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VIII. — Les pineraies de la Sologne

A maintes reprises, depuis le printemps dernier, nous avons insisté sur les dommages causés en Sologne par le dernier hiver, surtout dans la partie boisée qui faisait la fortune de cette vaste région jadis déshéritée. L'évaluation des dommages commence à être faite. Dans sa dernière session, le Conseil général du Loiret a reçu communication d'un rapport sur cet important sujet, fait par M. Boucard, conservateur des forêts à Tours, et il en a ordonné la publication aux frais du département. Ce rapport signale d'abord les dégâts causés dans les bois, puis il indique les moyens de venir en aide à la Sologne et, enfin, il se termine par des conseils et des encouragements pour le reboisement. Il sera l'objet d'une étude spéciale dans le Journal; aujourd'hui nous devons nous borner à en résumer la première partie.

Sur une étendue totale de 500,000 hectares, la Sologne compte 120,000 hectares en bois tant feuillus que résineux; le pin maritime ■est l'essence dominante et il occupe une surface d'environ 8i),000 hectares. Déboisée à l'excès pendant les deux derniers siècles, la Sologne a commencé à être reboisée il y a cinquante ans environ. L'exploitation des pineraies donnait surtout des résultats remarquables; M. Coudard estime que les 80,000 hectares de pins maritimes produisaient à leurs propriétaires une somme annuelle de trois millions et demi de francs en nombre rond. Celte situation si prospère a reçu une première atteinte pendant l'hiver 1<S78-79 par l'action d'un verglas d'une intensité et d'une durée tout à fait extraordinaires; la proportion des pins maritimes brisés par ce phénomène a dépassé 20 pour 100. Mais le grand désastre a été amené par les rigueurs exceptionnelles du dernier hiver. « Aujourd'hui, en Sologne, dit M. Coudard, il ne reste plus de pins maritimes vivants, à l'exception des semis de un à deux ans, qui ont été protégés par la neige. » Il estime que, en fin de compte, la perte subie par les habitants de la Sologne peut être évaluée à 42 millions de francs. C'est, pour beaucoup, une véritable ruine, et pour tous une énorme perte. Les résultats de plus d'un demi- siècle de travail et de lutte ont été tout d'un coup à peu près absolument détruits, mais l'énergie des agriculteurs est assez grande pour résister .à cet assaut; ceux qui le peuvent recommencent dès maintenant la reconstitution de leur domaine forestier.

IX. — Annales de l'Institut national agronomique. Le troisième volume des Annaks de Vlnstitul national agronomique vient d'être publié. Ce volume renferme un grand nombre de travaux. Mais nous devons d'abord signaler le rapport de M. Risler, direeteur, sur la situation de ce grand établissement; ce rapport démontre que cette situation est absolument prospère, en même temps que le recrutement se faitdans de bonnes conditions. A la suite de ce rapport, sont insérés quelques-uns des travaux de recherches exécutés par les

professeurs, les chefs de travaux et les élèves de notre École supérieure d'agriculture. Tout d'abord, M. MLintz, chef des travaux chimiques, a continué son étude sur l'alimeutalion des chevaux si intéressante pour les Sociétés de transport et pour les armées. On sait que ce*s recherches qui sont faites sur la cavalerie de la Compagnie des omnibus ont permis déjà à cette Société de réaliser des économies considérables. M. MiiQtz donne également un travail sur la constitution de la graisse des animaux primes au concours du Palais de l'Industrie. M. Prillieux, professeur de botanique^ publie un mémoire sur les ravages occasionnés par l'hiver de 1879-80 dans les plantations de pins. M. Regnard, professeur de physiologie, donne deux études : une d'elles est relative à l'influence des radiations rouges sur la végétation; l'autre à la respiration. M. du Breuil, professeur d'arboriculture, fournit la nomenclature des principaux cépages français avec leurs particularités distinctives; ce travail a été publié dans le Journal. M. Brocchi, répétiteur de zoologie, est allé étudier 1 installation des pêcheries de l'Adriatique à l'embouchure du Pô et en fait l'objet d'un intéressant rapport. M. Cliesnel, secrétaire de l'Ecole, a été chargé par le ministre de l'agriculture d'étudier l'enseignement agricole, l'instruction laitière et la fabrication des produits du lait dans le Danemark et la Suède; la première partie de son rapport se trouve dans ce volume. Parmi les élèves diplômés, M. Nivet publie un travail sur la décomposition des sels ammoniacaux et M. Lami une étude sur le lait. Les Annales de r Institut agronomique sont éditées par M. Tremblay, 5, rue de l'Eperon, à Paris.

Les examens d'admission pour l'Institut agronomique commenceront le lundi 25 octobre, à huit heures et demi du matin, au siège de l'Ecole, 292, rue Saint- Martin. Les bacheliers es sciences sont dispensés de l'examen et sont admis de plein droit. Les demandes doivent être adressées avant le 1 5 octobre, au directeur de l'Ecole. — L'ouverture des cours aura lieu le mercredi 3 novembre.

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