XI. — Le canal cVirrigation du Rhône
On sait que la loi qui a déclaré d'utilité publique les travaux de construclion du caual d'irrigation dérivé du Rhône a subordonné l'exécution de ces travaux à la souscription d'une somme de 3 miU lions de francs pour les redevances annuelles, tant pour arrosage que pour submersion de vignes ou pour usage d'eau continu. Le comité des fondateurs du canal, qui avait déjà recueilli de très nombreuses souscriptions, s'est mis iiijimédiatement à l'œuvre pour faire réaliser le chiffre demandé par la loi. Il résulte d'un rapport qu'il vient d'adresser à M. le ministre des travaux publics que, au 15 septembre dernier, le montant des souscriptions atteignait la somme de 2,328/288 fr. 4 G. Le nombre des hectares souscrits s'élevait, à cette date, à 21,343. Les souscriptions continuent d'ailleurs avec rapidité, et il est permis d'espérer que, d'ici à la lin de l'année courante, elles auront atteint le chiffre demandé par la loi. Les populations des départements que traversera le canal comprennent de plus en plus l'immense avantage qu'elles retireront de son exécution, et le nom de M. Aristide Dumont est réellement devenu populaire parmi elles.
Xir. — Il ferme-école des Trois-Cr^oix.
Les e>:amens de fin d'année viennent d'avoir lieu à la ferme-école des Ïrois-Croix. Quinze élèves ayant achevé leur temps réglementaire, ont subi avec succès les épreuves qui leur donnent droit au certificat d'apprentissage et à la prime de 300 francs qui l'accompagne. Ils ont été reçus dans l'ordre suivant :
l.M. Charles-Marie Lorgeré, de Squiffiec (Côtes- du-Nord), — 2. M. Joseph- Marie Adam, de Pomraer-et-Jaudy (Côtes-du-Nord). — 3. M. Alexandre-Henri- Marie Guingant, de Douarnenez (Finistère). — 4, M. Frédéric Grimault, de Dourdain (Ille-et-Yilaine). — 5. M. Aimé- Alexandre Richard, de St-Lormel (Gôtes-du-Nord). — 6. M. Pierre Liron, de Solligny (Manche). — 7. M. Pierre- Marie Paillardon, de Carho (Côtes-du-Nord). — 8. AI. Jules Liron, de Solligny (Manche). — 9. M. François Denis, de Pizé itlIe-et-Villaine). — 10. M. Pierre- Marie Villeneuve, de Gesson (Ille-et-Vilaine). — 11. M. Jean-Louis Guigouresse, de Melaque (Finistère). — 12. M. Félix-Gabriel Blondel, de Reffuveille (Manche). — 13. M. Jean-Marie Durand, de Gorseuil (Gôtes-du-Nord). — 14 M. Pierre Trinquart, de Bédée (Ille-et-Vilaine). — 15. M. Alain-Marc-Marie Fravallo, de Melgven (Finistère).
Douze élèves de première année ont été déclarés capables de suivre les cours de deuxième année. Enfin, douze nouvelles admissions ont été prononcées pour compléter l'effectif réglementaire de l'Ecole. Voici dans quel ordre les admissions ont eu lieu :
1. M. Pierre-Marie Duclohier, de Renac (Ille-et-Vilaine). — 2. M. Yves- Marie Esvan, de Guidel (Morbihan). — 3. M. Joseph-Marie Le Bris, de Kgrist (Morbihan). — 4 M Auguste-Pierre Plaintossé, de Roz-sur-Gouesnon (Ille-et- Vilaine). — 5. M. Jean-Marie Mahé. de Plouagat (Gôtes-du-Nord). — 6. M. Emile- Marie Saulnier, de Cintré (Ille-et- Vilaine). — 7. M. Amand- Henri Rou'leau, de Pleumeleuc (Ille-et-Vilaine). — 8. M Edouard-Gabriel Verdon, de St-Thurial (Ille-et-Vilaine). — 9. M. Jules-Ferdinand Vaudevire, de St-Lô (Manche). — 10. M. Victor-Etienne Bource, de Guignen (Ille-et-Vilaine). — 11. M. Louis- Baptiste Guy, de Lassay (Mayenne) 12. M, Ale.xandre-Mai'ie Philippeaux, de Rennes (Ille-et-Vilaine).
La ferme-école des Trois-Croix continue à maintenir sa vieille réputation. Fondée en 1832, elle s'est toujours facilement recrutée dans la Bretagne. L'enseignement y est appuyé par une culture faite avec le
plus grand soin, et dont les rendements sont très élevés dans les années ordinaires. Mal^^ré des circonstancQS météorolof^iques contraires, les rendements de l'année 1880 méritent d'appeler l'attention; ils ont été, pour les principales récoltes, par hectare : blé, 25 hectolitres sur 14 hectares; avoine, 50 hectolitres sur 6 hectares; orge, 4 5 hectolitres sur G hectares et demi. L'année dernière, la sole de betteraves avait donné 75,000 kilog., et celle de maïs-fourrage 80,000 kilog. par hectare. Nous ne saurions trop répéter que les fermesécoles dans lesquelles l'enseignement théorique et pratique est donné avec autant de soin qu'à celle des Trois-Croix, mérilent tous les encouragements des amis de l'agriculture. M. Bodin fils soutient avec honneur les traditions de son père qui fut un des premiers pionniers de la Bretagne,:
XIII, — L'agriculture dans le département de la Haute-Loire.
A diverses reprises, nous avons eu l'occasion de signaler les efforts faits par les associations agricoles de la Haute-Loire pour y développer le progrès, et de constater le succès qui les concerne. Nous trouvons une nouvelle preuve de ce succès dans un intéressant rapport que M. Aymard, président de la Société des amis des sciences, de l'industrie et des arts, vient d'adresser au Conseil général du département, sur les travaux: de cette active Société pendant l'année 1879-80. En voici quelques extraits :
« La Sociélé, secondée par son Comice agricole, s'est montrée encore, cette année attentive' à étendre son action sur toutes les branches de l'économie rurale dont l'heureuse diversité, dans notre région accidentée, l'a préservée, à bien des égards, des crises agricoles.
ce Les trois concours de bestiaux, pour lesquels nous recevons les généreuses subventions de l'Etat, du département et de la ville du Puy, contribuent au perfectionnement de l'élevage du bétail, source principale de la richesse de nos campagnes, tandis que la Société manifeste également sa sollicitude à bien d'autres points de vue, par ies distributions de graines, par les encouragements à l'outillage rural, par des expositions annuelles des produits de tous genres, non moins qu'au moyen d'intéressantes communications et des rapports laits dans nos réunions mensuelles. .
« Concours a animaux gras au Puy. — Le concours était nombreux et brillant et, entre autres progrès qu'il nous a révélés, le compte rendu en a signalé trois essentiels : V L'état remarquable d'engraissement des bœufs de la deuxième catégorie dans laquelle dominaient les sujets de la race du Mezenc; %" le nombre de plus en plus accentué et les qualités fort méritantes des sujets de l'espèce ovine en ce qui concernait notre précieuse race de montagne, dite des bizels; 3» la présence de porcs du pays à chair succulente, dont l'engraissement n'était pas dû, comme dans certains concours précédents, à l'usage de la farine. Conservons donc nos locales exemptes; autant que possible, de croisement ; améUorons-les par 1
races
sélection et nous n'aurons rien à redouter de ces prétendues importations ds viandes américaines dont on a fait trop de bruit dans le cours de cette année.
« Témoin des succès éclatants qui ont recommandé notre race bovine du Mezenc (ainsi <|ue la race tarentaise, introduite chez nous par un agriculteur distingué) dans les concours régionaux, notamment à ceux de Mende, de Lyon, de Guéret, aussi bien qu'à l'Exposition universelle de Paris, j'ai cru devoir, au nom de la Société, convocjuer nos éleveurs pour celui qui aura lieu cette année à Glerraont, Notre appel a été entendu et j'ai l'assurance qu'encore une lois ils feront honneur au département Malheureusement le programme nous a fait regretter une réduction de prix, au sujet de laquelle, aussitôt que nous en avons eu connaissance, nous avons Dansrnis nos réclamations au ministère II était sans doute trop tard pour qu'il pût y être fait droit; mais nous sommes certains que h su[)ériorité de notre exhiLilioù decidei'a le jury, comme précédemment, à lui attribuer des prix supplémentaires. 11 serait bien désirable qu'un vœu du Conseil général consacrât, la légitimité de notre demande, afin qu'à laveiair le programme du concours régional
maintînt le nombre des prix qui, depuis plusieurs années, était fixé pour la race bovine du Mezenc.
« Distribution de graines. — Parmi les graines fourragères, nous persistons à introduire celles des deux espèces de maïs; quarantains et caragua, qui conviennent le mieux à notre sol. Nous avons distribué également une certaine quantité d'avoine prunier; après avoir reconnu les qualités de cette céréale par l'expérience heureuse qu'en a faite l'un des vice-présidents du Comice, M. Couderchet.
« Dégâts causés par les froids de cet hiver. — Désireux d'avoir des indications précises, nous les avons recueillies à différentes reprises, à de convenables intervalles de temps, afin de les obtenir en toute sûreté à mesure que la végétation progressait. Il en est résulté que les inquiétudes qui, tout d'abord, s'étaient trop vivement manifestées, se sont beaucoup amoindries. Bien des arbres et arbustes indigènes ou même exotiques, qu'on supposait perdus, ont résisté aux rigueurs de l'hiver et, si certaines cultures ont éprouvé quelques souffrances, elles ont été atténuées par le retour bienfaisant de la belle saison.
« Etudes diverses d'agriculture. — Celles de ces études que nous avons jugées applicables au département sont, entre autres, les suivantes : résultats de l'exploitation d'un domaine depuis plusieurs années; culture de plantes aromatiques au Puy ; les tourteaux de graines de coton d'Egypte; essais de culture de la betterave géante, de carottes, de panais, de pommes de terre diverses, de cerfeuil bulbeux, de rave géante, de la chicorée à grosse racine de Bruxelles, de l'avoine du Mexique, etc.; une larve d'insectes dévastatrice des raves; l'origine et les quantités supérieures de l'orge Chevalier; les céréales à végétation rapide; emploi de l'escourgeon comme fourrage vert ; nouveau procédé de culture des artichauts ; emploi du paroire pour l'extirpation du chiendent; application du chaulage aux ensemencements des raves, dans les pays de montagnes ; avortement des vaches ; utilisation agricole des eaux d'égout; le chiffre d'hectares cultivés en vignes dans la Haute- Loire; préservation delà vigne contre les gelées printanières; ensilage des feuilles de vigne ; bouturage du thymélée des Alpes ; syndicat obligatoire applicable aux chemins ruraux, etc. »
Cet exposé montre que les questions qui intéressent le plus le développement de la richesse agricole sont étudiées avec soin par la Société; les sacrifices qu'elle s'impose, notamment pour la distribution de graines, sont un des meilleurs moyens de diffusion des bonnes plantes. J.-A. Bahral.