des mouvements, des variations dans la quantité des bestiaux importés, on n'en remarque presque pas sur leur prix de vente Gela prouve que leur nombre n'est pas assez considérame pour faire sérieusement échec à la production nationale.

« Ce n'est pas dans les idées protectionnistes que l'agriculture doit chercher le salut; ce n'est pas dans cette voie qu'elle doit invoquer l'aide du gouvernement; ce n'est point un pareil secours que le gouvernement peut lui donner. Le remède consiste dans un développement de plus en plus complet des voies de communication et de transport; dans la création de chemins de fer comme celui qui passera prochainement à proximité de Saint-Amand; dans la propagation de finstruction nationale, qui perfectionnera de plus en plus les procédés et les méthodes de travail; dans l'application de plus en plus répandue de cette loi économique qui ordonne de dépenser moins et de produire davantage

« C'est pourquoi le gouvernement de la République apporte tant de sollicitude au progrès de 1 instruction, à l'amélioration des écoles qui la mettent à la portée de tous, de telle sorte que bientôt on ne puisse plus rencontrer nulle part un citoyen qui ne sache ni lire ni écrire. »

Les principes présentés par M. Girerd ont été trop souvent développés dans ce Journal pour que nous ne leur donnions pas notre adhésion une fois de plus. C'est en elle-même que l'agriculture française trouvera la force et les moyens de sortir de la pénible situation dans laquelle une série de mauvaises années l'a placée; les jours meilleurs suivent toujours les jours néfastes.

XV. Vagricullure à l'Association britannique pour l'avancement des sciences.

L'Association britannique pour l'avancement des sciences, sœur aînée de l'Association française, a tenu, à la fin du mois d'août, sa cinquantième session à Swansea. Ici, cotume en France, l'agriculture tient sa place. Parmi les principales questions agitées, nous devons d'abord citer un mémoire de M. J.-M. Cameron, sur l'enseignement agricole. D'après lui, l'éducation technique des agriculteurs est loin d être ce qu'on est en droit d'espérer; un bien petit nombre d'associations agricoles s'en sont préoccupées; presque seules, la Société royale d'agriculture d'Angleterre, et la Société royale des Highlands, en Ecosse, ont fait des efforts pour le développement de l'instruction et pour l'organisation de fermes expérimentales. M. Cameron conclut en demandant que l'agriculture compte parmi les matières de l'enseignement dans toutes les écoles de village, que chaque paroisse possède une école d'agriculture qui soit en rapport avec une ferme expérimentale, et enfin que, pendant l'hiver, les fermiers organisent des lectures et des conférences sur les diverses brandies de leur art.

Il faut aussi signaler une élude sur le rapport entre le régime des pluies et la température sous le climat de Londres, présentée par M. Courtenay Fox. D'après les observations qu'il a réunies, il croit pouvoir conclure qu'un printemps froid a beaucoup de chance d'être suivi d'un été froid, et que celui-ci a tendance à être suivi par un automne froid, tandis que la même corrélation ne se présente plus pour l'hiver. D'autre part, les mois de juin et de juillet ont beaucoup de chance d'être secs, quand les mois précédents l'ont été; mais si

août est sec, septembre sera probablement humide; enfin si décembre est humide, janvier le sera probablement. II est bien entendu que ces lois sont susceptibles d'un grand nombre d'exceptions.

Enfin, M. Botley s'est occupé surtout des lois générales de la production agricole. Après avoir présenté des tableaux détaillés des diverses cultures en Angleterre, il a insisté d'une manière spéciale sur la nécessité de modifier, dans un sens plus libéral, les lois qui régissent la propriété et l'exploitation du sol. C'est la réclamation que, dans toutes les parties des Iles-Britanniques, les fermiers font entendre, et qui finira certainement, dans un avenir plus ou moins prochain, par l'emporter.

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