‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 415 sur 752 · VI. — Le phylloxéra · texte numérisé non relu

VI. — Le phylloxéra

Au sujet des résultats qu'il a obtenu par les traitements de ses vignes au moyen du sulfocarbonate de potassium, dans son vignoble de Launac, notre éminent confrère et ami, M. Henri Mares, nous envoie la note suivante :

« J'ai obtenu cette année, un succès complet par le traitement de mes vignes au moyen des sulfocarbonates de potasse. D'après ce qui se passe à Launac, je ne doute pas qu'à l'avenir tous les vignobles en vins fins ou à grands produits ne soient traités par cette méthode. Je vois se restaurer complètement des pieds de vigne vieilles, attaquées depuis 1874, et dans lesquelles le quart des ceps a succombé. Ces vignes se sont couvertes de racines nouvelles qui ont poUssé sur les anciennes, et qui reprennent possession de la terre, mais elles sont de nouveau envahies par le phylloxéra, comme cela passe dans les vignes submergées, sulfurées, etc , et comme je l'avais vu d'ailleurs l'an dernier, à pareille époque. Il y a actuellement, grâce au beau temps dont nous jouissons, une effrayante pullulation d'insectes et un grand essaimage de phylloxéras ailés.

« Les vendanges ont été belles, bonnes et abondantes dans les localités oià il y a des vignes, mais celles-ci diminuent tous les jours; c'est la richesse pour les uns, et la disette pour les autres. En somme, on n'aura guère que le quart des anciennes récoltes de 1870 à 1875. »

Les documents communiqués aux Conseils généraux permettent de constater les progrès de l'invasion phylloxérique dans un certain nombre de départements. Pour quelques-uns de la région méridionale, cette invasion est rapide. Le département de l'Aude compte parmi ces derniers; deux arrondissements, ceux de Carcassonneet deNarbonne, sont aujourd'hui très attaqués; on y compte actuellement 41 9 foyers constatés. Ils occupent une surface de 92 hectares, dont 2 hectares 75 ares seulement dans l'arrondissement de Carcassonne. Ces 92 hectares ont été traités par le sulfure de carbone, ainsi que 55 hectares autour des taches, comme zone de protection. La dépense s'est élevée à 39,517 fr., soit, en moyenne, 269 fr. par hectare. D'après le rapport de M. Henrion, délégué départemental, le traitement a donnédes résultats excellents; quelques exceptions, signalées à Ouveillan et à Peyriac-de-Mer, seraient dues à ce que les vignes traitées étaient envahies depuis quatre ans et avaient perdu presque entièrement leur système radiculaire.

VIL — Sur le dégrèvement des sucres.

Depuis le 1" octobre, le dégrèvement des sucres est un fait accompli; il a été accueilli avec la plus grande faveur par toutes les populations. A ce sujet, des agriculteurs nous demandent pourquoi le prix de vente des betteraves n'augmente pas immédiatement et si les fabricants de sucre seront les seuls à profiter du dégrèvement, et à voir leurs bénéfices augmenter dans la proportion de celui-ci. Nous croyons donc utile de rappeler que, pour le moment, le consommateur est le seul qui profite directement du dégrèvement, car il paie, ainsi que cela se pratique dans toutes les épiceries de Paris, le kilog. de sucre 0 fr. 30 de moins que pendant le mois de septembre. C'est par l'augmentation de la consommation, résultat fatal de la baisse des prix, que les fabricants de sucre d'une part et les agriculteurs de l'autre, profiteront de ce dégrèvement. Les fabricants ne seront donc plus admis à faire valoir les conditions mauvaises de leur industrie pour obtenir des agriculteurs le maintien de la réduction des prix des betteraves que ceux-ci ont dû consentir depuis quelques années. C'est

seulement en offrant à la culture un prix plus rémunérateur et en renouvelant les abonnements dans des conditions plus avantageuses ■que les fabricants pourront s'assurer un approvisionnement certain pour l'avenir et le concours des agriculteurs pour poursuivre, dans «n temps plus ou moins proche, une nouvelle exonération de l'impôt.

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