CULTURE DE LA POMME DK TERRE
nomistes, même les plus savants, ont peine à se rendre compte, et doat il est difficile d'exagéreu l'énorme inikience. Le trouble que l'incertitude de celte récolte a plusieurs fois apporté dans l'économie alimentaire de la Grande-Bretagne et surtout en Irlande, a, dans ces derniers temps, si fortement préoccupé les hommes politiques, que le parlement a dû s'en occuper sérieusement et a institué une Commission, dont j'ai déjà parié, pour étudier les- causas de ces fluctuations'de rendement dans la récolte du précieux tubercule et y trouver un remède. Certes, la chose en vaut la peine, quand on vient à considérer que la valeur moyenne de la récoite des pommes de teirre dans le Royaiune-Uni n'est pas moins de 750. millions de francs par an.
Auj mois d'août de l'année dernière, le Times publia une lettre signée : Un curé de campagne, dans laquelle on préconisait la plantation, des pommes de terre dans le courant du mois d'octobre et au commencement de, novembre. Les raisons données à l'appui de cette pratique étaient tellement plausibles que M. James Howard, esprit novateur s'il en fut, résolut d'expérimenter lui-môme cette pratique afin d'en constater les résultats.
Avant de reproduire ses expériences et leurs suites, je vais d'abord résumer les arguments du curé de campagne, en faveur de la nouvelle méthode.
Si l'on emmagasine les pommes de terre dans les caves jusqu'au printemps, observe le curé^ il se produit à la longue une végétation énergique, on voit de longs filaments pâles sortir des yeux do chaque tul)ercule. Cette végétation intempestive doit nécessairement épuiser la force végétative du tubercule, et, ainsi affaiblies, les pommes de terre, lorsqu'elles sont plantées au printemps, ne peuvent opposer aucune vigueur, aucune résistance à la maladie qui s'en empare sans difficulté. D'ailleurs les germes étant déjà épuisés par cette végétation prématurée, ne donnent presque aucun produit. Si, au lieu d'emmagasiner les pommes de terre dans une cave, on les met dans un grenier, le résultat est encore pire, car si la température n'est point assez froide pour les faire geler, elles se dessèchent et se flétrissent, et les germes ne tardent pas à mourir, tandis que si on les met en terre à Tautomne, on les conserve contre les atteintes de la gelée,, contre lé dessèchement produit par Pair, et contre la végétation prématurée des caves. Au printemps suivant elles sortent de terre avec toute leur vigueur et toute leur puissance de végétation, et donnent des produits bien meilleurs et bien plus abondants.
Voilà d'excellents arguments, et le curé de campagne, s'il avait connu le mode de conservation usité dans bien des pays en France, il aurait pu ajouter que l'ensilage sous terre étant un des meilleurs moyens de conserver la pomme de terre, il est raisonnable et logique de conclure que la plantation d'automne est équivalente à l'ensilage, avec cet avantage que l'opération de la plantation se trouve toute faite, avantage immense en ce qu'il économise un temps précieux au printemps, sans compter celui non moins important d'un produit meilleur et plus abondant, et moins susceptible de la maladie.
Influencé par ces considérations, M. James Howard, dans les premiers jours de novembre dernier, fit planter sur un sol très argileux une certaine quantité de pommes de terre hâtives, connues sous le