CONCOURS HIPPIQUES DE L'ASSOCIATION BRETONNE
Les concours que défraye l'État ne donnent pas toujours les mêmes résultats que ceux qui émanent de Tinitiative; telle était du moins l'opinion qu'émettait M. de Lavergne dans son livre de l'Economie rurale de la France. 11 fut même un moment depuis cette époque, où quelques-uns pensaient que le temps de s'adresser au gouvernement pour les récompenses à donner à l'agriculture était désormais passé. Mais les choses nous paraissent changées et telle société départementale d'agriculture prendrait volontiers le titre de société officielle, tel comice n'hésite pas à prendre le titre de comice subventionné.
Il existe cependant encore quelques associations provinciales, telles que l'association normande et l'association bretonne. Cette dernière créée en 1845, transporte ses concours dans l'un des cinq déparlements de l'ancienne Bretagne, et a servi de point de départ à l'institution des concours régionaux. Association libre de propriétaires, elle comprend deux sections, l'une d'agriculture, et l'autre d'archéologie qui redouble l'attachement au sol par l'étude des souvenirs du pays et de ses monuments. Il est vrai qu'elle subit, sous l'empire, une éclipse forcée; mais elle s'est reconstituée en 1873 et elle tenait cette année à Quintin son 7^ concours depuis cette époque. Elle a cru devoir ajouter aux sections d'agriculture et d'archéologie une section hippique, et a tenu successivement des concours pour l'espèce chevaline, à Savenay, Guingamp, Landerneau et enfin à Quintin.
Il n'est aucune province, sans excepter la Normandie, où la production et l'élevage du cheval jouent un rôle aussi important qu'en Bretagne, et particulièrement dans les départements du Finistère et desCôtes-du- Nord, d'où près de 40,000 chevaux sont annuellement exportés. Dès 1760 le duc de Chaulnes, alors gouverneur de la Bretagne, pensait que cette province pourrait à elle seule pourvoir un jour aux besoins de la cavalerie française, et les états de Bretagne donnèrent à diverses reprises d'importants encouragements à la production du cheval. Malheureusementon ne savait pas alors que les animaux sont, dans l'ensemble de leurs qualités, l'expression des conditions climatériques des contrées où ils naissent et sont élevés: que c'est à un sol mieux amendé et mieux cultivé qu'il faut demander l'agrandissement des races, et ne pas l'attendre des reproducteurs de grande taille, si par ailleurs on ne peut contester l'influence du sang qui peut seule rendre capables d'actions énergiques, le cheval de guerre et de selle. L'époque n'était pas venue où les progrès de l'agriculture pourraient permettre, dans le Léon et dans le Finistère, de produire le similaire du solide trotteur de Norfolk, sur le littoral des Côtes-du-Nord le percheron-breton, et en Cornouaille, dans la montagne, le cheval de selle.